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A L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES ACTIONNAIRES

Le 3 août 1864

MESSIEORSr

Dfes le !•' fjuillet de Tannée dernière^ j'ai exposé dans un rapport au conseil d'administration que j'ai adressé à cliacun de vous, toutes les circonstances qui ont présidé à la formation de notre Société, les mesures prises pour l'envoi de la mission d'exploration et les dépenses qui avaient été faites jusqu'au 30 juin 1863.

Vous vous rappelez que tsm semaines après la promulgation du décret qui autorisa notre Compagnie, la mission chargée d'explorer Madagascar était organisée, le personnel choisi, le matériel réuni et expédié^ et que nos agents quittaient la France, les uns le 19 vm, les derniers le 26 mai» pour aller rejoindre dans la mer Rouge la frégate de l'État YHermione qui devait les transporter à destination.

Depuis cette époque nous n'avons pu, malgré notre vif désir, vous réunir. Les phases successives et assurément fort imprévues^ par lesquelles nous a fait passer la fatalité des circonstances donnaient à l'avenir de notre œuvre un caractère d'incertitude qui ne nous permettait pas d'adopter un plan de conduite nettement déterminé ; dès lors il n'y avait pas lieu de vous convoquer. Il n'en est plus ainsi aujourd'hui : le gouvernement français, en présence d'événements accomplis et d'éventualités qui lui ont paru rendre impossible la réalisation de notre entreprise, nous a demandé de

renoncer à Texploitation de nos droits et privilèges. Nous vous avons réunis pour vous communiquer les propositions qui nous ont été faites à cet égard par M. le minisire des affaires étrangères. «Créée par la volonté expresse de l'Empereur et constituée sous son patronage direct, la Compagnie de Madagascar avait pour associé le Roi du vaste territoire qu'elle était appelée à vivifier et à civiliser parle commerce et par l'industrie. Elle était désirée par les hommds les plus intelligents et les plus considérables du pays ; elle promettait à notre commerce maritime un vaste débouché et un marché de la plus haute importance. Enfin son caractère international, qui admettait les étrangers même à faire partie du Conseil d'administration, exprimait la haute et généreuse idée à laquelle elle devait son existence. Il n'a fallu rien moins qu la mort inopinée du roi Radama, et une révolution à Tananârive pour compromettre une œuvre qui répondait à de si nobles pensées et à ce besoin d'expansion qui sera toujours pour la France, quoi qu'on en puisse dire, un des éléments les plus féconds do la grandeur nationale.

Ces événements, dont le souvenir est oncore trop récent pour qu'il soil besoin d'insister, ont déjoué toutes les prévisions du Gouvernement et détruit la base la plus solide de nos espérances. Ils ont placé la Compagnie dans une situation d'autant plus étrange que les nouvelles apportée* par chaque courrier étaient à la fois très-graves et souvent contradlctwres. Le bruit de l'existence du Roi, avec la perspective des conséquences qu'elle amènerait, vint augmenter nos perplexités. Ce fait w extraordinûife, tour à tour admis et révoqué en doute par les gefts sérieux, était affirmé à la date des dépêches de Tananârive du mois de juin dernier, de la façon la plus expresse, par le consul de France à Madagascar ; ce que nous savons des mœurs et de Tétat social de cette mystérieuse contrée ne rendrait nullement improbable la possibilité de la vie de Radama IL Quoi qu'il en soil de ce fait» la nouvelle qui s*en répandit eut pour conséquence naturelle d'ajouter aux incertitudes de tout le monde, ei pirticulièremetit h celles de la Compagnie.

Votre conseil d'administration se trouvait donc, par suite des événements, dans l'impossibilité absolue d'agir, et les dépenses qu'il avait dû faire devenaient for^îément stériles. Une seule chose nous parut alors désirable : attendre l'heure qu'il conviendrait

nu 3 AOUT 1864 I6T

à notre Gouvernement de choisir pour nous ouvrir Madagascar et éviter, jusque-là, toute dépense qui ne serait pas rigoureusement indispensable.

Pour que cette période d'expectative ne compromit pas les droits de la Compagnie en les laissant oublier , je crus devoir établir, respectueusement mais avec une entière sincérité, dans un mémoire qu'approuva votre conseil d'administration, la vraie situation de notre Société vis-à-vis du gouvernement malgache, comme aussi vis-à-vis du gouvernement français. Les considérations que Je présentai furent appréciées et nous reçûmes l'assunmce précieuse que TEmpereur gardait tout entière sa haute bienveilbno^ à une Compagnie qui avait secondé sa pensée avec tant de résolotion.

A quelque temps de là, une communication officielle de M. le ministre des affaires étrangères nous fit connaître les nouvelles intentions du Gouvernement, et nous invita à vous convoquer pour vous demander le pouvoir d'adhérer, moyennant certaines compensation», à* une dissolution à terine et conditionnelle de la Compagniev

Nous n'avons pas dissimulé au Gouvernement, Messieurs, et nous ■e vous dissimulerons pas à vous-mêmes le sentiment profondément pénible que nous avons éprouvé à l'idée d'abandonner une «uvre aussi grande et sur laquelle reposaient tant d'espérances. Mais la proposition du ministre ne permettait pas d'hésitation. En effet, dans aucune affaire autant que dans celle-ci, le concours effectif de notre gouvernement, c'est-à-dire appuyé au besoin par tes armes, ne serait aussi indispensable pour obtenir des r^îsultats. L'histoire des relations de la France avec Madagascar avait maintes fois démontré qu'aucune entreprise n'était possible dans cette contrée, sans la protection énergique et continue de notre gouvernement. Si, à l'époque oîi notre Société fut créée, une interventâon armée ne parut pas nécessaire, c'est que la présence sur le trône de Madagascar d'un prince ami de la France et de la civilisation offrait des garanties qui n'avaient jusqu'alors jamais existé. La disparition du malheureux Radama a ramené les choses à l'état ancien. Les événements qui viennent de s'accomplir dans ce pays l'ont prouvé de la manière la plus éclatante. Vous partagerez

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cette conviction quand nous aurpns placé sous vos yeux le rapide exposé de ces événements ; vous en conclurez sans doute que.notrp œuvre n'est désormiis réalisable qu'à l'abri du drapeau français, et que la Compagnie, dans la situation qui lui est faite, ne peut se refuser aux désirs exprimés par M. le ministre. La suite des négociations qui ont eu lieu entre le représentant militaire de la France et la cour de Tananarive vous éclairera sur la politique et la conduite des Hovas ; elle vous expliquera l'intervention du gouvernement français pour exiger la réparation du dommage qui nous est causé. Vous reconnaîtrez que la Compagnie est restée entièrement étrangère aux foits qui se sont passés ; que pas un de ses agents n'a fait à Madagascar un acte qui puisse lui être reproché ; qu'en refusant les garanties assurées par les traités aux sujets français, la cour de Tananarive, redevenue impunément barbare, a empêché nos agents, je ne dirai pas d'exploiter la charte, mais même d'entrer dans le pays ; et qu'enfin c'est au seul mépris des Hovas pour le traité conclu avec la France que notre Société doit être menacée de mourir avant, pour ainsi dire, d'avoir vécu.

Dans le récit des événements qui se sont produits récemment à Madagascar, je sortirai du cadre des opérations de la Société et serai forcé de toucher au domaine de la politique; mais la réussite de la mission d'exploration et notre établissement sur la terre malgache étaient tellement subordonnés au succès des négociations confiées à M. le capitaine de vaisseau Dupré, commandant en chef la division navale de la côte orientale d'Afrique, que si [e n'abordais ce côté de la questi«m, il tm serait impossible de vous faire comprendre notre situation véritable. Je donnerai ensuite le sommaire de» renseignements recueillis par nos agents, puis je présenterai les comptes de la Compagnie. Je terminerai ce rapport en vous taisant connaître les ternaes précis de la proposition gouvernementale, sur l'acceptation de laquelle vous êtes appelés à délibérer.

Pendant que nous faisions ici,, en mai 1863,. les plus grands efforis pour hâter le départ de nos agents et profiter de la saison, des événements horribles se passaient à Tananarive, et l'infortuné Radama était renversé du trône, le 12 mai, par une révolution de palais. Durant Tespace de lemps qui s'était écoulé depuis la signature du traité avec la France et celle de la charte Lambert

jasqu*à cette date Tancste, Radama n'avait rien négligé pour assurer^ autant qu'il était en lui, le succès de la Compagnie dont l'action et le développement devaient civiliser et enrichir son peuple. Des ordres très-précis avaient été expédiés à tous les chefs du littoral, dans le nord de Tlle, pour faciliter les prises de possession de terrains aux agents de M. Lambert. Ces prises de possession eurent lieu, en effet, avec toutes- les formalités nécessaires, sur une grande étendue, entre le i^ et le 16'' degré de latitude sud, dans la zone la plus saine et la plus fertile de Madagascar. Les terrains ainsi choisis sont devenus la propriété de la Compagnie, par suite de l'abandon que lui en a fait M. Lambert dans l'acte de transmission de sa charte.

La chute du roi Radama fut un coup terrible pour notre Société. Ni le commandant Dupré, ni les agents de la mission ne se méprirent sur la portée de ce crime lorsqu'ils apprirent cette désastreuse nouvelle à Tîle Maurice, le 30 juin de Tannée dernière. Leurs prévisions ne furent que trop justifiées par le courrier de Tananarive qui venait d'arriver à l'ile de la Réunion, oîi VHermione mouillait le 1®*' juillet. Les lettres de M. Laborde, consul de France à Madagascar, annonçaient l'intention oii était le gouvernement hova de substituer au traité d'amitié et de commerce, conclu avec la France le 12 septembre précédent, un nouveau traité dans lequel ne seraient pas compris le droit pour les Français de posséder des terres à Madagascar, d'y jouir de l'inviolabilité du domicile, et d'être protégés par la juridiction consulaire. En d'autres termes, sous le prétexte de HKMlificitions à apporter à Tancien traité, il s'agissait en réalité de le supprimer dans toutes ses clauses essentielles. On apprenait en même temps que le gouvernement malgache remettait en vigueur les lois de Ranavalt), qui punissaient de mort Texploitation ou même la simple révélation de l'existence des mines d'or et d'argent.

Par le bâtiment qui avait apporté ces nouvelles de Tananarive, le commandant Dupré avait reçu .l'invitation officielle d'assister au couronnement de la reine Rasoahérina, la veuve du malheureux Radama. Il refusa de se rendre à cette invitation avant d'avoir obtenu du gouvernement malgache lagarantie de la loyale exécution envers la France des engagements pris par le gouvernement précédent, et fit savoir au premier ministre qu'il attendtiit sa réponse à Tamatave,

à la fin de juillet, et réglerait sa conduite d'après celte réponse.

Cependant,à la nouvelle de l'arrivée du commandant de la division navale, rapportant la ratification donnée par l'Empereur au traité conclu avec Radama, l'inquiétude s'était répandue à la cour de Tananarive. Le chef des missionnaires méthodistes anglais, M. Ellis, dont le nom avait été associé à celui du trop fameux PritChard, se multipliait pour rassurer ses partisans contre les craintes qu'ils éprouvaient du ressentiment de la France, et les faire persister dans le refus d'etécnter le traité. La fortune de notre Compagnie était dès lors intimement liée au succès de la politique française à Madagsiscar, et M. Laborde écrivait : « La charte dépend, à mon avis, de Pac- « ceptation du traité. Si le traité n'est pas maintenu; la charte, je « crois, ne le sera pas davantage. »

L'anarchie et la confusion régnaient à Tananarive; la guerre civile désolait la province d'Emyrae; Texistence du Roi, sauvé miraculeusement de la mort, disait-on, servait de prétexte au soolèvement d'une partie de la population.

Dans ces conjonctures le commandant Dupré, qui avait été autorisé à accepter la haute direction de la mission d'exploration pensa que, quel que fbt le résultat des négociations qui allaient s'entamer, un certain ten)ps s'écoulerait pendant lequel les agents de la Compagnie resteraient forcément inactifs. En conséquence, des mesures à la fois convenables et économiques furent prises pour l'installation provisoire de la plus grande partie de netre personnel à la Réunion. Quatre membres de la mission seulement et M. Lambert furent emmenés à Madagascar. Le matériel dé la Coro^ pagnie, les instruments et les appareils divers, les provfeions^de toute nature furent placés en lieu sûr.

Le 30 juillet, VHermione appareillait de Saint-Denis de la Réu^ nion pour Tamatave, où elle mouillait le 1«^ août. M. Dupré refusa de recevoir les fonctionnaires malgaches qui se présentèrent à bord ; il voulait connaître avant tout la réponse du gouvernement hova : elle arriva bientôt. Elle se bornait à inviter le représentant de la France à monter à la capitale pour faire un autre traité à la place de celui qui avait été consacré par la signature de l'Empereur et par celte du roi Radama.

On apprenait en même temps qu'à la réception des tettres da

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commandant, la reine et tous ses ministres avaient tenu conseil et avaient été d^avis, à l'unanimité d'exécuter le traité ; mais que le premier mini^iti^, revenant le lendemain sur son opinion, s'était péremptoirement prononcé pour le refus de ce même traité.

Ce brusque revirement était dû à M. Ellis. Les lettres particulières disaient, en propres termes, que ce personnage n'araii reculé devant aucun argument pour influencer le premier ministre Raini* vouniahitriniony, et n'avait cessé de lui répéter que si le gouvernement hova ne cédait pas, il n'avait rien à redouter du commandant de la division navale qui n'était pas autorisé à l'y contraindre.

M. Dupré rejeta nettement la proposition de faire un nouveau traité, en déclarant qu'il n*avait aucun pouvoir à cet égard et que la signature de l'Empereur n'était pas un vain mot avec lequel on pût jouer; quant à l'invitation de monter à Tananarive, il en subordonnait l'acceptation à renvoi préalable à Tamatave de deux membres du gouvernement qui jureraient que tous les engagements pris avec la France seraient maintenus.

M. Dupré invitait en même temps le consul de France résidant à Tananarive, dans le cas où ses propositions seraient rejetées par le gouvernement hova, à amener son pavillon et h descendre à Tamatave pour se concerter avec lui.

Ce fut malheureusement cette dernière prévision qui se réalisa. On apprit bientôt qu'à l'arrivée à Tananarive des réponses du commandant, la Reine et ses ministres avaient été de nouveau, et à l'unanimité, d'avis d'exécuter le traité fait avec Radama; mais que de nouveau aussi Rainivouniahitriniony,. empêché par la maladie d'assister au conseil , s'était opposé à celte résolution de sa souveraine et de ses conseillers. On recevait d*un autre côté, de la part de personnes qui connaissaient bien le caractère hova, l'avis que des mesures de rigueur pourraient seules mater l'orgueil du gouvernement et le ramener au respect des engagements contractés (1).

. (1) Les Bovas se croient invincibles depuis nos malhenreases expéditions de 1SS9 et de 1845, dont l^inscKcvs a tenu surtoot à l'insuffisance des moyens d'exécution, et à l'influence de la mauvaise saison. L*expédition de 1829, la plus considérable que la France ait faite à Madagascar depuis soixante ans, ne comptail qu'un effectif de 538 hommes, etcellede18i5, 428 hommes seulement. Si à ces deux époques, on a cru à tort qu'une poignée de soldats s^ulHrait pour

172 RAPPOBT DU GOUVERNEUR

Le 4 septembre, M. Laborde arriva à Tamatave avec le ministre Rabarla; celui-ci était accompagné d'un haut fonctionnaire revêtu

du litre de quinzième honneur, et de deux tsimandrous, espèces d'espions chargés de le surveiller. Le même jour Raharla se rendit à bord de la frégate VHermione ; il était habillé à la mode française et en grand costume. On lui rendit les honneurs attribués au rang d'ambassadeur.

Raharla annonça que son gouvernement ne voulait point exécuter le traité. Il était chargé de proposer à la place sept articles ne renfermant aucune garantie sérieuse pour les sujets français.

M. Dupré repoussa ce prétendu projet de traité qu'il qualifia de dérisoire et qui était en effet d'une insignifiance calculée. Raharla le supplia alors de monter à Tananarive, répétant que son gouvernement s'entendrait avec le commandant.. Celui-ci s'y refusa; il consentit seulement à attendre jusqu'au 20 septembre la réponse aux lettres que l'envoyé hova s'engageait à écrire immédiatement pour supplier le premier ministre de reconnaître le traité signé avec la France.

Le lendemain, o septembre, la frégate VHermione, suivie de l'aviso le Curieux, relevait de son mouillage au large, et s'appro^ chait à 300 ou 400 mètres de la plage et du fort hova.. Le mouvement de ces deux bâtiments jeta l'effroi parmi la population malgache.

Raharla était convaincu qu'un nouveau refus de son gouvernement déciderait le commandant Dupré à détruire par le feu de ses canons le fort de Tamatave; il attendait donc avec anxiété la réponse qui serait faite à ses dépêches.

Un épisode qui eut lieu à ce moment montre bien où en sont^ sous certains rapports, les meilleurs esprits à Madagascar, et com-r ment, pour juger ce peuple, il faut tenir compte de son état moraU

Parmi les Ho vas» Raharla est certainement l'un des plus civilisés et des plus éclairés. Il s'est fait remarquer jusqu'ici par une honnêteté de sentiments rare chez ce peuple; il parle notre langue avec facilité et voudrait voir progresser son pays; mais il est superstit-

obtenir un résultat sérieux à Madagascar, on est disposé aujourd'hui à s'exa^ gérer en sens inverse le nombre d'hommes qui serait nécessaire.

lieux comme ses compatriotes. Voulant donc conjurer toutes les mauvaises chances, au milieu des graves conjonclures dans lesquelles il voyait placée sa patrie, il résolut d'aller offrir un sacrifice aux mânes du dernier roi des Betsimsaracks. Il se rendit à son tombeau, le 15 septembre, au lever du soleil, accompagné d'une suite nombreuse. Les sikydis, espèces de sorciers, immolèrent plusieurs bœufs, selon les rites de leurs croyances et la chair en fut distribuée à la foule. En accomplissant cette cérémonie, le ministre avait espéré se rendre le sort favorable pour obtenir de Tananarive une réponse conforme à ses vœux et de nature à éviter une rupture avec la France.

Le même jour, les équipages des cinq bâtiments de guerre français qui se trouvaient devant Tamatave s'exerçaient en foisant le simulacre d'une descente à terre.

Le 18 septembre arriva la réponse définitive de Tananarive. Elle contenait le refus péremptoire d'accepter le traité et le renouvellement pur et simple de l'offre des sept articles déjà rejetés. Le premier ministre donnait en même temps l'ordre à Raharla et aux personnes qui l'avaient accompagné de remontera la capitale.

Le 19, dans la matinée, les canons du fort de Tamatave saluèrent le rétablissement des droits de douane tels qu'ils avaient existé avant le règne de Radama.

Dans l'après-midi, le ministre Raharla vint notifier officiellement au repréwsentant de la France la réponse de son gouvernement. Après cette notification, M. Dupré donna Tordre à l'agent consulaire français d'amener son pavillon.

De son côté le gouverneur de Tamatave appela le peuple au fort et fit faire de bruyantes promenades militaires dans les rues. La population malgache était dans l'attente; son anxiété était extrême ; bien des gens fuyaient la ville emportant leurs effets les plus précieux. Cependant les chefs hovas affectaient un grand calme ; les missionnaires anglais les avaient rassurés en leur disant qu'ils n'avaient rien à redouter des Français. La terreur du peuple lui-même se dissipa bientôt devant le silence de nos bâtimeuts.

Le 26 septembre, M. Laborde retournait à Tananarive, mais cette fois, sans caractère officiel et public; et le 1*' octobre, le dernier de nos bâtiments quittait la rade de Tamatave.

174 RAPPORT DU GOUVEANEUIl

Tous les efforts du commandant Dupré avaient échoué. Sa modération^ sa longanimité dans le cours des négociations, son attitude tour à tour ferme ou conciliante, tout avait été inutile devant le parti pris du premier ministre, souverain de fait du pays, et qui, non content d'avoir supplanté Radama dans son pouvoir, avait, au grand scandale dss Malgaches, revêtu les insignes de la royauté et contraint la veuve de ce prince à Tépouser. M. £Uis obtenait un triomphe complet. Les rapports politiques de la France avec Mada*^ gascar étaient rompus ; aucune des garanties sur la foi desquelles ia Compagnie avait été fondée n'existait plus; le pays que le traité devait lui ouvrir lui demeurait fermé, et tout établissement y était impossible. La charte Lambert n'était plus qu'une lettre morte.

Ce déplorable état de choses n'avait pu entrer dans les prévisions de la Compagnie et se rattachait exclusivement à la politique. La question restait en entier aux mains du gouvernement impérial; et voici en quels termes l'appréciait son représentant :

« Si l'Empereur, disiit-il dans une lettre du 29 septembre 1863, « juge devoir punir l'offense qui lui est faite et revendiquer un droit u indiscutable, la Compagnie, généralement désirée et appelée par « tout ce qu'il y a de plus considérable à Tananarive, s'établira de « prime abord dans des conditions de sécurité et de prospérité dont < elle n'aurait jamais joui qu'après bien des années dans l'état agité « où se trouve le pays.

« Si des considérations d'un ordre supérieur empêchent, au con- « traire, que la force soit mise au service de notre bon droit, il n'y « a plus ni compagnie, ni entreprise individuelle, quelle qu'elle soit, «c possible pour aucun Français à Madagascar avant bien long-

a temps Une révolution, déterminée par les intrigues d'hommes

« <5trangers au pays, est venue remettre en question des résultats « qui paraissaient définitivement acquis, et tous mes efforts sont « venus se briser contre un obstacle factice que la première maniai festation de la puissance de la France fera tomber en poussière. »

Il n'y a rien à ajouter à ce tableau tracé au moment même oii ces événements venaient de s'accomplir.

Quant à la Compagnie, son avenir était entièrement subordonné aux intentions du gouvernement impérial : le commandant Dupré,

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le juge le plus compétent de la situation, le déclarait nettement.

Le résunoé des négociations que nous venons de placer sous vos yeux, la persistance du premier ministre hova à se refuser à Texécu* tion du traité, vous auront permis d*apprécier, Messieurs, combien depuis la chute de Radama, ies dispositions envers la France étaient changées et combien une protection énergique, effective de notre gouvernement était devenue désormais indispensable à notre Société.

En effet, le chef du gouvernement hova à Tananarive, de même que ses représentants à Tamatave, persuadés, d'après les assurances réitérées des missionnaires méthodistes anglais, que la France n'avait pas la permission de tirer un coup de canon à Madagascar, n'avaient été en aucune façon intimidés par la présence de cinq bâtiments de guerre. Les simulacres de débarquement effectués pendant les négociations ne leur avaient nullement imposé. Le gouverneur de Tamatave avait fait publier, le 25 août, que les habitants ne devaient pas avoir peur des navires qui s'amusaient à manœuvrer sur la rade ; que la France n'avait aucun droit sur le pays; que les Malgaches étaieut aussi libres que les Français de faire des révolutions chez eux, etc. Enfin, le commandant Dupré ayant prévenu courtoisement ce gouverneur qu'il tirerait le canon pour la fête de TËmpereur et que la population n'avnit point à s'en émouvoir, «e chef lui fit transmettre, insolemment, quinze jours après, le même avis à bord de VHeimiotie, en lui disant, à son tour, de ne concevoir aucune crainte des saints qui allaient être tirés par le fort à l'occasion du couronnement de la Reine !

Ces détails, entre beaucoup d'autres que nous avons recueillis de la bouche d'agents de la Compagnie présents sur les lieux, donnent la mesure de l'orgueil du gouvernement hova (1).

En racontant les principaux faits qui se sont produits à Madagascar, entre le 1®' août et le 20 septembre 1863, nous avons évité le plus possible de nous livrer à des appréciations. Nous tenions à

(l) Cet orgueil était sans limites depuis nos échecs de 18i9 et de f845, et depuis qae la chambre de commerce do la coiooie anglaisa de Maurice arait payé (lorsque les tètes des soldais français bianchissaieul sur des piques au soleil à Tamatave) une sorte de tribut à, la reine Ranavolo^ en donoanl une somme de 75,000 francs pour obtenir la reprise des relations commerciales rompues en 1845.

476 RAPPORT DU tîOUVERKElIR

laisser aux faits leur propre signification. Cependant, je me crois autorisé, en raison de la position qui m'a été faite, à dire, dans l'intérêt même du succès de la transaction proposée à notre Compagnie par M. le ministre, que si le gouvernement est résolu à obtenir de la dbur de Tananarive le respect de ses engagements, il est nécessaire que le commandant de la station navale à Madagascar ait des instructions assez précises ou des pouvoirs assez étendus, pour qu'il n'hésistepas à châtier tout manque de foi delà part desHovas. Les intrigues, fomentées par des étrangers, qui ont amené la chute de Radama et qui ont rendu stériles les efforts du commandant Dupré, ne cesseront que le jour oîi les Hovas et leurs conseillers seront convaincus que le représentant de la France est armé des pouvoirs nécessaires pour exiger l'exécution des engagements contractés.

En quittant Tamatave, M. Dupré expédia Tordre à ceux de nos agents qu'il avait laissés à la Réunion de rentrer en France. En même temps il autorisait un de nos ingénieurs à faire une excursion dans la partie nord-est de l'ile qui s'étend depuis le fond de la baie d'Antongil jusqu'à N'Gonsy. Ce territoire, anciennement possédé par la France, conserve encore les traces de l'occupation de l'héroïque Benyowski. Notre ingénieur fut obligé, pour pénétrer dans le pays, de dissimuler sa qualité. Il consacra trois semaines à cette exploration, et constata partout une gi'ande richesse de végétation ; l'existence de forêts composées de lianes et d'arbres donnant le caoutchouc ; de copaliers, de bois d'essences précieuses les plus diverses et propres à la construction ou à l'ébénisterie. Il remarqua l'admirable appropriation de la terre aux cultures les plus variées, telles que café, c:mne à sucre, tabac, coton, graines oléagineuses et matières tinctoriales. Il rencontra de nombreux sujets de toutes ces variétés de végétaux. Quant h la production du riz, elle est bornée aujourd'hui presque aux seuls besoins des indigènes; mais les terres propres à cette culture sont si abondantes, si fertiles, que cette graminée pourrait donner lieu, en raison du voisinage des iles Maurice et de la Réunion, aux opérations commerciales les plus importantes et les plus fructueuses. Enfin, il fut extrêmement frappé dé la richesse et de l'étendue des pâturages qu'il rencontra presque partout, et qui nourrissaient de très-nombreux troupeaux de bœufs magnifiques. L'ingénieur était particu-

Jièrement chargé d'opérer des recherches raioéralogiques ; mais il lui fut impossible de s'acquitter de cette partie de sa mission. La profondeur de la terre végétale, dans les plaines qu'il parcourut, ne lui permit pas d'examiner la nature du sous-sol; et d'autre part les Hovas s'opposèrent à ce qu'il poussât ses excursions dans l'intérieur du pays.

De son côté, M. Dupré, accompagné d'autres agents, visita avec l'aviso le Curieux quelques points de la côte nord et ouest. Un ingénieur, mis à bord du Surcouf, fut chargé d'aller vérifier les renseignements des navigateurs et des officiers de notre marine qui avaient constaté précédemment l'existence de la houille sur différents points de la côte nord-ouest de Madagascar, particulièrement sur les bords des baies de Passandava et de Bavatoubé dont la cession a été faite à la France en 1840. Un commencement de fouilles avait même été opéré quelques années auparavant à Bavatoubé, par un ancien consul de France à Maurice, M. Darvoy. Mais notre courageux et entreprenant compatriote avait été alors surpris par un détachement de troupes hovas, et massacré par les ordres barbares de la Ranavolo qui proscrivait la recherche des mines, comme on Ta de nouveau proscrite aujourd'hui.

L'ingénieur de la Compagnie, placé sous la protection de l'aviso de l'État le Surcouf, ne put consacrer que seize jours à l'exploration des terrains où la présence de la houille avait été signalée. Cependant, à son retour, il a remis un rapport circonstancié et a publié le résumé de ses recherches. Nous extrayons de ces documents les passages suivants :

a . La position . de la partie du bassin houiller, matériellement « constatée, est comprise entre le cap Saint -Sébastien, situé par <r 12° 26' et le. cap Bernahomai par 13° 37' de latitude. La pro- « jection rectiligne des côtes est de 180 kilomètres entre ces deux « points; leur développement est beaucoup plus considérable en « suivant toutes les sinuosités des baies.

« Dans rintérieur des terres, le terrain houiller paraît occuper, « à peu. de chose près, toute la profondeur de la grande terre, « jusqu'à la chaîne granitique ancienne, qui forme comme l'axe de « Madagascar,

« Il se peut qu'il existe entre la chaîne centrale ou ses contre-

iT8 RAPPORT bu GOUVERNEUR

« forts et le teirain houiller des terrains de transition, ce qui limi- « terait à une moyenne de 40 kilomètres la largeur dii bassin xlans

c sa partie reconnue

« Là partie du bassin houiller recouverte par les eaux de la mer, < depuis les côtes jusqu'à la ligne de soulëvemeti't baâaltiqiïe qui c met au jour, sur les iles, des lambeaux de terrain houiller, est c tout aussi considérable.

« Maïs cette dernière partie ne peut pas être considérée (Somme ff utile...

« Sur la terre ferme, de nombreux massifs de roches éruptives « diminuent la surface utile, non-seilleraent parTespace qu'elles y « occupent, mais surtout par l'action qu'elles ont eue sur !es roches « du terrain houiller et particulièrement sur la houille.

« Par ces considérations, la surface réellement utiles qtfoiqae « fortement réduite, peut encore être évaluée à 3,000 kilomètres « carrés, surface supérieure à celle de tous les bassins houillers « de la France, qui n'est en effet, que de 2,800 kilomètres « carrés.

« Cinq affleurements de houille otit été trouvés (sur les bords « de la baie de Bavatoubé). La qualité de ces houilles offre à peu c près toutes les variétés : houille sèche, houille grasse, et houille c à gaz. »

Nous ajouterons que les essais faits à l'école des mines, sur les échantillons remis par l'ingénieur, ont donné des résultats satisfaisants.

A Tamatave, pendant le séjour de YHermione, nos autres agents avaient utilisé leur temps en recueillant des échantillons minéralogiques qui prouvent l'existence de mines de fer, de ctdvre et de plomb d'une grande richesse; ils avaient réuni aussi des renseignements nombreux sur le commerce du pays, sur les différents points de la côte oh il se fait, sur tes conditions des opérations d'échangé et sur les quelques industries indigènes. Aucun de nos ingénieurs n'a été à même de vérifier si l'on trouve à Madagascar des mines ifor ou d'argent; mais les dispositions barbares de la loi qui condamnent h mort quiconque exploite ces mines ou en révèle l'existemie démontrent suffisamment la richesse du pays en métaux précieux. Si les Malgaches, dont la cupidité est connue, se refusent à l'ex-

ploilalion des gisements aurifères ou argentifères, c'est qu'ils craiçneut de voir leur pays envahi par des étrangers.

Des documents intéressants à différents points de vue nous ont été envoyés récemment par deux personnes ayant déjà vécu dans le pays, que M. Dupré avait chargées de faire des observations pendant rhivernage dans le nord de Madagascar, moyennant une somme convenue et payée d'avance. Leurs études ont porté particulièrement sur les provinces de Vohémar et de Diégo-Suarez reconnues les plus saines; elles ont constaté la possibilité d'établir, à travers Tile, des communications faciles entre Vohémar, sur la côte nord-est, et la partie de la côte nord-ouest, où se trouvent les terrains houillers, en face l'Ile française de Nossi-bé, qui tfest éloignée que de 28 kilomètres.

A ces divers rapports sont jointes des cartes qui fournissent sur la configuration du pays, sur la direction des rivières et sur les parties qui en sont navigables , des détails certainement nouveaux.

Ajoutons que, pendant le séjour de VHermione sur la rade de Tamatave et celui de nos agents sur les différents points de la côte, il ne s'est présenté aucun cas des fièvres de Madagascar, et qu'en particulier aucun des employés de la Compagnie n'a été malade.

Vous vous rappelez sans doute. Messieurs, qu'un photographe avait été attaché à chacun des trois groupes à la tête desquels se trouvait un ingénieur. L'emploi de la photographie avait principalement pour but de faciliter la reconnaissance des lieux dans lesquels des découvertes auraient été opérées. Celui de ces photographes que M. le commandant Dupré avait emmené avec lui à Madagascar, n'ayant pu remplir l'objet principal de sa mission, nous a du moins envoyé un certain nombre de vues qui offrent de l'intérêt à la curiosité, et qui ont l'avantage de donner une idée de ces parages jusqu'ici à peu près inconnus.

En résumé, les excursions de nos agents, quoique très-incomplètes, les renseignements recueiUis par eux sur les lieux mêmes et auprès des personnes les mieux informées, les produits indigènes, dont ils ont constaté l'existence ou rapporté des échantillons, l'étude des ressources de diverse nature que présente le pays, sont venus confirmer Texatitude des documents d'après lesquels

la pensée de la Compagnie avait été conçue par TEnapereur. Il ea résulte que notre Société avait de fort belles chances d'avenir. Nous aurions sans doute rencontré dans la réalisation de notre œuvre des dilficultés sérieuses, mais Forganisation de la Compagnie, nous avons tout lieu de le croire, aurait permis de les surmonter.

 son retour à la Réunion, au commencement de novembre, M. Du pré renvoyait en France les membres de la mission qui Pavaient accompagné à Madagascar, et ne gardait que Tagent chargé de la comptabilité. Ce dernier prit toutes les mesures nécessaires pour la conservation en bon état du matériel appartenant à la Compagnie qui avait été préparé en vue de l'exploration du pays. Au fur et à mesure de leur rentrée en France, tous les membres de la mission, sans exception, furent congédiés et leurs comptes rc^glés immédiatement. L'agent comptable lui-même revint bientôt ; de sorte qu'à la fin de mars toutes les dépenses de la mission étaient soldées, le personnel dissous, le matériel conservé sans frais, les fonds placés en compte courant avec intérêt, partie au Comptoir d'escompte de la Réunion, partie dans la maison Seillière à Paris, partie en bons du Trésor. A côté de ces mesures conservatoires, nous donnions l'ordre de vendre à la Réunion les objets capables de se détériorer.

Ainsi, Messieurs, dès cette époque la Compagnie avait supprimé toute dépense extérieure, et il n'est resté à Paris que le Conseil d'administration et le gouverneur qui ne touchent ni traitement ni jetons de présence. Le secrétaire du conseil et du gouverneur est l'unique employé de la Compagnie; c'est avec son seul concours que nous avons fait face à des travaux multiples. En tout, nous avons voulu obéir à une pensée de stricte économie.

C'est ici le lieu de vous rendre compte de l'emploi qui a été fait des fonds que vous nous avez confiés. Nous vous exposerons ensuite la situation financière de la Société.

Vous vous rappelez, Messieurs, que notre capital social avait été fixé à 50 miUions, représentés par cent mille actions de 500 francs. Mils vous n'avez certainement pas oublié non plus que les motifs de prudence qui nous avaient engagés à entreprendre aucune opération commerciale ou industrielle qu'après avoir procédé à l'ex-

plôralion, par des hommes spéciaux, d'un pays, vanté sans doute pour ses richesses, mais en réahté peu connu, nous avaient conseillé aussi de ne demander tout d'abord que la très-minime portion du capital nécessaire pour subvenir aux frais de cette exploration. Nous n'avions donc émis que cinq mille actions, sur lesquelles on- a versé 2o0 francs, soit 1,250,000 francs. Ces fonds ont été encaissés par les soins de M. F.-\. Seiïlière, qui a consenti à être le banqpier de notre Compagnie, dont il était un des actionnaires les plus importants.

Avant toute autre dépense, et pour nous conformer aux conditions expressément énoncées dans Tacte de transmission de la charte, nous avons dû payer à M. Lambert, sur sa quittance, en qualité d'envoyé du roi Radama, la somme de 125,000 francs, et pareille somme, partie pour M. Laborde, partie pour M. Lambert lui-même, ci 230,000 fr. i>c.

Les dépenses occasionnées par la mission d'exploration se sont élevées à 359,399 85 c.

D'où il résulte un ensemble de dépenses qui , sans tenir compte des pertes d'intérêt, a nécessité l'emploi de 609,399 fr. 85 c .

Ces dépenses se décomposent comme suit :

1** Cession de la charte Lambert,

Payement au roi, à M. Laborde et à M. Lambert, et frais d'acte 283,599 fr. 80 c.

2® Personnel de la mission.

Frais d'entrée en campagne, d'assurances sur la vie des agents, traitements et gratifications au licenciement 150,367 06

3^ Frais de tabk et de logement. -

Entretien des agents durant leur séjour à la Réunion et à Madagascar. . . : 17,454 49

A reporter. . . 421 ,.421 £r. 35 c.

Report 421,421 fr. 33 c.

i^ Dépenser médicales.

Achat de médicaments, de linge et de quelques instruments 2,777 45

^^ Matériel de la mission .

Se décomposant comme suit :

Appareils de sondage, pompes, outils, apparaux, objets de quincaillerie. . . 13,2§9 fr. 62 c.

Appareil pour dévi- . .

dage et fabrication de la soie . . 5,Si9 25

Instruments de précision et autres pour les ingénieurs, explorateurs, niveleurs 5,904 92

Appareils photogra{*iques et approvisionnement de produits chimiques. . . 5,082 52

Objets de campement et de voyage , drapeaux, armes, munitions 16,098 20

Cartes , approvisonnement de papeterie, appareils à faire de la glace , sacs d'ambulance, emballage du matériel, menues dépenses diverses. . . ^ 5,706 38

. Total du matériel 51,600 89

A reporter. 475,799 fr 69 c.

w 3 AOUT 1864 183

Beport 475,799 fr69c,

6' Frais de voyage et transports.

Ainsi décomposés :

Dépenses du personnel pour se rendre de Paris à .

Suez et à Aden et rejoindre VHermioner — Frais d'exeursion à Madagascar, et retour de la Réunion à Paris 49^10 fr. 30 c.

Dépenses pour les assurances et te transport do matériel 24»393 8i

Total des frais de voyage, etc. \ . 73,303 l i

7" Prises de possession.

Frais faits pour les prises de possession de terrains» Ces frais ont été mis à la charge de la Société par Tacte de cession de la charte ; ils s'élèvent, pour la partie qui en a été payée par la Compagnie, à 7,330 »

8® Frais généraux et spéciaux.

Ce compte comprend :

1° Le prix des cadeaux destinés au roi, à la reine , aux principaux chefs hovas et à M. Laborde, pour une somme de 26,313 fr. 30 c.

3^ Le prix d'achat de vins et provisions de table PQur§uI)ve^ir a^ix dépenses

A reporter. . . . 26,313 fr. 30 c. 8S«,432 fr. 80 c.

Reports ..... 26,313 fr. 30 c. 356,432 fr. 80 c.

extraordinaires résultant du séjour des membres de ia mission à bord des bâtiments de rËtat montant à 10,300 fr. 00 c.

3® Le payement des frais d'enregistrement et des déboursés nécessité par l'acte de Société s'élevant à 2,464 fr. SO c

Dans ce chiffre ne figurent pas les honoraires du notaire. M«Roquebert,s'associant à^ notre pensée, a déclaré qu'il n'accepterait

d'honoraires que dans le i

cas où les résultats de la

mission d'exploration per- • -

mettraient à la Compagnie de se développer.

4® Les frais d'imprimerie^ librairie et photogra-

phie montant à. / . . . . 2,667 fr. 3Sc.

5® Les frais de voyage d'agents de la Compagnie

antérieurement au départ .

de la mission, les gratifications à des matelots, le pet it entretien du matériel, le port des lettres de la Réunion et de Madagascar pour la somme de 1,382 fr. 50 c.

Total des frais généraux 43,127 fr. 45 c.

A reporter. .......... 599,560 fr. 35 c.

Report 399,569 fr. 45 c.

9® Bureau central à Paris.

Toutes les dépenses du secrétariat sont portées à ce compte. Elles se composent du traitement du secrétaire du conseil et du gouverneur, du salaire d'écrivains et du service, du loyer, du chauffage, de réclairage, des frais de papeterie, des insertions aux journaux, des courses dans Paris, ports de lettres, dépêches télégraphiques et divers menus frais. L'ensemble de toutes ces dépenses pendant une durée du plus de quinze mois, de mars 1863 au 30 juin 1864, a été de 9,839 fr. 40 c

Total général des dépenses 609,399 fr. 85 c.

Après vous avoir fait connaître dans leur ensemble, et en partie dans leur détail, les différentes natures de dépenses que votre conseil d'administration a faites dans l'intérêt de la Compagnie, nous .vous présentons le résultat des écritures arrêtés au 30 juin dernier.

Le versement effectué par les actionnaires a été de. • 1,250,000 fr. » c.

Les fonds placés en bons du Trésor chez M. F.-A. SeiUièreetau Comptoir d'escompte de la Réunion ont produit des intérêts montant à. 15,223 58

Les recettes de la Compagnie se sont donc

élevées à . , . 1,265,223 fr. 58 c.

Cette somme était représentée au 30 juin :

1** Par le compte de dépenses montant à. 609,399 fr. 85 c.

2® Par les sommes disponibles comme suit : chez M. F.-A. Seillière 254,656 fr. 00 c.

A reporter, . . . 254,656 fr. 00 c. 609,399 fr. 85 c.

186 ' HAPPORT DU GOCVEBNEUR

Reports 254,686 fr, QOc. 609,393 fr.85 c.

En bons du Trésor à 41/2 p. 0/0 343,060 fr. 00 c.

Au Comptoir d'escompte de la Réunion 50,000 fr. 00 c.

Chez M. Ch. Richard, à la Réunion 631 fr. 31 c.

En une créance sur M. Laborde pour avancée à lui faites par le commandant Dupré. . • . . 7,476 fr. 42 c.

Total de l'actif de la Compagnie au 30 juin 1864. . 655,823 fr. 73 c.

Somme égale aux recettes de la Compagnie. . . ... 1 ,8611,223 fr. 58 c.

Telle était au 30 juin dernier la situmion financière de notre Société.

Aux termes de Tavis de convocation, nous vous avons réunis en assemblée générale ordinaire- et extraordinaire. Nous demanderons à {'assemblée ordinaire de vouloir bien approuverv par une résolution spéciale, les con[q)tes que nous venons d'avoir rtonneur de vous présenter.

Nous demanderons ensuite à l'assemblée extraoïKlinaire les pouvoirs nécessaires pour conclure avee le gouvernement margache,. par l'entremise du gouvernement français, une transaction dont le moment est venu de vous faire connaître les motifs et les conditions.

Dans \^ pr^n^i^ç quin2;,aine du mois dQ mai dernier, M. )e ministre des affaires étran^èr^ç nous i^foripa verbalement que le gouvwiement était conv^^incu que la Compagnie ne pourrait pas atteindre le but pour lequel elle avait été créée, en raison des difficultés suscitées par le mauvais vouloir des Hovas, et qu'il nous engageait à abandonner unç œuvre dont l'accomplissement exigerait une expédition lointaine dont la réalisation* ne pouvait entrer dans ses vues actuelles.

DV 3 AOUT im 187

M. le ministre nous annonça en mètm temps que les envoyés de la reine Rasoahérina lui avaient fait demander, de Londres oh ils se trouvaient, de substituer au traité d'amitié et de commerce conclu avec le roi Radama un nouveau traité. Il ajouta, qu'avant d'écouter les propositions des envoyés malgaches, il exigerait d'eux que la situation de notre Compagnie vis-à-vis du gouvernement de Tananarive. fût réglée, et il nous autorisa à prendre copie du projet de Déclaration à intervenir à ce sujet entre les deux gouvernements dont voici le texte :

DÉCLARATION

c Par une charte du 9 novembre 1861, M. J. Lambert a été autorisé à former une Compagnie ayant pour but Texploitation des mines, des forêts et des terrains de Madagascar, et a obtenu à cet effet la concession de divers droits et privilèges. En conséquence de cet acte, une Compagnie anonyme a été formée à Paris, le i mai 1863, sous la dénomination de Compagnie de Madagascar, foncière, industrielle et commerciale.

<f Le gouvernement français et le gouvernement malgache, considérant, d'une part, que la charte précitée, du 9 novembre 1861, rencontre dans son exécution des difficultés qui ne permettent pas à la Compagnie d'atteindre son but; considérant, d*dutre part, qu'une juste indemnité doit être accordée à la Compagnie, sont convenus de proposer à celle-ci la transaction suivante :

ff La Compagnie de Madagascar déclare renoncer au bénéfice des droits et privilèges contenus dans l'acte de concession accordé à M. Lambert, le 9 novembre 1861, par le feu roi de Madagascar, Radama II.

« Le gouvernement de Madagascar, en échange de cette renonciation, s'engage à payer à la Compagnie une somme de neuf cent mille francs.

c Le présent arrangement ne deviendra définitif qu'après que l'assemblée générale des actionnaires, régulièrement convoquée, y aura donné son approbation. »

Votre Conseil d'administration était convaincu, comme vous réte& sans doute maintenant vous-mêmes, Messieurs, que notre entreprise ne pouvait être désormais menée à bonne fin qu'avec le con-

l88t RAPPORT DU GOUVERNEUR

coHfs actif de notre Gouvernement. Du moment que l'un de ses organes officiels nous informait que ce concours ne pouvait ôtre accordé à notre Compagnie, il ne nous restait qu'à adhérer à la proposition ministérielle. Nous avons témoigné les vifs regrets que nous éprouvions de voir abandonner une oeuvre qui promettait d'être si féconde; puis nous avons obtempéré en principe, et sauf votre approbation, au projet formulé par M. le ministre* Toutefois, nous avons insisté pour que l'indemnité fût soldée immédiatement, ou du moins à très-bref délai ; et nous avons déclaré que, jusqu'au payement intégral de cette indemnité, la Compagnie maintiendrait tous ses droits et toutes ses conditions d'existence, le payement étant, à notre avis, la seule garantie d'exécution de ses engagements qu'offre le gouvernement hova.

M, le ministre reconnut la justesse de nos observations sur la nécessité de fixer un délai prochain pour le payement, et de maintenir la Compagnie dans la plénitude de ses droits jusqu'au versement intégral de la somme convenue. H nous fit savoir, en outre, qu'avant d'entrer en négociations avec le gouvernement de Madagascar sur les bases indiquées dans le projet de déclaration, il croyait nécessaire, pour prévenir tout malentendu, que le concessionnaire primitif de la charte, octroyée par le roi Radama II renonçât, de son côté, aux droits qu'il s'était réservés.

Pour vous faire bien comprendre cette demande, nous devons vous rappeler. Messieurs, qu'aux termes de l'article 12 de l'acte de transmission de sa charte à la Compagnie, M. Lambert s'était réservé le droit de reprendre sa charte, dans le cas oii notre Société se dissoudrait après Taccomplissement de la mission d'exploration. Or, le projet de transaction que proposait M. le ministfe, devant avoir pour conséquence, non-seulement la dissolution de la Compagnie, mais l'annulation, même de la charte, le jour oii nous aurions réalisé cette transaction, nous nous serions trouvés par cela même dans l'impossibilité de remettre la charte à M. Lambert. Il y avait donc urgence à obtenir de celui-ci l'annulation de l'article 12 de l'acte de transmission de la charte à la Compagnie-

M. le ministre s'exprimait ainsi dans la lettre qu'il nous adressait à ce sujet le 11 juin : « Il est indispensable que nous puissions « garantir son désistement (celui de M. Lambert), comme celui de

« la Compagnie, çn échange du sacrifice pécuniaire que nous ini- « posons au gouvernement malgache; je vous serai donc obligé de a demander à M. Lambert, et de me transmettre le plus tôt pos- « sible, une déclaration par laquelle il s'engagera formellement à « n'élever, pour sa part, aucune réclamation ultérieure en raison « du privilège qui lui a été concédé. »

Conformément à cette demande de M. le ministre, un acte intervint entre la Compagnie et M. Lambert, par lequel celui-ci renonçi définitivement au droit qu'il s'était réservé de reprendre sa charte, pour le cas où la Compagnie renoncerait à faire usage des droits et privilèges qu'il lui avait cédés par l'acte de transmission du 8 mii 1863, dont chacun de vous a reçu communication.

Dans ce même acle, la Compagnie avait pris h sa charge, vous vous en souvenez, les frais relatifs aux prises de possession faites au nom de M. Lambert antérieurement à l'organisation de notre Société. Dans le compte des dépenses, vous avez vu, Messieurs, que déjà nous avons payé une partie de ces frais de prises de possession. Or, par l'accord que nous venons de fîiire, M. Lambert s'est engagé à payer ceux de ces frais qui restent à solder. De son côté, la Compagnie doit lui faire abandon de toute la portion du matériel expédié de France avec la mission d'exploration qui n'avait pas été vendue à la Réunion à la date du 6 mai dernier.

Cet arrangement conclu et signé, nous l'avons transmis à M. le ministre des affaires étrangères; et Son Excellence, en nous en accusant réception, nous a fait savoir qu'elle espérait pouvoir nous informer avant la réunion de l'assemblée générale de nos actionnaires du résultat des négociations qu'elle allait ouvrir avec les envoyés malgaches. En effet, à la date du 13 juillet, nous avons reçu de M. le ministre la lettre suivante :

Paris, le 13 juillet 1864.

« Monsieur le baron, j'ai eu l'honneur de vous informer, le 5 de ce mois, que je vous ferais prochainement connaître si le gouvernement malgache adhérait aux conditions que je vous avais exprimé l'intention de stipuler en faveur de la Compagnie de Madagascar, et qui avaient obtenu rassentiment préalable du Conseil d'administration.

« Les envoyés de la reine Rasoahérina se sont rendus, depuis lors, à Paris pour me faire part du désir qu'aurait leur gouverne-

190 RAPPORT DU (tOUVERNEUft

ment de reprendre avec la France les relaiionsr interrompues par la mort du roi Radama; mais, comme ils n'avaient aucun pouvoir pour souscrire au payement de rindemnité réclamée h leur gou vernement, en échange de la renonciation de la Compagnie aux droits et privilèges contenus dans Tacte de concession que M. Lam> bert avait obtenu sous le règne précédent, j'ai refusé de recevoir leurs ouvertures. Je leur ai déclaré que le gouvernement de l'Empereur ne consentirait à la révision du traité de commerce conclu le IS juin 1862 entre la France et Madagascar qu*à la condition que les intérêts français nés sous l'empire de ce traité, et placés sous sa sauvegarde, ne souffriraient aucune atteinte ; et j*ai, en conséquence, subordonné l'ouverture de toute négociation à Tassui^nce que le gouvernement malgache dédommagerait la Compagnie de Madagascar du préjudice qu'il lui a fait éprouver en mettant obstacle aux opérations en vue desquelles elle a été constituée.

« Ainsi que je les y ai, d'ailleurs, engagés, les envoyés malgaches retournent à Tananarive chercher les pouvoirs complémentaires qui leur sont indispensables pour remplir en France la mission dont ils ont été chargés. Il s'écoulera donc quatre mois au moins, Monsieur le baron, avant que je puisse vous annoncer une solution définitive. Jusque-là, le traité du 12 juin subsiste dans toute sa teneur, et les intérêts de la Compagnie, qui se trouve actuellement en possession de la charte octroyée à M. Lambert, continuent d'être placés sous la protection du gouvernement de Sa Majesté.

« Agréez, monsieur le baron, Tassurance de ma haute considéralion,

« Signé Drouyn de Lhtjys. »

Vous avez compris. Messieurs, à la simple lecture, Timportance de cette lettre. Si rien n'est conclu définitivement, si la réalisation de la transaction projetée est ajournée, du moins nous sommes certains que la Compagnie sera indemnisée des sacrifices d'argent qu'elle a faits. Nous tenons, en effet, de M. le ministre des affaires étrangères l'assurance positive que le gouvernement français est fermement résolu à exiger de la cour de Tananarive une réparation pour la Compagnie, et qu'il subordonne la reprise des relations avec Madagascar à l'exécution de cette condition. Une attente de ÎJuelques mois nous est donc hnposée. Mais, jusque-là, la Compa-

DU 3 AOUT i864 191

gnie continue de subsister; elle maintient son organisation et n'abandonne aucun de ses droits, selon le vœu du Gouvernement lui-même. Les inconvénients inévitables de cette situation expectante seront en partie compensés par la déclaration formelle du ministre que nos intérêts restent placés sous la sauvegarde du gouvernement de l'Empereur.

Nous avons tenu, Messieurs, h vous initier dans ce rapport à toutes les circonstances qui ont amené la situation dans laquelle se trouve actuellement la Société. Au milieu de nos regrets de voir s'arrêter ainsi notre entreprise, c'est une vive satisfaction pour nous de pouvoir déclarer hautement que, si les résultats de nos efforts sont aussi contraires aux espérances que nous avions tous dû concevoir, aucun reproche ne saurait être adressé à la Compnagie, qui n'a encouru aucune responsabilité dans les événements qui se sont passés. Tout ce qu'il était en notre pouvoir d'apporter de zèle, de dévouement, de sacrifices au succès de l'œuvre commune, nous l'avons fait. Des circonstances, qui appartiennent a une sphère supérieure à toutes nos volontés, ont rendu tout inutile.

J'ai l'honneur de vous proposer, au nom du conseil d'administration, les résolutions suivantes :

Première résolution.

L'assemblée générale approuve le rapport présenté par M. le gouverneur de la Compagnie, ainsi que les comptes arrêtésau30juin 1864 qui présentent en dépenses la somme de. . 609,399 fr. 85 c. et fixent l'actif de la Compagnie à 655,823 73

formant ensemble la somme de 1,265,223 fr. 58 c.

Seconde résolution.

L'assemblée générale.

Vu la déclaration proposée par M. le ministre des affaires étrangères, dont la teneur suit :

DÉCLARATION

« Par une charte du 9 novembre 1861, M. J. Lambert a été autorisé à former une Compagnie ayant pour but l'exploitation des

mines, des forêts, des terrains de Madagascar, et a obtenu à cet t3ffet, la concession de divers droits et privilèges. En conséquence de cet acte, une Compagnie anonyme a été formée à Paris le 2 mai 1863, sous la dénomination de Compagnie de Madagascar, foncière, industrielle et commerciale.

« Le gouvernement français et le gouvernement de Madagascar, considérant, d'une part, que la charte précitée du 9 novembre 1861 rencontre dans son exécution des difficultés qui ne permetteiit pas à la Compagnie d'atteindre son but; considérant, d'autre part, qu'une juste indemnité doit être accordée à la Compagnie, sont convenus de proposer à celle-ci la transaction suivante :

« La Compagnie de Madagascar déclare renoncer au bénéfice des droits et privilèges contenus dans l'acte de concession accordé à M. Lambert, le 9 novembre 1861, par le feu roi de Madagascar Radama IL

« Le gouvernement de Madagascar, en échange de celte renonciation, s'engage à payer à la Compagnie une somme de neuf cent mille francs.

« Le présent arrangement ne deviendra définitif qu'après que l'assemblée générale des actionnaire?, régulièrement convoquée, y aura donné son approbation. »

Adoptant les propositions qui lui sont soumises par M. le gouverneur, au nom du Conseil d'administration,

Autorise le Conseil d'administration à suivre les négociations sur les bases de la déclaration proposées aux conditions suivantes :

1® Qu'une indemnité de neuf cent mille francs sera payée à Paris, par le gouvernement malgache, pour indemniser la Compagnie de ■Madagascar des pertes que lui font éprouver les renonciations qui lui sont demandées dans l'acte diplomatique ci-dessus reproduit;

2* Que le Conseil acceptera le terme qui, pour le payement de celte indemnité, sera réglé d'un commun accord entre le gouvernement français et le gouvernement malgache, en insistant toutefois pour qu'une époque précise et aussi rapprochée que possible soit déterminée;

3*^ Que les renonciations demandées à la Compagnie ne deviendront définitives qu'à compter du jour oîi la totalité de la somme de neuf cent mille francs aura été entièrement versée dans la caisse sociale.

Pour Texécution de ces conditions rassemblée générale donne au Conseil d'administration tous les pouvoirs généraux et spéciaux nécessaires à l'effet H** de suivre l'exécution des conventions résultant de racle diplomatique ci-dessus reproduit; 2° de consentir toute renonciation valable des droits résultant de Tacte de concession accordé par le roi Radama II à M. Lambert, le 9 novembre 1861, et dont cession a été faite par M. Lambert à la Société le 8 mai 1863; 3® de prendre telles mesures que les éventualités pourraient suggérer, sous la condition toutefois qu'aucune diminution ne pourra être faite au chiffre de l'indemnité qui doit rester fixée à la somme de neuf cent mille francs.

Âpres avoir entendu la lecture de ce rapport, l'assemblée générale des actionnaires, représentant 3,105 actions sur les cinq mille actions émises, vo^e à l'unanimité les deux résolutions qui lui ont été proposées.

Elle vote ensuite, par acclamation, des remerciments et des félicitations au Conseil d'administration et au gouverneur pour le zèle désintéressé dont ils n'ont cessé de faire preuve dans la conduite des affaires de la Compagnie.

Paris, le 3 aoat 1864.

Le sénateur^ gouverneur de la Compagnie

de Madagascar,

Baron Paul de RICHEMONT.

RAPPORT

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