LETTRE AU COMMANDANT DUPB
hommes et des choses de Madagnscar vous suggéreront. Durant la traversée, il sera nécessaire de faire établir à grands points une <arte générale de Madagascar, afin que l'on puisse y tracer le périmètre des terrains dont on prendra possession dans le voyage de circumnavigation, et trois cartes partielles, également à grands points, de chacune des trois parties de Tile qui sera exploitée par une section spéciale, conformément aux dispositions de Torganisalion hiérarchique.
D'après rilincraire que vous m'avez con[)muniqué, dès que vous aurez déposé à Tamatave les cadeaux pour le roi et les colis divers en destination de Tananarive, vous relèverez pour Sainte-Marie où le commandant de Lagrange vous renseignera sur tout ce qui se sera passé depuis votre départ. Il me serait impossible de prévoir Tétat des esprits pai' suite de Tavis officiellemeni donné par le roi aux chefs de la côte d'avoir à sauvegarder les droits concédés à M. Lambert, et par suite, aussi des intrigues que les Anglais ont cherché à ourdir. Votre expérience des mœurs locales, votre caractère, votre situation et votre dévouement à rœuvrc que nous entreprenons résolument vous guideront, et mieux que personne, vous saurez ce qu'il y a à faire dans Tinlérôt de la France et dans celui de la Compagnie qui sont intimement unis.
L'installation de nos agents à Vohémar et Bavatoubé, un séjour momentané, mais suffisant, sur tous les points oii il est important qu« la Compagnie fasse des prises de possession, ce sont Ik des dispositions dont nous nous sommes souvent entretenus; il serait inutile d'insister à cet égard. Deux mots seulement sur la nécessité d'organiser un service aussi régulier que possible, entre Sainte- Marie et Vohémar, au moyen d'une goélette de la Compagnie de Sainte-Marie, afin de procurer h nos agents du pain et de leur permettre de tirer de Sainte-Marie les fonds nécessaires.
Les deux agents commerciaux, MM. Durand et Gardet ont mission d'étudier la question commerciale à tous les points de vue; ils vous soumettront leurs plans d'opérations qui seront nécessairement subordonnés aux mouvements de vos bâtiments. Je n'ai pas besoin d'insister sur la nécessité de faciliter l'accomplissement de leur mission à ces agents dont vous voudrez bien lire les instructions.
L'installation des agents à Vohémar et à Bavatoubé se fera avec
24i LETTRE kV COMMANDANT DUPRÉ
une assez gfrande pompe et au nom du roi, dont la Compagnie est le représentant. M. Lambert agira au nom de la Compagnie. Je lui remettrai à cet égard des instructions spéciales qu'il vous communiquera dès qu*il le pourra.
Je me figure qu'arrivant sur le terrain de leurs explorations, nos agents seront dans un grand embarras. Permettez-moi de réclamer tout votre concours pour les installer le mieux possible, leur faci- I ter rentrée en rapport avec les chefs, leur procurer le logement, les approvisionnements, les moyens de transport. Toutes ces choses s'obtiendront aisément par votre entremise et en présence de votre pavillon.
Vous avez eu la bonté de me faire espérer le concours de l'ingénieur hydrographe de la division ; je mettrai un prix extrême à ce qu'il pût remonter le cours des rivières qui paraîtront navigables à leur embouchure. Je crois qu'il serait utilement secondé par M. Durand : les connaissances variées de cet agent lui permettront de recueillir une foule de renseignements intéressants.
J'appelle particulièrement votre attention sur la rivière qui débouche à Borabétock ; vous savez qu'elle remonte jusqu'à Tananarive : on la dit navigable pendant plusieurs lieues. Quels sont les obstacles qu'elle présente? A Baly, Tamiral Fleuriol de Langle prétend qu'il y a des mines de charbon; comme vous serez accompagné dans le voyage de circumnavigation par les agents de la Compagnie, section de Tananarive, et notamment par H. Simonin, vous pourriez peut-être faire faire par cet ingénieur des recherches relatives à ces gisements de houille. Peut-être aussi pourriez-vous l'employer à reconnaître l'exactitude d'un lac signalé par M. Guillain comme recouvert d'une couche épaisse de naphte. M. Durand seconderait utilement M. Simonin.
On prétend que, sur la côte comprise entre Baly et Saint-Augustin, l'ambre gris se rencontre communément; il serait bien intéressant d'eu rapporter des échantillons.
A Saint-Augustin et au fort Dauphin, nos agents auront une ample moisson h faire de renseignements commerciaux. Le programme que je leur ai donné est si vaste, que je crains qu'ils ne s'en effrayent. En les guidant, surtout au début de leure opérations, vous rendrez à la Compagnie un véritable service ; lorsque vous