DISPOSITIONS DE CES PEUPLADES POUR NOUS
Le Hova étant un peuple essentiellement courtisan, il est excessivement difScile de lire au fond de la pensée des individus, lesqpiels ne sont généralement que le miroir qui reflète le visage du chef. Que ce chef accueille bien quelqu'un, ce quelqu'un sera uecaMé de politesses par tous, depuis les officiers jusqu'aux soldats.
Par suite, il arrive souvent qu'au lieu d'avoir To^nion générale, on a purement et simplement celle du chef.
Cependant à Vohémar, quoique dans nos rapports avec eut nous soyons constamment restés dans les bornes de la plus stricte politesse, et que, de leur côté, ils nous apportent de temps en temps quelques petits cadeaux (au nom de la Reine), les tracasseries qu'ils ne cessent de nous susciter, chaque fois qu'ils en trouvent Foccasion, nous montrent clairement qu'ils ne sont nos amis qu'en apparence, depuis le premier jusqu'au dernier.
Ainsi, lorsque nous avons voulu visiter la copalerie qui se trouve entre la baie de Fahambaha et Sambava, le commandant nous a fait déclarer que les blancs ne pouvaient plus voyager par terre, mais que si nous voulions aller par mer, il ne pouv^ût s'y opposer, à la condition toutefois que nous oe prendrions aucun marmite indigène dans nos pirogues.
Il n'en est pas de même des Betsimitsaracks et des Sakalaves, qui, à l'exception de quelques-uns de ces derniers, lesquels ayant été plus favorisés que les autres par les Hovas, font cause commune avec eux, montrent pour nous les meilleures disposiàons.
Quelque temps après notre arrivée ici, Tun des principaux chefs, sakalaves -vint nous rendre visite, et nous demanda s'il était vrai,, comme on le disait, que les blancs viendraient faire la guerre aux Hovas. Après que nous lui ettoes répondu que nous n'en savions: rien, il nous pria de le prévenir si nous rapprenions^ afin^ disait-il,^
38 i / RAVPOKT DE Jll. CACHn
qu'il puisse se retirer avec sa bande, pour n'être pas forcé pur les Hovas à se mèJer de cette affaire^ et il ajouta que n'ayant jamais eu que de très-bons rapports avec les blancs, son plus vif désir était de continuer dans cette voie. A Diégo-Suarez, les Hovas nous ont beaucoup mieux accueillis qu*ici ; ils nous ont laissé toute liberté de faire ce que nous voudrions, de visiter leur pays, même le fort, afin que nous tâchions de leur amener des navires de commerce pour écouler leurs produits.
Le commandant, quoique appartenant à la famille royale, parait ne pas être très-satisfait du gouvernement actuel ; quelques mots qui lui sont échappés m'en ont donné la preuve. Ainsi il disait : « Ah ! si Radama II n'était pas mort, j'aurais maintenant quinze honneurs et j'habiterais la capitale. » Ce n'est que depuis peu de temps qu'il a été nommé au poste qu'il occupe, et à ce qu'il parait, on Ta laissé avec les onze honneurs qu'il avait auparavant ; c'est ce qui le blesse, et le dispose un peu mieux à Tc'gard des blancs.
Les Sakalaves et les Betsimitsaracks que nous avons rencontrés et chez qui nous avons logé plusieurs fois, paraissent animés des meilleures dispositions pour nous.