‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique Orientale [microform]Chapitre 45 sur 101 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

MogiMécàOB. ~- P»pui*tioo. — Belifioii. -^ Hoeara. — Costomes. — Noarritttie. — AperQQ kiiloriq«e swr Jfofvcdebta. -^ S«» d«t politique aciael. — Commerce et industrie. — Douanes. — Monnaies. — Poid^ et mesures. — Instructions pour ceux de nos commerçants qui voudraient m roadre «d ce pori. ■ - »

Moguedchou est située (lans lé fartfede c6^ &n pays soumal, désiguée sous le itotli de Bar-el-BernKifr, pArV â' 18" de laHtiule nord et 45* 4' 55" de longitude t^ , à trente^ deui^ roffles dans le sdd-ouést | d'ouest d'Otturcheikii. Selon les lettrés ée la vttte, son nom aurait pour et jmologie les mots arabes mê§aad'eck-€héta (station ëe la bfelHs). Voici eomment ite en explii|uent l'atk^tion : t

Peu après l'arrivée des n^usulmans dans le pays, un ôt leurs cheikhs les pim vénérés, iioninié Aouiçoot-Gonri, (|ui passait pour être inspiré de Dieiv, ecrt une vision : une brebis lui apparut éelairée d'une himière scrrnatorvH^. Vendroit où le tniracte s'était accompli fut, dès lOfs , considéiié comnK saint; à la mort du eheikh on y plaça sofi tombeau , qui devint un but de pèkerinage. Plus tard, on y cemstrufsft une moMpiée, dont le nom, Megaed-ech^Cbàta, riippefa fa mervetileufie apparition par laq^eUe ce liée an^t éfé «onlwci'é, et tut ensuite appliqué, par extension, à la ville tout entière. . .

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Moguedchou est composée de maisons en pierre, restes de l'ancienne cité fondée par les Arabes, et qui, pour la plupart, tombent en ruines; puis de cases soumal ayant la forme de ruches, la toiture en paille et le pourtour en torchis et branchages. Elle appartient au territoire des Haouiya , dont l'une des peuplades principales, les Abgal, occupe toute la zone littorale, depuis cette ville jusqu'à Obbya. Les Haouiya habitent le pays enclavé entre les Ougadine au nord-ouest, les Meurrih|ian'. au nord, les Medjeurtine au nord-est, la mer à l'est, et le Denoq, qui les sépare, au sud-ouest des Rahhan'ouine. La cité dont il s'agit, placée dans la partie la plus sud de ce territoire , touche , de ce côté, à la frontière des Rahhan'ouine.

La population totale de Moguedchou s'élève, autant que j'en ai pu juger, à environ 5,000 âmes, y compris les esclaves; un peu moins des trois quarts habitent Hhameuroaine, et le reste Chinggâni. Elle est composée de diverses tribus de Soumal- Abgal, de quelques tribus ou familles de descendance arabe, rejetons dégénérés des colons qui, à la fin du m" siècle de l'hégire (1), fondèrent la ville, et enfin de quelques marchands hindous et arabes, y séjournant plus ou moins, selon les nécessités de leurs affaires.

Les Soumal-Abgal de Moguedchou sont de la tribu des Yacoub et descendent des Gourgaté. Quant aux tribys arabes qui peuplent cette ville, ce seraient, d'après Moomen : les Reher-Cheikh, les Bafodeul, les Ameuran', les Cheuraf, les Abd-es-Sund, les Aoudin', les Alaieddin', les Hhadjanim', les Içomankki; et d'après Sid-Hhaddad : les Cheuraf, les

(1) Voyez I" partie, Im« ui, page 175 et saiTaotes.

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Ameuran', I^ Cheikh, les Bàfodenl, les Abd-es-Sound, les Ghen'chia, ies Goadœéni > les Gheikh-Chemsi. La senle explication que je puisse donuer des différences qni existent entre ces deux listés, c'est qne probablement ni Tnne ni l'autre n'eét complète : poar être phis près du vrai, il feut, je crois, compter toutes les tribus qui y sont désignées.

De même que les Soumal habitant les villes, ou ayant été en contact avec les Arabes, les gens de Moguedchou sont musulmans ou du moins: suivent les prescriptions les plus vulgaires du Coran : les prières et ablutions, la circoncision, Fabstinence de la viande de porc, etc., etc.; mais ils s'en écartent, comme je l'ai déjà dit , pour les Soumal- Adji, en ce qui concerne les rapports entre les sexes, dont les relations ne sont aucunement entravées chez eux. Les femmes soumal se montrent toujours 4e visage découvert, les bras et les épauleâ nus; il n'y a que les femmes d'origine arabe et les concubins d'Arabes qui soient assujetties à la séquestration et aux autre| restrictions du même genre, imposées par la loi de Mahomet. La liberté dont jouissent tes premières, dans un pays où la polygamie est admise pour les hommesy doit avoir inévitablement, pour conséquence, de nombreuses liaisons adultérines, d'autant plus que, chez ce peuple à demi sauvage, en qui les appétits et les instincts matériels prédominent et président presque seuls à tous les actes, une rencontre amoureuse n'a besoin d'aucun prélude plus ou moins sentimental. Les femmes soumal du sud ne se piquent pas plus que celles du nord d'une pudeur farouche; l'homme, en guise de soupirs amoureux et de délicates attentions , offre une valeur quelconque pour obtenir les bonnes grâces de celle qu'il choisit; la dame ne

se trouve ni.»lleine|it offeesée de ce inofie de séducUen ; elle accepte ou refuse, selon que le prix offert a ses ftveurg lui parak ou noo suffisant : attrait toutà foit charnel daas l'un ; ret^ue intéressée o«i abandon plus vénal que passionné chea l'autre. La proposition s'eiprime souvent pur im simple signe, dont o» ne saurait nier la valeur asalogique, mais qui ft'en est pas plus pudique pour eela. J'ai dit quel est ce signe au chapitre qui traite de Ihafoaa .

Le costume des Sonaal de fifognedcfaou est à pea près semblable à celui des Medjeurtine : tous portent le meure, qu'on nomme ici toumotm'hall; mais ceoi qoi oirt perdu leur père peuvent seuls y «iouter la seconde pièce de coton, complétant le vètemest des hommes dans le nord. Le plus grand nombre marebeot nu-pieds, les autres ont des sandales. J'ai vu à Moguedchon beMiceep de gefR»ay«nt att cou et au bras des talismans dont j'ai parlé 99Bs le nom de rewrihas et (te kadône. A part le plastro» en cuir, dont elles ne font pas usage, les femmes ont le même costume qu'à Ubafoun. Elles se parent aussi de coHieFs et de bracelets en verroterie.

Les individus d'origine arabe ont adopté, ainsi qtie les Souahhéli de Zanzibar, la longue chemise eti cotonna«fe blanche, ouverte sur la poitrine, quelquefois serrée au-dessus des hanches par une ceinture; sur la léte, ^9 se mettent une calotte.

Les hommes ont pour armes faisant partie du costume une sagaie et un couteau-poifsiard : ils se dinnissent du bouclier en peau de rhinocéros lorsqu'ils sooft en voyage ou qu'ils croient devoir se tenir sur la défensive. Les Soumal de la campagne, désignés ordin^rement par le mot

— M3 — bedmi (bédouias)» soBt toujours pHis con^iéienent arniés; ils ont d'babMuée deux sagaies, Tuiie légère, qui leur sert d'aride detraM; l'autre, pliis solide, arec teqiielle ils com^ battent leur ennemi corps à corps. Quelques-uns portes! un arc et des fiéclieâ enBtpoifi^naées. A l'exception des boucliers qui viennent de ch^ les GaUa» ils fabriquent ces armes^de la même i^aaière ^ue les Medjeurtine. ^ ^' % -■ '■■'

La base de leur noufriture est le milkl, oomné ici Jour/ia. Quand il est pilé ou moulu, on en fait une pèle qui se cuit comiQe le viz ; on l'arrose de sem^n ou de jus de ' viande, et on le mange à poignées, en le manipulant pour lui donner la ^me d'une boulette. D'autres fbis on le cuit en grains dans de la graissé de nM)ttttoD , après q^ioi on le met suer sur une pla(|Qe de fer cbauffé : le grain, » dégageant alors de son enveloppe, prend l'aspect d'une petite boule blancàe féculente. La millet prépaie. de <;ette iiço* est, ainsi que dans le premier cas, treinfié dans du semen. Les Soumal de Moguedebou préfèrent a ce beurre l'buèle de sésame, mais elle est assez rare dans le puys; aussi ■« l'emploient-'ils qu'en petite quantité et pour les m^te les plus recherchés : ils T extraient à l'aide d'un meulin, peo différent de celui de Zanzibar (i). Pour l'éclairage, ils ne brûlent que du suif, n'ayant-pas, comme les Souabbéli, la noix de coco pouc en iakre cte l'buite à brûler.

Sauf ces particularités, qui soot peut-être communes aux Soumal du nord et à ceux du midi , quoiqMe je ne les aie pas remarquées chez ces dernier», ralimentation se coBkpwedes mômes denrées dans ies^ deux pajis. La consommation du

il) Voyez l'AlbuiQ, plaache 24. . . - . •

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bétail est seulement plus considérable dans les Benadir. Quant aui usages, ils sont semblables chez toutes ces peuplades. Je renvoie au chapitre XII pour les observations relatives à la langue. *' ' ^^' ■ ■ » na t;, ~î

L'existence d'une ville au lieu où est située Noguedchou serait, si l'on en croit une vieille tradition locale, antérieure à la naissance de l'islamisme i le fait n'est pas^ impossible. Quoi qu'il en soit, la ville actuelle, dont la fondation est due aux Arabes musulmans, date pour nous, ainsi que nous l'avons établi précédemment (1), de l'an 295 de l'hégire. J'ai dit aussi (2) quelle avait été sa prospérité sous la dynastie des sultans M'doffeur, et sa décadence après la dépossession dé ceux-ci par les Abgal. C'est donc à cet événement que j'en reprends l'historique.

A une époque que je ne saurais fixer, une tribu d'Abgal envahit le territoire des Odjourane, sur le littoral duquel était située Moguedchou. Soit que les habitants de celle-ci eussent pris parti contre les envahisseurs, soit que les richesses de la ville tentassent la cupidité de ses nouveaux voisins, toujours est-il qu'à la suite d'une longue guerre elle tomba aux mains du chef des Abgal , Omar Djéloulé, et que, depuis, ses descendants y ont conservé l'autorité avec le titre de sultan.

L'agression des Abgal contre Moguedchou fut attribuée aux suggestions perfides d'un des principaux habitants de la ville, qui, maltraité par le sultan Fekheur-ed-Din , le M'doffèùr alors régnant, se réfugia chez les Abgal, et fît de cette peuplade l'instrument de sa vengeance.

(1) Voyez I" partie, livre m, page 184.

(2) Voyei 1" partie, livre m, page 287 et suivantes.

La sérié des suHatis Ârbgal m'a été donnée, ainsi i|u'il suit, par Moumen : ' ■ -, . ■

Imam Ahhmed, cheikh actuel; ■ .. > Imam Mohhammed; a-^ >' ^ -. v; i i ,n;^ I Imam Osman; . n*. .; «

1 Imam Ali; .| Imam Mahhmoud; / Imam Àhhmed; Imam Mohbammed ; Imam Àhhmed; t <

' Imam Omar ; >.

: Imam Djéloulé. w, -

Le sultan Ahhmed devait me remettre lui-même une note sur sa généalogie qui, assurait-il, remonte, par une suite de trente noms, jusqu'à Yapuh, souche de leur famille; mais j'ai oublié de lui rappider sa promesse. Au reste, la connaissance de cette généalogie n'aurait eu d'intérêt que pour la série postérieure à Omar-Djéloulé, comme pouvant aider à fixer la prise de Moguedchou par les Ab^l ; et probablement cette série n'eût pas été difiérente de celle que Moumen m'a fournie. .

Sous la domination de ces conquérants à demi sauvages, la décadence de la i^ité arabe dut s'opérer rapidement. Sa division en deux quartiers se produisit matériellement par l'abandon, puis par l'écroulement des édifices intermédiaires, et la désunion entre les habitants de l'un et (le l'autre en devint plus facile, lorsque le gouvernement existant ne fut plus assez équitable ou assez respecté pour les maintenir en accord de vues et d'intérêts. Néanmoins c'est seulement dans ces dernières années que les habitants

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deChinggâni ont cesté if aller à la moiqHée 4e Hilameurouine. ' ' '- •--'■■ ,' M^iinii0'in,Q -M-;-

L'incapacité des dé^itftire» du fionvoir, les dissensions intestines, la peste apportée pftf ho b«rteaa de Sour au commencement de 1836, et qui causdée gréiiés ravages ; en6n une disette, survenue il y a enviro» douze ans, à la suite d'une longue sécheresse, ont r^uit stieoessivemen t Moguedchou à l'état de misère et de éépopQiàlion où elle se trouve aujourd'hui. Sauf quelques tt«ftonsf»€»ùvdlement restaurées, ou d'une tionstructidn réGeftle* comparativement aux ^autres habitations, les deut parties de cette ville ne présentent qu'un amas de tàtimentis croulant pour la plupart , et de la restauration desquels persotifite ne se soucie. Si cet état de chose» continue, avant cinquante ans, Hhameurouine, la riche cs^itate d'un vasle territoire, ne sera plus qu'une, triste nécropole; la sauvagerie « qu'elle avait refoulée au loin, y reprend chaque jour son empire, et à la place où s'élevait jadis la florissante cité des M'd^eur, avec ses hautes maisons» a terrasses , ses mosquées aux dômes éclatants de blancheur,, ses élégants minar«^s, on ne trouvera que des monceaux de pierres entremêlés de

maùons-ruches soumal Et pourtant Moguedchou est

rentrée, depuis vingt ans, sous une domination arabe^ celle (lu sultan d'Oman, que la renommée désigne comme le plus puùiHant et le plus éclairé de tous les princes indépendants de t'Arabie!...' Il est des réputations que réloignement grandit outre m^ure; mais celle de Sdiià serait^elle de ce nombre, il nen a pas moin$ assez de puissance réelle pour arrêter cette ville sur le penchant de «a ruine. On verra bientôt combien peu il fait pour cela. ^

{jQ scission opérée poUtiquemeni ealre la population date de qiielqufss «aoées^eulegiieot. i Ja nort ilmain Nofauiimed , père du chef actuel âe^Gbinggaiii , le aevieu de ce dernier lui ëisputa k pouvoir «tptf vint à faire feeonnattre son autorité dans Bbamet^rouine. Depuis» les habitants des dens quartiers ont vécu dftns uoo défiance mutoeile, et, à diverses reprises^ des actes hostiles ont été commis de fort et d'autre. ■-; 'rA*-:---' ■.■^ ;••■';• *■ ■-f'k'-- "; . ":*»â .^.^>r»-^i^n^Hff!-.»

Le chef .de HhMBeurouine est nommé Ahhmedibea>MaèH moud ; il n'y réside pas. Il s'est retiré à l'iatérivur 11 y a cinq ans. À cette époqpu » c'est-à-dire en 484â, à I^oaUsion des débats surveous entre Àhfamed et son oocle, Yooceuf, cheikh des GuébrouD, et dont je parlerai tout à l'heure, s'était présenté avec une artûée devant Moguedchou, où il avait été appelé comme médiateur par les partis. AUused-ben- Mahmoud, n'ayant' pflfs voulu accepter la solution proposée ^t se voyant menacé par les partisans d'Youceuf, quitta Hbameurouine, en déléguant le pouvoir à son parent, le cheikh Moumen-ben-Hhacen, dont nous avons entretenu le lecteur.

Les cbeb Insm Ahhmed et Cheikh Monmen se partagent donc l'autorité directe à Moguedchou; mais ils reconnaissent pour supérieur le sultan Saïd, et témoignent, ou moins en apparence, leur soumission aui volontés de ce prince. Son pavillon flotte sur la ville , et les droite» y sont perçus en son nom pour le compte du banian , qui a la ferme des douanes d'Afrique. Là se sont bornées, jusqu'à présent, les exigences du Sultan comme conséquence de aa «uieraineté. - ' " » / ' '

Il serait difficile de caractériser , par un mot CLact, la

nature de l'autorité de Syed Saïd sar Moguedefaon et plusieurs autres WHes qu'il considère comme faisant partie de ses États : ce n'est oi la suzeraîDeté ni la souferàineté; c'est plutôt une sorte de protectt^rat, constitiiaiit dépeodante, mais non sujette, la ville protégée (1) ; enlevant à ses chefs naturels le droit de souveraineté extérieure en ce qui concerne les Européens, mais leur laissant le gouvernement de l'intérieur, et même le soin de régler leurs rapports avec les peuplades^ environnantes, qui , du reste, sont complètement indépendantes de Saïd. ,

Cette situation de Moguedchou se complique èntM>re de l'état de sujétion, à peu près analogue, dans lequel ellee^t

(1) Le toD des lettres adressées par le Soltao aux chefs de ces villes vient à Tappai de ce qae je dis ici. Je possède la copie de plusieurs, et entre autres de celle qai m'avait étédoni^e comme inâ^acticm «après des chefs de Moguedchou. £d voicila reproduction :

« De la part de celui qui met sa confiance en pieu, son serviteur Saïd- .« ben^ultan! •• ^ — ^-v^^^'o' .i^^^. ***,«ir*|,,, ni^^^,:-,-- .

« Aux aimés et honorés vieillards de Moguedchou ; que Dieu (qu'il « soit élevé) les sauve, s'il lui plaît. i , . , u * .

« Ensuite, que le salut, la miséricorde et les grâces de Dieu soient sur a vous. Celui qui arrive près de voas est l'aimé et honorable sieur Guil- « laiu, et nous désirons que vous lui fassiez aussi bonne figure que poste sible tant qu'il demeurera dans votre ville , car je veux qu'il en parte « en se louant de vous. S'il a besoin de quelque chose, aidez-le, afin qu'il « l'obtienne. II n'est pas nécessaire de veus en dire davantage sur son • compte. Tout ce dont vous pourrez avoir besoin, faites-nous-Ie savoir, a Salut. »

Voici la commencement d'une autre lettre écrite par Saïd aux chefs de Hhameurouiae :

« De la part de Saïd-ben-Soultan aux chers chefs le cheikh Moumen- « ben-Hhacen, le cheikh A'ounem-foeu-Din-Nous, le cheikh Nous-ben-Diu « et tous les autres vieillards de Hhameurouine. Que Dieu vous sauve, a Que le salut soit sur vous, ainsi que la miséricorde et les grâces de « Dieu. Ensuite votre noble écrit est arrivé et votre ami a compris^e^ a que vous lui marquiez , etc. »

placée à Tëgàrd du chef des Guébroun ; foutes les villes de la côte âés Benadir y étant également soumises, je ne produirai les détails et coDSîdérations qui y ont trait qu'après avoir fait là description de ces diverses localités.

Le sultan Saîd n^a, d'ailleurs, à la suprématie que nous constatons, d'autre droit que celui de la force. En effet, sous la dynastie dès Àbousaïdi dont H est le quatrième souverain, aucun imam on sultan d'Oman n'a compté Moguedchou au nombre de ses possessions d'Afrique. J'ai dit (1) par quelles ciréonstanees les habitants de cette ville furent amenés à reconnaître F autorité de Syed Saîd, Mais ce fut seulement vers 1842 qu'il y Gt acte de souveraineté en y envoyant, ainsi qu'à Biraoua e^ à Meurka, un individu, nommé Mohhamméd-ben-Naceur , pour prendre connaissance du mouvement commercial de cette côte et fixer le tarif des droits à y appliquer. Puis, en i845, à la suite d'une communication adressée au Sultan par les notables de Hhameurouine, il y expédia, en qualité de gouverneur, un certain Àii-ben- Mohhammed, qui devait, en outre, Remplir les fonctions de collecteur des douanes. Cet Ali était accompagné de deux soldats chargés de percevoir les droits, et le Sultan recommandait aux cheikhs de les assister, aii besoin, dans leur office. Il paraît que la commlinication faite à Saïd traitait des droits établis ou à établir, car le Sultan disait dans sa réponse : ce Quant à ce qui est de l'affaire des droits sur les (( banians , on les exigera de tout bâtiment qui arrivera à « Moguedchou ; de même, ceux qui viendront de Zanzibar « pour acheter de l'ivoire seront imposés à raison de deux

(1) Voyez î" partie, liVre v, page 590.

« pit^tres par frii^elç et piky^n| la^foit «vaqt l'epvbai^ve- « ment, etc., etc. » Ç;^^ (^r^.^t^it ^\^ ^^ mm^^ jour de rabi-el-aouel de l'ij^^n^ 4j^9 (.^ §^çijji^][.. AUben-Mohhamq^^, (^ul était Souro^|i, 91^)^^^i<||l^^t ^^pjjs^ç, peu lucratif san^ doute, que Sç(}^ lui 2^¥«iit ^pi^^^ ^sç fetir^i dans^ Tintéiçieur. ; j., \ i

"îfi »''■•'>--;

A mon piBssaje ^ Mog^edcl^^,, ^p v^ei^ Afi^^jî teni|il%çait Ali, plii^ôt à titre d'açjçnt ^ Djifi^q?.^ |e (^<|W^ «Ç^çér^ ^ douape^, (^u^ de repçésçnt^ut 4u S^1^9^,^ - ^^.^^^^^ ^,,.

Le comn[iei;çe de Mogueçkl^oy , aii^si ç^nç çç^,^,i. ^es ^^ijles maritimes in.dépepdau^^es ^u terrjtojre 9Ù elfes son^ enclavées, s'alimente d'un double rppuvemen^d'MPçpr^tipn et d'exportation; de telle, sorte que presse tous les articles figurent à la fois dans l'un et l'autrç mpuF^^^I. ^9|is, pour éviter une confusion, je Considérerai çom^\^,^^:|j)Qrt,9tion les marchandises sor^i^t par yo^e de n^çr, et cçmme importation celles qui entrent par la même vo|e. l^e commerce d'exportation de Moguedcl^ou coniprend Ijes articles suivants :

Dourha ou millet. — De même que tous les produits agricoles du pays , on lé récolte sur les bords de la civière qui passe à quelques lieues , en arrière de la ville. Cette dernière en exporte à peu près 20,000 djézela çouf Zanzibar et pour les ports du sud de l'Arabie. Les mois où le marché est le mieux approvisionné sont juillet et j^aqvier; alors on en à, ordinairement , 200 kila pour une piastre, quantité qui peut diminuer jusqu'à 100 kila 01^ augmenter jusqu'à 250, selon l'époque de la vente, et aussi le plus ou moins d'abondance des récoltes.

Dirr et selboukha. — Les uns, espèce de haricots ; les

ée celtetcnliiie «À trèv^népittar lur tewMidiCrywrt^lnie piafbw, m tpeol le» «foir 4e 9d è 60 ;MI«f eft ion liBHé «

(/ofml<MiL--^Cc8fcriliiii|«0iada8tried« hiMMi«é «t le wal! objet fue liogÉedahoa IraroiiÉ^ en |iffQ|hrè à IfflA-

fMMtetioli. Cette imhwtrie est» tcfllée^flOiiMaBltpewiMrtiplt^ sieur» Mèck» et a beadcoijfj^ «oittiribué à la iiclMMi da la cité où elle s'était défelappée^ : t8»pfodiiits««éfHOBtlllLpédiés Doti'^e^enMBt dasa toëbca les fiHaa araM lée te e6te, mais aooflire dan» celles de la wmr ftaufOfiMqii^n fi^jnple, et mÔDMiqariaiix p(vÊi^ ïkiabSB et do golfes PeMiqde. EU? dut cOBMneBOsr è «ëéeKaar après- 4a 0OBfièle< Oui lai desto«^ ti0a( de» «oldoMs ambes de ila oéte ^r les iMrtuglria ; ^r>, fooj^ie^ MofueikèiiU'n'all imnÉs^ aiia te^ jeogiéÉeai «••quéram», as» jpelfllIiotM a«w k'osléviëur n>e» fiiii#eiife pas moin» eiKrafées, et Iors<f(M»y pr«»l)i*dy la doaataaHatt pmtrtff^Sd fit f^to(^à'CêJn&46S Artibea dfO^ânf^ FityiNMio» de la eité parftëAbgsil fêppwUiàf» ^tMb0miÈ m^tê ffl/m MsAéi k iMit wii^ibcn^ €^4 iBit iMliMrfb^ M «aiUMit la mort off fértiigMIiOtf d& se»-^ «icbes^ boMlinia^ Néa»meàn^, connue Itf liibi4cBtiKyii d«a IMaua étail M uw IrâirÉîl tout nbfliHitil ateuMDpH' pat ie^ gens 4e< lu linseliifériénre e1 tes eseftHre^r^^ ptM'^ p6arwiivii0d«iis>4iailiaiie8>p}« i*esctieintes e« tu rappONf a^f^ l«s>débdiiehé8 fa'efe»ofni8BPvait. Mais une nouvelle cause clai i<Éiae» bien plaa tànomm pour eettie* îMifstHe ^«6 les vieissitadM caMiiBeraalOt et {lOHtMfMs^BtiaRMgàPSDt jadis Mogttedchoa^flaMeiBÉc&é'iMie

complèle et prochaine 4estroeti&a : c'est la coneufrence des ÂBiérieaios, doot le eotoq, dtt iLhanû, introduit depais plusieurs année» dans les marchés du Zauguebar, acquiert une préféreece marquée. La consommation de ce tissu s'étend même de phis en plus à tous les patys maritimes où les premiers étaient autrefois den^andés. Il ne reste donc guère, aujourd'hui , pour le placement de ceax-<;i , que les marchés de l'intérieur, où déjè, cependant, le tissu rivai commence à paraître :« aussi est^I prohahle qu'avant peu la fabrication des étoffes de coton, seul vestige de l'ancienne prospérité de Moguedchou, sera complètement anéantie.^ ^ é . u>

Quoi qu'il en soit, voici quelques détails sur cette fabrication : la matière est apportée, en bourre, du pays de Keutch; elle est 61ée par les femmes de la ville, au moyen d'un rouet fort simple. Elles obtiennent ainsi quatre fils différents, desquels on fait six qualités de tissus blancs, tous de dimensions presque égales, 3 mètres sur (r,65 environ. Ce sont les hommes qui mettent les fils en œuvre : entre Chinggâni et Hhameurouine, il y a ^ peu près un millier de tisserands. Chaque ouvrier, en travaillant assidûment, peut tisser deux de ces pièces par jour; mais, le plus ordinairement, il en tisse de quarante à quarante-cinq par mois. La production annuelle s'élève jusqu'à 360,000 ou 380,000 pièces. Ces étoffes servent à l'habillement des gens de la ville; néanmoins la plus grande partie est exportée pour le Souahhel et les ports soumal du nord, outre ce qui est expédié au pays de Ganané et de Lébine ou Léonine, en passant par Guéledi et Dafît. > j ;%).; , n <

Gros et petit Mail. — On trouverait, en abondance, des bœufs, des moutons, des cabris, des ânes et des chameaux;

ces animaux sont très-nonbn^ux auit envirdns rAèmé»4e hi ville. Toutefois jon n'exporte qu'accidenteilettient des indîvidos des émt dernières espèces ; et il n'est foér^ embarqué de petit bétail que pour provision de mer. - • « - «'j» -M-^n Chameaux. — On s'en procurerait faciietoent une centaine en peu dé jours. Leur prix varie de 8 à 1IE et josqu'é 15 piastres.^*-? ■* %«ô-'}h "tn'Huî*?^ '*.". •^itfhU^qiUuiUVU <^^aM^ >»/} î

Anes. — En quelques jours aussi on ponrrait avoir un chargement d'ânes. H en serait de même pour les bœufs, les moutons et les cabris. 7 -^ * m -j '

Peaux ou cuirs. — Il s'en exporte annuellement de deux à trois cents kourdja à Zanzibar et dans les ports du nord du pays soumal. II serait possible d'en réunir promptemcfnt de très-fortes quantités. Le meilleur moment pour actieler est la fin de la mousson de sud-ouest. Les plus beaux cuirs de bœufs secs ne se payent pas plus d'une demi-piastre'; les cuirs salés, de 15 à 20 piastres la kourdja, mais on prépare très -peu de ces derniers à Moguedchou. On y trouverait aussi des peaux de mouton, de chèvre, de gaielle, év léopard, d'une espèce de grande antilope, de rhinocéros et d'hippopotame, à des prix d'autant moins élevés que tous ces objets n'ont pas encore été demandés. . -t > i>m t >r

Semen. — II en est exporté de trois à quatre cents frazela par an; mais on en obtiendrait aisément bien davantage ail prix moyen de 2 piastres par fraïela.

Ivoire. — II vient des pays de LéoUine et de Chebel-lèh en quantité d'environ mille frazela par an : il se vend de 12 à 54 piastres la frazela, selon la qualité deS dents, qui s'apprécient surtout par le poids de chacune d'elles. Les gens, de Moguedchou envoient leurs esclaves en caravane

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aux pays de produdioQ pour traiter l'ivoire; ces caravanes partent au çovmcsBcemeQt de la mouwoD de nord-est et sont QfdiQaironeDt d^ retour deux mm «4 demi ou trois mois après. Les arrifa§Q9 lea piua eoi^défiables ont Heu en mars et quc^iiefoit à U fiu dQ février. A ce& épo^ue&d'abondaiice, le prix de la frasela peut diminuer de % piastres. Les dents d'hippopotame se vendent de 5 à 6 piai^tres la fra> lela. Il viept <wssi de ^uané bftBUCoup de cornes de rhincKcéros ; on eu exp«ii^ eu Àratûe et à Zanzibar. CUeti^se veodent de 10 à 12 piastres la frazela.

Mtfrfh$. m^^We est tirée des pays d'Ougadiae» de Gaoané et de Léouiae ; L'arrivage en est très*irrégulier et le prix de 3 à 4 piastres la fratela.

GaiNMKf . — *^ On se distingue» à Mogiiedehou, c|ue deux variétés de gonHoe dite af»bÂ^«e^ demt les nota* sont adad et f9%da%. £Uest se vendent toujAurs mélangées et non raoDdées, à raisQ# de i à 9 piastres 1a fra^la, selon le degré de choix des morceaux. Eiles sont foufiiies> par les pays des Abgal, d«>CUebeMèbk et de Bratdian^oHine, La gomme feulaï, plus bl«M'he eli plus traaspareute qjue Tautre , est aussi en plus grande q^vantité; mais toutes deux sont peu abondantes sur le marché, sans doute paice qu'elles sout peu recher-

Oo y trouve égalemeot la goliUt espèce de gomme-gutte, provenant des pays de Léouine. Elle y est apportée eu petits morceaux cylindriques eufiiés en, aianière de grain» de chapelet. Oq; l'emploie pour la. teinture et dans ta composition de t'encre* \e ^rix en est d'uj^e piastre les six ou sept relol.

Kofi» on se pcocure eiicore à MoguedplHHi uq peu d'am-

-^ 5ià —

bl-e gMs; IH \\mm \mmiii\itÀ i^ayéë m tibias Iff'lit getit, et lé§ bèfilhe§ qliëiif@s \Mleiii ^ëtit du t?bi^ fo!'^ Jéii^

L^s priifdpaut obj<!ts d'Héi^tUtk^, dutt^ ié MbA ëH bourré déjà tnëlltkitnfié, kttlt : dès iftèffë^ de léiHdi ëi rlë Mascate pour vêtements et mouchoirs; du café en ë(>tj[âe; un ^éti m nlié1as$év de lë ¥ertëteriè; âti Hz btsnc de flhde et dn rf« en pisHIe de 1^«ftiba? des ûétm êH M^^té; dd tabac en corde fffoteftant de^ SMibrès ; de Médi|éi^ièl^ , de i'iRtérièu^ et htéfne des aafirë^ «itnér^ctilfls qtii coMi<^eent à Zaïiiiibar ; du à^, dèâ esbIttteS ; du fer, dé' TéMih et du fil de rof^tt , ces tt'éis deHilëré m\tM en trék-jfetHé quantité; êhfinr quelques tfénies dé gtiëi^é^et de Id pd^rë.

Voici les défeîK qae j'ai p^ ttiè produré^ ^ur uiitî perde de ces- articles^ ■;- -.,. ^: . .-t^,,-!- ■',;.■.•• ■*

(Jôflojï. -—Il sert à febHqtref les tiiiviÈ flbht f ai pai'lé el proirient du golfe de Cambayè et de GouzëZ-iitle ; on é^ tire aussi un peu dé Bomliay. La qualité eh e^l toujoiiH^ \tittf reure « Se verid , aà lieu dédèstfnfatioH, (tè 2 à 2 piàètrèV 1 /2 la frazéla. La quantité importée, chaque énftée, cSf de ^cuî mille cinq céèts à <^uatfë niille frazèîà. ' "

Café. — OW éh reçoit antittè^îèmeht éé trois cerits ë tr6fs cent cîriqùart^e .kiîîà, fournis presqtfé è^èréttfènt par lès ports afabéît de fa ïôer ^oUgè. Lés arrivages ont lîetf (fe hi fin de février au commencement de la rtrai^âon de stid-otiest. n ért vient, en outre, de GaWairté, par càfdVrfnês, èti jtifn et juillet. Lé ternes iJéndtfnt lequel il péùt manq^^ stir ^e matché àeralt donc dé ^epfémlrré à ^vrîer. OiïtsfàHà c^tre deux céMs Hss', api^tfrtéà dèn's cet i'nfertalle, s'erélédt f/rfrtédiàt^efit p^rfééS. C'eA en céqàé, ôrf «6 léïàlppéH(i^, qrt€ les

f^rmyîT^-r--

7!;>?^'T ■■?|^?35^^5^ÇgS§IS

Soumal le consomment. Aux moments d'abondance, le prix du café est de 2 à 2 piastres 1/4 la frazela. Dans le commerce de détail , il se vend par kila. Il a été donné jusqu'à soixantedix kiia de dourba pour une kila de café, aux époques de disette : on en a vu le prix monter alors jusqu'à 7 piastres la

Mélasse. — Les habitants de Moguedchou et ceux de l'intérieur, ne consomment qu'une mélasse grossière venant de Zanzibar et de l'Inde. Quoique très-€ommune,, on ne se la procure pas à moins d&2 i/2 à 5^ piastres 1/2 la frazela.|

Verroteries. — Elles sont très- recherchées. Il y a quelques années, elles arrivaient de l'Egypte par la mer Rouge; depuis que les Américains et les Anglais en introduisent une grande quantité à Zanzibar, c'est de là qu'elles sont transportées, par les boutres, dans les ports du pays soumal. Du reste, le commerce des verroteries n'a pas, ici, autant d'importance que dans les pays plus au sud ; on en placerait tout au plus iOO frazela par an sur le marché. î

Dattes. — Elles proviennent d'Arabie. Les Soumal en consomment beaucoup, et seulement des variétés les plus communes. Il en passe tous les ans, sur la place, près de quatre mille sacs de cent cinquante retol chacun, dans lesquels la qualité inférieure figure pour les neuf dixièmes; le prix de celle-ci est de i piastre 1/4 le sac; celui des autres, de 2 1 /2 à 4 piastres.

Tabac. — On en tire la majeure partie du sud, par l'intermédiaire de Zanzibar. Il est en corde et se vend de 1 à 2 piastres la frazela. Le tabac américain^ qui est en tablettes et en feuilles, est préféré, mais le prix en est trop élevé pour les consommateurs, car il n'y peut être livré à moins

de 4 à 5 piastres la frazela; aussi Fimportation n'en dépasse-t-eile pas. quatre à cinq cents frazela par an. Quant à celui des autres provenances , il constitue un des principaux moyens d'échange avec l'intérieur : il en est in^iorté au moins dix milte frazela. Cette quantité , relativement énorme, de tabac est écoulée dans les pays environnants par la voie des caravanes. Il est d'un usage général , chez les Soumai-Rahhan'onine, et c'est à Moguedchou que s'en approvisionnent toutes les tribus situées dans le nord de cette ville.

5e/. — H est apporté de Sour (côté (FOmén) et du pays de Meuh'ra (côte sud-ouest d'Arabie) ; le prix en est variable suivant les circonstances , mais toujours très-bas. Pour 1 piastre, on en a cent kila quand il est rare, et jusqu'à deux cents kila» s'il est abondant. î^s Soumal l'emploient principalemgptjiu salage des cuirs et à l'engrais des bestiaux.

Esclaves. — Ils viennent du Souahhel et quelques-uns dePatta : Moguedchou en a reçu, en 1846, près de six cents. Un esclave mâle, dans les meilleures conditions, est payé 50 piastres; une femme, entre 25 et 50; un enfant, de 15 à 20. Il ep arrive aussi de l'intérieur, et particulièrement de chez les Galla-Arouci, dont les femm^ sont, dit-on, estimées presque à l'égal des Abyssiniennes. Au nombre des esclaves tirées du Isud, se trouvent parfois des femmes de sang mêlé, qui se vendent à des prix considérables, et dont les Arabes du pays font leurs femmes ou leurs concubines, n y en a dont le physique ne manque pas d'agrément ; on peut en voir un spécimen dans rAll>um (1). . ■ « >

(1) Voyez planche 38. ^

FeKi. — Le fec en b*rtre et en fil est itnpofté ite l'Inde et mis en œuvre p«r les forgerons de Moguedchou avec une dextérité assez reoiafqaable ^ eii égar<] aut instrdnients grossiers dont ils se serféfit. Ils febriqaeAt àimi les fers de sagaies^ deë couteàux-poigdàrds et des instruments aratoires. La quantité de fer qui entre artnuellenient est d'eoTiron 15,000 frdEela > dont une partie est éeoulée à fistérieur. Les instruments d'acier y sont achetés àTec'eiD|)frëssenient, parce que le traitement dé ce métal est complètement in« connu aux ouvriers du pays. Les limes, dont ils font un grand usage, sont de faërique anglaise; ils les heçoi vent de l'Inde. Quand elles sor^t iisée», ils rétississdbt que^uefois^ à les transformer en lômes de poignard»^ qui sont très-teeherchées par les gens de la classe guerrière. Les limes plates ô quatre faces ou quadrangulaires sont lèi» plus demandées ; elles se vendent, selon la grosseur, de i/B à 1/â piastre la pièce. On placerait promptemerit une grande quantité de rasoirs, pourvu que le prix de revient n'exoédét pas 1 franc pièce; on en trouverait, dans le pays^. peut-être une demipiastre, mais assurément 2 frajics.

Presque tous les habitants commencent à se conformer aux lois de l'islamisme, qui ordonnent aux croyants de se raser la tête, et si beaucoup s'en abstiennent, c'esty je crois, faute de rasoirs. Od vendrait de même très^faeilemerrt une pacotille de couteaux à lame large et longue,^ à po^née fixe, dans le genre des couteani à gofne des matelots américains et anglais^^.

Fusils et poudre.-^Oti n'importe, à Moguedchou, qu'un très-petit nombre de fusils; quelques Soumal seulement s'en servent pour la chasse à l'éléphant. Ce soBt ©rdftiaire-

ment des fosils à tnèche^ BPibeâ ou persans ; mais H y en « 'aiissi de provenance anglaise, connus dam ie coaynerce iKMis le nom de tower-gon, et qui, à cause 4e ieur gros calibre, sont fait appréciés par les naturels. Le prix de débit est de 4 4/â à 5 piastres la pièce. La poudre employée e»X de fabrique asg^aise ou aBaérioaihe; elle est introduite en petits bartb de vingt^quatre à viagtciiq livres, qui sofvt vendus 5 piastres. Les indigènes enpIosraBi raremant tes armes à feu, la quantité de poudre importée. annuelleinent ne va pas au delà d'une centaine de ces barils.

Tant que Mogaedcfaoo fut indépendante, les eouiuiiies du pays, en ce qui eottceme les douanes, exigeaient que tout bâtiment touchant dans ce port pour y commercer payât une aoÉHBe de â5 piastres au sultan de la villa; cette sofluae pouvait aiéme s'élever à 55 piastres pour les marchands riecoiknu» riche» et y faisant beaucoup d'afflBif^ts^ Par exception, les bateaux arabes n'étaient aatneinla qa'a» dre*t modiqiifte de S piastres. Quand Said lai cilt imposé sa suzeraineté, il y établit u« système plus complexe et aussi plus profltable; il s'en réserva tout le produit, se chargeant de payer pour ebaque bâtiment, au sul^u indigène, ce qui lui serait revenu d'âpre i'aocien usage. Les somme» que Said perçait par suite d*t* à c& qu'il parait , ei«ité la convoitise du cheikh de Chinggâni , car, depuis Un aw, loem iSihbmed est en<iiMtianee auprès» du Sultan, pour qti'nnenoitié des droits résultants du nouveau système soit substituée à ce qu'il reçoit eu exéculioo de l'arrangemeut actuel,

¥oier la fernral^dtttvi^fixé par le SuHafi : « 'lent Mtfment qui arrive de Tlnde ou d^Arabie,^ et débarque des marchandises, est assujetti à un droit de 5 ponr 400 sur

tout ce qu'il vend. Ceux qui achètent de l'ivoire provenant de l'intérieur doivent payer 2 piastres parfrazela {!); un reçu leur sera donné par l'agent du fisc, et, s'ils portent

ensuite cet ivoire à Zanzibar, ils pourront f introduire en franchise. » ■-,■■ i - 1--.*»'^''';- *.' -"!iï^.'nq a mk^? i-Si> >-v'

A part les douanes dont je viens d'indiquer le régime, il n'est prélevé, à Moguedchou, aiu;un impât sur les propriétés de quelque nature qu'elles soient.' *•

La monnaie ayant cours dans le pays est le thalari à l'effigie de Marie-Thérèse, et ses fractions; la piastre d'Espagne à colonnes est acceptée au même taux, mais la pièce de 5 francs ne le serait qu'au poids et souvent avec difQcùlté. ---^^^ ■-■^"' ■■' -

Dans les transactions, la roupie de la compagnie passe quelquefois pour une demi-piastre , quand, par exemple, l'acheteur ne peut payer en une autre monnaie, ou que le vendeur tient à lier une opération.

Les piécettes de 5 à la piastre sont reçues pour un quart de piastre, mais avec moins &e faveur que les quarts de thalari.

La piastre est désignée, par les Sotimal, sous le nom de charoky et les fractions de cette pièce, ip, 4/4, i/S^et i/46, sous les noms de noss-charok, robho-charok , soummm et noss-soumoun .

Les marchands de Moguedchou, et surtout les Soumal,

(1) Quoique ce droit sur l'ivoire puisse être considéré comme un droit de sortie, et que, aux termes de notre traité, nos uationaax soient exempts de toute charge de ce genre, ils n'y échii^eraient pis, s'ils traitaient à Moguedchou. Saïd éluderait la clause qui stipule cette exemption, en ordonnant, comme il l'a déjà fait sur d'autres points, que le vendeur ût à payer pour Tacheteai.

'?^3r=-- fe'^'-'W-^Se^-i: ^^- f ■"

n'aye^t aoeua moyeD d'éprouver l'argent» se rnootrent extrèmemeot rigpurettx sur T intégrité apfMrente des pièces qu'on leur présente, et iJs les refusent si elles oqt la B}oindre rognure. Les individus par les mains desqilols il passe habitudlement beaucoup de monnaie ont an petit doigt une bague, dont le chaton proéminent leur sert à percuter chaque pièce tenue en équilibre sur la pulpe d'un des doigts de l'autre main, afin de juger, par le son, de la pureté du métal. -u..--,, .

Les poids de Meguedchou sont : >> .1 ; .

Le retol, unité de poids qui vaut 0^,445 (1) ;

Le men', 3 retol; ^^ ]■ :-,.?;,

La frazela, 12 men' ;

Lekiss, 7 frazela.

Les mesures de longueur sont :

La coudée, en soumali dotMioun; .

L'empan, (uto; < -

Et la brasse, 6d/i, désignation empruntée aui Arabes.

La coudée est à peu près la seule de ces mesures qui soit en usage; sa longueur moyenne peut être considérée comme équivalente à 0'°,49. . / . •= .

L'unique mesure de capacité est la kila, qui contient 1^,110 de dourha; quinze kila font ce qu'on appelle une tobla; trente kila, un m'sigo; cent kila, une d§ézela.

Sauf le cas où notre colonie de Bourbon aurait besoin de bétail ou d'ânes, l'état actuel du commerce de Moguedcbou n'est pas de nature à y attirer nos navires; mais, dans le cas énoncé, on pourrait y faire des opérations très-lucratives

(1) Voir, à ce snjet, ce qui est dit à Tarticle Poids et ihésùrës dn chapitre xxiT, consacré aa commerce général de la côte.

— 5*2 — mr ces dem artieles. I^ efl^, les beaux bœufe M-se^Nijcnt pm pif» de l^ piMtres; les moutons, âeifiiH^ piffStre , et lie prti d'un bon âne n'est que de 4 pfaslres. La traprersée ne serait si longue n4 difficile aus époque» oà^ oe port est abordable. Le ffroupe des SeyeheHes, placé sur 1» route à suivre, offritait, d'affletrr», une refâebe comnodo» si Fen arait besof» de renouveler «i provisioB d*eeu et de fbuf •

Quant aux objets d'Importation réclamés par Mogucdchou, le corn mercede 'Bourbon en tneoTerail (fMilfHe»'Uns dans les produit» de Ffle, tels que le cafés ^^ métasses et les sucres de qualité inférieure. Mais, ptyét-il t» e^ces les animaux à prendre, il réaliserait tmeore (if^êSêéi grands bénéfices, eu égard à leur prix courant? sur le» matsebés de la colonie. . * r

Maïotte, à l'aide de son cabotafe^ poirrait t5frtMenir, avec Moguedchou, des relations plus régoUèresi et ptas fréquenles. Elle auceiit, pour articles d'iiupoftatieay outre ses propres produits en café e^ mélasse, le tabae et le riz de Madagascar et des Comores, et, pour aftîéles de rcÉour, la plupart de ceux que Moguedchou livre à K^rportation et dont notre établissement tendra de plus en plus- à devenir un ewlr^ét , ainsi que des artieles similaire» de toute la côte orientale d' A Crique.

Voici makitena^it, pour les> naivnres français <|ui aborderaient à Moguedobo», des avis et (ies^ indications cfoi ne seront peut-être pas sans utilité.

Il'aprè»!» situetioiit poUtxqiie de cette viil^ il semble^e nos nationaux devcaifint y trouver la protection et l'accueil que leur garantit ^nolretraièé avec l«s»ltaB detSfeiaibflr», dans

toutes l£8 tocalités placées soaa l'autorité de ce pumce. Il importe oéaiiMoim que les eâpilaif»es des plumiers navires qui se rei>dro9t eo ce p)dr4,.^ll«eBt la prudence à talariiielé pour écbapper ^m esigenees el am suggestiaBs iaténessiàes des chefs et, eo géi^ral» des Individus a qvà ils auFOOt affaire. On le QQjpApr««dfa eu quelques roots.

La soiiKeralueté dA Bultao est» nmm l'avons m^ plus do^ miDale que réelle h Moguedcbou; du soins n'art^rtille pas d'actioD au delà de \a portée de ses canoBS. J'ai dit qu'il n'y est représenté par aucun agent, et que le gouvernement de la vitte est laisséentièremeftt auK cbefs ifuligèiies. Ceux-ci se montrent toujours, il ost vrai, disposés à satisfaire ses désirs et à se conduire d'après les recommandations qu'il leur a directeipeftt adressées; mai$, ayao<teufort rarement des relations avec les£uropéen$, ils ne sauraient bien comprendre la nature de nos apports politiques avecSaïd, ni la solidarité résultant, pour eux, de leur sounussion à ce prince, quant à ses engagements envers nous. D^'aillenfs ces chefs indigènes ont peu d'autorité sur une population se faisant encoi% moins qu'eux l'idée de notre puissance de répression, si la justice du Sultian était trop lente ou incapidDJe de punir. Auprès dies hahilaRtii de la ville, q«ii savent, par eipérienoes qu'on peut exercer oo&tre eu» des nq)ffésaUles, on ninvo'^ querait pas vainement, au besoin, le nom de Saïd ; il suffirait peul-ètre d'avoir fait coBoaitre, par ipftdques coups de canon tirés, en guise de salut , à l^arrivéci, qu'on est en état de se venger d'une injure. Ce n'est donc pa» de la population sédei^aùe qu'on auraU à craindre un sétieux doramage; mai&ily a touifMirs, à Moguedàbou., un certain nombre de Bédouins attira par le commence, et qui ont toute

l'indépendance sauvage, la brutaleigooranceetles habitndes désordonnées qu'indique ordinairement ce nom : c'est avec eux, surtout» qu'il faut éviter les différends; car, une fois sortis de la ville, peu leur importerait qu'elle fût réduite en cendres par nous ou par Saïd, pour les violences qu'ils y auraient commises à l'égard de dos nationaux. Ceux des habitants qui raisonnent sentent très4>ien cela ; aussi vous recommandent-ils instemment de ne point sortir de la ville, et s'empressent- ils d'y prévenir toute collision avec des étrangers.

On ne doit pas conclure de ce qui précède qu'il serait dangereux pour des Européens d'aller traiter à Moguedchou , mais seulement qu'on aurait tort d'y aller avec une confiance illimitée, négligeant les précautions que commandent l'état souvent agité et les habitudes turbulentes de sa population. Les Soumal dn sud sont, comité ceux du nord, très-bruyants dans leurs moindres débats 4 il ne faut donc pas s'émouvoir de leurs cris et gestes, ni les prendre pour des menaces : un étranger en butte à de pareilles démonstrations imposera au déclamateur furibond par une attitude calme et ferme , et lui attirera presque toujours les huées des spectateurs. En un mot, les Soumal sont plus tapageurs que belliqueux; j'en ai acquis plusieurs fois la preuve dans des circonstances difficiles.

Il faut s'attendre, en débarquant, à être accueilli par une foule de peuple armé accourue pour voir les M'zongou. Ici commencera, pour l'étranger, un embarras réel ou plutôt une difficulté insurmontable, s'il n'est accompagné au moins d'un interprète d'arabe; non que cette langue soit en usage chez ler86umal , mais parce que dans les villes du littoral ,

surlout daas celles où il existe des descendants d'Arabes, il se trouve toujours des individus qui en ont quelques notions. On rencontre même des Soumal qui en savent quelques mots. Tous les renseignements que je consignerais ici ne soustrairaient pas à l'obligation de se faire comprendre, un capitaine arrivant pour traiter: un interprète est donc indispensable à toute expédition dirigée sur cette côte. J'insiste sur ce sujet , parce que les répétitions me semblent bonnes, lorsqu'il s'agit d'indiquer des précautions d'une nécessité absolue. A Moguedchou, on pourrait trouver fortuitement un jeune chérif de Braoua, nommé Sid Qoullatin (1), qui fait des aflfaires avec cette place et parle un peu l'anglais ; mais cette circonstance se présentât- elle, et connût-on soi-même la langue anglaise, on resterait entièrement livré à la bonne foi de ce seul interprète. Or, pour un Arabe, la position serait si avantageuse et si tentante, qu'on ne saurait espérer qu'il n'en abusât pas; c'est par suite d'une position analogue que les Anglais, qui vont quelquefois de Maurice à Braoua pour acheter des bœufs, les payent à raison de 40 piastres par tête, au lieu de 5 ou 6, prix courant pour les indigènes. i

Le lieu de débarquement le moins incommode est à environ un tiers de raille dans l'est de Chinggâni : on passera donc d'abord devant ce quartier, et il sera ainsi tout natu-

(1) Ceci et ce q^i suit a été écrit daus la prévision que les renseignements donnés âur certains personnages connus par moi à Moguedchou seraient Hyrés au public peu de temps après mon voyage d'exploration. Que sont devenus, depuis, les hommes dont je parle? Se l'ignore. Mais, quand ils seraient morts ou qu'ils auraient quitté le pays, les voyageurs qui me succéderont tireront toujours parti du sens général de mes recommandations.

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rek de s'y «rréter pour felre une viiite m suHan oo elieikh, ImaiB-AhhMed. *■*•» ;.- ^'- .inz-Hr-^v-iï'^- ^'■■

Dans la foule, réunie sur la plage, sn distinguera plusieurs indi vidas un peu ^us ?étus que les autres ; ce sont des gens de la tribu des Gheraf et peut-être des Arabes. Parmi eux, on reflsarquera tout de suite un homme de grande taille et un peu obèse, ayant une physionomie et des manières engageantes ; il se présentera spontanément pour voys servir de guide et de hebban : c'est notre Sid Uhaddad, le principal négociant de la ville; on le reconnaîtra sans peine par le fort bégayement dont il est affligé. Au besoin on se procurera un logement dans sa maii^on ; toutefois il sera bon de ne rien conclure avec lui avant d'avoir reconnu' le terrain et visité le cheikh de Hhameuroulne. Cette mesure est nou-seuiement une affaire de convenance, mais encore elle pourra être favorable à l'opération : le caractère de Moumen-ben-Uhacen, le respect qu'il inspire à ses subordonnés, sa conduite à notre égard, et les dispositions qu'il m'a témoignées quant aux Français qui se présenteraient dans le port pour y commercer, me portent à penser qu'il serait plus facile, plus sûr et peut-être plus lucratif de traiter à Hhameurouine qu'à Cbinggâni. J'ai eu fort à me louer de mes relations avec Moumen; aussi, en le quittant, lui ai-je laissé un écrit qui en fait foi et le recommande à la confiance des étrangers arrivant à Moguedchou. Il m'en a, de son côté; remis un, par lequel il s'engage à protéger les Français qui visiteront ce port et à leur servir de hebban (1).

(1) Voici ce que coatieot cet écrit, doat rorigioal est re«té dut» les archives de la stalioo :

Quant au dheikh de CbÀiggâni, iaMm-Àhbmod» ce n'est qu'un meAcHant éhonté, un faoïmne sans v<rienté» »»n» énergie » sur les paroles et les promesses duquel il n'y a point à compter. Après lui avoir fait une visited' arrivée, pour l'informer qu'on est venu à Moguedchou dans l' intention d'y commercer, on devra éviter, autant que possible , toutes communications avec lui; elles n'auraient pour but, (ie sa part, que des demandes d'argent ou d'autres objets, et ne seraient d'aucune utilité pour les voyageurs.

Les Soumal tiennent en cela beaucoup des Arabes : ils ne mettent ni scrupules ni vergogne à demander, et il est bien difficile d'échapper entièrement à leurs obsessions. Le cheikh Moumen n'est pas absolument exempt de ce défaut, mais il y apporte plus de tact et moins d'importtinité. Ln petit cadeau offert à propos à certains individus pourra, du reste, être d'un bon effet, comme prélude des relations. L'argent y est préféré à tout ; quelques piastres y seront beaucoup plus appréciées que des objets d'une valeur double et triple; du tabac, du savon, un fusil, un peu de poudre sont, après l'argent, les choses les plus estimées. Il sera bon, d'ailleurs, de mettre une grande réserve dans la distribution de ces cadeaux, et surtout de leur imprimer le cachet d'une gralification accordée en raison du concours

« Au nom de Dieu ckément et miséricordieux. Louange à Dieu ! Que « la prière et le salut soient sur notre seigneur Mohhammed, sa famille « et ses amis , et qu'il soit saavé.

« Eomiie il y a p4ix et sécurité ejitre les Français et les h«biiants < de Moguedchoa, et, s'il venait des Français dans ce port, le cbeikh « MoumeD-ben-Bbacen-ben-Omar sera kar bebban.

« A la date 4u luadi 27 4u mois de rébi pirmler, de Tati 1M3. Donné • par le cbaikk ll«ua)«ii-b«D-Hbacen-ben-Om«r. »

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que le donataire aura prêté à l'opération réalisée. Il est important de maintenir intact le droit qui nous est acquis par le traité, de commercer, aux seules conditions y stlpiHées, dans tous les ports, sous l'autorité de Saïd ; la moindre concession à ce sujet passerait bientôt en règle pourlesindigèhes. Quelques indications nautiques compléteront ces instructions.

Bien que, dans le fort des deux moussons, la mer soit grosse au mouillage, comme il n'y a pas de saute de vent à craindre, que la tenue est bonne et qu'on y est toujours en appareillage, un navire muni de solides amarres y séjournerait sans risque pendant sept à huit mois de l'année; mais les opérations qu'on peut faire avec le plus d'avantages à Moguedchou, les ^chargements de bœufs et d'ânes, seraient, pour la majeure partie de ce temps, très-difficiles, sinon entièrement arrêtées. En effet, le port manque absolument de moyens pour le transport des animaux à bord, et , d'autre part , il y a impossibilité de les y traîner à la remorque d'une embarcation par une grosse mer; enfin l'état de la barre, qui est alors très-mauvaise, empêche souvent de communiquer avec la terre. Il en résulte que, des derniers jours d'avril à la rai-septembre, Moguedchou est abandonnée, même par les bateaux caboteurs. Durant presque toute cette période, la mousson de sud-ouest souffle avec violence. Il en est à peu près ainsi des vents de nord-est en décembre et janvier, et , quoiqu'en raison de la direction du vent relativement à celle de la côte la mér y soit beaucoup moins grosse dans ces mois que lors de la mousson de sud-ouest, les communications n'en sont pas moins, le plus ordinairement, impraticables. Par suite de tout cela, les mois pendant lesquels des navires peuvent y aller traiter

sont : fin de septembre, octobre, février, mars et première qiiJDZaine d'avril. ;

On sera en bonne position en relevant le grand minaret, du nord 25° ouest, au nord 50° ouest, l'ancre par im fond de 22 à 24 mètres. Dans les communications avec la terre, il conviendra de tenir compte des courants de marée, qui , parfois, sont assez sensibles. Pendant le séjour du brick sur rade, nous les avons trouvés d'un mille par heure, portant à l'odest-sud-ouest avec le flot, et à l'est avec le jusant.

Du 10 au 45 février jusqu'au 1" avril, il n'y aura pas d'inconvénient à mouiller par 43 ou 14 mètres, en se tenant dans le relèvement indiqué pour le grand minaret; on ne serait ainsi qu'à moins d'un tiers de mille du récif, mais sans aucun danger, car la brise est alors modérée et la mer belle. Il en est ^e même, je pense, de la dernière quinzaine de septembre à la fin de novembre; les indigènes me l'ont dit; comme je ne m'y suis jamais trouvé à cette époque, je ne l'afGrme pas. Le Ducoué'dic y a jeté l'ancre quatre fois, en février et mars 1847, et en janvier 4848; le mouillage y était très-tenable. J'ai passé devant Moguedchou en juillet 4840, avec la Dordogne; mais la force du vent et l'état de la mer étaient tels que je ne crus pas devoir y mouiller.

Il existe, sur toute cette côte, des courants très-forts qui suivent la direction générale des moussons, combinée avec celle du fittoral. A petite distance de terre, ils vont souvent jusqu'à 60 et 70 milles en vingt-quatre heures ; à mesure qu'on s'en écarte, ils diminuent, et leur direction devient très-variable. Il est donc nécessaire, aux approches de la

terre, de diriger sa route de façon à atterrir t(Ni)otirs au venl du point à atteindre, et, si, par des circonstances inattendues, il arrivait qu'on le fit sous le vent, il faudrait immédiatement reprendre le large, cur il n'y a pas de navire à voiles qui, en louvoyant le long de la côte, pourrait la remonler à contre-mousson. On se rappellera que la mousson dite de nord-est commence aux environs de réquateur, à la fîn d'octobre; elle souffle de l'est -nord -est d'abord, et passe successivement à l'est, à l'est-sud^est et jusqu'au sud-est dans le jour, en février et mars; durant la nuit, elle haie plus ou moins la terre, en prenant davantage de nord. Dans ces mêmes parages, la mousson dite du sud-ouest s'établit vers la mi-avril; elle soufQe le' plus ordinairement du sud-sud-ouest et suà, puis souvent du sud-sud-est et sud-est le jour, pendant la dernière partie de sa durée. *

Tels sont les renseignements que nous nous sommes pi^* curés à Moguedchou ; ils se trouvaient heureusement recueillis quand fut entreprise l'eicursion à laquelle j'ai fait allusion au chapitre précédent, et que je raconterai dans celui qui va suivre.

ERRATA

Page 25, ligne 20» m Meu 4e : • le droit d'épôoser quatre femmes

légitÀnes et peupler, lisez r a le droit d'épouser quatre femmes

légitimes et ée peupler.

Page 4t, ligne t*, «u lieu de : une leUre - f épouse qvi «'«arjwtmof*

ainsi, d'après, lise; : ttue leltre-i^onse conUmtnt ot qmi

Mit . d'après.

Page 86, ligne ISi, &^ Vett 4e : sont grav^ quelques «seatenees du

Coran , lisez : sont geàyée$ quelques seateiioes du

Corau.

Page 127, ligne 1, au lieu de : liqueurs douces ^t tn>nn«»U par/^oii

du dehors.

Uses : liqueurs douces de fabrication eu-

ropéenne.

Page 139, ligne 19, su lieu de : dans lesquels il n'en est pas réuni

viagt et une fois l'an, lisez : et dans lesquels il n'eu est pas réuni

, vingt-uoe fois Tan.

Page 166, ligne 18, «u lieu de : contracté avec lui d'autre.

lisez : contracté envers lui d'ai^tre.

Page 170, ligne 7, au lieu de : et pour deuaander,

lisez : pour demander.

Page 175, ligne 27, au lieu de : ces opérations, lisez : ses opérations.

Page 227, ligne 24, au lieu de : leur promettant,

lisez : en leur promettant.

Page 250, ligne 2, au lieu de : n'en maintient pas moins k bord le ^ matériel d'armement , toute l'ar-

tillerie , lisez : n'en maintient pas moins à bord tonte

l'artillerie. ' Page 255, ligne 5, au lieu de : la plupart de nu($ compatriotes, lisez : la plupart df entre eux.

--^- ?'.rTÇ-fÇ?^'ï^?SS'i

Page 258, ligne 28, aa lien de : 34' an nord,

lisez : 34 milles au nord.

Page 266, ligne 9, au lieu de : moindres fautes,

lisez : plus petites fautes.

Page 275, ligne 8, au lieu de : à «e retirer bientAt devant les descendants, lisez : à être dominées bientôt par les des-

cendants.

Page 283 , ligne 6 du sommaire, ^

au lien de : Mouillage d'Agoada, lisez : Mouillage d'Aguada.

Page 304 , ligne 8, au lieu de : que nous eussions un pareil privilège, lisez : que nous Peussions.

Page 353, ligne 25, au lieu de : ThorizOD se renfermerait,

lisez : l'horizon se renfermait .

Page 375, ligne 3, an lieu de : fort tard pour prendre, lisez : trop tard pour prendre.

Page 389, ligne 15, au lieu de : la première baie de Hhafoun, lisez -.' la première, baie de Hhafoun.

Page 400, ligne 20 de la note,

au lien de : Hobbia, lisez : Ohbya.

Page 433, ligne 6, au lieu de : où un de nous ne faisait pas, lisez : où pas un de nous ne faisait.

Page 440, ligne 14, au lieu de : a perdu enfants,

lisez : a perdu des enfants.

Page 449, ligne 30, au lieu de : qu'on nous demandait le double, lisez :: qu'on nous les vendait le double.

Page 457, ligne 16, au lieu de : fussent en mesure de trafiquer,

lisez : pussent trafiquer.

Page 507, lignes 13 et 29, au

lieu de : chérif, ' \\set : cheraf.

Page 514, ligne 13, au lieu de : Stdi-Hhaddad ,

lisez : Std-Hhaddad.

Page 520, ligne 10, au lieu de : Denoq, lisez : Denofr.

Page 520, Ifgne 27, au lieu de : Abd-es-Sund, lisez : Abd-es-Sound.

Page 520, ligne 27, au lieu de : Alaieddin, lisez : Ala-eddin.

Page 524, ligne 26, au lieu de : Fek/ieur-ed-Dtn , lisez : Fekeur-Eddin'.

;i'^cf^*î^ .^.'■'-^"^:^çïWïîT3',. - -

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