COMMERCE, PRODUITS DIVERS
Depuis les démêlés qui se sont élevés entre les Hovas et les Antankares, après la mort de Radama P% démêlés qui ont éloigné tous les traitants étrangers établis dans les provinces du nord, le commerce de ces provinces n*a fait que diminuer et tomber au point ob il est actuellement, c'est-à-dire au quart de ce qu'il était.
Ensuite les mauvais procédés des Hovas, envers les quelques navires qui venaient encore y prendre leurs chargements en bœufs, ont aussi, il est bon de le dire en passant, puissamment contribué à les éloigner, de sorte qu'il n'en arrive plus du tout à Diégo-Suarez, et qu'un ou deux seulement se présentent encore chaque année à Vohémar, au commencement ou vers la fin de la bonne saison.
Les boutres arabes continuent par conséquent presque seuls à visiter cette partie de Madagascar; ils viennent y traiter la gomme copale, l'écaillé de tortue, le bois d'ébène et quelque peu de riz.
Voici approximativement le chiffre annuel des exportations, et, en regard, celui que l'on obtiendrait facilement en établissant un commerce de traite régulier et suivi.
Vohémar. Bœufs
— Gomme cop île y compris
celle de Samba va, qui vient de la même copalerie
— Ecaille
— Tabac
— Riz
Dicsro-Suarez. Bœufs
— Riz
— Ecaille
CHIFERE
CHIFFRE ACTUEL.' qae Ton pourrait
' obtemr.
de 2 à 300
de 20 i 25 tonn.
de 100 à 150 kil.
de 4 à 500 kil.
presque nul.
Néant.
de 20 à 30 tonn.
de 150 à 200 kil.
de 800 à 1,000
de 30 à 40 tonn.
de 100 à iOO kilog.
beaucoup à attendre En peu de temps cet article pourrait figurer pour an chiffre assez respectable, de 1,500 à 2.000 de 80 à 100 tonn.
de 250 à 300 kilog.
SUR LA PROVINCE DE VOUI<MAK 387
Quant aux prit courants des divers produits, bien que soumis ii quelques variations^ on peut l^s établir comme suit : Bœufs/comme sur toute la côte, iS piastres d'Espagne ou 82 fr. SO c.
Riz (Diego) les SO kilogrammes de 5 à o fr. 50 c.
Ëcaille de tortue, la caparace de 1 à !2 kilog 35 à 45 au plus
Gomme copale (à Vofaémar) les 50 kilogrammes. . 30 à 40 Tabac ( id. ) d^ 20à30
Aux produits actuels , il faut ajouter ceux dont on ne tire presque aucun parti, tels que la canne à sucre, le sésame, le palma* christi et Tindigo, que Ton pourrait cultiver sur une grande échelle, et de la réussite desquels on peut être assuré d'avance ; car les cannes que l'on rencontre en petites quantités sont fort belles, et le palma-christi ainsi que Tindigo se rencontrent partout à Tétat sauvage. Le coton réussit aussi parfaitement et pourra devenir par la suite un article très-important ; les terrains sablonneux que Ton rencontre partout sur le bord de la mer paraissent surtout lui convenir admirablement ; les essais que nous avons faits à Vôhémâr dans ces terrains ont produit jusqu'ici les meilleurs résultats.
On pourrait ainsi introduire le blé d'Egypte, le grain, le café, qui ne peuvent manquer de réussir dans certaines localités, surtout dans les plaines et les vallées de l'intérieur.
Les richesses forestières, doivent aussi être mises en ligne de compte, sans que toutefois l'on puisse extraire des quantités considérables de bois de construction comme dans le sud. Les essences que l'on pourrait exporter, seraient :
4° Le bois d'ébène, qui se rencontre en assez gcando quantité dans toutes les forêts, et qui est supérieur en qualité à celui de la baie d'Antongil et de Tamatave ; le grain en est fin et d*un beau noir ;
2® Une espèce de palissandre que lesSakalaves appellent manghari, assez commun dans toute la partie nord de Madagascar ; il est d'un brun foncé veiné de noir, très-dur et susceptiWe d'un beau poli.
Ensuite viennent plusieurs espèces de bois odoriférants, tels que le kasoranto et le laza, dont je n'ai pu encore me procurer des échantillons, mais que l'on rencontre assez fréquemment entre Andrave et Port-Louquez .
Le copalier, dont la gomme est l'une des principales richesses
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de la province de Vohémar, ne paraît pas dépasser vers le nord la baie de Fahambaha, car nous n'en avons pas rencontré dans notre excursion à Diego -Suarez. Mais, de Fahambaha, la forêt, qui suit la côte et ne s'arrête que près de Sambava, à environ 57 milles au sud de Vohémar, est aux trois quarts formée de copaliers. Les Hovas nous ayant empêchés d'y aller, il me serait difficile de dire Tétat oîi elle se trouve; Tannée dernière, lorsque le docteur Giinst eut ses malheureux démêlés avec un chef bova, il y avait de 58,000 à 60,000 pieds de copaliers entaillés et disposés pour la récolte de la gomme.