‹ Documents sur la révolution françaiseChapitre 1 sur 100 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

ALP,HONSE PICARD, ÉDITEUR 63, Hue Bompine, 63.

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DAWS lE DÈPARTEÏÏENT.;jDE L'YONNE

ESSAI BIBUOGRAPHigue

Ijus événements qui ont eu leurs préludes il y a wnl ans, et ont tant influf^ sur les destinées de la nation française, ont été célébrés il y a quelques mois et, déjà, dans les provinces, aussi bien qu'à Paris, s'est dessiné un immense mouvement de recherches ^ de travaux sur l'époque de la grande RêvcJution.

11 nous a semblé que, nous aussi, nous pourrions api>orter notre modeste pierre à l'édifice dont l'ensemble formei'a l'histoire détinitive de la Révolution Trançaise.

Rappeler jour par Jour les pensées, les écrits et les actes des habitants d'un petit coin de la France très dévoué dès l'origine tuK idées nouvelles, tel est le but que nous nous sommes proposé «n prépftrtnt cet essai bibliographique.

Un travail de ce genne ne sera pas définitif, bien entendu, maïs

-^.pourra déjà, tel qu'il est présenté, servir de cadre à une liisy^^' '"litJîre de la Révolution dans notre département.

7[' Un membre de la Société des Sciences de TYonne, s'inspirant 'des mêmes idées, a relevé, dans les procès- verbaux des séances de la municipalité auxerroise, tous les faits pouvant intéresser l'histoire générale ou particulière de 1788 à 1800.

Ce travail de M. Demay, bientôt terminé, sera un utile corollaire à notre bibliographie et peut-être donnera-t-il à quelques-uns de nos collègues de la même Société la pensée d'entreprendre une analyse semblable pour les autres villes et les districts du département.

Déjà, le Conseil général de TYonne, sur la proposition de notre regretté compatriote et ami Paul Bert, a voté les fonds nécessaires pour l'impression des pièces et procès-verbaux intéressant la formation du département, l'organisation de son premier Conseil général et de son Directoire. On trouvera dans ce recueil, à la rédaction duquel nous avons pris part, et dont le premier volume est terminé, les documents inédits les plus intéressants et les plus variés.

Et ces documents seront complétés sans doute quelque jour par 'l la publication de l'inventaire de nos riches archives départcmcn-

[[^ taies en ce qui concerne la fin du xvni® siè(*le.

Jusqu'ici, on a reculé devant la mise au jour des pièces, intéres- •:. sant cette époque; mais un siècle entier aura passé bientôt sur

les événements mémorables dont l'ouverture des États généraux fut le premier acte. 11 est temps de rétablir la vérité historique, tant de fois travestie, suivant les passions du moment.

Depuis de longues années, nous nous occupons de réunir les matériaux d'une bibliographie intéressant les choses et les hommes du département de l'Yonne et des pays qui ont contribué à le former. Il nous a donc été relativement facile d'en détacher les fiches mentionnant, soit les pièces imprimées dans le département, soit les brochures et les écrits émanant de diverses sources et qui intéressent notre histoire politique ou notre existence provinciale à la fin du siècle dernier.

Il serait bien à désirer que des travaux et des bibliographies semblables fussent entrepris dans chaque département. Que de services ils rendraient pour l'étude de ces temps troublés, de ces faits souvent bien difficiles à comprendre dans leurs détails ! On en jugera par la publication de ce travail, travail incomplet et qui n'embrasse que le département de l'Yonne.

Mais, avant de commencer cette nomenclature que nous essaierons d'atténuer dans sa sécheresse et son aridité, il nous paraît nécessaire de la faire précéder de quelques lignes destinées à

rappeler les origines du déparlement de l'Yonne et de sa formation en 1 790.

Les pays qui composent actuellement ce département ont été empruntés à des provinces différentes qui n'avaient entre elles que de lointains rapports administratifs.

C'est d'abord la province de Bourgogne qui nous donne l'arrondissement d'Avallon et partie de celui d'Auxerre, ancien comté indépendant;

C'est ensuite la province de Champagne qui nous abandonne Tarrondissement de Sens (ancien Sénonais), l'arrondissement de Joigny pour partie, et celui de Tonnerre, en même temps que le côté Est de celui d'Auxerre ;

Puis la province du Nivernais nous cède les portions des arrondissements d'Auxerre et d'Avallon, limitrophes du département de iVL Nièvre et qui comprennent les cantons de Saint-Sauveur et de Vézelay ;

Enfin, les pays de Puîsaye, appartenant à l'ancien Orléanais, nous donnent les cantons de Bléneau, de Saint-Fargcau et de ïoucy.

Avant d'arriver aux divisions politiques actuelles, c'est-à-dire à ses cinq arrondissements subdivisés en 37 cantons et 483 communes, notre département a subi plusieurs modifications dont nous retrouverons la trace à leur date et qu'il nous faut mentionner en quelques mots.

En 1787, un édit du mois de juin créa dans les provinces qui Ti'avaient pas d'Etats particuliers des assemblées chargées de les administrer. Chaque province fut divisée en déparle7?ienlSy mot à peu près nouveau et qui devait rester. Une assemblée de douze notables, élus par l'Assemblée provinciale, formait l'administration supérieure temporaire comme l'est le Conseil général et un bureau dît iTitei^médiaire, compdLVsble à notre Commission départementale actuelle, constituait l'administration permanente.

L'ancien comté d'Auxerre et l'Avallonnais, faisant partie de la Bourgogne, pays d'États, ne profitèrent point de ce nouvel ordre de choses. Mais les pays de l'ancienne Champagne, avec l'élection de Vézelay, ancienne dépendance du comté de Nevers, alors tous de la généralité de Paris, province de l'Ile-de-France, furent divisés en département de Sens, département de Joigny et Saint- Florentin, département de Tonnerre et Vézelay. Le pays de Puisaye forma le département de Saint-Fargeau et appartint, comme par le passé, à la province de l'Orléanais.

Cet essai de décentralisation administrative, tenté dans plusieurs parties de la France, quoi qu'il n'ait pas duré longtemps, ouvrit la porte aux aspirations généreuses comprimées jusqu'à-

i LA RKVOLUTIOH

Jors ; il prépara la voie aux rélormes dont le germe fermentait dans les esprits et que les États généraux de 1789 devaient bientôt imposer k la royauté hésitante.

La nouvelle division administrative, réglée par les lois de 1790, donna au département de TAuxerrois ou de l'Yonne ses limites actuelles avec 7 districts, 69 cantons et 490 communes.

Les districts étaient ceux d'Auxerre, d'Avallon, de Joigny, de Saint-Fargeau, de Sens et de Tonnerre.

La Constitution de Tan III supprima les districts, tout en conservant la division cantonale. Puis, la Constitution de l'an VHI et une loi du 28 pluviôse de la même année créèrent, dans le déparlement de l'Yonne, les 5 arrondissements d'Auxerre, d' Aval- Ion, de Joigny, de Sens et de Tonnerre, composés aloi^ de 68 cantons. Un arrêté consulaire du 15 vendémiaire an IX refondit le département en 34 cantons et conserva toutefois les o arrondissements. Enfin, des modifications successives ont ramené le chiffre des cantons à 37, ainsi que nous l'avons dit plus haut.

Afin de donner la physionomie exacte, la gamme réelle du mouvement intellectuel et de l'opinion publique dans notre contrée, nous avons pensé qu'il ne fallait établir aucune division factice dans notre bibliographie de l'époque révolutionnaire. C'est ainsi que nous avons enregistré tout ce qui est parvenu à notre connaissance et nous n'avons point négligé de mentionner les pièces de minime importance, même frivoles ou futiles en apparence. I^ nomenclature chronologique, aussi rigoureuse que possible, nous a paru la meilleure. On ne devra donc pas s'étonner de trouver mentionnés, à la suite les uns des autres, les écrits les plus divers. C'est la seule manière de prendre sur le vif les idées du jour, comme aussi d'indiquer les préoccupations actuelles de chaque centre plus ou moins important.

Le seul classement que nous nous soyons permis, c'est celui des districts et des arrondissements, parce que leurs chefs-lieux conservèrent longtemps leur vie propre. Nous avons pu grouper ainsi les pièces sorties d'un même lieu et émanant pour la plupart des mêmes presses, apportant ainsi en même temps un contingent important à l'histoire des imprimeurs de cette époque.

Lorsque cela nous a paru utile, nous avons fait suivre les titres d'ouvrages de notes et d'indications. Toutefois, nous avons cru devoir en limiter le nombre et l'étendue, dans la crainte d'allonger indéfiniment un travail qui comporte déjà plus de 3,000 numéros et embrasse une période de douze années.

Les vignettes et bois gravés, à emblèmes divers, nous ont paru

inlércssanls à recueillir et à figurer lorsqu'ils ont été employés par nos presses locales. Nous donnerons quelques-uns des bois les plus caractéristiques de cette époque où les inscriptions sentencieuses et les emblèmes extérieurs avaient une si grande faveur.

Nous en avons fait reproduire un certain nombre. Les autres nous ont été communiqués gracieusement par M. Albert Gallot, qui conserve précieusement dans ses ateliers un grand nombre de bois anciens dont quelques-uns remontent au xvi* siècle, à répoque de la fondation de la vieille imprimerie auxerroise par Pierre Vatard.

Malgré son imperfection et ses nombreuses lacunes, nous espérons que notre essai bibliographique sera bien accueilli par la nombreuse phalange des hommes de labeur qui s'intéressent à notre histoire provinciale ainsi qu'à l'évolution grandiose de la Révolution française, à ce chapitre subhme et souvent terrible de notre histoire contemporaine.

Toutes les pièces groupées dans Tordre chronologique, autant que cela nous a été possible, appartiennent soit à notre bibliothèque, très riche en documents sur le département de l'Yonne, soitk des établissements publics ou ù des collections particulières. Nous indiquerons le nom de l'un des dépôts où la pièce aura été vue par nous. Une mention unique est suffisante pour permettre au chercheur de retrouver le document, mais cela n'implique pas que cette pièce manque aux autres bibliothèques signalées.

La bibliothèque d'Auxerre, qui renferme dans son sein les riches collections de Bastard et Tarbé, sera le plus souvent citée comme étant la plus commode à consulter.

Toutefois, il était indispensable, afin de ne pas allonger inutilement ce travail, de limiter les indications de sources et d'adopter des lettres et signes de convention pour les désigner.

Nous en donnons le tableau en commençant notre catalogue, et nous prions les personnes qui ont bien voulu mettre à notre disposition les rayons de leur bibliothèque, de recevoir ici les témoignages de notre gratitude.

Parmi les premiers, il faut citer notre collègue, M. Mollard, si dévoué aux travailleurs et qui met à leur disposition, avec tant de bonne grâce et d'aménité, les archives de l'Yonne et la bibliothèque de la ville d'Auxerre.

Puis viennent MM. Chandenier et Salmon, à Paris; M. Ernest Petit, de Vausse ; MM. Demay, Lorin, Navarre et Quantin,

b L\ REVOLUTUIS

(l'Auxcrrc. qui nous ont laissé puiser d^iis los riclivs rejui^ils ilv leurs collections spéciales.

Knfin, nos relations journalit'rcs avec les membres de la .Société lies Sciences de l'Yonne, dont nous avons l'Iionneiir d'être le Secrétaire depuis plus de vinfît-lmit ans, nous ont permis d'olMenir bien des documents, bien des renseignements bibliographiques qui seront utilisés en temps et lien. Que nos collègues reçoivent ici tims nos remerciements pour leur afTectucuse assistance, ]>onr leurs sympathies qui ne se sont point démenties pendant plus d'un quart de siècle.

UA^S LE DtPAflTEMEKT DE L VONN£.

INDICATION DES SOURŒS.

A. — ltil>liolhèquo de lit ville d'Auxen-c.

A. II. — Konds do Itaslard n la Itibllolhcqufi d'AuxciTO.

A. Y. — Archives du Département n la prérecluro do l'Yonno.

A. T. — Ilccucil Tarbc, à In Ilibliothèque d'AuxciTC 0).

(',. — Bibliolhèquo nbamlcnier, à t'aris.

Ch. — llibliolhcque do M. A. Ohnilo, à AuxoiTC.

l). — — de M. Demay, h Auxonc.

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