FORCES MILITAIRES ET MOYENS DE DÉFENSE
Bien que dans l'article « Population » j'aie déjà parlé du nombre des soldats, je crois devoir revenir un instant sur ce sujet. Voici pour Vohémar le nombre total des hommes dont peut disposer le commandant, et la manière dont ces hommes sont répartis :
Officiers hovas 30
Soldats — 140
Sakalaves 30
Total 200
Le fort d'Amboinio, qui est la résidence du commandant et le véritable chef-lieu de la province, est situé sur une éminence, à environ 14 kilomètres atf sud du port de Vohémar ; il présente la forme d'un carré un peu allongé et se compose de trois enceintes de palissades en bois ronds, de 20 à 25 centimètres de diamètre et d'environ 3 mètres de hauteur. La demeure du commandant occupe le centre, c'est-à-dire la troisième enceinte et le point culmi-
SLR LA PROVINCE DE VOHÉMAR. 38o
nanl. La seconde enceinte renferme les cases des otMers et des soldats avec l'artillerie, qui se compose de 16 pièces de Crinon de divers calibres, dont 4 seulement en état de servir.
La première enceinte ou Tenceinte extérieure, ainsi que les chemins dans le voisinage du fort, sont partout bordés de cactus. Du côté de Test, et très-près du fort, se trouve un village sakaluve, composé d'une centaine de cases environ.
Quant au chemin qui conduit de Vohémar à Araboinio, bien qu'il soit assez mauvais, il ne faudrait pas beaucoup de travail pour le rendre praticable aux charrettes; la rivière de Mananbery est le seul obstacle sérieux que l'on rencontre sur son parcours.
Quelques jours après notre arrivée, comme les nouvelles que le navire anglais Vida ^que nous avons trouvé sur rade), étaient tout à fait à la guerre, le commandant passa en revue ses hommes, leur fit une distribution de toile et répartit entre eux les muniliong qu'il avait ; chaque soldat eut pour sa part loO cartouches, et pou Tartillerie on fabriqua 270 gargousses*
A Diégo-Suarez, le fort est perché comme un nid d'aigle au sommet d'un morne qui a plus de 400 mètres de hauteur, et oii Ton arrive après avoir gravi des rampes de plus de 43° qui se présentent de tous les côtés du morne.
Bien que les ouvrages établis pour sa défense soient de peu d'importance, par sa position (qui commande à la fois la peiite vallée qui se trouve entre lui et le monie can'é, une partie de la vallée d'Anghivo et tous les petits mornes qui existent du côté de l'ouest, en un mot tous les chemins par lesquels on peut y arriver) ce point n'est pas pour les hovas d'une médiocre importance, et il présente* rait des difficultés assez sérieuses s'il s'agissait de s'en emparer.
Le nombre de ses défenseurs est assez considérable, comparativement aux autres points de la côte, car il s*élève à près de mille hommes, tout compris^ officiers et soldats.
L'artillerie se compose de 5 pièces de canon, dont 2 de 6 ou de 8, et de 3 autres plus petites ; elles paraissent en assez bon état.
Le plus court chemin conduisant du bord de la mer au fort est celui qui part d'Arabodivahibé, pir lequel, en deux heures et demie, on arrive au sommet du fort. La première partie de ce chemin, comprise entre le morne boisé d'Ambodivahibé, est assez bonne ;
la seconde partie traverse deux bibles roisseaux et plusieurs petits marais, qui, sans la rendre très-mauvaise, ne laissent pas que d^apporter quelques difficultés. Quant à la troisiëoM, elle n'est qu'une suite de rampes abruptes, que Ton ne peut gravir que trèslentement et avec beaucoup de peines.