‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique Orientale [microform]Chapitre 2 sur 101 · XII · texte numérisé non relu

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nord du canal de Mozambique, à égale distance de la côte d'Afrique et de Madagascar, non loin des possessions africaines du sultan de Mascate, dans des parages fréquentés par de nombreux bâtiments de commerce, donnait à cette île, comme point militaire, une importance universellement reconnue, et chacun rappelait qu'elle avait été nommée un petit Gibraltar par tel capitaine de vaisseau de la marine anglaise.

Quant à son importance commerciale , moins propre à effaroucher les susceptibilités d'outre-Manche et les timidités d'en deçà, elle était plus positive encore , d'un intérêt plus actuel surtout ; mais elle n'existait que virtuellement : c'était un germe à féconder, un de ces germes puissants , il est vrai , que les grands peuples , après quelques mois à peine d'incubation, font naître à la vie sensible et se développer selon la loi commune à toutes les existences, la loi du progrès. La France, pour vivifier Maïotte, n'avait qu'à le vouloir : les éléments nécessaires à son initiative existaient, les circonstances locales et environnantes)l'y invitaient, son intérêt l'y poussait.

Était-il besoin de rappeler l'état précaire des anciennes possessions françaises dans les mers de l'Inde, misérables épaves arrachées au lamentable naufrage de 1815? Poiidichéry, Chandernagor et Karikal étouffaient sous la pression du vaste empire indo-britannique ; Bourbon , écUpsée par sa sœur d'autrefois , l'île de France, menacée de l'émancipation des es-

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