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Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique Orientale [microform]

Le livre que je publie n'a pas eu le bonheur de naître au milieu de circonsiftnces favorables. Quand je parcourais péniblement, mais avec l'ardeur que donne l'accomplissement d'une mission utile, les contrées décrites dans les pages suivantes, ce qui m'aidait à supporter les fatigues et à vaincre les difficultés de ma tâche, c'était la conviction que j'avais de l'opportunité de l'œuvre pour laquelle j'amassais des matériaux, c'était la certitude de travailler et de produire à propos. Hélas ! je comptais alors sans les événements, ou plutôt, quand je partais pour le voyage dont ce livre est le compte rendu ^ dans les der-

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nières et paisibles années du règne de Louis-Plkilippe, on n'avait pas encore admis comme vérité usuelle la maxime fataliste devenue depuis une banalité : L'imprévu gouverne le monde. Voyageur, je n'atais pas prévu, en effet, quelles immenses étapes le! monde allait se mettre à franchie; navigateur, je; n'avais point pressenti les tempêtes qui devaient bientôt souffier dans le ciel de ma patrie , si serein au jour des

adieux. /^'"^ — " '

Lorsque je quittar la France , on s'y entretenait avec intérêt ^d'tHfe petite île dont le gouvernement venait de prendre possession , Maïotte , et d'un petit souverain 'arabe qu'on appelait l'imam de Mascate. Et je m'étais mis en route, heureux de me dévouer à l'étude d'une question qui avait en ce moment sa part dans les préoccupations du public, e( serrant précieusement dans mon portefeuille ce bon ^illet qui garantit, comme on sait, tout absent contre l'oubli. Hélas! à mon retour, le bon billet était impitoyablement protesté : la France et son gouvernement ne se souvenaient plus ni du voyageur ni de l'jobjet du voyage. 11 faut avouer qu'il existait bien quelques raisons pour cela. j

Quoi qu'il en soit, en dépit du découifagement que devait me causer l'indiff'érence plus (|ue probable des lecteuE^ sur lesquels j'av^ais cru jautrefois pouvoir compter, il m'a fallu, au milieu in fracas de deux révolutions et d'une graïide^^uerre , com-

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poser laborieusement 'et achever lentement un livre (pe peu de gens attendent et que personne ne désire. Mais comme, après tout, ce livre n'est point une œuvre de fantaisie , comme il traite de questions sérieuses et qu'il s'adresse à des intérêts durables, je me résigne, pour lui, à l'inattention du moment, et j'attendrai patiemment que l'avenir lui ramène son heure , lui refasse , pour ainsi dire , une nouvelle opportunité. Eh! qui sait? Au train dont les choses vont aujourd'hui, peut-^tre sera-ce avant longtemps ; d'ailleurs/parmi les faits actuels ^ en est un de nature à \m rendre l'à-propos plus tôt qu'on ne l'imagine. Je m'expliquerai à ce sujet après avoir dit par quelles raisons fut entrepris le voyage qui a donné lieu à ce travail , pourquoi et comment j'ai écrit ces volumes et les ai livrés à la publicité.

En 1841, Màïotte avait été concédée à la France; en 1843, le gouvernement de juillet plantait son pavillon sur cette île, et peu de temps après y jetait les fondements d'un établissement militaire. Cette prise de possession occupait alors beaucoup la presse ; les hommes impartiaux louaient , avec raison, cette mesure, qui était, certainement, un acte de haute et sage prévoyance, et pouvait même, à cette époque, passer .pour 'un acte de courage^, eu égard aux embarras que nous créait la politique inquiète de l'Angleterre, à l'endroit de notre agrandissement maritime et colonial. La situation de Maïotte à l'ouvert

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