LETTRE AU COMMANDANT DUPRÉ
serez de retour de Tamatave, vous aurez utilisé habilement^ j'en suis certain, une portion des fonds mis à votre disposition pour concilier à la Compagnie la bienveillance des chefs hovas. Vous aurez proportionné les cadeaux à l'importance de ces chefs et sar« tout à la nature des services qu'ils pourront vous rendre.
Pour les honneurs d'un ordre plus élevé, nous avons fait provision de 20 unifonnes avec épaulettes de tous grades.
Le voyage de circumnavigation vous aura mis à même de recueillir une foule de renseignements très -précieux pour le roi; vous aurez pu, notamment, constater les points sur lesquels il serait nécessaire, dans Tintérôt de la Compagnie de faire placer des postes hovas.
Les deux agents de nivellement qui vous auront accompagné, auront servi dans toutes les prises de possession à faire la triangulation sommaire des terrains de la Compagnie ; ils se rendront avec vous à Tananarive, ainsi du reste que tous les membres de la mission destinée à cette résidence.
Un des points sur lesquels je vous prie de fixer votre attention est la nécessité d'obtenir du roi les études de nivellement pour la construction d'une route mettant Tananarive en communication avec la côte. Vous obtiendriez un résultat magnifique si vous pouviez dé> montrer à ce souvei^n de quel intérêt il serait pour lui et pour son pays de faciliter la création de cette route.
Comme Radama est accessible à toutes les grandes idées, rappelez-lui César faisant faire des voies militaires à ses soldats dans les Gaules. Les travaux faits par des militaires ne sont pas des travaux faits à la corvée, et si la Compagnie nourrissait les soldats, elle rendrait tout à la fois service au pays et à elle-même.
Je n'ai rien à vous dire de Tananarive : mieux que moi vous savez tout ce qu'il y a à faire. Il me semblerait infiniment désirable que vous puissiez revenir par la côte Ouest.
Quand Thivernage sera proche, je compte sur vous pour faciliter à nos agents le moyen de se rendre sur les lieux que vous aurez jugés les plus convenables pour leur faire passer cette saison malsaine.
Si Vohémar vous paraissait otîrir des conditions de salubrité suffisantes, vous pourriez y laisser les agents de la section de
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M. Coignet; cependant, je ne me dissimule pas qu'il pourrait y avoir un grand intérêt à envoyer ces agents h Tananarive, en leur faisant atteindre la province d*Emyrne par la chaîne des montagnes qui s'étend presque jusqu'à Diego Soarez : leurs observations géologiques de cette excursion que désire faire M. Goignet pourraient être pleines d'intérêt.
À Tappui de cette idée, je pense qu'il ne serait pas inutile de montrer au roi le nombre d'hommes spéciaux dont dispose la Compagnie-.
La section de Bavatoubé me parait placée dans des circonstances assez mauvaises au point de vue de la salubrité pendant l'hivernage. L'ingénieur M. Guillemin qui est chargé de diriger celte partie de la mission a désiré rentrei* en France en même temps que vous; sa constitution délicate m'a décidé à accéder à ce désir. Mais que ferez-vous des agents placés sous ses ordres pendant l'hivernage ? Il est à espérer que l'on aura trouvé des gisements houillers assez considérables pour qu'il soit d'un haut intérêt de faire continuer les travaux même pendant la saison des pluies. Comment pourraiton les continuer si nos agents les abandonnaient? Vous prendrez conseil des circonstances et ferez pour le mieux.
Ce n'est pas sans un vif sentiment d'anxiété que je prévois le moment oii vous abandonnerez votre mission pour revenir en France ; mais je me rassui'c en pensant que vous partagerez toute ma sollicitude, que vous conflerez le pouvoir de vous remplacer à l'homme qui vous inspirera le plus de confiance, et que vous voudrez bien lui donner les instructions les plus complètes pour qu'il continue votre œuvre .
Après avoir cherché à suivre la marche de vos opérations, je rentre dans le cercle de l'organisation même de la mission. Vous recevrez tous les mois une lettre de chacun de nos agents ; après que vous en aurez pris connaissance, je vous prie de vouloir bien me les adresser. Dans les premiers jours de novembre, chaque ingénieur et chaque agent commercial vous adressera un rapport contenant le résumé de ses travaux et de ses observations. Vous les apporterez avec vous.
Je ne me dissimule pas, Monsieur le commandant, les diCTicultés de la tâche quevoHS avez bien voulu accepter; plus j'en étudie ks dé-
LETTRE A H. GOIGNET, INGÉNIEUR 2 H
lails et plus j'apprécie Timportance du service que vous rendez non pas à ma Compagnie, mais à la France. C*est de vous, 2i bien dire, 4}ue dépendra en grande partie le succès d*une entreprise à laquelle TEmpereur attache un si grand prix.
Veuillez donc agréer de nouveau, au nom du conseil d*administration et au mien propre, Texpression de notre profonde reconnaissance.
Le Gouverneur, Sigtié : Baron Paul de RICHEMONT.
Paris, 1<> 16 mars 1863.
M, Coignety ingénieur^ chef de la section de Vohémar.
Monsieur, au moment oh la mission d'exploration va quitter la France, je tiens à préciser la nature des recherches, des observations et des travaux que la Compagnie a confiés, sur ma proposition, à votre intelligence et à votre dévouement.
Le centre de vos opérations sera Vohémar.
Votre personnel se composera de M. Aumont, d'un médecin qui s'adjoindra à la mission à la Réunion, de quatre mineurs, de quatre charpentiers bûcherons, d*un forgeron également pris à la Réunion et d'un interprète Malgache pris à Tamatave. Tous ces agents seront placés sous vos ordres.
(Suit ici l'indicatioD présamée des dépenses à faire pour les frais de nourriture du personnel de la section.)
D'après les renseignements fournis par M. Lambert, j'ai estimé que le personnel d'indigènes qui vous serait nécessaire serait de 60 hommes à raison de 20 porteurs pour chacun des trois agents C(Mnposant votre section. Ce nombre de 60 doit être suffisant pour vous transporter, vous, vos tentes et le bagage. L'organisation de cette petite caravane nécessitera teus vos soins. Comme au début, vos courses pourront être de peu de durée, vous rectifierez bientôt ce qui aurait pu laisser à désirer dans les premières expéditions.
Le commandant Dupré vous remettra la somme nécessaire pour faine face à toutes les dépenses de votre mission, jusqu'au moment