Délibération du Directoire du département de l'Yonne
concernant les routes, ponts et chaussées et autres objets d'art et de construction. Du 11 septembre 1790. Collationné... 24 septembre 1790. Imp. L. Fournier. In-4°, 3 p. — (M).
326. — Délibération du directoire du département de l'Yonne concernant les rôles supplétifs pour les six derniers mois 1789. Du 23 septembre 1790. Collationné.... 25 septembre 1790. Imp. 1^. Fournier. In-4«, 3 p. — (M).
327. — Adresse des électeurs du district d'Auxerre à TAssembiée nationale. Signé : Alexandre Marie, président, etc. Imp. L. Fournier. In-4°, 3 p. — (Se. Y, V' série, IX, 269).
328. — Observations sommaires du district d'Auxerre concernant l'arrêté du Directoire du département de l'Yonne. Du 17 août
329. — Loi contenant des articles additionnels au décret du 3 mai 1790 concernant les droits féodaux rachetables. Donnée à Paris le 19 novembre 1790. Auxerre, L. Fournier. In-4^ 4 p.— (Mairie de Saint-Julien-du-Sault).
330. — Loi interprétative des articles xix, xx, xxxvni et xui du décret du 3 mai 1790, concernant les droits féodaux rachetables. Donnée à Paris le 19 novembre 1790. — (Mairie de Saint-Juliendu-Sault).
331. — A MM. les administrateurs du département de l'Yonne. Signé : Sommet, procureur de la commune de Coulanges-la- Vineuse, Philippe Loury, procureur de la commune de Jussy, Truchon, procureur de la commune de Vincelles. 3 décembre 1790. Auxerre, imp. Baillif, 1790. In-4s 8 p. — (M).
Protestation des miinicipalilés de Coulanges, Jussy et Vincelles contre Félection du 8ieur H. Loyer comme juge de paix.
Cette pièce est la première que nous ayons rencontrée avec le nom de Baillif comme imprimeur. U est vrai qu'il n'avait pu mettre en marche ses presses qu'en août. Mais la rareté des imprimés sortis de Timprimerie de Baillif en 1790 s'explique d'une autre façon. L. Fournier était en possession de la clientèle du département, des districts et de la municipalité auxerroise. Il y comptait non seulement des amis, mais un beau-frère qui devait devenir bientôt tout puissant parmi les promoteurs du mouvement révolutionnaire. Nicolas Maure avait en effet épousé en premières noces Marguerite Fournier, sœur de l'imprimeur; en 1790, il faisait partie de la municipalité, et sans doute il se joignit à son beau-frôrepour empocher Bail'» lifde s'instaUcr et de se faire une clientèle. Ce n'estque le 1«r août et après une résistance de trois mois, que la municipalité auxerroise se décide à autoriser le nouvel imprimeur à travailler, et nous allons voir que, dès son premier labeur important, on cherche à l'arrêter et dans tous les cas à le gêner considérablement. Mais aussi il devient l'imprimeur des mécon* tents, de ceux qui ont à adresser des plaintes o\k des réclamations à
radroinislralioD supérieure, et bientôt il prendra rang à Bon tour en devenant l'imprimeur en litre du Club patriotique d'Auxen'o,cequi lui donnera une grande Torce et presqu'uno supériorilë sur l'ancien imprimeur Fournier, car le club auxerrois, aussi avancé dans ses motions que le club des Jacobins de Paris, auquel il était affilié, était classé en 1793 et ITdi comme la plus révolutloanairo des assemblées populaires après le célèbre Club parisien.
332. — Le Postillon du département de l'Yonne, lu-i", 4 p. à i colonnes. L numéros et 196 pages. A la fin de chaque numéi^, on lit : « On souscrit à Auxerre, chez Baillif, imprimeur, près la place des Fontaines, attenant l'hôtel de Malthe. Le prix de l'abonnement est de 2 livres par mois pour Auxerre et de 2 livres 8 sols franc de port pour ceux qui le recevront parla poste. »
Malgré son titre modeste, ceUe nouvelle feuille politique devait bientôt soulever des orages et échauffer In bile des membres de la municipalilé auxerroise, excitée sans doute par Maure et son beau-frère Foomier, l'imprimeur, intéressé à susciter des ennuis à son concurrent. C'est un chapitre intéressant de l'histoire des débuis de la presse à Auxerre qui méi'iterait d'être narré plus au long, si l'on avait en mains toutes les pièces du procès. Nous allons toutefois roconler ici ce que nous savons acluollemeiil.
M. Ribicre, dans son histoire de l'imprimerie à Auxerre, cite la feuille de Baillir ; il n'a connu toutefois que six numéros de ce Journal qui était consacré aux nouvelles de Paris cl de l'élranger et principalement aux comptes-rendus des séances de l'Assemblée nationale. C'était donc une feuille rivale du Journal nationatimprimé chez P'ouruier.
1^ Postillon dit déparlement de l'Yonne, loul en étant très libéral, avait des allures ultra-monarchiques, el il ne se gênait pas pour biflmer les actes de l'Assemblée lorsque l'occasion s'en présentait. Cela élail d'autant pluis facile que le rédacteur habitait Paris et ne signait point ses articles.
I-e premier numéro de la feuille de lîaillif avait paru le 1'^ oclobi-e. Dès le 5, à la suite de la publication d'un supplément ou n» S, la municipalité auxerroise Qt comparaître Baillif el le menaça de lui retirer l'autorisation d'imprimer, s'il continuait la publication d'une feuille hostile à l'Assemblée nationale.
Voici le texte de la délibération du mardi 5 octobre 1790 :
• Présents Messieurs
« Plusieurs de M^f . ont apporté et mis sur le bureau les trois premiers numéros d*une feuille publique sous ce titre: Lt Postillon de Vïonne^ et un supplément au 3^ numéro ; lesdites feuilles imprimées en cette ville chez le sieur Baillif, imprimeur, et ont requis la compagnie de porter son attention sur cet ouvrage, qui leur parait incendiaire et capable de soulever les peuples contre TAssemblée nationale.
« Lecture faite desdites feuilles, ouï le procureur de la commune, et les opinions prises, il a été arrêté de mander à Tinstant ledit sieur Baillif au bureau pour rendre compte dudit ouvrage.
■ Ledit Baillif venu et interrogé a répondu que le rédacteur de cet ouvrage demeure à Paris, et que s'étant aperçu lui-même que ledit ouvrage était séditieux et dès lors dangereux, il s'était décidé à ne plus l'imprimer ; ce que la compagnie lui a même enjoint sous toutes peines qu'il appartiendra.
« Signé : Maure aîné, Edme Faurax, Duplessis, Guenot, Arnault, Seurrat, Girard, Gàrouge et Baillif. »
Le rédacteur parisien, un nommé Cnnquerie, sur lequel nous n'avons pu recueillir aucun renseignement, fut averti immédiatement par l'éditeur de ce qui se passait ; mais, au lieu de s'intimider, il écrivait aussitôt à Baillif de continuer l'impression sans crainte des suites que sa résistance pourrait avoir. Puis, pour narguer la municipalité tout en paraissant lui obéir, il changeait le titre du journal à chaque numéro.
No IV. La feuille qui a perdu son titre, jùurnal libre dédi4 à tous les citoyens du département de donne.
N® V. La feuille qui cherche un titre, journal libre, etc.
N<> VL La feuille qui réclame ses droits, A tous les citoyens du département de r Yonne.
Arrêtons nous un instant à ce numéro, car il contient la protestation du rédacteur en même temps qu'une lettre adressée à la municipalité, lettre courageuse où l'auteur déclare qu'il résistera jusqu'au bout, au nom du droit et de la liberté méconnus. Nous citons textuellement ces pièces intéressantes :
• Aux souscripteurs : Pendant que je m'empresse à donner à mon ouvrage toute l'importance dont il est susceptible, j'apprends qu'il est dénoncé par la municipalité d'Auxerrc comme incendiaire et capable de soulever les citoyens, et que défenses ont été faites à mon imprimeur de le distribuer; comme je suis membre du Souverain, je réclame contre les violations d'un droit qui m'appartient et auquel j'ai consenti par l'organe de mes délégués ; et je soutiens que personne n'a le droit de m'empêcher de penser, d'écrire mes pensées, de les communiquer toutes fois qu'elles ne troubleront pas l'ordre public.
• En conséquence, je préviens mes souscripteurs que jusqu'à ce que, par un jugement légal, il m'ait été fait défense d'entretenir ma correspondance avec eux, je remplirai mes engagements. Ils recevront sous peu les deux numéros qui précèdent celui-ci. »
Celte pièce était accompagnée de la lettre suivante imprimée à la suite :
Lettre de Vauieur de ce journal à MM. les officiers municipaux
de la ville d'Auxerre.
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. • Déclaration des droits, etc., art. XI, accepté par le Roi, le 5 octobre 1789.
« Messieurs, mon imprimeur m'écrit que vous lui avez défendu de ne plus imprimer mon Journal, qu'il a essuyé des mortifications de votre part et que vous lui avez fait signer celte défense.
« Je ne vous le dissimulerai point, je n'ai pas peu été surpris de cet acte d'autorité. Les trois numéros qui ont paru et la lettre venant de Rouen tous ont semblé incendiaires et capables de soulever les citoyens, m'écrit-il ; j'oserai vous demander, Messieurs, que vous désigniez les endroits qui vous paroissent tels, afin que je les désavoue si vraiment ils sont déclarés tels ; si les faits que j'ai cités sont faux ou apocryphes, je me rétracterai avec empressement. Il est de votre justice, Messieure, de motiver les raisons qui vous engagent à proscrire un ouvrage consenti par nombre de citoyens honnêtes de votre ville. Placés pour veiller à ce que des fanatiques, dont le nombre n'est que trop grand, ne sèment parmi le peuple des idées de haine, de discorde, ennemis de la paix et de la tranquillité, vous avez le droit de déclarer infâmes, incendiaires des écrits qui tendroient à le soulever cl à le faire sortir de cet étal paisible où le tient votre administration ; vous pouvez môme infliger le châtiment porté par la loi à l'audacieux qui troubloroit son repos si nécessaire ; mais vous n'avez pas pu dire à celui (juc vous rangez aujourd'hui parmi les incendiaires : Nous te défendons d'écrire à l'avenir, de faire imprimer tes pensées, de les communiquer ; l'ancien régime ne l'eût pas osé. Organes de la loi, soyez impassibles comme elle, ne frappez que par elle et ne punissez jamais au-delà.
« C'est au nom de la liberté, que vous avez juré de maintenir, que je réclame un de mes plus beaux droits, la liberté d'écrire, d'imprimer, sauf à moi à répondre de l'abus que fen farai lorsque la loi en aura déterminé les cas. Ils ne le sont pas encore, malheureusement ; combien nuroient-ils prévenu d'excès auxquels cette classe d'hommes, dont le crime et l'audace tiennent lieu de talens, ont provoqué le peuple en se couvrant du nom de son ami. Nos législateurs n'ont pas voulu prendre sur eux de les punir ; la loi était muette, ils n'ont pas osé prononcer ; et vous. Messieurs, vous prétendez paralyser non seulement mes opinions écrites, mais encore celles que je pourrois mettre au jour.
■ Quant à ces dernières, je vous le répèle, vous n'en avez pas lo droit ; plus d'une fois notre municipalité a sévi contre ces écrivains qui n'ont que le génie des forfaits ; elle les a entendus, a proscrit les feuilles qui contenoient des maximes impies, les a même amendés, et ses fonctions se sont
bornées là. Et moi, Messieurs, qui n*ai commis d'autre crime, puisque c'en est un aujourd'hui, que d'avoir dit la vérité que je m'honore de chérir, d'avoir présenté les faits tels qu'ils se sont passés, d'avoir témoigné de l'hoiTeur pour la violation des propriétés, pour les massacres, les régicides, dont je vouerai, jusque sur le bord de ma tombe, les auteurs à l'exécration publique ; j'aime la paix, j'aime mon Roi, et un gouvernement monarchique a toujours été le vœu de tous les vrais Français ; moi qui ai livré à l'impression une lettre à laquelle je n'ai jamais cru et qui étoit répandue dans Paris, que tous les journaux ont publiée, dont les suites m*auroient glacé d'efTroi, ennemi des troubles auxquels l'exécution d'un tel projet auroit donné lieu ; moi qui aime ma patrie, dont je voudrois supporter seul les malheurs qui l'accablent, vous prétendez me forcer au silence. Je vous le demande. Messieurs, en vertu de l'article 8 de la décla> ration des Droits de l'Homme, qui porte que nul homme ne peut être puni gu*en vertu d'une loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée; je vous demande donc que vous me jugiez, que vous appliquiez la loi qui me condamne. Alors, souple devant elle, docile a ses organes, j'obéirai à l'instant. Mais jusque-là, il n'y a aucune puissance sur la terre qiû m'empêchera d écrire^ de communiquer mes pensées par toutes les voies que je croirai nécessaires, pourvu que je ne porte pas atteinte à la loi que je respecte. C'est dans ces sentiments que je suis, Messieurs, votre etc.
• P.-S. — Je déclare que les trois numéros du Postillon du département de V Yonne m'appartiennent, que j'en suis l'auteur, qu'ils ne contiennent que des faits vrais et dont j'attesterai l'authenticité par le témoi - ^^^\^Q de plusieurs honnêtes personnes, qu'ils sont tels que je les ai envoyés à mon imprimeur, à l'exception d'une faute d'impression, n<> III, page % colonne S, ligne 19, avant accordé, il faut lire rien, tel qu'il est dans le manuscrit et peut-être de quelques autres typographiques ; que mon imprimeur n'a pu, contre toutes les loix, avoir signé la défense qui lui a été faite d'imprimer pour moi, que moi seul suis coupable, que je dois seul poi-ter la peine due à mon crime, si c'en est un, et qu'à l'avenir le manuscrit que j'enverrai sera signé, contresigné de moi, afm de pouvoir répondre en personne aux poursuites que l'on croira nécessaire de faire contre moi.
a Fait à Paris, ce 8 octobre. »
Comme on le voit, la municipalité auxerroise avait affaire à forte partie ; malgré son mauvais vouloir, elle dut reconnaître bientôt la liberté complète de la presse et le droit de Baillif d'imprimer telle feuille qui lui conviendrait.
« Mais en attendant que le calme fût rentré dans les esprits, le rédacteur continuait à braver ses pei*sécuteurs ; plusieurs fois par semaine, les Auxerrois stupéfaits voyaient apparaître un journal nouveau éclos chez Baillif ou plutôt c'était la continuation du Postillon qui se faisait avec des titi-es différents, afin de se trouver en règle avec les exigences possibles de la municipalité. Nous avons pu mettre la main sur la collection du journal et nous donnons tous ces titres dans leur oi'dre, avec les allégorie et sentences qui les accompagnent,
N° VII. Le Modeste^ journal libre, dédié à tous les citoyens du département de l'Yonne.
II est aisé, mais il est beau pourtant D'être modeste alors que l'on est grand.
No VIII. L$ Prothéâf journal libre, dédié à tous les citoyens du département de TYonne.
Saisi avec les bras d'Hercule, J'échappe par les ruses de Prothèe.
Ici nouvel avis : Aux souscripteurs.
« Cette feuille, dont on a voulu empocher la circulation, je ne sais par quelle fatalité, dans un moment où elle est si nécessaire, cette feuille paroitra comme à son ordinaire les lundi, mercredi, vendredi ci dimanche; le retard qu'elle a éprouvé, par les chagrins qui ont failli entraîner notre perte ainsi que la sienne, nous oblige à solliciter aujourd'hui l'indulgence de nos lecteurs. Mais rassurés par le plus grand médecin de nos jours, M. Liberté, qui nous a tranquillisés sur notre état, ce docteur nous a permis de reprendre notre premier emploi en nous exhortant de ne point nous livrer aux grands excès, ce qui pourroit détruire notre constitution, que nos pareins et mareines ont juré pour nous de défendre et de maintenir ; d'après l'avis du docteur et de la société, nous espérons donner à nos lecteurs de nouvelles preuves d'un zèle inaltérable. »
N® IX. Le Rêveur^ journal libre, dédié ù tous les citoyens du département de l'Yonne.
S'ils veulent savoir ce que je fais,
Dis-leur que tu m'as vu méditer sur dos ruines.
No X, Le Rêveur f journal libre, etc.
Donner aux hommes des loix fondées sur leurs affections, leurs passions et ne point les traiter comme des unités numériques, tel est le grand art des législateurs.
No XI. Le Spectateur y journal libre, etc.
Nous payerons, utiles spectateurs, Mais si la farce est mal représentée.
Pour notre argent, nous rirons des acteurs.
No XII. L'OraclCy journal libre, etc.
Hostis habet muros : met alto a culmine Troja.
No XIII. Le Rebelle^ journal libre, dédié à tous les citoyens du département de l'Yonne.
Nû XIV. rC/ni/^, journal libre, etc.
Seigneurs, pour sauver Rome, il faut qu'elle s'unisse En la main d'un bon chef à qui tout obéisse.
CORXEn.I.E.
 la suite du comptc>rendu de la séance de l'Assemblée du 21 octobre, le rédacteur du journal, parodiant un mot de Mirabeau, qui ressentait les
DANS LE DÉPARTEMENT DE l'yONNE. 77
bouillons du patriotisme jusqu'à remportementj écrit les lignes suivantes : « Mon aristocratie. Et moi aussi je ressens les bouillons de Varistocratie jusqu'à l emportement, quand je vols le crime impuni ; je lis dans le journal de Marat ces phrases : « Ce n'est pas leur retraite (en parlant des ministres], c'est leur tête qu'il vous faut, c'est celle de tous les ministériels de r Assemblée, c'est celle de votre maire, de votre général^ de presque tout l'état major, de la plupart de nos municipaux ^ de,... »
« Ma plume se refuse à tracer de pareils attentats. C*est alors qu'il est permis de dire qu'il y a du déshonneur de se nommer François, quand on laisse proférer de pareilles maximes. Voilà les vraies feuilles incendiaires, voilà la véritable cause de Tanéantissemefit du pouvoir exécutif. »
En écrivant ces lignes, le rédacteur parisien du journal auxerrois avait sans doute pour but de montrer à la municipalité que la feuille éditée par Baillif était bien inofiensive, si on la comparait aux publications de la capitale, aux élucubrations de Marat et consorts.
No XV. Le Prudent, journal libre, dédié à tous les citoyens du département de r Yonne.
A la suite du titre, le rédacteur a encore placé cette phrase sentencieuse : « Quand un arbre est couvert de chenilles, prend-on la cognée pour rabattre par le pied? On détruit les chenilles, on élague les branches inutiles et pour une mauvaise année on en a dix de bonnes. •
No XVI. Le Véridique, journal libre, dédié à tous les citoyens du départ tement de l'Yonne.
Ce titre est accompagné de cette pensée : « Si la grandeur et le courage furent jamais d'oser dire la vérité aux Rois, la grandeur et le courage sont désormais de la dire au Peuple ; et le Peuple et les Rois n'auront jamais de meilleurs amis que ceux qui oseront leur dire la vérité. »
No XVII. La Perspective, journal libre, dédié à tous les citoyens du département de l'Yonne.
...Jacet ingens littore truncus Avulsumque numeris caput et sine nomine corpus.
No XVIIî. L'Ami de la Monarchie, journal libre, dédié à tous les citoyens du département de l'Yonne.
Le pur sang des Bourbons est toujours adoré,
Tôt ou tard il faudra que de ce trône sacré
Les rameaux dispersés et courbés par l'orage.
Plus unis et plus beaux, soient notre unique ombrage.
Voltaire, Adélaïde Duguesclin.
Les No" XIX et suivants jusqu'au no L et dernier continuent à prendre le titre de L'Ami de la Monarchie. Le i*édacteur du journal renonçait à continuer la scie réjouissante qu'il avait organisée contre la municipalité, son ennemie. La paix était donc faite, et les partisans de Fournier et de Maure consentaient sans doute à supporter ce qu'ils ne pouvaient empêcher.
Nous ne savons si le journal de Baillif vécut bien longtemps. Le dernier
numéro de notre collection est le no L cl la correspondance parisienne s'arrête au 23 décembre.
r^e journal finit là sans doute, si nous nous en rapportons à un dialogue politique dont nous parlerons a son lieu et place, lequel était dirigé contre le parti jacobin et qui se distribuait dans nos campagnes en i797. Dans ce dialogue, entre un Jacobin et un cultivateur, on fait dire à ce dernier : • Des royalistes ! Il ne doit pas y en avoir plus que de chouans (dans le département de TYonne). Si j'ai bonne souvenance, Baillif ayant commencé d'imprimer un journal qu'on appelait VAmi de la Monarchie^ il n'a pu trouver un seul abonné et son journal a fait la culbute. Croyez-vous, s'il y avait eu des royalistes, qu'ils ne se seraient pas empressés de souscrire. »
IjAmi de la Monarchie^ pas plus que la Chronique auxerroise, également monarchique, ne pouvaient réussir dans un pays qui répudiait de plus en plus l'ancien régime. Aussi les deux feuilles disparurent en môme temps, à la fin de l'année de IlOO.
333. — Portefeuille perdu. In-i2. N'*" 1 à 4. Octobre 1790. Chaque numéro ne contient que trois pages de texte. — (Se. Y, 2* série, V, 401).
Voici encore une publication qui, tout en étant moins curieuse et moins importante que la précédente, est encore une énigme à déchiffrer. Par ses caractères neufs et son papier, elle parait sortir des presses de Baillif. Son rédacteur serait Soufflot de Mérey, alors procureur syndic du district d'Auxerre, et probablement le même qui avait élé secrétaire du cardinal de I.oménie lorsqu'il était principal ministre. Quel pouvait être le but de l'auteur de cette publication qui ne s'adressait qu'aux Auxerrois et à un petit nombre d'amis ?
Après avoir rappelé qu'il a habité Paris un certain temps, le rédacteur de ces fantaisies dit que, partagé entre ses devoirs et l'amitié, il vivra facilement à Auxerre. « Deux choses cependant manquent à mes habitudes : un cluà et une bibliothèque publique. »
Il ne faut pas donner au mot club un autre sens que celui qu'on lui attribuait alors. C'était un mot nouveau, récemment importé d'Angleterre, indiquant une réunion dans le même local de personnes associées pour la lecture en commun des journaux et brochures d'actualité. Nos cercles actuels correspondent exactement aux clubs de 1790 qui peu à peu absorbèrent la vie polititiue du pays et devinrent, dans chaque commune, le centre où se discutaient les affaires publiques. Au mois d'octobre 1790, aucun établissement de ce genre n'existait à Auxerre, et il était tout naturel qu'un Parisien nouvellement débarqué réclamât la formation d'une association dont il avait pu apprécier les avantages à Paris. Peut-être aussi une arrière pensée d'ambition, un besoin de faire connaître sa personnalité et de se lier avec les notables d'Auxerre entraient-ils dans la pensée de Soufflot de Mérey, lorsqu'il faisait la proposition de créer un club. Voici la description d'un club faite par le rédacteur dans son n<» 2 : « Un club à Paris c,sj ijn sallon de compagnie superbe où l'oisiveté et souvent la
nullité se rassemblent ; là chacun raisonne ou déraisonne à son gré, souvent même sans trouver des contradicteurs ; la finance et la guerre, le clergé et la marine, toutes les questions de droit public y sont traitées ; rarement on y discute et plus rarement encore l'opinion se fixe.
€ Mais dans une ville de province, toutes ces sublimes questions y occupent peu ; on lit avec avidité les papiers publics ; chacun y applique ses réflexions ou suit pas à pas les événements du jour sans trop prévoir ni s'inquiéter siir l'avenir. Dans mon club, et je pense bien l'appeler ainsi puisque mon imagination l'enfante, je voudrais y voir souvent préparer les opérations des corps administratifs et plus particulièrement celles de la Municipalité, car en vain l'autorité voudroit neutraliser l'opinion publique, toujours elle gouvernera et toujours ses premiers esclaves seront ceux qui croiront en être les maîtres... »
Quant à la bibliothèque publique dont le rédacteur provoquait pour la première fois la formation, nous savons par lui qu'elle n'existait pas à Auxerre, mais il rappelait avec raison que l'expropriation de la riche bibliotLèque du Chapitre et de celles des maisons religieuses rendaient cette création facile. Que ne Ta-t-on écoulé à cette époque au lieu de laisser dilapider tous ces grands dépôts de livres dont le P. Laire put heureusement rassembler les débris plusieurs années après et constituer le noyau de notre bibliothèque actuelle !
Dans les deux derniers numéros, le rédacteur énumère les besoins de la ville d'Auxerre, • dont le revenu ne s'élève pas à 3,000 livres », et les améliorations à apporter. Nous ne le suivrons pas dans les vœux qu*il forme à propos des pompes à incendie, du collège, des bureaux du département et du district, etc., etc. Disons simplement qu'il est fâcheux que le Portefeuille perdu de Soufflet de Mérey n'ait pas été continué, car il nous eût appris bien des choses sur l'histoire auxerroise d'il y a un siècle.
334. — Discours prononcé h la clôture des séances (Je l'assemblée électorale du district d' Auxerre, après l'élection faite des juges de ce district, par M. Rubigny, avocat, l'un des électeurs. Octobre 1790.
Nous ne connaissons ceUe pièce que par la mention qui en est faite dans le journal de Baillif, chez lequel elle avait été imprimée.
335. — Proclamation du Roi sur les décrets de l'Assemblée nationale relatif à une protestation que la municipalité de Corbigny s'est permise contre un décret de l'Assemblée et portant que toutes les municipalités, districts et départements qui se permettront de suspendre directement ou indirectement l'exécution des décrets de l'Assemblée nationale sanctionnés par le Roi seront responsables de tous événements. 5 octobre 1790. Auxerre, L. Fournier. In-4% 4 p. — (M).