‹ Documents sur la Compagnie de Madagascar, précédés d'une notice historiqueChapitre 85 sur 96 · LETTRE DE M. CACHIN · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. CACHIN

à M. le Gouverneur de la Compagnie de Madagascar.

Nossi-bé, le 15 juillet 1864.

Monsieur le baron,

Dans le rapport que j'ai eu l'honneur de vous adresser en mars dernier, il me restait une lacune à remplir, concernant les routes à établir pour relier Vohémar à la côte occidentale de Madagascar et par suite à Npssi-bé.

Aujourd'hui que j'ai traversé l'ile d'une côte à l'autre, je m'enapresse de venir combler celte lacune; car, parti de Vohémar le l*r juillet, en me dirigeant vers l'ouest-nord-ouest, après avoir traversé dans leur partie supérieure les magnifiques vallées de Mananbato, Sahampane, Manancoula et Louquez, et franchi les montagnes centrales qui sont peu élevées, je suis arrivé, le 5, sur les derniers contreforts de ces montagnes et en vue de la côte occidentale, près de l'embouchure de la rivière de Mahavavy, située à peu près à 30 milles au nord de Nossi-bé.

. De Vohémar à la rivière de Mananbato, j'ai pu suivre un sentier qui avait été tracé par les anciens habitants de cette vallée ; mais, à partir de là, ce n'est qu'à l'aide du compas et de quelques indications fournies par les indigènes qui m'accompagnaient, que j'ai pu continuer ma route, Parfois, lorsque les traces laissées par les bœufs sauvages et les sangliers, qui sont très-nombreux dans les parages, ne m'éloignaient pas trop de la direction que je m'étais proposé de suivre, j'en profitais afin de n'avoir pas à me frayer un passage dans les hautes herbes; quant aux rivièrçs, je n'ai pas eu de peine à les traverser à gué.

SUR LA PROVir^GE DE VOHÉMAR 393

La partie de la côte occidentale que j'ai pu voir, c'est-à-dire celle qui est comprise entre Mahavavi et Nossi-bé, me paraît beaucoup plus peuplée que la côte orientale. J'ai en passant, visité quelques-uns des chefs de ces populations, entre autres Tsimatauth qui commande à Mahavavi et parait jouir d'une grande considération parmi les Sakalaves; il m'a parfaitement accueilli et il m'a retenu une journée entière chez lui. Il m'a parlé de M. le commandant de Nossi-bé avec beaucoup d'éloges, et je crois que, moyennant quelques petits cadeaux, on réussirait à s'en fa*ire un allié capable de devenir d'une grande utilité. Le roi de Nossi-fali, quoique bien jeune encore, paraît aussi tout dévoué aux intérêts de la France.

En attendant votre réponse, monsieur le baron, que je pourrai recevoir par la voie de Sainte-Marie, je me propose de continuer l'exploration de la partie centrale de l'île et ensuite d'attendre à Vohémar.

J'ai l'honneur d'être, etc.

Signé : CACHIN,

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