‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique Orientale [microform]Chapitre 5 sur 101 · XXV · texte numérisé non relu

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* m^rcial dont il Tient d'être questioôse détouriièta « vèH le nord pour pénétrer dans la mêr Rouge. « Alori tous les affluents qui partent des îles de Mas- « careigne, de l'tle malgache et de toute la partie v « de la côte orientale d'AMque au sud du cap Del- » gado passeront è peu de distance du groupe des I

« Comores, et pourront faire escale à Maiotte, d^nt «< l'importance sera ainsi considérablement accrue r.>» Ces appréciations me paraissent maintenant mieux fondées que jamais. La question du percement de ~'

l'isthme de. Suea, qui, depuis l'époque où le vainqueur des pyramides s'en préoccupa, n'avait été sérieusement agitée que par une école philosophique célèbre, dont quelques membres remplissent , en ce moment , de hautes fonctions dans les régions gouvernementale et industrielle, cette quesUon si importante a été complètement élaborée par des études récentes, et non-seulement elle est résolue scientifiquement , mais encore elle est à la veille d'une solution pratique, ôemain, peut-être, la pioche du travailleur entamera le sol des antiques merte^eà, le sol classique de? l'Egypte, et dans peu d'aimédfe, à coup sur , les deux mers seront uniei à jaixiids à s |

travers les terres sablonneuses de la patrie des Pba- [

raons. Alors ce que j'ai dit et écrit de Maiotte , ce f |

que tous le* esprits clairvoyants en ont pensé se réa- ■ '

lisera ; le» intérêts de Maïotté et des autres colonies |

françaises situées dans les mêmes régions ne seront .

plus, sans doute , le côté principal de la question ; car celle-ci aura grandi de toute la distance qui sépare un fait de détail d'un fait général , les intérêts d'une nation de ceux du monde entier. Mais la valeur de notre établissement, loin d'en être diminuée, prendra , au contraire , des proportions plus considérables , par suite même de l'accroissement .incalculable de vitalité qui se sera produit dans les con- ^'ées voisines , c'est-à-dire Madagascar et l'Afrique orientale. La civilisation moderne, héritière de la civilisation gréco-romaine, ne mentira pas à son origine , et , quand elle aura ouvert au commerce européen la voie jadis suivie par les flottes des Ptolémées et des Césars , elle saura se montrer digne de sa devancière et faire de grandes choses dans des régions illustrées par ces grands noms. Ainsi les localités dont ce livre traite fixerpnt de nouveau , et à un bien plus haut degré qu'autrefois , l'attention qui s'est détournée d'elles , et le livre lui-même aura reconquis cette opportunité qu'il avait perdue et qui semblait devoir lui moquer longtemps.

Un dernier mot , qui renfermera ma plus sérieuse pensée, et qui s'adresse plus particulièrement aux homlnes politiques.

Lorsque, sous les successeurs d'Alexandre et de César, les flottes égyptiennes accomplissaient le périple de la mer Erythrée , elles se partageaient , audelà du détroit, en deux groupes : l'un se dirigeait

— x\ni — Ters les rivages de l'Asie méridionale , l'autre s'gfcheminait le long de la côte orientale d'Afrique. Comme les deux contrées étaient célèbres par leurs richesse , bien connues et fréquentées par les navigateurs , elles excitaient également l'intérêt des commerçants de l'époque. De nos jours, si l'on étudie les perspectives ouvertes par la canalisation prScbaine de l'isthme de Suez, c'est surtout, c'est presque exclusivement le périple indien qui attire et absorbe l'attention publiée; le périple africain semble ignoré, et c'est à peine si , parfoif , le nom de l'île Bourbon est prononcé au milieu des prévisions auxquelles cet événement donne naissance. Ici l'enthousiasme de nos compatriotes fait fausse route. Sans doute , le commerce français a, dans l'Indo-Chine et l'Océanie, quelques débouchés assez précieux pour qu'il ait à se féliciter de voir abréger la distance qui l'en sépare ; mais, de ce côté, les intérêts anglais bénéficieront du changement de route, c'est le pavillon anglais qu'on rencontre à chaque pas dans le long parcours d'Aden au Japon et à la Nouvelle-Zélande. Au contraire , l'embranchement africain de la grande voie maritime promise à l'EuropK peut être dominé par l'intérêt français, non-seulement parce que nous possédons sur cette route Bourbon , Sainte-Marie , Maïotte et Nossi-bé , mais parce que nous y aurons , quand nous le voudrons, Madagascar, notre Australie à nous, et des comptoirs secondaire^ échelonnés

I le long des côtes du Zanguebar , du golfe d'Adel et

V de V Abysainie , étudiées avec soin, dans le cours de

[ ces vingt dernières années, par les voyageurs Cran-

î ^ \ De tout cela, il est vrai, personne ne parle; la

pre^ei, l'opinion, la Bourse sont ià mille lieues de

j cet ordre d'idées 1 Mais c'est le devoir des gouver-

nants , et leur plus beau privilège, de se préoccuper de^ , questions importantes bien avant que le public

( y songe. Celuirci , qui n'a pas à s'enquérir des moyens

d'exécution , est toujours suffisamment prêt , et les

s projets les plus grandioses ne le trouvent jamais en

arrière ; car les idées s'élaborent en lui par un travail latent dont souvent il n'a pas conscience, et elles

j éclosent au moment précis, imprévues pour tous, si

I ^ |ce n'est pour les semeurs d'idées, gouvernements et

■- ; i penseurs^; elles éclosent, dis-je, toutes faites, toutes

forp^t^ et bientôt miYres {X)ur la moisson : si l'on veut n^t^e pas pris au dépourvu ^ on doit ne pas attendre même que 1«' germe se développe au grand jour. ---

r Eh bien ! le moment va venir, et il faut se hâter.

l -^ , Se hâter, en politique, c est être prêt non pour l'heure,

l' mais avant l'heure; c'est devancer les années, c'est

l faire en sorte que les plans apparaissent complète-

ment dressés au moment de la mise en œuvre, comme Hinerve sortit tout armée du cerveau de Jupiter. N'attendons pas l'avenir au passage , il serait déjà

loin quand nous penserions à lé saisir ; pour arriver à temps avec cet infatigable marcheur, il faut se mettre en chemin dès qu'on le voit poind^Ssà l'horizon. Dans peu d'années , à travers l'isthme d^ Suez ouvert, nos navigateurs entreront d'emblée dans les mers de l'Afrique orientale : il faut leur préparer le terrain et figir de telle sorte qu'ils y trouvent l'influence française solidement assise (1).

Ouels magnifiques débouchés pour notre commerce ! quelles opulentes régions! quels marchés pleins de souvenirs et d'espérances! Depuis vingt ans , le département de la marine fait les plus con- ' slants , les plus louables efforts , mais^ajissi de douloureux sacrifices, pour développer le commerce et établir quelques comptoirs sur les plages inhospita-, hères de l'Afrique occidentale; et, pourtant, que sont Saint-Louis, Gorée , les étabHssements d'Assinie et du Gabon , auprès de ceux que nous possédons déjà et que nous pourrions posséder , plus tard , de l'autre côtr du continent f Que sont les objets de traite que le Sénéœil nouâ^ envoie par l'Atlantique auprès de ceux qui nous viendront du pays sou-

(1^ Il ne faut pas oublier que la mer Rouge a aussi son Gibraltar, le port d AéeD, qui commasde le détroit d« Bab-«l-]laDdeb. Or, si eeltfpositioQ, dont l'Angleterre s'est emparée déjà , n'était pas neutralisée par quelque mesure propre à garantir le libre passage du détroit à tous les paTillons, Ui percement de l'JIe de Suez, aa lijptni ouvrir aHl^uavires de l'Europe une entrée directe dans l'oeéaa Indien, n'auraiTTait que reculer jusqu'au fond du golfe Arabique, l'impasse ^m^i ferme la Méditerranée du cA\é deJ'Éyypte.

; '" / " — tXX —

I / mali , du Souahhel , si riches en or , en ivoire , en

I / épices, en gommes et, résines, en peaux, miel, cire,

t G—y sésame , en beaux bois , en produits métallurgiques

i variés , auprès de ceux de la grande île malgache , ' qui , au besoin, fournirait l'Europe entière de sucre,

! \ . > de riz et de bois d'ébénisterie ? Certes, on ne saurait

i le nier, il v a entre les deux côtes une immense dif-

I férence, toute à l'avantage de celle que le percement

I de l'isthme de Suez va rapprocher de nos ports de

r 2, 000 lieues environ, et qu'il mettra ainsi à 1,600 lieues

^ de Marseille , trajet égal à celui qu'il faut efiectuer

l pour se rendre du même port à notre établissement

l du Gabon.

^ / Qu'on y réfléchisse ! Demain , peut-être , la paix

sera faite en Europe , et ces' immenses armements que le gouvernement français a préparés pour les besoins de la guerre se trouveront sans destination : enverra-t-on pourrir dans les arsenaux ces magnifiques navkes à voiles et à vapeur? La France renoncera-t-elle en un instant au prestige que lui donne, depuis deux ans, le développement de puissance maritime dont elle a offert au monde le spectacle inat-> tendu? Il n'est pas permis de le supposer : on ne se découronne pas si bénévolement du jour au lendemain, et la Franco est une nation qui s'habitue vite à tous les genres de grandeur. Elle continuera donc d'entretenir une flotte nombreuse , et , comme un tel déploiement de forces non utilisées serait pué-

ril , elle se servira de ses vaisseaux pour" accroître son influer^îe dans les parages où son commerce a besoin de s'étendre. Alors quel champ plus vaste et plus fécond pourrait-on ouvrir à l'activité de sa marine que celui dont je viens de parler et que dans ce livre j'essaye de faire connaître?

Lorieut, ie 6 férrier 1856.

I¥OTv%.

L'orthographe adoptée dans cet ouvrage pour les nom;, propres asiatiques et africains , diffère , comme on le verra , de celle qui a été employée jusqu'ici par les orientalistes et les voyageurs : sans prétendre faire autorité en agissant ainsi , j'ai eu pour but de figurer le plus exactement possible, pour les lecteurs français, la prononciation de ces mots telle que je l'ai entendue de la bouche des indigènes.

Dans les citations oii j'ai eu des notes à mettre, je les ai indiquées par des astérisques pour 1^ distinguer des notes de l'auteur ou du traducteur des passages cités.

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