‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique Orientale [microform]Chapitre 44 sur 101 · TT · texte numérisé non relu

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« même mère que les Medjeurtioe, ils s'aHient générale- « ment avec eux ditns leuri guerres contre le$ autres tritt bus; mats cette parenté et ces alliances n' empêchent pas « que de petites querelles ne s'élèvent fréquemment entre « eux et qn'ils ne profitent de toutes les occasions où ils Ci peuvent se dérober mut^lement ce qui leur appartient « Les OuftrsanguéH sont divisés en plnsieuis tribus» dont a les plus importantes aant : 1** les OuerèdnàMailah, tiibu « souvieraine dans laquelle se transmet héréditairement le « titre de guerâd ou chef (*) ; elle réside sur le Versant mé- « ridioaal du grand plateau d'Eyransid; 2" letf Noh-Ahmar (( établis à Bendeur-Djedid ; 3" les Ogueis>Leubbah , qui « habitent deux des villages de Has-Oueri ; 4" les Eddin- « Slyed» dont se compose la populatton de Gàam et des (( montagnes qui le domineùt; 5** les Mayeds, qui résident « à Deurderi ; 6' enfin la populeuse tribu des Deubeiss {**), « qui occupe le village d'Ehiïo et s'étend jusqu'à Bendeurc( Zyada, où elle joint les Medjeurtine. Les Ouarsanguéli « ont beaucoup de chevaux ; la sagaie et le bouclier sont « les armes de toutes ces tribus, è l'exception de celle des c( Oeubeiss» qui ne se sert que de l'arc et des flèches em- « poisonnées. Les articles d'exportation du pays des Ojunr- « sanguéli spnt l'encens, la myrrhe, les gommes, dont « une espèce nomm^ fel-fellahh ; puis l'orseille et le glii « ou semen . '

(*) Ce chef est aujourd'hui un tout jeune homme à peu près de Vk'^c du sultao des Medjeurtine et nommé Mohbammed-ben-Ali.

(**) Je ferai remarquer, à propos de ce nom donné par M. CruUeodcii à l'une des tribus ouarsaaf uéli , que celai de Deudbeiss, qui me parait le même, m'a été cité comme appartenant à Tune des tribus ideurr , dont je parlerai plu» loin.

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« Au sud du pays des Ouarsanguéli s'étend le territoire « des Loulbahanté (*), aboadant en prairies, en encens et « boii^de construction ; mais on n'y rencontre pas une « seule pierre. Comme les antres tribus de la même fa- « mille, les Loulbafaanté ont pour armes la sagaie et le « bouclier, et combattent principalement à cheval. Leurs « chevaux sont forts et courageux ; cette race provient, se- « Ion la tradition soomali , des haras de Soliman, le fils de (( David, et est, par conséquent, grandement appréciée. Les « Loulbahanté, autant que j'en puis juger d'après ceux que « j'ai vus, sont une belle et mâle race d'hommes, ne le cea dant à aucun des enfants de Daroud, soit par le carac- « tère, soît par les apparences; on les représente comme a courtois et hospitaliers envers l'étranger qui les visite : «( ils ont ordinairement deux sultans Ou guerâd. Le plus a âgé des deux gouverne les parties ^orientales de la pro- « vince, tandis que son collègue est chargé de garder la « frontière nord-ouest, pour la préserver des incursions « des maraudeurs hâbeur-el-djallah, voisins de Keram et « des Ougadine de la famille de Noh-Ahmar {**). Le pre- « mier est actuellement Mohhammed-Àli-Harr^n; son coite lègue, récemment décédé, se nommait AU Guerâd.

« Les Loulbahanté n'ont aucune céréale et subsistent a principalement de lait, excepté lorsque le manque de « pluie les .oblige à éclaircir les innombrables troupeaux tt de gros et petit bétail , qui rôdent dans leurs prairies

(*) Loulbahanté, possesseur de la terre. '

(**) Peut-être le mot Ougadine a-t-il été mis, par erreur, au lieu de celui d'Onarsanguéli ; car Noh-Abmar nous a été déjà désigné comme le nom d'une tribu ouarsanguéli, voir la page précédente.

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a sans fin. Ils n'ont que peu de gomines; mais ils portent « à la cdte de l'ivoire, des plumes d'autruche et du ghi en tt abondance.

« Les bètes feoTes, et particulièrement le lion, sont en « grand nombre dans le pays; la girafe s'y trouve dans les « plaines verdoyantes qui se déroulent au bas do versant « méridional de la gigantesque chaîne de montagnes des (( Ouarsangnéli; le coodou> l'onyï et le rhinocéros noir (( sont aussi communs dans les mêmes endroits » ,

On sait peu de chose des Meurrihhàn' ; leur pays est rarement visité par les Soumal du nord» eu égard à sa position avancée dans intérieur et à son enclavement partiel dans le territoire des Haooiya, peuplade réputée sauvage et inhospitalière. «Les Meurrihhàn' ne jouissent pas d'une (( grande considération parmi les autres Soumal. Leur pays (( doit être abondant en gommes, myrrhe et ivoire. La val- « lée de Nôugal en forme la lisière du côté du nord, lis sont (1 séparés de la mer et de la rivière Chebel-lèh (*) par des « tribus haouiya. »

« Leur territoire ne produit pas de grains ; ils expédient, « chaque année, à Beurbera, des caravanes qui y portent « la meilleure myrrhe, les plus belles plumes d'autruche « et de très-bel ivoire. La race de leurs chevaux est fort « estimée »

Les Ougadine sont répandus sur un vaste territoire : ils ont, à l'est, le pays des Loulbahanté et des Meurrihhàn' ; au sud, les Haouiya et le cours de I^Ouébi-Denoq ; à l'ouest,

(*) La rivière Chebel-Iëh n'est autre que la rivière Deooq, dont les diverses parties reçoivent le non du territoire qu'elles travcrseut.

le môme fleuve ; et au nord les Guéri et les Ideurr, dont je parlerai plus loin.M^n. p Win-f î;i , .ho:*^ i ^i, jJ^k* a| h

La fertile vallée de Nougal se prolonge à travcrsi 1« partie nord de ce pays et y prend le nom de thxmg^fiiMml ^3

« Parmi les tribus de T^aroud, celle des Ougadine tient jf. le second rang ; mais, au point de vue de la force oumé- « rique et de l'étendue du pays qu'elle occupe, eUe aurait a probablement le premier. Elle est gouvernée par i^n chef « qui a le titre d^Ougcus, mais «^i, de même que les au- « très chefs soumal, n'a guère qu'une autorité nominale.

a Dans toute la province, le sol edt cultivé Qt produit u en abondance du millet blanc, qui forme la nourriture c( ordinaire des habitants. Le pays des Ougadine est repré- « sente comme un pays plat, possédant, d'ailleurs, d'excel- (( lents pâturages. On y trouve de l'eau partout; il suffît, (( pour s'en procurer, de creuser des puits de deux mètres à u deux mètres cinquante de profondeur. La terre est d'une « couleur rouge remarquable : les naturels s'en servent « pour donner aux étoffes dont ils font leurs vêtements une u teinte rouge assez éclatante. En un mot. ce territoire « n'est qu'une vaste prairie dont le trajet exige vingt-neuf « journées de marche. Au dire des indigènes, on n'y réuc( nirail pas un nombre de pierres suffisant pour construire « un foyer. L'air y est réputé très-pur.

« Leur richesse en bétail permet aux Ougadipe d'appor- (( ter sur l'e marché de Beurbera un approvisionnement (( considérable de ghi. Ils ont une grande quantité de che- « vaux et de chameaux qu'ils vendent à bon compte ; ils <( entretiennent, en outre, un commerce fort actif avec les u tribus galla, au sud de l'OuébiTChebel-lèh, grâce au eon-

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« cours des gens de Gaoéné^ qu'ils emploient, à l'occasion, « comme oeuctiers. Les marehandises qui leur viennent de « la côte sont des cotons biens et blancs , des cauris et de <( la Verroteiié, sur laquelle, particulièrement, on réalise K d'énormes Itéoéfiées. On y achète les gommes en sacs de « peau, du contenu de aotxànte liyres, les plumes d'au- <( truche à la livre et l'ivoire par frazela de 90 livres , (( quand les dents sont de grande dimension et de bonne « qualité...... \}i>\i y;;:?!!.; -\.>\:--.'\ ;;l;;ii;jî ',.ii .,..;.

Les Guéri , les Habeusgoul et les Beurteri sont établis sur les territoires situés au nord-ouest des Ougadine. Ce sont les tribus 4e la famille de Darood qui ont pén^ré le plus loin du côté de l'ouest, r ' '^ ^' '" ? ^î-v^

(( Les Beurteri tirent une certaine influence de ce que (( les ânirs de Harreur ont pris, pendant longtemps^ des (( épouses dans cette population. Ils ne visitent pas la côte « aussi ft'^quemment que les autres tribus, et ils paraissent (c vivre à l'état de pasteurs, s' occupant exclusivement à soiu gner leurs troupeaux de gros et petit bétail , et è cultiver (( le café sur les hauteurs, dans le sud-ouest de Harreur. »

Pour terminer cet operçu du pays des Soumal-Âdji , il me reste à parler de la partie de leur territoire habitée par les enfants de Deurr. D'après 1^ renseignements qui m'ont été donnés sur l'origine de cet individu et sur sa descendance, I enseignements déjà produits dans une note généalogique au sujet d'Adji , Deurr serait le fils de ce dernier et la souche (le toutes les tribus de l'ouest , ce qui expliquerait pourquoi celles-ci sont désignées par l'appellation générique d'îdeurr. Selon M. Cruttenden, au contraire, l'origine de ces tribus remonterait à un certain Isaac, Arabe venu du Hhadcur-

— W6 — maut postérieurement à l'arrivée de Daroud dans l'esl, et le nom d* Ideurr serait dérivé de celui de ta famille galla dans laquelle le cheikh Isaac prit une femme. « C'est pourquoi, « dit cet ofGcier, les tribus dont il s'agit» qui tiennent beau- « coup à n'être pas confondues avec les Gaila , repoussent « l'appellation d' Ideurr. » Il serait, je crois, aussi difficile que peu important de prouver quelle est la plus exacte des deux versions; je dirai, toutefois, que celle qui m'a été fournie me semble justifier mieux que l'autre le nom d'Ideurr, assigné aux Soumal de l'ouest : l'ensemble de la tradition à laquelle elle se rattache motive, en outre, celui de Soumal-Adji donné à tous les Soumal du Pford , et rend très-naturels l'établissement de Daroud et la migration progressive de ses descendants vers l'est. - '■

Quoi qu'il en soit, d'après mes renseignements, d'accord ici avec ceux de M. Cruttenden , les enfants de Dearr, dont les tribus principales paraissent être les Habeur-Garhhadjeuss , les Habeur-Aouël et les Habcur-Touldjàalla , ont occupé et occupent encore le territoire limité à l'est par les Ouarsanguéli ; au sud, par les Loulbahanfé et les Ougadine : à l'ouest, par les Guéri, les Habeusgoul, les Beurteri et le pays des Danakeli ; au nord , par la mer depuis Bendeur- Djedid jusqu'à Zeïla. Sur l'étendue de cête comprise entre ces deux'ports, on trouve, à partir du premier, par 11" 12' latitude nord et par 44*58' longitude est, une petite tie (1) nommée Djéïiret-el-Mitt ou Meyt et Bour (mont) Tereub-

(1) Le dépôt des cartes et plans de la marine ne possédant pas la partie du travail du lieutenant Carless qui représente la côte comprise entre le méridien de Beurbera et celui de 45* 40', j'ai été réduit, dans les indications que j'en donne ici, à mes seuls renseignements, sauf pour la posi-

chi, ditns le snd-sod-ouesl de laquelle esl le village du m^e nom ou Bendeur Mèyt, ea dedans d'une pointe appelée Ras^euinkhat ou Bas-Ketib. « On exporte de Bendeora Meyt use grtBde quantité d'ébène blanche et de longs et (( minces chevrons enployés, i Âden et sur la cdte voisine, è « la construction des maisons. Les hauteurs qui dominent a la viHe produisent, en outre, de très-belle gomme, et ces « divers objets servent d'aliment à un commerce coosidéli rable que Meyt entretient avec Âden et M'Kellé. C'est à a Meyt que se trouve le tombeau du fondateur de la nation « ideurr. Le cimetière qui l'entoure a plus d'an mille carré « de superficie : l'attachement à la mànoire de leurs ancè- (( ires porte beaucoup d'hommes âgés des tribus de l'ouest « à venir finir leurs jours à Meyt, afin que leurs tombes « soient placées près de celle de leur chef Isaac. Ainsi s'ei- « plique l'étendue extraordinaire du cimetière. Beaucoup « de ces tomb^ ont une pierre tumulaire en madrépore « sur laquelle est sculpté en relief le nom de ceux qui y « reposent. Plusieurs d'entre elles datent de deux cent cin- <A quante ans. »^,r ^

A peu de distance dans l'ouest de Bendeur-Mitt, sont les ruines du village de Reukedah, et à une dizaine de lieues

lioa de l*tle Meyt, que j'ai prise daqs le report d^Ji cité de M. le capitaine Jeheoae/^oatefois je dois faire remarquer que la Imigitude de Beudeur-GAcem, détermiitée aassi par cet officier, étaat de 3' 30" plus faible que la lobgitade attribuée au même point par le lienteuant Carless, il «st probable qu'une différence égale se reproduit dans celle de l'Ue Mejt , qui serait alors, d'après l'officier anglais, de 4â* 1*30". Au reste, les résultats obtenus par ces deux observateurs ne diffèrent réellement que de 2' 27", puisque le premier a adopté pour longitude du pbare de Bombay 70* 33' 12" et le second 70* 34' 15".

(Je Djéziret-ei-Miit, glt une autre petite île nomihée Bjéziret-el-Hhaïs (4), très-probablettent \\\e Bnint des cartes anglaises, en face du village et port du mène nom. A partir de ce point, le rivage décrit une courbe ai- extrémité occidentale de laquelle est situé Bendeur-Keram et qai forme un golfe peu profond, ayant enviroo diirsept lieues entre les deux pointes. Les Arabes le nomment Roubbet-Asggueur (golfe ou baie d'Anggueur), du nom d'un village de cette baie. • '''*-^ '•'■ i •;•«;■/

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Keram est le plus important de tous les points qui viennent d'être indiqués, tant à cause de son port, réputé fort bon, qu'à cause de sa situation par rappcHl à Aden. La posi-

(1) M. le capitaine Jehenne affirme que, ëur toate la cdte, il n'y a pas d'autre Ile que rtli> Mitt. Mais, comme cet officier n'a point exploré la partie dont il s'agit et que son assertion n'est basée que sur le dire des patrous de barques qu'il a trouvées mouillées sous cette tle, j'ai cru deroir reproduire, tels qu'ils m'ont été donnés, des renseignements que je o'ai pas, d'ailleurs, accueillis sans explication ni contrôle. Or ces renseignemcnls sout positifs quant à l'existence , dans l'ouest de l'Ile Mitt , d'un point nommé Djéziret-el-Hhaïs. Le mot Djéziret étant employé par les Arabes pour désigner aussi bien une presqn'Ue qu'une tie, la contradiction que je cherche k éclaircir disparaîtrait en adoptant le premier sens pour le point dont il s'agit; mais, m'a-t-on affirmé, Djéziretel-Hhaïs est entièrement entourée d'eau, c'est-à-dire une tle , n'étant, il est vrai, séparée de la terre que par un canal fort étroit. D'autre part, dans une nomenclature des lieux situés sur la côte nord du pays des Sonmal, nomendature fournie par M. d'Abbadie ('), il e9l fait mention de deux lies, l'une nommée Mi'djlem, signalée comme nue et située prèff de la terrp , à côté du port de Ifliaïs ; l'autre nommée Khabcb (Ùebch), indiquée comme lie et mtmt, couverte de fiente blanche, sise à 3 ibilles do rivage, à côté du port de Meyt. L'exactitude de ces indications étant admise, il n'est pas douteux que la première lie serait Djéziret-el- Hhaïs et la seconde Djéziret-MitI ou Bow-Tereubchi.

(*) Voyex fiulUtiti de la Société de géographie^ mai et juin 1839.

tion relative de ces deui villes est, eo effet, telle, que les vents de iaiBoinsoti, étant à peu près traversiers, rendent toojours fêofles tes communieatioBS de l'une à l'autre. Grèce à cette cireoDstancef les (>ateai» chargés de petit bétail podr lé HÉlMxîhé d'Aden ne passent: pas plus d'une nuit à la iher danè leur traversée du canal» tandis que ceux de Beurbera en paffient souvent trois pour le même trajet. Au nombre des avantages de Keram, il faut encore compter sa prorimité du pays des Loulbabanté, dont il n'est séparé que par quatre journées de marche, et qui fait tout son commerce extérieur par l'intermédiaire de ce port.

Après Keram la côte s'incline davantage vers le sud, suivant la direction générale du sud-ouest j ouest, jusqu'un peu au delà de Beurbera. Cette partie de côte a été relevée par le lieutenant John Septimus Roc, de la marine royale anglaise, et c'est de la carte dressée par lui et des remarques qui y sont inscrites que j'ai tiré les indications

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A environ trois lieues de Keram, où l'on construit, dit cet ofGcier, des bateaux de cent cinquante tonneaux, est le petit poit d'Aïn-Terad (El-Tharande nos cartes), dont la position est indiquée par une ouverture profonde dans le rivage, entre use pointe accore et rocheuse du côté de l'est et un promontoire escarpé du côté de l'ouest. Au delà de ce promontoire, le rivage s'abaisse et présente une succession de dunes de sable blanc, sans aucune végétation. A deux lieues en arrière de la côte s'élèvent plusieurs monticules dont le pins à l'est est remarquable par )es buissons qui garnissent son sommet. A huit lieues d'Aïn-'Ierad, le rivage fait une saillie terminée par une pointe de sable, basse et bordée d'un

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haut fond qui commence à trois lieues dans l'eiï de cette dernière et se continue jusqu'à Beurbera. Ce haut fond s'avance, en certains endroits, è un peu plus de mille mètres au large ; sbt pluàeurs points il est signalé par des récifs sur lesquels la mer déferle. A deux limies dans le sud-ouest de la pointe dont je viens de parler, se trouve Ouadi*SiaEa, village de quelques huttes, très-fréquenté, à cause de son aiguade, par les bateaux nsnguant dans ces parages. Il y eiiste, en effet, des puits qui fournissent abondamment de l'eau douce. Ces puits sont à environ cent mètres de la plage auprès d'un monceau de pierres a^ant l'apparence d'une petite tour. Le village ne s'aperçoit que lorsqu'on est très-près de terre, mais sa position est suffisamment indiquée par un groupe isolé de hauteurs rocheuses domir:ant la côte immédiatement après la plage. On peut mouiller devant ce point par âOou 21 mètres, à moins d'un mille de terre. Le haut fond dont il a été parié s'avance devant Ouadi-Siara à cinq cents mètres au large. M. le capitaine Jehenne a passé quelques heures à oe mouillage, en décembre 1841; il dit que 4a mer bri»it sur le rivage et qu'on eut beaucoup de peine à débarquer. Quelques Soumal qui s'y montrèrent furent affables et sans défiance; ils possédaient un beau troupeau de chèvres et de moutons. Le lieutenant Roe place l'aiguade dont il s'agit par 10° 35' 35" de latitude et 43* 1 ' de long4tude. Comme il est d'accord avec le capitaine Jehenfie sur la position de Beurbera et que les longîtudes^e ce dernier diffèrent de 3' S&' de celles du lieutenant l!lruttenden, il faudrait, pour mettre la longitude d'Ouadi-Siara en rapport avec celle de tous les autres points à l'est, la porter è 43* 4' 3''. Cette localité est,

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du côté le l'ooést, lé dernier point de la côte oeciq>é par les Sabeor-Touldjéalla , et qui c^mnoÉDce , dans l'est , à Bendear-^flhife. ^^M^UiW^^^ nm-^^^

Au sod^ueit des Habear-Tooldjflatta, sont les Habeur- GarhiMM^ins. a Us rési^nt prindpalemeot dans les monc tagnes au ma de Bearbera, d'où ils s'étendent jusqu'au (( pays des Oogadine; ilf forment une tribu paissante et « bdliqoei^» possédant beaucoup de ehevatix, outre leurs « troupeaux de gros ^ petit bétail. Leur sultan, qui n'a de « son titre que le nom, eierce une trôs-^Hitiiinie hiflnence « sur ses sauiuiges'siqets. De cette branche de la femille « d'Isaac descend le vénérable saint Aber4Lhudle, dont le a tombeau» situé i deux journées de Beurbera, est encore « le rendex-vous des tribus ideurr quand surgit quelque a grave qoeètiOD touchant leurs intérêts généraux. Sur un « papier soigueusement conservé dans le tombeau et portant « le seing de Mlat, resclave de Xnu des premiers califes, « elles réitèrent leurs serments d'étemçHe amitié ou renou- « vellent leurs alliances pont les rompre ensuite, comme « d'habilude, sans l'ombre d'une provocation. *' r

<x Les principaux produits et articles de commerce des « Habeur-Garbba^uss sont : le ghi, un peu de myrrhe « de qualité inférieure à. celle des pays d'Ougadine et de « Meurrifabân, l'encens de première qualité, Tivoire, les (( plumes d'autruche, la gomme arabique, une petite quan- (( tité de ekema (orseille) et une quantité moindre encore (( d'ouareta, espèce de safran employé par les naturels de H l'Yémen pour frotter leur corps. » M. Crutteuden remarquée propos des gommiersHtki pays des fiibeur-Garhhadjeuss, qu'ils appartiennent à une autre espdce que ceux

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(les territoires de l'est, l'arbre ét^nt ippins gr«aadHH la feuille (k forme différence. w«i <.. „- lînî... t. r'^ï^tâi? . ■

« Ce pays est, ajoute-t- il, infesté de liOB^rde l^ofiiards <( et d'hyènes. L'éléphapt, le reoard^ le fibacal^ ^ifierdesesu pèces d'antilopes, le coudoa et le kevel, y sont trâ»è6ni- « m uns. Des troupes d'autrocbes errent firé^ioineiil dan» (( les plaines. Les montagnes sont sillaonécs par d&m»iDn breui torrents, doei le^eaui fonnalit de petites caséades <i se creusent un lit dans la plaine pour arriver à la mer ou « se perdent dans les sables. Les eaux de plosiears de ces (( torrents sont ehaudes à leur source et phia on. nmii» sa- « tu rées de sels ferrugi neux ou ditreux. Sourént, à ^elqnes « pas de ces sources thermales, en jaillissent d'autréa dont (n. l^u est, au coiilratre,if oide et itouce. - - ^ "^^' '

a Les caravanes d«s bords de IKhiebl-Cbebel-tèfa', de la « petite proviaeel de Gaûnéoé, située au sud de cette ri- « vière et d'Ougadiùe, traversent la pays des Habeur-«Garh- « hadjeuss en se rendant à Beurbera. Oe sont les plusriu cbes des caravanes qui fréquentent ce ndarcbé» éïm eu (( excepte celles d'esclaves venant de rAbyssinie; elles (c portent de l'ivoire, des plumes ^'«itruche, de la mjfrrhe a et de l'encens, et comptent fréquemment plos de éeux « mille cbameaux....; '';b'-'-!tv^^ ù minvif^rnii v-i.ouii- i'b

a Le territoire des Habeur-Aouël commence à Beurbera « et finit un peu au sud de Zaila. Il s'étend environ à « quarante miUes d^s rintériear, et son déveioppement tt de l'est à l'ouest est de quatre-vingt-dix mille». C'est un « pays de plaines, asseï fertile, entrecoupé de plusieurs « rangées de collines. La quantité de moutons, de ctièvres, a de chamelles, etc. ...., qu'on trouye dans ces platees, est

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« iDitoagiMbie et réatise pleinement les récits qa'i nous a ort été tfmmiis sar les tronpeanx de bétail lies anciens (c patriarches, car plusieurs des atnés dans ces tribus possè- «( deot eittéahi plus de qurâie cents chaiDellès, et leur petit a bétdl' ne saurait se compter. Les ânes sont aussi très- « nombreux et adnnraMemetil appropriés au pafs. Les cha- <( mteax, petits et faibles, ne sont employés coname mon- « tur^ q«e par les malades et les blessés, rf »^W^ ^ hj

tt Les li^>ear>Aoiiël n'ont pas de cbef/'teic^âiïies de a leurs ancêtres sont les lois du pays et paraissent être « baséœ sur ce seul principe, que la force donne le droit. Le « vpl est punissable par la perte de la main droite, mais « heujheusenient pour eux, cette peine n'est pas rigoùreu- (( sèment appliquée, car ils sont les plus invétérés voleurs « que f aie jamais renéontrés sur ^a côte. Ils portent le rich « ou la plâme à'autrcH*.be après le meurtre d'an homme , « quoiqu'ils parlent avec horreur de la cotitume Eysa, « c'est-à-dife de fémasculation après et quelquefois avant « la mort. '^ ^^■- ^^^--^^^'^ ■■ -^^^^fi'M ?•*. î^fl^^j ■

« L'€xi^l^è de i^èéHjèrS, cOfiime |iért ife l»tomerce (( depuis plusieurs siècles, me paraît être suffisamment dé- « montrée par ce fait qu'il est, chaque année, le rendezu vous d'un grand nomi»re de commerçants de nations M différentes, et de ce que l'époque à laquelle ils arrivent à « fieurbera est précisément celte de la mousson, qui permet (( aux bateaux, tant de flnde que de la mer Rouge, dé ^y « rendre et d'y séjourner. Mais, à l'exception d'un aqueduc (( de pierre et dé cinsent d'environ neuf milles de long, « Beurbera n'offre aucune preuve d'antiquité. La fbire « annuelle est ce qu'il y a de plus intéressant sur la côte.

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« ne seratt-K;e que p«r l'aftlaeiice imiinentanée tleMtl de « tribus df?erses et éloignées qui doivent se r^fidru en- « suite dans toutes les directions., i^ulq is) ,g9feBn1i5ci ss « Avant que les tours de Beiyrblera dissent béCies ^ rien , (( pendant l'intervalle d'avril à la premtère quinzaîité d'oc- <t tobre, n'eût indiqué l'emplacement de ce marché; car «. durant cette partie de l'année il eat entièrement dé- « sert ; on n'y trouve même pas utf pécheur ; ma» à peine « le changement de mousson a-t-il eu lieu, que les tribus « de l'intérieur commencent à descendre vers la cAte et « à y préparer leurs huttes pour les visiteurs attendus. tt Les premiers qui s'y rendent sont de petits marchands « de l'Yémen désireux de faire leurs achats avant l'arri- « vée des vaisseaux du golfe, et quinze jours on trois se- « maines après se pressent à leur suite les bateaux plus « grands de Mascate, de Sour, de Ras-el-Kima et les 6eur-

« hela^ richement chargés, de Bahrein, de Bossera, etc

«k Enfin les gras ei riches banians de Por^>end^r, de Man- « dévi et de Bombay abordent dans leurs larges eoUia, a garnies à l'arrière d'une formidable guirlande de jarres « à semen. Ils prennent position en avant du front de « la ligne de bateaux déjà ancrés dans le port, et ils ne « tardent pas, grAce à leur puissant capital, à leur ruse et à « leur influence, à dominer leurs concurrents. Durant le « fort de la foire, Beurbiera est une vraie B«bel, tant par la a confusion des costumés que par celle des langues. Aucun a chef n'est reconnu, et les usages des années précédentes a sont les lois de la place. II s'élève souvent, entre les tribus c( de l'intérieur, des disputes que terminent la sagaie et le tf couteau : les combattants ont soin de se retirer sur la

« plage, à qtielqiies pas <te ta fille, pour ne pas troubler le « comineree. De' loogaes Mes de chameaux arrivent et « partent nuit et jour; ordinairement sous la conduite de « fenanei^ qui les eiscortent seules jusqu'à une petite dis- « tanoeiiela ylHè. De temps en temps, un groupe d'enfants « poi^reux et harassés de dtigue indique rapproche des « riehesl^ravànes d'esdares de Barreur et d'Hifat. '^ *'*^

# A Beorbera, le marchand d'esclaves de Barreur et de « Gonragoé rencontre son correspondant de Bossera, de (( Bagdad ou de Bendeur-Abbas ; et le sauvage Guideur- « Birsf, dont la^e est soigneusement ornée d'une peau de <{ brebis teinte en rouge cm guise de perruque, vend paisi- « blemënt ses plumes d'autruche et ses gommes au douce- « reux parleur banian de Porebendeur, qui, laissant pru- « demment à bord de son arche le puggree (1), qui loi « serait arraché s'il en était vu coiffé , ne montre ses mar- « chandises que peu à peu et par petites portions, dans une « misérable hutte en nattes élevée sur la plage.^"^' '***

<î A la fin de mars, la foire touche à son terme, et les « bateaux de toutes sortes pesamment chargés, mettant « généralement i la voile par groupes de trois ou quatre, « se dirigent vers leurs pays. Ceux de Soor quittent la place (( les derniers, et à la première semaine d'avril, Beurbera « est de nouveau abandonnée : il ne reste plus, pour \n- « diquer cette ville improvisée, qui contenait tout récem- « ment vingt mille âmes, que les os des chameani et des « brebis égorgés, ou la frêle charpente de quelques huttes « soigneusement fixées sur la plage pour être réoccupées

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(1) ProbablemeaMe bonnet baaiau.

.Ù.ià

«i raooée suivante. Le» aoimaBx Garoassijelâ |)eu¥eotiâors a s' approcher de la Q)er> et soiiveitkidKrantiilsaismi^bitifte^

« on rencontre des Ikms pr^gvde» putta^Q ift^^tUa. A' la fin

« d'avril , qoelque» jours senleiiieiit ^(pfèê fia foit^i. i'M vu

« trois autruches se proœener traQ4|uUleniaiit sur le rivage. <( Considéré comme port, Beurbera a uo grand ioconvé-

<i nient; il manque de bonne eau » celle de ses deux puits

« est saumâtre, ce qui ohli^ les plus riches marchands à

« en envoyer prendrçsisPuikrti-^l^^pqu^ leur <H>p(Ml|pa^

« tion. » . ^i,-|..^-.^gddA-isé*ti^:^)tîï^*if.ij^«i ^ A ce tableau plein dé détails intéressants ooneemant le marché de Beurbera, détails dont quelques-uns se trouvent également consignés dans le rapport du capitaine Jeheone, j'ajouterai l'indication d'une coutume qu'il importe de connaître. L'adoption de cette coutume, qui ne semble pas exister chez les Soumal de l'est, œt une précaution indispensable chez ceux de l'ouest. Elle consiste à dioisir, eu arrivant dans le pays, un ami ou protecteur (hebban) pour vous servir d'intermédiaire dans les relations d'affaires et défendre vos intérêts et votre personne en toute occasion. Cette garantie, quoiqu'elle puisse paraître illusoire au milieu de populations barbares, n'en est pas moins prise en sérieuse considération par les plus turbulents. Comme les services de l'hdïban lui valent toujours une rémunération, les concurrents ne manquent pas pour cet emploi , et il va sans dire que le rang et l'influence personnelle de celui qui le remplit augmentent l'efflcacité de

son intervention. .| ^iiu ; 'f^- •«?*• *'*«?*rï M-fiî^y^>*^iiH'"'

Beurbera, le seul port du territoire occupé par les Habeur Aouel , est le marché le plus important des Ideurr

..L-- i£:i^:iA&A^-.à

etd* toiiteila-eéte>d«&^Souaal 4u nord. Il «st done t« plus prapneà iiér f«|teBtioa ëeceox de nos eotamerçiiits que ta nstpre: de èraisf^ciilfelloiis porterait à m ^i%er vers ce^le içôte^^'l^wlefoii, c^mnie on a 4ft le ceoprewine par les ranaeigiieniçiits doiuiéa sur les poiat» où ^ fiit'qiiekpic coiBHMrce, ancim d'eux n'eil éo nesore de foorair à un graod navire «ne eargnson coa^plèle d'un de ses piwlviis, et Beurbera est peut-être le seul marché suffisammeirt approvisionbé pour livrer une cargaisco assortie. Aussi n'est-ce qu'au moyen de petits navires y faisant des escales successives, et dont les opérations seraient combinées et préparées à l'avance, que nos commerçants pourraient lutter contre les caboteurs indiens et arabes, qui ont seuls jusqu'à présent effectué les échanges delà partie nord-est de l'Afrique avec l'extérieur. D'ailleurs, le voisinage d'Aden placée en regard de cette côte et devenue possession anglaise, facilitant aux caboteurs soumal l'exportation des produits de l'intérieur, ces produits y seront offerts aux commerçants étrangers en moindre quantité encore qu'ils ne le sont aujourd'hui , et si , comme cela est probable, Aden venait à être déclarée port franc, ceserait certainement dans cette place qu'on aurait le plus d'avantages et de commodités à les aller prendre. Enfin la suite de cette relation montrera que les articles qui afOuent dans les marchés soumal du nord arriveraient glus promptement dans ceux des Bénadir, moins éloignés que les premiers des pays de production. Je traiterai cette question en détail aux chapitres relatifs à Moguedchou, Meurka,

Braoua et Maïotte. Je me borne ici à signaler le fait et conclus au sujet des ports du nord en exprimant l'opinion suivante : eu égard à l'attraction qu'Aden doit naturellement

■ii;:WiW-^iRT

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exercer sur tou» les fif^U inaf^bés 4|tti {''«ilfiio^ttiit «i m pea de prodoits accumulés es chacun des portftd^Mli'fiit, DOS Darires ne trottrerateot è f^re, 4aiia{eeli»k»#ti|iie des spéculatioQs fort resti^eiotes ; il u^y ai^fiH^ponrejix)ipielqite avantage à y toucbér «fuedans le «ouïs d'«pératioiia autre*' prises avec Moka, Masaouah oa Djedda» parée i|u'i «ai opératiODS peuvent se relier une ou deux escales à laséte soumali. :;qf*f'Y-.;;;^,j': H-A'jmi$ ùmf/:t]é. ^Ié^îem^4*ir-Mm^wmm n

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t>épartdeniafooD. — DescriptlMi de h cÂte eoin|>rise i»tre ce point e( OnaMlieikli. *r> Arritée sar rade de MoguedclKni. -^ Aspect de la rille. — Son iMTre. -^Jmit an snllan^e Chioggiiii. — 0i^otitioaa priae» poar mWtaller à terre. — Le brick quitte le mouillage. — Visite' aa chelu de fibamenroaine. — Particalarités de Dotre séjour à Moyaed-

chou. ■ •:. •^t -«.;ï» '• . •- • ..-•-,. ..vr :rV-;Jf''''- \

Noas quittâmes la baie de Hhafoon le 20 février au soir, et, à huit heures, ayant déterminé notre position par un b6n relèvement, nous ftraes route au sud-sod-onest, poussés par une petite brisé de nord^t. Durant toute la nnit, on eut la terre en vue, et le 21 , au jour, nous apercerions, dans le sud 37" ouest, te cap nominé Ras-MAabeur par les Arabes. A s^ heures, je fis gouverner au sud-ouest pour nous rapprocher de la côte, et Ton manœuvra ensuite pour prendre des séries sur Je méridien du cap, qu'on croisa dans ce but à plusieurs reprises. A six milles dans 46 nord i6* est du cap, nous avons eu 22 mètres de fond, et, en avançant directement à l'caest, la sonde a indiqué successivement 20, 49 et 18 mètres sable ; le cap restait alors au sud I* est , et nous étions à un mille et demi de la côte au nord de la baie.

En suivant le contour de cette baie , nous eùmçs des sondes de 17 et 48 mètres augmentant à mesure que nous retournions dans l'est du méridien du cap; relevant ce der-

^^■■r^ii.

nier au nord 73" ouest du compas à un mille et demi environ, on trouve 40 mètres, fond de sable et roche, st;^ v

Ras-Màabeur (1) (cap du passage) fait une sdillie de trois à quatre milles sur la direction de la côte an nord, formant avec celle-ci une baie (Hiverte du sud 60* est au nord \ nordest, où Fon est, pa? eoop^l^iqqiti abrité des vents de la mousson de sud-ouest. -■ ' ^ --■■-

C'est au fond de la baie, et tout près de terre, que mouillent les bateaUi si , dans le cours (i^ cette rnoospo^, le besoin d'eau les oblige à y relâcher : de petit» nafifes y trouveraient un abri et une aiguade dans les mêmes circonstances. ;niw»,

A Ras-Mâabeur, l'eau est meilleure que sur tous les autres points de la côte; on la prend à un réservoir naturel situé au bord de la mer, et4ont la source n'est pfis «apparente. I^ baie est très^fréquentée par les bateaux Bedm, pour la pèche du requin et du kanada. À notre passage, il y en avait plusieurs. Nous ne vîmes sur le rivage aucun vestige d'habitation; mais, sur les terres voisines du cap, on distinguait quelques individus et bon nombre de chameaux, i , ,,,.^; ,, .-,,,.., ,. ,

Entre Ras-Mâabeur et Ras-Hhafoun« la côte est modérément élevée et très-escarpée. Vue du large, elle a l'aspect d'un long plateau entrecoupé par d'étroites et profondes ravines, à travers lesquelles on. découvre un autre plan de terres égalefnent aplaties à leur sommet, et non moins arides et rocailleuses que celles du rivage. , >

Nous primes, sur le parallèle ntème du cap, une hauteur

(fi Le mot arabe niâabeur siguifie lieu devant lequel on passe ou dont ou prend cuunaissance.

« '^r^ r^'^i?-i'^«Kf''>':|^3j5

— Wi —

méridieiuie et, d'après oos oèsertations, Ras4iâabeiir serait par d» 2r 90" de fotitude nord et 8" SS' 0' et lotigitude est. La varhitfoB y a été trouvée de 4*' 96^ iMrd^«iutot La diSërence entre l'estime et l'otiserratioD indi<ttta que^ i)épui« notre départ de Hhafoofi, fioiis afioiis éprouTé tiD cèufiint de 1 nulle à Fbeure portant an sud 5* onest. ^^ ^ ^^*' ' La brise, toujours de l'est-oord -est au nord-est, avait on peu fratchi vers midi. Nous continuâmes de longer la côte à petite dêtance. Deux heures plus tard, nous étions est et ouest avec rex^mité sud de la saillie formée par les terres du cap. Cette extrémité, beaucoup moins prononcée que celle du nord, est désignée par les caboteurs sons le nom de Ras-Mâabeur-es^rir (le petit Ras-Méabeur) ; elle serait, d'après notre estime depuis midi , par 9* 17' de latitude et 48° 29' de longitude est. A partir de ce point , le ritage décrit une courbe régulière peu concave qui se termine, à douze milles dans le sud-ouest , à un promontoire élevé et de forme arrondie, au delà duquel il se creuse de nouviBau. En côtoyant, à un mille ou un mille et demi , l'espace compris entre ce promontoire et le petit Ras-MAabenr, nous eûmes des fonds diminuant régulièrement de 45 è 35 mètres à mesure que nous nous rapprochions de la pointe sud; on y distingue plusieurs ravines qui, dans la saison des pluies , servent d'aigoades aux bateaux pécheurs. Le lit de quelques*unes est tracé par des bouquets d'arbustes ou de buissons dont les filets d'eau qui coulent temporairement à ces endroits favorisent la végétation. Les bateaut mouillent devant ces aignades par 10 ou 42 mètreê, à un petit demi^mille de terre. Au soir, nous eûmes, au moyen d'une hauteur méridienne de la lune, une ialiludo qui nous

T-T'^îf^' ^ '*'*K

fit eslimer celle de la poiate âevée dont il viedt d'élfe parlé à 9° 5' nord* La Toilore fat réglée poàr la ottit, de maoiêre à conserver au briek un sÙlage dé sii è sept mtHe^àrheare, ce qui devait nous mettre eo position dé reconnaître le Hasci-Khil le lendeniain matin; nous gouvernioÉs au Md-andouest 7 ouest, suivant le gisement de la côte dont, jusqu'au coucher de la lune^^iious pouvions encore discerner les contours. A environ douze milles dans le âUd*sud*ou^t •; ouest de la dernière pointe indiquée, l'individu que j'avais pris à Ubafoun, en qualité de pratique de la côte, nous signala une. pointe basse en arrière de laquelle se dessirait une petite vallée, comme un autre lieu d'aiguade connu sous le nom de DrâSalahb (bonne crique on anse). Sa position en latitude est , approximativement , de 8* 55' nord. Vers minuit, soit que le rivage présente quelque nouvelle saillie à l'endroit que nous avions par le travers, soit illusion d'optique, il me parut que nous nous étions sensibl^nent rapprochés de terre. Je 6s venir au sud 4 sud-ouest pour nous en éloigner un pai, sans toulefoi« la perdre de vue. Le sillage du brick, qui ne permettait pas de sonder sans ralentir notre marche, rendait cette précaution nécessaire. Dans les vingt-quatre heures, le baromètre resta à 0*^767; le thermomètre avait marqué 27», 27%5, ^7' et 26» aux heures d'observation. •

Le 22, à une heure du matin, jugeant que nous étions à distance convenable de terre , je rétablis la route sud-sudouest, c'est-à-dire quelques degrés en dehors de la direction donnée sur la carte au gisement de la côte. Dans la partie comprise entre Drâ-Salahh et Ras-el-Khil, que nous côtoyions alors , aboutit une vallée traversée par un ruisseau con-

servant; dit-on^ de l'eaa toitie l'année, et débeadiant à la

mer. €ettè TAltée et son ruissean sont dépig^és à la fois par

,^ le non d'Ouadt-Nongal. Je ne pus en reéotinaftre la sitaa-

tioB, attèndfl que noos passâmes de nuit dans ces parages, et je les ai iadiqués sur ma carte suivant les renseignements des patrons de bateaux sur le tem{» qu'ils eo^i^ient au trajet de ce point à Ras-el-Khil. ; ^..m^^^Àm^^'

Toutefois une eireonstance météorologique observée dans le sud de f endroit où je l'ai placé me porterait à penser qu'il est réellcifaiitf moins au nord ; en effet , vers trois heures du -reatin»^ brise, fraichissant, sauta presque subitement au mMPd-nord-ouest, et le ciel se couvrit de nuages. L'estime nous mettait alors par 8* 6' de latitude. Une heure après, la bn'se revint au nord-nord-est. Cette variation de quatre quarts me fit conjecturer que nous passions, an moment où nous l'éprouvâmes , devant TOuadi-Nongal , où , comme cela a lieu dans les vallées boisées et rafraîchies par la présenee d'un cours d'eau, doit s'établir, vers la mer, un courant d'air modifiant localement la force et la direction de la brise du large/' ■ " . noo i rr

Au jour, nous relevions l'extrémité sud de la terre en vue au sud 62^ ouest : c'était le cap désigné sous le nom de Ras-el-Khil. Nous le ralliâmes au nord, pour prendre des séries sur son méridien. Ainsi que le Ras-Mâabeur, il s'avance de quatre ou cinq milles en dehors de la direction de la côte, et forme avec celle-ci, du côté du nord, une baie ouverte qu'Horsburgh désigne sous ie nom de 6ate de Negro, et qui est le Bandel d'Âgoa des anciennes cartes

portugaises. Les navigateurs arabes Jui donnent le nom du

pap.

mw^nmv

A l'ouverture de eeite baie, le a^ reSiant an sud^Hiest ■ i sud à environ quatre mUles, nous avons en j^ jaràtresde fond, sable ; puis en avançant dans l'Qiiisftt» po«r aUciidre le méridien du cap, les sond^ ont diminué régulièreafênt jusqu'à 16 mètres, même fond, quQ iDOiis «iv(^ eu8 quand nous relevions la pointe su^ jde la haie afi sud vrai , à Uois railles environ. . '-i^'iî--ri*îrlî « .fïifnflt-t-t'^-oè-t-Hrv

Pendant la mousson du sud-ouest, les bateaux. arabes inouillent quelquefois dans cette baie; ils y font un peu d'eau dans de petites ravines qui sont sur la côte sud. l ;.i ; J^e Ras-el-Khil (i) (cap de^ Chevaui) est une terre élevée, rocailleuse, de couleur rougeâtre, se t^mia^^t à la mer sous une forme arrondie et ayant quelques roch^ àfa base. Il est à deux milles et demi ou trois milles au sud 16" ouest de la pointe sud de la baie, qui, par eonséqu^it^ est plus est que lui. !Nos observations ont placé cette poipte par 7» 46' 50" latitude nord et 47» 34' 67" longitude est ; elle est plus basse que Je cap^ et tombe perpendiculairement à la mer quand on est nord et sud avec ^le. La latitude que nous lui avons assignée a été déduite d'une observation méridienne du soleil prise quand nous la relevions à l'ouest

(1) ttorsbur^, co dooflaot aussi à Ce cap le nom de Morr<Mk)bir, mois qu'il traduit, je ae sais pourquoi , par léle du serpent, a préteodu, saos doute, ridentiâer avec le Morro-Quabir des vieilles cartes portugaises :

-je crois qu'il a comniis une double erreur ; d'abord, Mbrro-OQBbii* o" plutôt Morro-Kkebir, qui mè pu-att être un ttél«oge 4'M«be et d« portogais, siguifie tertre grand (morro ayant, en portugais, le sens de moot arrondi on morne peu élevé et khebir signifiant, comine on sait, eu arabe, grand). De plus, d'après k ktitude assignée à Morro-Qoâbir sur les cartes portugaises, comme d'après la manière dont la Qôte y est tracée, ce point correspond évidemment au Ras-Mâabeur, auquel , il est bon

■ de le remarquer, les patrons ajoutent parfois l'épithètc d'el Kcbir, pour «ieu\ le distingurr de Ras-Mâabeur-es-Serir.

■ ?^r^?^^^K¥^:-*?ïr; " :-*f f- *rs ■

— ^im —

vrai. ïf aptes \9 (ioétipanfisoii dei poiatt estimés et observés, les eoufÉiltendâs auraient portés, diMs les Ttogt-qoatre heures p^éeéAeliteR, de' dt inîllos «ti sud 23^ ooest. La déclinaison de l'ifigufflê a été obsonrÀe de S^ nord^uest.

A Ras-el-Khil finjt^la côte <|<]i , à partir de Hhafoun, est désignée par les Ai^|^îool\lè ttom de Bar^lrKkméine (terre oo côte de» réservoirs), ek égard aoi aoiilMreuses ravines et alguades (pli s^y trouvei^r-^^'^ ..4i; ,,^ «;. * ... ,

DuHMittoafè i^après>iiiidt, nous coo rames des bords soos les hottfeft ï Je désirais réèoànattre an lieu nomsiéGoeréad situé, au dire du pilote, à httit ou dix heurea^e navigation dans le stid de Ros-el^UtH, et epie tfous n'aurions pu atteindre avant ia nuit. Je m'abstins donc de faire route, pour ne peint le dépasser sans le voir. La brise oontinuait à souffler joH frais du nord-est. Le barom^fe demeurait à 0,766; le thermomètre avait marépié 27*, 26*, Sr et 27* aux heures d'<^}8ervation. -^^^ ;^'" . * •« <'i^ni^ t-j

Le SS» à quatre heures du matin, je m'estiÉiais à environ dix-hnit milles '^ns le sud de Ras-el-Khii ; nous remimes en route, el, au joar, les terres du cap nous restaient dans le nord Zk* est. A partir de ce dernier, la côte s'abaisse presque subitement, pois, au lieu d'être, comme au nord, rocaitleuse et escarpée^ elle ne présente plus partout qu'une plage sablonneuse, et reçoit, pour cette raison, le nom de Stf^et-Taouïl (plage longue). Depuis sept heures et demie nous longions le Hvage, à environ un mille et demi de distance, par un fond de 45 mètr^, sable : suit plusieurs points meublés de quelques touffes «de buissons et d'une bien maigre végétotion, on distinguait des individus et des troupeaux, puis, çii et là, des huttes isolées.

/.i'ii-

Dans la matinée, nous étant écartés à deui mHles et deux milles et demi de la eûte» nous eûmes des. fonds augmentant régniièrement de 44 à 22 mètres.Â. seiie oadis^huit lieues de Ras-el-Khil, le rivage présente, en qaeltpies endroits, de petites fialaises rocaillea8e84 jiyî« îiàd^if^mm-f^- ■ < A midi , la comparaison du point observé et du point estimé accusait, pour les vingt-quatre heures précédentes, un courant de 29 milles dans le sud 34* ouest. Peu p^rès midi, on remarqua sur le rivage une grande affluenceid'luMnmes, et de nombreux tronpeaui paissant dans la plaine qui fait suite à la plage, et où nous apercevions aussi des huttes. Nous étions alors à vingt-deux lieues de Ras-el-Kbil. i

Ce point de In côte est évidemment voisin d*un centre de population et, selon toute apparence, d'une aiguade trèsfréquentée. Sur le terrain, qui s'élève en pente douce, sans, toutefois, atteindre la hauteur de la c6te d'ËI-Khaïaïne , se dessine, en serpentant, une ligne de buissons qui semble indiquer le lit sinueux d'un ruisseau , creusé et aliQienté, probablement, par les eaux pluviales; enfin , de l'endroit qui parait être la station principale, part un sentier dirigé vers l'intérieur, et dont on suivait la trace sur la pente de la cclline qui borne l'horizon, par les allées et venues d'hommes et d'animaux qui le parcouraient en ce moment. Nos observations ont placé ce point par Q*^ 48' latitude nord et 46° 59' 20" longitude est. Je ne puis affirmer que ce soit le lieu auquel les navigateurs arabes donnent le nom de Gueréad. Le pratique qui était À bord n'avait jamais vu cette dernière localité : il pr^endit seulement trouver beaucoup de rapport entre ce qu'on en disait et l'endroit que nous avions sous les yeux. La position de celui-ci, à même dis-

— *97 — tance de Ras-el-Khil i|ue Ras-Mâabeur r«st de Hhafoun, et à peii prè» au tien de l'indue de Stf-et-TaotiB , est^'accord avec les reoseignements que j'avais, dans ma dernière relâche, TecueitHs sur la position de Guerâpd; mais, suivant ce qui m'a été dit à Moguedchou , Gueréad serait plus rapproché de Ras-el-Khil que ne- l'est le point dont nous -^^

avons déterminé la position. «^^ ^t^^. )<?! M i» ;i:|fi,iik> .

Après midi, nous poursuivîmes notre route le long de la côte, qui devient de plus en plus basse à mesure qu'on avance dans le sud. Il ventait belle brise du nord-est à l'estnord-est. Le soir, à sept heures un quart, nous eûmes une latitude, par une observation méridienne de la lune, qui nous permit de constater une différence nord de six milles dans l'estime du chemin depuis midi. Le courant nous i

portait donc toujours vers le sud. La nuit fut très-belle; nous eûmes constamment la terre en vue à quatre ou cinq milles. •-'■■ ■ !^" ':•" -• i •. '■ ' c • : '.

Le 24 au matin, nous étions à quinze milles environ dans le sud de Ras-Aouad, que nous avions dépassé avant qu'il fit jour. Pressé par la fin prochaine de la mousson et le programme de mes opérations dans cette tournée , je ne pouvais consacrer ani travaux hydrographiques le temps nécessaire pour reconnaître-la côte en détail , et les intervalles que nous franchissions du soir au matin échappaient ainsi à mes investigations. J'ai donc tAché de remplir ces lacunes par des informations prises auprès des [Patrons de bateaux que je rencontrais dans nos relèches. De cette manière, j'ai su qu'un peu au nord de Ras-Aouad, à quinze on seize heures de sillage pour un bateau à la voile (de soixante el dix à quatre-vingts milles), dans le sud de GuerAad , il U. 32

eiiste un point nommé Obbya, offrant plusieurs circoostances analogues à celles que nous avions remarquées au lieu dont j'ai parlé plus haut, c'est-à-dire ayant une aigoade formée par un ruisseau qui sépare le territoire des Medjeurlitie de celui des Habeur-Gadeur, qui sont des tribus baouiya. Obbya appartiendrait à ce dernier, et l'on m'a dit, à JMoguedchou, qu'il serait facile de s'y procurer beaucoup de chevaux , non que les bateaui y fassent escale dans ee but ni pour tout autre genre de spéculation , mais parce que les Habeur-Gadeur possèdent une grande quantité de ^es animaui. On ajoutait, au reste, qu'on «ne devrait pas y aller traiter sans avoir pour hebban un individu du pays, et qu'il serait prudent de ne descendre à terre qu'après avoir obtenu des otages. Je me suis demandé, sans pouvoir résoudre la question, si le lieu de rassemblement qui avait attiré notre attention au sud de Ras-el-Khil n'était pas Obbya même. Toutefois, pour qu'il en fût ainsi, il faudrait, contrairement aux indications qui m'avaient été données sur la position de Gueràad, admettre que ce point se trouve tout près au sud de Ras-el-Khil, à moins de ne pas tenir compte de la distance de soixante et dix à quatre-vingts milles qui m'a été indiquée, d'autre part, comme existant entre Obbya et Guerâad. /

Ayant passé de nuit devant Ras-Aouad, nous 9' avons pas vu ce cap ; mais comme, d'après Owen, il est plus est que Ras-Açoued dé 0" 41' et que nous avons déterminé la position de celui-ci, il en résulte que, rapportée à nos observations sur la côte , la longitude de Ras-Aouad serait 46° 28' est. C'est à Ras-Aouad (cap de la Substitution] que finit la côte nommée Sîf-et-Taouïl. ;t :

A partir de ce point (4), en effet, comme i'eiprime le mot aauadt la côte prend an toat autre aspect. Le rivage est bien «score aride et pierreux, mais, à quelque distance, le terrain pacatt à peu près couvert d'herbes et d'arbustes; pais, à neuf (Ml dix milles à l'intérieur, l'horfcoB est borné '

par une haute terre de couleur rouge clair, que les Arabes " ft appellent Bjtbél-d'Eirab (2). On distinguait des troupeaux de boeufe et de moutons paissant çà et là dans la plaine qui , non loin du rivage, s'élève graduellement et va se rattacher à la base du Djebel^el-Hiriib. Sur sa surface, on remarque un assez grand nombre de plaques blanches de forme triangulaire, ayant l'air de monticules de sable, et dont la blancheur tranche sur le vert sombre du sol environnant. Tout cet ensemble caractérise parfaitement la partie de côte comprise entre le R^-Aouad et le Ras-Açoued vers lequel nous nous dirigions alors. Nous eûmes des sondes de ii à i 8 mètres, fond de sable, en longeant la terre à un mille et demi et deux milles au large.

Un bateau arabe, faisant même route, était en vue devant nous depuis le matin ; nous le gagnions beaucoup de vitesse,

(1) D'après ia carte d'Owen, il parait que, s«r ub espace de qaiiiM à dii-hoit Bulles au oord de ce cap, la c6te est domiuée par une haute terre où se terminerait réellement Slf-et-Taouïl ; mais les navigateurs indiquent Ras-Aouad comme sa limite sud.

(S) Le sens de ce nom est montagne de la quille; il lui a été donné, m'a-t-on dit , k cause de sa forme , qui peut se comparer à celle d'un gigantesque dâo chaviré et présentant la quille en Tair.

Dans une table des latitudes attrflwées aux principaux peints 4e la cale par quelque navigateur arabe et que j'ai eue sous les yeui, il est fait mention d'un grand Hirab et d'un petit Hirab; le premier situé quinze milles plus nord que lé second : le grand est peut-être la hante terre isolée qui figure, sur la carte d'Owen, au nord de Ras-Aonad. . /^

et, <]uand nous l'eûmes rallier, je le fîs héler pour le questionner sur sa destination et sur la distance à laquelle il s'estimait encore de Ras-Açoued. La réponse fut qu'il se rendait à Moguedchou, et que nous étions à trois heures de route du cap. Il était dix heures et demie; nous forçâmes de voiles pour nous trouver par son travers peu après midi, et en déterminer ainsi plus exactement la latitude. Vers une heure, le pilote signala, comme étant le point cherché, un endroit de la côte peu élevé et formant à peine.saillie dans le rivage, mais se détachant cependant par sa couleur grise ou nuirâtre, qui l'a fait nommer Ras-Açoued (cap Noir). A deux heures, nous étions sur son parallèle, à deux milles et demi de terre environ; sa latitude, déduite de celle que nous avions observée à midi , se trouva être de 4" 32' 36" nord, et sa longitude de 45' 47' 4" est.

Nous avions eu à midi, pour les vingt-quatre heures précédentes, une différence de 26 milles au sud 46** ouest entre l'estime et l'observation. Déclinaison de l'aiguille, 5* 14' nord -ouest.

A partir de Ras-Açoued, la côte est uniformément basse, bordée de falaises sablonneuses garnies d'une fort maigre végétation. Bientôt après avoir dépassé Iç cap, nous perdîmes de vue la haute terre d'EI-Hirab, dont la partie sud va s' écartant de la côte vers l'intérieur.

On m'avait dit à Hhafoun que, non loin et au sud de Ras- Açoued , par le travers d'une petite baie garnie d'arbustes, il existait quelques récifs désignés sous le nom de Fechoul. Nous avons longé la côte de très-près jusqu'à 25 milles dans le sud-ouest du cap sans découvrir ni récifs ni baie. A cette dii^tance, la direction du rivage incline de quelques

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degrés plos à l'ouest, et, en continuant de comir au sud 39* ouest du compas, nous tendions à nous en écarter iin peu ; mais voulant fisiire grand sillage pendant la nuit , afin d'atteindre Ouarcheikh le lendemain , il me fallait renoncer à la côtoyer la sonde à la main. A sept heures, on la perdit de vue : noos en étions à sept milles. Dms les'vingtquatre heures, le baromètre avait marqué 0",766 et le thermomètre 27% 26% 27* et 27" aux heures d'observation.

Le 25, àâîx heures du matin, la terre était en vue, à environ quinze milles, du nord 20> ouest à l'ouest. Nous gouvernâmes pour la rallier. Aux approches i de midi, on distingua, au milieu des mamelons sablonneux du rivage, un palmier, d'autant plus remarquable qu'il est, je crois, le seul arbre existant sur toute la côte depuis Ras-Uhafoun ; il indique aux navigateurs la position voisine du Ras- M'routi (1) (c^p aride ou pelé). Ce dernier est une petite pointe surmontée d'un monticule de sable, mais il resterait souvent inaperçu sans la présence du palmier, qui en est à deux ou trois milles dans le nord. Cette pointe ne ressort des autres dunes blanches de la côte que tant qu'on la relève du sud-ouest à l'ouest. Le palmier est par 2* 41' 20" latitude nord , et 44° 5' 45" longitude est. Un banc de petits fonds s'avance jusqu'à près de trois ' milles au 4arge de M'routi ; la mer y brise à un mille de terre. A quatre milles dans le sud^uest de M'routi , la côte présente, par intervalles, des lignes de roches noires, basses et creusées par la mer; quelques-unes semblent détachées de la grève comme de petits îlots : ces parties rocheuses

tl) Le mot arabe m roui àcai^uc uu bul uiauquaot toUtlemoat d'euu. <ie plantes et de terre végétale.

^7' ■'^ "'fTf:r :■?? ^îssv^îvflTv

Font d'abord courtes et assez éN)ignées les ânes dés a«i^; mais, cinq milles plus loin, elles forment une ligne non interrompue et deviennent plus élevées. La lame y déferle à une encablure (200 mètres). ' ...^ v... h* (tifim'^i:^^,

A quinze milles au delà de M'routi, un gros pété de roche, isolé et paraissant séparé du rivage, fut pris, à première vue, pour le promontoire d'Omreheikh ; mais, eomme nous le vîmes plus tard, Il s'en distingue en ce qu'il n'a près de lui, dans l'est et dans l'ouest, qu'un rivage de sable blanc, tandis qu'Ouarcheikh est précédé et suivi de plusieurs pointes de roche remarquables. Vers trois heures et demie, nous en avions compté six sur un espace d'un peu plus de deux milles, lorsqu'on aperçut une petite presqu'île de roches noires plus élevée que les précédentes, et, tout près, un îlot de même hauteur entre lequel et la presqu'île on voyait des mâts de bateaux : c'était le port d'Onarcheikh. Il n'est pas figuré sur la carte d'Owen , et les renseignements que j'avais obtenus sur son mouillage et ses ressources étant très-vagues et contradictoires sous certains rapports, je voulus en juger par moi-même; nous jetâmes donc l'ancre à un demi-mille de terre par 24 mètres fond de sable et roche molle. La mer était houleuse , quoiqiie le temps fût beau et la brise modérée; il était cinq heures du soir, et par conséquent trop tard pour communii^ier. Bientôt la brise fraîchit un peu, et la mer augmentant sensiblement, je ne crus pas prudent de passer la nuit en cet endroit. Après avoir envoyé une embarcatiou sonder è quelque distance derrière le navire, je remis sous voiles et fis tenir le vent jusqu'au lendemain.

Au jour, nous avions, dans le sud-ouest, Ouarcheikh en

vue. Mais ki saison avasçait^ «t la courte station de la vdiie devant ce pôial avait sufi pour me convaincre quMi «eraii de peu d'intérêt pour la mission d'y séfoorner; je remis donc à un autre moment le soin d'en détenimier la position, et jélUs route pour Moguedcbou. r- <-»#^ -^

A partir de la pointe ouest de la baie d'Onarcheikh, la c6te, sur un espace de dix-hnit milles, conserve pr^ue l'aspect qu'elle avait en <leçà ■ rivage de sable Mène , entrecoupé de roches basses ou de falaises rocailleuses. Elle est bordée d'un récif qui , sauf quelques solutions de continuité, se prolonge jusqu'au port où nous nous rendions , laissant entre loi et la terre un chenal praticable pour les bateaux . A un ou deui milles au delà do rivage, le rideau de collines se continue, mais la teinte en devient rougeAtre, et un peu de végétation s'y montre : ce sont des boissons et quelques chétifs arbustes. Cette côte, aride, sablonneuse et de hauteur uniforme, n'offre rien qui puisse indiquer l'approche de Moguedchon, avant qu'on aperçoive les minarets de cette ville, visibles d*environ trois lieues. A onze heures et demie, nous les avions en vue dans le s,ud 81 • ouest, et, une heure plus tard, ils nous restaient dans l'ouest. Nous fîmes alors route pour prendre le mouillage, où nous laissâmes tomber l'ancre par 25 mètres sable, rélevant la tour de l'est au nord 22* est, ^lle du milieu au nord 25** ouest, et une maison isolée sur la colline, en arrière de la ville, au nord 48» ouest.

Aussitôt après avoir mouHlé, le brick salua dé onze coups de canon. En agissant ainsi, je n'avais pas précisément l'intention de remplir un devoir de convenance internationale. J'étais bien convaincu que j'arrivais chez des barbares igno

~a:y^j-y?rf!yfgi'yi.yj^ffli^g^pfcji™jj^^

rant la signification d'un salut; roais^ sachant qa'iJQNe lailait me fier ni à la loyauté ni à la modération de mes boii- Teaux hôt^, je tenais à leur faire comprendra que le Ducouédic avait de bonnes dents et qu'il les montrerait au besoin. En un mot, mes coups de canon disaient : À bon mtendeur, salut! Quoi qu'il en soit, il n'y eut point de réponse, et cela par une raison des ^eilleur^ : il n'e^jyte paiî dans le pays une seule bouche à feu.

Vue du mouillage , la ville se préseqte sons l'aspect de deux groupes distincts entre lesquels s'élève, isolée de toute autre construction, la plus haute de ses tours. Le groupe du sud-ouest, de beaucoup le plus considérable, nommé Hameurouine(l), désignait, pour les Souma}, l'ancienne ville dans son entier ; le groupe de nord-est est appelé Cbinggâni.

Le récif dont j'ai parlé, comme bordant la côte d'Ouarcheikh à Moguedchou, aboutit aux falaises rocheuses que couronne Hameurouine; il laisse, entre lui et le rivage, qui se creuse un peu devant la ville, un chenal d'une largeur de 400 mètres au plus et d'une profondeur moyenne de 3 mètres. Ainsi se trouve formé un petit port où, à la faveur d'une coupée naturelle existant dans le récif, les bateaux qui commercent avec Moguedchou pénètrent et sont suffisamment abrités contre la mer. Au moment de notre arrivée, quinze bateaux y étaient à l'ancre. ^

La passe est à peu près sud-est et nord-ouest avec la tour du centre; mais, dans cette passe ni dans le port, il n'y a point de fond pour les navires du plus faible tonnage : tous sont obligés de mouiller en dehors à un depu-mille environ

(1) Hhameur, ville; ouine, grande.

dU: récif, ou moins, selon la saison et la grandeur du bâti-

En ine dirigeant vers Moguedcbou» j'avais fait toutes les dispositions nécessaires pour m' installer dans la ville avec les personnes dont la coopération m'était indispensable. Cette mesure m'offrait le double avantage de ne point interroippre nos travaux et nos observations par les c^unrounications multipliées que, sans cela, nous serions obligés d'avoir ^ec le navire, et de laisser celui-ci, une fois que nous aurions pourvu à tous nos besoins, libre de mettre sous voiles, s'il y avait la moindre apparence de danger à rester au mouillage; j'avais donné à mon lieutenant des instructions dans ce sens. Donc, aussitôt le brick mouillé, la chaloupe et le grand canot nous transportèrent à terre avec nos bagages, et des provisions pour quinze jours. J'étais accompagné de MM. Loafer, Yignart, Pierre, élève >'de r** classe, Bertrand, second docteur, outre huit hommes, y compris le chef de timonerie, Yernet, et un quartier-maître; nous étions tous bien armés.

Nous débarqu&mes en présence d'une foule de peuple accourue à la plage, plutôt pourvoir les Frenggui ou M'zongou (noms par lesquels on désigne indifféremment les Européens) que pour nous faire-accueil. Presque tous étaient armés de sagaies et de boucliers : les uns portaient des couteaux-poignards à la ceinture, d'autres un arc et des flèches. Quelques Arabes débarqués des boutres mouillés dans le port s'étaient joints aui indigènes, et s'empressaient autour de nous C|omme des gens habitués aux usages de la civilisation. Dans la foule, nous distinguâmes bientôt deux individus qui, après beaucoup d'efforts, parvinrent à nous

-(■.-.rjï

— 506 ~ joindre. Ils nous adressèrent le salam en arabe, e(, sedi-

sant envoyés par le Sultan pour nous recevoir, ils nous conduisirent tout d'abord è sa demeure. Nous avançAnies au milieu d'un bruit assourdissant de paroles, de rires et (le cris poussés par la multitude dont nous trfions été entourés au débarqnenoent , et qui nous suivît jusqu'à la porte de la ville. Bon nombre de ces gens y entrèrent avec nous, et nous escortèrent même jusqu'à la maison du Suttan, où, grâce aux efforts de nos conducteurs \ notre éortége se réduisit enfin à une demi-douzaine d'individus, en dépit des clameurs et des récriminatfons de ceux qu'on laissait à la porte, et qui ne paraissaient préoccupés, en aucune façon, ni du lieu où nous pénétrions, ni de la dignité de celui qui l'habitait. Nous gravîmes un escalier étroit, roide et si obscur qu'on n'y pouvait avancer qu'à tâtons; après une courte attente dans unfi espèce de couloir assez sale pour qu'on y regrettât l'obscurité de l'escalier, nous montâmes encore quelques marches, et , arrivés dans une petite pièce qui ne valait guère mieux que le couloir où nous avions fait antichambre, nous nous trouvâmes en présence du soi-disant sultan de Moguedchou.

Ahhmed était alors un homme d'environ quarante ans, (l'une très-haute taille, mais d'une physionomie fort débonnaire et n'ayant rien de l'animation intelligente que respire celle de beaucoup de Soumal d'un rang moins élevé que le sien. Enveloppé, de la tète aux pieds, d'une jpièce de coton blanc, il s'en drapait à la manière du pays. Il avait la tète rasée, et portait un étroit collier de barbe au poil dur et laineux, dont la coupe régulière indiquait un certain soin.

Après le salam échangé, j'exposai en peu de mots le but

iœ«iF!^?Ti«y«'.r

de notre' relèche à Mofoedchou, meotioDiMiit À dessein le traité qui nous liait à Syed Sa'td. On me demanda si j'arais une lettre de ce prince , à qum je répondis afOrmatirement. On se rappelle qu'en quittant Zanzibar j'étais muni de firmans pour les chefe des principaux points de la cAte ; celui qui était adressé au chef de Moguedchou lui fut donc remis. Aasstt6t l'un de nos conducteurs lui en fit lecture, en le commentant au point de vue de notre alliance avec Syed Sa'id. Imam Ahhmed se montra dès lors tout disposé à tenir compte de la recommandation du Sultan, et le se> coud des deux personnages qui nous avaient conduits nous fut donné par lui comme hebban (protecteur) . C'était le chérif (1) Sid-Hhadad.

L'audience terminée, notre protecteur nous conduisit dans sa maison, dont, moyennant location, il nous abandonna tout l'étage supérieur, où nous nous iostallémes. La terrasse qui lui servait de couverture dominait la ville et la rade. Cette disposition était pour nous d'au^nt plus commode , qu'en prévision de mon séjour à terre j'avais pris les mesures nécessaires pour rester en communication avec le brick au nooyen de signaux convenus. A cet effet, une série de petits pavillons avait été préparée à bord, avec un vo- ^ cabulaire de phrases exprimant tout ce que je pouvais avoir à demander au navire, soit relativement à lui-même, soit dans l'intérêt -de notre sûreté personnelle. Ausn notre premier soin fut-il, dès que nous eûmes pris possession de notre logis, de dresser un mêf de pavillon au haut de la terrasse.

Les habitants de Moguedchou nous semblèrent par trop

(1) Chérif est le doiu d'une des tribus arabes qui babiteat Moguedchou.

.,,..,-:-;;.^v - -»»r,iJ57!lFf5WWi~-.»5»'ÏWpça

— SOS — familiers, et bous eûines plus à nous plaindre de rexcès de société que de l'isoleinent. Notre hebban devait, à plus juste titre, se montrer empressé : aussi, à peine fùmes-ndusen son pouvoir, qu'il usa de ses prérogatives pour entrer en conversation , et il nous eut bientôt mis au courant des affaires^du pays. Nous apprîmes que la mésintelligence régnait entre les habitants des deux parties de la ville : ceux de Cbinggâni , du moins , se disaient en guerre avec Hbameurouine. L'assertion était-elle bien juste? c'est ce que nous verrons plus tard. Toujours est-ïl qu'aucun habitant de la première ne voulait se présenter dans la seconde, fût-ce seulement pour nous y conduire. Indépendamment de cette situation équivoque, une autre cause tenait en émoi la population de Chinggaui : quelques jours avant notre arrivée, deux individus y avaient été tués à la suite d'une rixe, et la tribu à laquelle appartenaient les victimes était en négo dation avec celle dont faisaient partie les assassins, poUr régler le prix du sang; versé. Nous crimes donc à subir, quant à la nécessité de ne pas sortir de la ville et de ne nous y promener qu'accompagnés de guides sûrs, force discours et exhortations de la part de notre hÔte et de celle des visiteurs.

Nous adoptâmes, pour le moment, la conduite prudente qu'on nous conseillait, ayant d'abord à assurer notre dîner et notre coucher. Nous commençâmes par le repas, et, notre appétit satisfait , chacuu de nous s'arrangea, tant bien que mal, pour dormir dans la pièce délabrée dont il allait faire sa demeure pendant quelques jours.

Le lendemain, au lever du soleil, nous étions debout, et, peu soucieux des appréhensions de nos hôtes, nous décla-

— 50» — rames rintention de nous promener dans les environs. Sid> Hhadad, nous Toyant bien décidés » se résigna à nous accompagner,' mais, les jours soi?ant^, il jugea la précaution inutile. *

Nous allâmes visiter la tour du nord-est : c'est le minaret d'une ancienne mosquée dont les ruines sont à demi enfouies dans les sables, et, d'après une inscription qu'on y peut lire encore, une partie en aurait été restaurée par les soins d'un pieux musulman. Malheureusement, à l'endroit où était gravée la date de cette restauration et, peut-être, celle de la fondation, du monument, l'inscription est complètement effacée, quoique tout le reste soit à peu près intact. En revenant vers la ville, nous trouvâmes, sur notre route, de nombreux tombeaux, et nous en examinâmes plusieurs. Tous ont la même forme, celle d'un parallélipipède rectangle, élevé d'un peu plus de trois mètres et surmonté d'un dôme au milieu ; à chacun des angles, les pans de murs sont prolongés de manière à former comme une petite pyramide triangulaire, dont la face antérieure serait dentelée. Le bâtiment est divisé en deux pièces : dans la première est pratiquée, ainsi qu'à l'intérieur des mosquées, une nichejndiquant à celui qui vient prier, la position à prendre polir être tourné vers la ville sainte (la Mekke)', la Seconde renferme le cercueil, placé dans une fosse recouverte par une maçonnerie. Aucune décès tombes ne porte d'épitaphe.

De retour à Chinggâni, nous rencontrâmes Imam-Ahhined, qui s'était déjà présenté à notre domicile pour nous rendre visite, et qui nous y accompagna. Notre promenade fut le sujet de la conversation, et nous attira, de sa part, de nouvelles exhortations à la prudence que rien de ce que

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nous avioos vu ne seraMait justifier ; mais oous ae tardâmes pas a nous apercevoir qu'on exagérait les (l^ngers qoenous pouvions courir, afin de pous retenir à Cbi^gâni, et de profiter ainsi de tous les avantages et bénéfices qu'on attendait de notre séjour à Moguedchou. . ,., ^ ^h ^^^r^uij^, ^î^i-^;

Nous offrîmes à Ahhmed de partager notre déjeuner ou d'accepter, du moins, des rafraîchissements.; il remercia en me faisant expliquer que c'est une règle» pour les sultans soumal, de ne prendre aucun aliment hors de leur maison. Il leur est également défendu de manger dq poisson. J'eus aussi, dans cette visite, l'occasion de remarquer le cérémonial usité (ians leurs rencontres avec leurs sujets : ceux-ci s'inclinent en avançant la main. Le Sultan répond à ce salut de trois façons différentes, selon le rang de l'individu (]ui le lui adresse : 1** en étendant simplement la main nue, la paume en dessus ; â** en la présentant recouverte du pan de son pagne , qui est relevé ordinairement «ur T^aule droite; 3** en offrant le dos de la main. Dans les deux pjemiers cas, l'individu qui salue croise la main sur celle du sultan ; dans le dernier, il se baisse et la touche du bout du nez.

Lorsque Ahhmed nous eut quittés, je fis porter chez lui un présent composé de divers objets; c'étaient un poignard^ un accordéon , de la verrerie de couleur, un coupon de drap écarlate, des cotonnades, etc.; le tout valant, d'après ce que cela m'avait coûté à Bombay, environ jSO piastres. Il paraît que ce brave Sultan apprécia peu ces objet8,.et qu'il eût préféré des espèces sonnantes , car j'appris qu'il ayait rendu pour 30 piastres ce que je lui avais donné; toutefois il commença par s'acquitter envers mc^ en m' envoyant un

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bœuf et trois moutons valmt bieo, en tout», 6 ou 7 piastres. Nous tirâmes meilleur parti de son cadeau qu'il ne l'avait fait du nôtre. Le détachement campé dans la Tille se réser?a les moutons « et le bœuf fut envoyé à bord pour l'équipage. Ainsi se passa notre seconde journée à Mogœdcheu, durant laquelle» en outre, on mit à terre tout ce qui pouvait être

nécessaire à l'exécution de mes projets, c-» i^ **s^c*à^t -i

Au coucher du soleil , la mer devint houleuse et la brise fraîchit. J'avais laissé mon lieutenant libre d'appareiller s'il le jugeait convenable pour la sûreté du bâtiment, et dans la soirée, à la lueur qqe la lune répandait sur la mer, nous vîmes le Ducoitédic déployer ses blanches voiles et disparaître peu à peu dans: le lointain obscur.;, j^^^^i^w ^r

Le jour suivant , quoique privés de la protection du brick, nous continuâmes nos pérégrinations en risquant une promenade à Hhameurouine. Nous itions huit ou neuf, armés, pour la plupart, de fusils à deux coups , et il nous sembla qu'à notre approche se manifestait partout nne émotion que nous étions loin de partager. . '. . ;

Arrivés à la porte de la ville, nous fûmes introduits sans difficulté et conduits à la maison du cheikh Moumen-ben- Hhacen, qui, en l'absence du chef titulaire de l'endroit, j exerçait l'autorité. Nous reçûmes de lui un accueil plein de cordiale giité qui disMpa complètement le peu de déûance que nous avaient inspirée à son égard et à celui des sjens les peureux ou cupides donneurs d'avis de Ghiogg^ni. Moumen nous fit comprendre qu'il n'ignorait pas leurs menées : il nous siU d'autant meilleur gré de notre démarche et prit à tâche de nous en témoigner sa satisfaction par toutes les prévenances possibles. Je dois lui rendre cette justice qu il

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rve chercha pas à user de représailles en^re ises d^fMteors ; il se contenta de plaisanter de letir poitrooDerie ; et fit remarquer avec beanconp^ sens que Bon-senlemënt les'I^ens de Cbinggâni nourrissaient contre ceux dé HkamèoraDine de mauvais sentiments, mais qu'ils né s'entendaient même pas entre eux, faisant parla allusion aux meartf|ftqiii|^ent été récemment commis et dont j'ai parlé:^?^^^ 4^#&*^^.^

Pendant le cours de notre visite, BloiÉfnêb tff <MI le café. Cette politesse n'avait par le fait rien d'extcaordinaire, et je n'en parierais pas si le café "ïe prédirait en ce pays ainsi que partout ailleurs ; mais la façon dont les Soumal l'apprêtent est assez curieuse pour être décrite. On met le café en coque, frire dans du semen : quinze otti vingt grains, servis sur Une assiette de bois avec hi graisse dans laquelle ils ont été cuits, représentent une tasse de café. Cette manière de prendre ce que nos habitués d'estaminet appellent la demi-tasse est la seule connue chez les soumal, qui sont très-friands de cette préparation et s'en régalent, m^a-t-on dit, soir et matin. Mais, en narrateur véridique, je suis forcé d'avouer que, de notre côté, nous trouvâmes ce ragoût aussi dégoûtant à voir qu'exécrable à manger. Heureusement il j avait des vaches dans la cour, et leur lait nons fut présenté à propos pour chasser la détestable saveur du café qUe nous avions méché, afin de ne pas désobliger notre hûte.

Quand je quittai Moumen, il s'exctfôa de ne pouvoir me visiter à Cbinggâni ,. non qu'il crût- à quelque danger pour sa personne s'il s'y transportait, mais dans la crainte que sa présence n'y fût une occasion de troubles. Il nous engagea beaucoup à revenir causer avec lui , assurant que rien ne lui serait plus agréable : je le lui promis, et en

tv.

effet, Hhaneàroaiqe ftif presque tons les Jotfh le but de

La conversation de ce cheiWi^iiE^il/iîirJie^i^ ble iiitérèt tMir les renseignements que nous y puisions sur le pays. Il parlé l'arabe, ce qui est rare chei Kes Soîunaf , et il painissait s'exprimer, en cette langue, ifrec asseï de facilité. Sa manière de dire^ ffième, n'était pÉ'dê^mie d'un certain charme. Sa physionomie, empreinte à là fols de finesse él de bonté, révélait, par instants, une intdtfgence vive et peu commune. Quand nous le vîmes, il pouvait avoir cinquante-cinq ans ; c'est uU Individu de petite aille, mais d'une large carrure, fortement musclé et doué d'une tigueur extraordinaire. JeTai vu enlever de t^re un homme adulte en le saisissant a^ee les dents par la ceinture; et il nous affirmait que, dans sa jeunesse, il abattait un bcenf d'un coup de poing : ses î)ré8eotes prouesses témoignaient suffisamment dé ce qu'avaient pti être celles du passé, et il est de fait qu'eùssé-je eu en partage la force d'un des boxeurs de la Grande-Bretagne, je n'aurais point été tenté de me mesurer avec le cheikh Moumen . Son apparence physique était, d'ailleurs, loin d'annoncer T homme intelligent ou le Milon de Crotone que j'ai dit. Lorsqu'il était assis , causant et rient avec noûs^son embonpoint et surtout son visage plein de boïihomie et de gaieté, encadré dans une chevelure grise un peu relevée en arrière et peignée à la mode du pays, rappelaient, sans aucun effort d'imagination, un de ces bons pères nobles de comédie qui excitent plus de sympathie rieuse que d'admiration. Quoi qu'il en soit , il nous a semblé aussi aimé que respecté de la

population qu'il gouverne. C'est sans doute à sa conduite IL 33

forme et ^age à la fois que Sbameuroui^e^^^^^ fiffliserver la tranquillité, malgré le trouble et ragitalieii qui e^fr^étih sei4 ei SQuvexit à Cbii)gg$û]i^|.nffH -i^f^^^m^mmrf^^^ti^^p^

Nos relations f vec jies babitaots 4e M^guedeliou n'étaient pps toutes aussi <|gréa^lesqae celles que noQs entreteoiQns avec notre ami MouijDén* le ne ni>e plâip^rai pas trop des importunités de natr/à bfitkban ; U nous ccm^cjyérail un peu comme sa chose, e| fitteBdtt f<]^ 4M)iis dispouons souvent de lui, il prenait de fréquente! revanches : il aivait cbeznous ses petites et ses grandes entrées» et U en j^iisait purfois. Comment l'en empêcher? Tout protectoyrat ne di)it-il pas rapporter quelques privilèges à çeltli qui l'exerce? Nous tolérions donc les assiduités de Sidi-SUiaddad; mais nous aurions désiré, du moins « qjue notre protect^r nous protégeât contre celles de ses compatriotes qui n'avaient pas la même justification. Cependant il n'en était rien ; les visiteurs s'introduisaient chez nous avec un sans-Eacou souvent insupportable. Sous prétexte de nous présenter conuiae articles de traGc, soit des provisions, soit de prétendues curiosités, on envahissait notre escalier, et notre chambre de réception était prise d'assaut. Nous nous étions vus, en conséquence, dans la nécessité de fixer une heure d'audience, hors de laquelle nous tâchions d'être invisibles pour nos innombrables persécuteurs : de plus, nous n'en admettions qu'un certain nombre à la fois, et, pour défendre l'entrée du sanctuaire contre la masse d'individus qui faisaient queue à notre porte, nous avions soin, après chaque introduction^ de nous enfermer à clef.

Pour l'achat de nos comestibles, il y avait aussi une heure fixée : c'était entre sept et huit heures du matin.

î^i^W^^S^SLîgPss^'r'SÎ?

tratlôtf IrttéPtetHPfe. A l'IieiMPè^tle, lè^Ôct«W^ ilttlt grtivé^ ment VttsieoSr ^af irft batie d« i^ieÀ^e îiKté HefttAt Il6tr« maison, «t là défflaietit, ea m pt4mme, \^ ttuAi^totMis d» moâtdm, d««àbrt$^ de ^issiHM^ et Icis Vëàêèitfft de i^laiitesv d'«fei!fli> etc. îfayiBt pm de nonûaie iiiétalli()ii6 d'asset ftiiblf'ftiteur, iioa»tii «Aè^dMs une de 00D¥«ittlofi pour ces dernier» li«hilts. Nos «Mi^lltséOT» SMRtiàl se ée^ raiéttt,^Bê d#Kté, a[C<:!Ottlftioâés^ t)di)¥{iiii tié tïlMit)ue objet, ne fût-éé q#tHî o&af, d^ttuts piastre à refRgie dé Mafie- Thérèèè, tôire ttèttre d'iitie piécette autfkhieftne du espagnole ; mais de pafeîl* tnarthés ne poti^ietit ihwis twiv^if. Nous notis servitjfts donc, comme monnaie de billtrn, de grains de verroterie qui étaient fort du goût de ces buaves gens : il y avait Surtout' certains grains érnés de fleurs peintes, dMrt les Marnes raffofeiient. Notire docteor pTecédaft auK échanges àf«c un ordre et une loyauté cpii détalent exciter fadmlfation de tous les traitants. Mais«|uind« daiM l'exeroice de ses fonctions mercantiles» nous le voyions accorder uD grain vert ou refuser un grain jaune à fleurs aussi sérieusement que s'il s'était agi d'une émeraade ou (Tune topaze, soitts Ini trouvions » à vrai dire, l'air un peti juir. L'impassibilité de son vii»ge contrastait d'Une man^e bouffonne avec ia atirprise joyeuse exprimée par les speela^ teurs à. la vue des cbarmantes petites merveiiles offertes, tour à tour, pour prix de leurs denrées. , . t s

Grâce à l'activité de cette traite quotidienne et antinate, et à la précacilioR que j'avais prise (it fout bien enfin se ren dre justice à soi-même) d'emmener à terre le peraenini^c indispensable dans toute excursion du genre de la nôtre,

mon cuisiiiier, la petite colonie essaimée duDueùuëdie feisait tous les jours , à Hognedchov, bonne ehère et chère à bon marché. C'est là, je le dis sans détour^ un remède efficace contre l'ennui et le découragement ; je le recommande à tous ceux qui vivront, comme nous, isolés dans une ville barbare, parmi des gens inconnus, chez lesquels la malveillance est facile à se produire. Pour notre compte, nous en usions largement et avec uii succès complet, fjf ;,

Presque toute la journée, nous étions en course, glanant, de tous côtés, des épis pour augmenter notre moisson. Puis le soir, quand le soleil disparaissait derrière les collines de Hhameurouine, nous montions sur la terrasse, et là, rafraîchis par la brise du soir, nous nous laissions aller aux longues causeries, ou nous contemplions , tantôt la mer, cette éternelle berceuse qui rugit plus souvent qu'elle ne chante, tantôt les huttes de paille des Soumal, éparses entre les maisons croulantes de Moguedchou, comme des nids de passereaux tapis dans des ruines. Spectacle toujours plein de solennité I Là l'œuvre de Dieu, l'Océan, qui parait sans limite et ne vieillit jamais; ici, l'œuvre de l'homme, la cité

qui marche d'un pas rapide au déclin, puis au néanti

Souvent aussi , nous plongions nos regards pensifs vers les sombres et profonds horizons du mystérieux continent , sphinx qui n'a pas encore trouvé son Œdipe, et que nous venions interroger, après tant d'autres.

Une de mes préoccupations les plus grandes pendant çiOD séjour dans cette localité était le projet d'une excursion à l'intérieur^ jusqu'à la rivière Denok. Toutes les conversations que j'eus à faire naître et souvent à subir sur ce sujet, toutes les lettres qu'il me fallut écrire et les réponses

que je dus attendre, prirent «ne bonne partie de mon temps. J'en dooDerai ptus loin le résumé, avec te récit de l'expédition dont elles furent le prélude obligé; je veux auparavant enregistrer les renseignements que je suis parvenu à recueillir sur la ville de Moguedchou.

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