LETTRE AU DOCTEUR LEY
visites, m'ont dém(^iitré que l'insalubrité de cette grande lie n'ei^i pas aussi générale qu*on le prétend» Il est incontestable que là oit les côtes sont basses et niarécageuses régnent presque constamment des fièvres paludéennes très-graves. Toutefois, même dans ces endroits, on peut se mettre le plus souvent à TalM^i de cette iirfluence par des précautions et une hygiène sévèrement suivies. Mais le climat rend ennemi de toute contrainte, il entraine à commettre des imprudences trop souvent funestes. L'exposition prolongée aux ardeurs d'un soleil brûlant, l'usage des boissons débilitantes, l'abus des femmes qui offrent des plaisirs trop faciles et aui^quels le climat vous invite, l'excès des boissons alcooliques, les brusques transitions de température, sont des causes presque certaines de mal ; dans les parties marécageuses et dans les hautes parties de l'Ile, ces excès ou ces imprudences sont souvent trèsdangereux.
L'influence délétère des côtes marécageuses s'étend plus ou moins loin dans Tintérieur, suivant la direction et la corslance de direction des vents; ainsi> sur la côte Sst, qui est incontestablement la plus malsaine, les vents d'est et de sud-est reportent constamment les miasmes de la côte à intérieur.
Lorsque les côtes s'élèvent, les fièvres paludéennes disparaissent, mais on ne se trouve pas moins soumis au climat équatorial ou tropical, c'est<*à-dire dans des conditions d'existence quieommandeni la plus grande prudence. L'irrégularité dans la vie, les excès de toute nature, même dutravail, peuvent avoir des conséquences trèsgraves dans les parties même les plus saines, parce que les maladies ordinaires s'y compliquent de je ne sais quelle influence que l'on nomme la fièvre d'Afrique.
Le docteur Petit, avec lequel je vous ai mis en relation, a dû vous (aire profiter de sa longue expérience du climat des côtes de Madagascar ; vous pourrez compléter vos renseignements sur la meilleure médication à appliquer aux maladies du pays, pendant votre séjour à la Réunion. Vous trouverez à l'hôpital de cette colonie des médecins de la marine qui se feront un plaisir, je n'en doute pas, de vous renseigner le nodeux possible.
Je dois vous mettre eu garde contre les exagérations des habitants de la Réunion à propos du climat de Madagascar. Cette exa-