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LETTRE A M. LABORDE, CONSUL DE FRANCE

médicaments qui seront divisés entre les trois sections. Je pense que celte division doit se faire à la Réunion; vous vous en entendrez avec M. Gardet qui prendra, à cet égard, les ordres de M. Dupré. En faisant ce partage à la Réunion, vous aurez l'avantage de vous procurer les vases qui seraient nécessaires.

: Je désire. Monsieur, que, comme tous les chefs de section, vous teniez quotidiennement un journal sur lequel vous consignerez vos observations de toute nature, et notamment sur tous les cas que vous aurez à soigner; vous y inscrirez toutes les circonstances climatologiques. Tous les mois, vous adresserez au commandant Dupré, par Tentremise de votre chef de section, le relevé en double de vos observations.

Recevez, etc.

Le Gouverneur^ Baron Paul de RICHEMONT.

Paris/ le 26 mai 1863

M, Labordey consul de France^ à Tananarive.

Monsieur,

Si je n'ai pas l'honneur de vous connaître personnellement, j'ai du moins appris à vous apprécier par tout ce que m'ont dit le commandant Dupré et notre excellent ami, le bon M. Lambert, de votre noble caractère et de voire bonté. Aussi je m'estime heureux de vous annoncer que vos vœux sont comblés, que le rêve de votre vie, à la réalisation duquel vous avez consacré tant de soins, tant de peines et de si longues années, va enfin se réaliser.

La Compagnie de Madagascar est organisée sur des bases solides, et pour qu'elle prenne toute l'extension nécessaire au succès de l'œuvre civilisatrice que vous avez entreprise, elle n'attend plus que les résultats de l'exploration que j'ai conseillée et que les hommes considérables composant le conseil d'administration ont jugée, comme moi, indispensable.

M. Lambert vous dira avec quel chaleureux intérêt l'Empereur a pris k cœur de seconder le roi Radama, et le prix qu'il met au pk)int de vue du commerce européen au succès de l'entreprise à la tête de laquelle il a voulu me placer. En consentant à désigner comme chef de la mission d'exploration le commandant Dupré, qui

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a dcquis une si haute position dans l'estime du roi Radama, l*£in« pereur nous a prouvé l'importance qu'il attache à la réussite de notre Compagnie. De notre côté, nous n'avons rien négligé pour faciliter la tâche laborieuse des hommes tout à la fois expérimentés et savants qui ont courageusement consenti à seconder nos efforts.

J'ai remis à M. Lambert un double des instnictions que j'ai adressées au nom du Conseil à nos agents. En les lisant, vous comprendrez le point de vue auquel je me suis placé, et je serais heureux de savoir si, comme M. Lambert, vous trouvez que j'ai bien compris la question de Madagascar. Le Conseil d'administration adresse au roi et à la reine des cadeaux que M. Lambert leur remettra. Ils sont accompagnés d'une lettre écrite à Sa Majesté* Vous serez certainement chargé d'en faire la traduction, et j'ai cru utile de vous en adresser la copie. En envoyant un certain nombre de nos agents à Tananarive, nous avons eu surtout à cœur de bien faire comprendre au roi, l'importance que nous mettons k lui prouver, par des faits saisissants, le sérieux que nous apportons à notre œuvre. Il verra des hommes pratiques, chargés d'étudier toutes les questions qui offrent de l'intérêt au point de vue des améliorations à introduire dans son royaume, comme à celui des opérations de la Côm pagnie. Le succès de notre entreprise touchera le roi par les avan^ tages sérieux qui en résulteront pour son peuple, bien plus encore que par la participation à laquelle il a droit dans nos bénéfices.

Il est un point sur lequel j'appelle toute votre attention; nous considérons comme le but le plus désirable à atteindre, Tôuverture d'une route entre Tananarive et un point quelconque de la côte.

Nous croyons, d'une part, que le pouvoir du roi ne s'étendra véritablement sur son royaume que lorsqull aura un moyen facile de communication avec ses représentants. Nous pensons aussi que ce peuple appelé k la civilisation par le noble cœur de son chef, n'en* trera vraiment dans la voie du progrès que lorsqu'il aura, par an contact constant avec des Européens honorables, modifié ses instincts, ses mœurs, sa législation. Mais je ne me dissimule par les préjugés qu'il faudra déraciner pour que cette route soit entreprise. Si je ne comptais sur votre concours, je n'oserais pas me bercer de l'espé* rancé du succès. Vous seul, Monsieur, avec l'assistance de votre ami, M. Lambert, vous pourrez faire compendre au roi combien il

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est ititéressë à la créilioA dô cette route. Les empires les plus laissants ne se sont foiidés que grâce à l'Ouverture «les voies de communicatioD. Si l'aigle de Madagascar tient dans ses serres 1^ globe qui Représenté cette île miguifkîile, cela veut dire, sans doute, que te roi domine stik» tout sort h)yauaîe; il n'^n sera vraiment le maître, je le répète, que lorsque ses ordres se trans'iiiettroiit fs^ittxlietit d'un boul à I^ltttre de iMadagascar. Mais l\)ùVerture d*unè rbùté de Ttinanarivè à la mer serait fort disi^endieùse^ et la Compagnie ne pourrait Tentreprendre, si elle n'était puissâffîmenl secondée par \e roi. De son côté, si à Texemple de César, de NupolétHi, il affectait une partie de son armée à ce travail de première nécessité, il trouverait dans cette ressource dont il peut disposer, le moyen de faciliter considérablement l'œuvre de la Compagnie,

Les agents placés soas la direction de M. Simonin, l'ingénieur intelligent chargé d'explorer la province d'Emyrne, se mettront entièrement à votre disposition, comme M, Simonin lui-même, pour exécuter tous les travaux if|tti pourraient être agréables au roi. J'ai pensé que les bienfaits devant résulter de la grande route à construire frapperaient d'aUtarit plus le roi, qu*un le mettrait à même d'apprécier les avantages d'une bônfie viabilité. Dès qu'il aura une route pou^ se rendre à sa campagne, nous serons heureuk de lui offrir une voiture légère et, de préférence h des chevaux, de bonnes mules prises à la Réunion.

Nous avons envoyé un homme habitué à tous les travaux de la soie; il est muni d'Un petit appareil à vapeur perfectionné pour le dèvidage des cocons et pour l'étouffement des chrysalides. J'espère que le roi sera frappé des résultats de nos procédés, simples et faciles h appliquer* Un photographe, muni d'appareils puissants, ai<}era M. Sltuoniti dans ses redhercheset utilisera ses connaissances eu clti(nl6> en essayant et en analystfnt tous les minerais.

J'ai l'intetition, à moins de difficultés trop grandes, d'envoyer une partie des agents qui exploreront la province de Vohémaf et les charbons de Bavatoùbé^ passer l'hivernage h Tànanarive. Leur présence dans la capitale sera la démonstration du soin que nous avons apporté h étudier toutes choses. Il est inutile, sans doute, Mon&leur, que }e di^ à l'homme que l'on m-a représenté comme la providence

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(le nos compatriotes, que je place tous nos agents sous l'égide de sa bonté. Ils ont Tordre forojel de ne rien entreprendre, de ne rien faire sans vos conseils,

La connaiss mce que vous voudrez bien prendre, je l'espère, des instructions que je leur ai données, suppléera à Tinsuffisance de cette lettre.

Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mon sincère dévoue^ ment dont je serai toujours heureux de pouvoir vous donner des preuves.

Le Gouverneur, Baron Paul de RIGHEMONT,

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