INTRODUCTION
De Tamatave à Fénérive, la côte est sablonneuse. On aperçoit, h quelque distance du rivage, des dunes assez élevées, surtout près de Foulpointe. On ne remarque nulle part les mamelons isolés in^ diqués sur la carte de Robiquet. Toutes les ondulations de terrain forment des collines allongéej, parallèles k la côte, et s'élevant en amphithéâtre les unes derrière les autres, pour atteindre à une quinzaine de lieues du rivage la chaîne qui termine Tborizon. Les pics que présentent cette dernière paraissent indiquer qu'elle est de formation basaltique ,
De Fénérive au cap Bellone, le pays très-aocidenté est îormé de montagnes granitiques parallèles à la côte et à l'axe de llle Sainte» Marie. A l'exception de l'immense pointe à Larrée, complètement sablonneuse, la mer sebrise presque partout contre des escarpements rocheux. Cette chaîne présente plusieurs fissures transversales par lesquelles les rivières de Manangoro, Manansatra, Tintingue, etc, ont pu se frayer un passage jusqu'à Ja mer.
L'île Sainte-Marie est formée d'une série de collines granitique$ dont la direction est nord 26° est: De^ quartzites reposent directe-
RAPPORT DE M. GOIGNÇT, liNGÉfiIËU{i 265
ment sur ces roches, mais ils ont été trës-fortemeDt redressés par Tapparition de nombreux pointements basaltiques. Ces derniers sont facilement reconnaissables à la couleur rougeâtre des terres qui les recouvrent ; ce sont les seuls points en dehors des parties marécageuses de l'intérieur où la végétation soit belle. Partout ailleurs, le sol couvert de cailloux quartzeux est complètement aride.
La baie de Sainte-Marie avance beaucoup dans les terres. Au fond se trouve Tile Madame qui occupe une superficie de 2 hectares et demi et sur lequel sont construits : le Gouvernement, les casernes, rhôpital et les ateliers de construction . Au sud, la passe a très-peu d'eau; on ne peut la traverser qu'en pirogue. Au nord, elle est étroite, mais assez profonde pour que les navires de fort tonnage puissent venir à quai. Le port qui se trouve au bout du chenal est abrité de tous côtés, à une faible profondeur. Le fond est formé de pâtés de coraux qu'il serait facile d'enlever. On pourrait, avec une somme relativement faible, faire un port au moins aussi beau que celui de PorIrLouis, à l'ile Maurice. Des bassins de radoub seraient d'une construction peu coûteuse, et les navires de la Réunion pourraient venir s'y faire réparer à moins de frais qu'à l'Ile-de-Fr^ance. Dans le cas oii un établissement important viendrait à se former sur la côte Est de Madagascar, Sainte-Marie, par sa position, deviendra le centre des opérations maritimes, car c'est le seul point de la côte oii les navires pourront passer la saison de l'hivernage. Actuellement, les bâtiments mouillent en rade oii ils tiennent parfaitement; cependant, en 1857, dans un ouragan, trois navires ont chassé sur leurs ancres et ont été jetés à la côte.
Le 9 octobre 1863, à 8 heures du matin, nous mettons le cap sur Angontsi oh nous arrivons dans la matinée du 12. Il est convenu que nous nous fixerons à terre pendant tout le temps du chargementi
A peine débarqués et installés dans notre case, le capitaine de la Douane, le second commandant et tous les officiers hovas se rendent chez nous pour s'informer du but de notre voyage.
Le 17 octobre seulement, je pus me mettre en route. Je dis à mes porteurs que nous n'allions qu'à deux jours de marche, mais bien décidé, arrivé là, de continuer. Si j'avais manifesté l'intention de faire une plus longue excursion d'une seule traite^ le commandant
ffîi'en àttfâit probablement empêché ; m aurait défendu aux Maiga- .(Shes de mVcooipa^er^ Arrivés an point fixé comme terme du Yoyage, nos porleurs oe voultireni pas aller plus loin en prétextant la prooiesse faite au départ. Heurettsement H. Goinet les déoida à ^contiûuer encore pendant deux jours. Au bout de ce temps, nous étions arrivés au pied des grandes montagnes de Tintérieur ; nous •cOfl^tions encore arracher à nos hommes un ou deux jours de répit. Tont M inutile ; ils sè plaignir^t amèrement de notre manque de parole ; ils voyaient dairemeût que de concessicm en eoneession, <ious lesterions aller jusqu'à- Maransette. Si, au d^rt, ite eifôsent su que tel était le but de notre voyage, ils auraient refusé de venir, eaf à partir de Magnembahemba, point extrême que nous avions atteint, le cftemin dans les montagnes est excessivement péniMe.
Voy^i que je ne pouvais rien obteuk*, je donnai le signal du départ; Uen m'en prit; car deut heures sétaient à peine écoulées, que nous rencontrions deux aides de camp du commandant et deux soldats envoyés vers nous pour nous empêcher d'allée "phis lotn.
dette excursion de six jours, aller et retour^ faite sur Tancienne roulé de BeniowskI, dé Marausette (LOUisbourg) à Angontsi, peut Se faire en quatre jours ; mais je ten^ais à bien étudier le pays et k ne rien omettre.
Il m*a été complètement impossible dé faif e le moindre relèvement et de tracer ma route ; je l'ai msirqnée approximativement sut* une carte, qui provient de l'amplification d'une carte marine. Lés Observations météorologiques, les seules que j'aie pu faire, ont été prises avec les plus grandes précautions, dans ma case, après l'à-^ voir fclt évacuer complètement. Si un des chefs de village eût vu un de mes instruments, le lendemain, les Hovas en eussent été avertis, et ma qualité d'ingénieur eût été connue. Je m*observat d'autant plus, que l'on savait déjà que la compagnie Lambert était formée et que des agents devaient parcourir le pays.
Près du village d*Angbé, se trouve une rivièie que Ton peut remonter en pirogue pendant une journée. Elle m'offi'ait jusqu'atîx premières cataractes, après lesquelles on ne peut pas pénétrer, une voie facile qui me {)erm6ttait d'explorer cette partie de te province; je me décidai donc à entreprendre cette seconde coursé qui ne pouvait en aucune façon éveiller les susceptiUlités des Hovas. J'Mteignis
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teureusemeut le bai que je m'étais proposé, c*est-à-dire ies granités qui forment la chaîne centrufe de la grande presqnlte d'Angontsi. Il était complètement inutile d*aller plus loin, car j*atai$ devant moi les roches primitives; un terrain nouveau ne pouvait se rencontrer que sur l'autre versant de la chaîne oii je ne pouvais ariiver.
De retour à la case, je mis en ordre toutes mes notes et je corrohorai celles que j*avais pu obtenir sur les relations entre Hovas et indigènes avec celles que j'avais prises à Tamatave et Sainte-Marie. Le bâtiment devait partir incessamment, on n'attendait plus qu^un vent favorable. Une course au sud d*Ângontsi n'aurait pas ajouté beaucoup à ce que je savais sur la constitution et les productions du pays. Du cap Est à Voe-bé, en effet, la route qui relie ces deux points suit les bords de la mer, on traverse des marais, et il est im-^ possible de pénétrer dans Tintérieur. On me dit Men qu'tm peu af sud du dernier village que je viens de noouner, cuat pouvait remonter me rivière sur une assez grande longueur ; mais les moDtagues, très-rapprochées de h côte en cet endroit, ne me promettaient qu'an voyage stérile en renseignements pour la Compagnie* Je préférai donc attendre au logis Tarrivëe d'une bonne brise^ en occupant mon temps à faire des observations météorologiques et compléter mes renseignements sur les indigènes.
Le 29 octc^re nous levâmes l'ancre, et le 4 oovembre je délH^rquai à Tamatave ou j'assistai à l'incendie qui détruisit en une nuit plus de la moitié de la ville.
Le 17, je m'embarquai sur le bateau à vapeur le JVoaoar^n^ et j'arrivai à Saint-Denys de la Réunion le %i du mteie mois.
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