‹ Documents sur le choléra-morbus épidémiqueChapitre 1 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Vous désirez, mon cher confrère, connaître mon opinion sur le choléra-morbus épidémique qui a pris naissance dans l’Inde il y a quatorze ans, et qui effraie aujourd hui l’Europe, où il est venu porter ses ravages. Pour répondre à toutes les questions que vous m’adressez, il faudrait vous tracer une monographie complète sur cette maladie; et vous savez qu’il serait encore impossible de réunir pour cela assez de documentsdignes de foi. Vous ne seriez pas homme à vous contenter de renseignements recueillis au hasard, et jetés dans des articles de journaux. Vous savez trop bien quel fond il faut faire sur ces productions éphémères, trop souvent enfantées par le désir de faire parler de soi , ou par l’impatience d intervenir dans une controverse qui préoccupe vivement tous les esprits. Je me contenterai de

vous entretenir de tout ce que l’on a recueilli de plus positif sur la nature de cette maladie épidémique, qui répand une si grande terreur. Si elle doit nous arriver, nous aurons tant de choses à observer qu’il ne nous restera plus le loisir de nous livrer à des recherches sur tout ce qu elle aura présenté d’important avant de nous atteindre. Nous nous trouverions ainsi hors d’état de tirer des règles de conduite des observations déjà faites, qui sont toujours en médecine les guides les plus sûrs pour se diriger.

Je réunirai dans cette lettre sur le choléra-morbus épidémique des documents originaux écrits par des praticiens qui ont observé celte maladie. La liberté du style épistolaire me laissera la facilité de me livrer à des digressions nécessaires pour vous mettre à même de bien juger ces documents que je ferai successivement passer sous vos yeux soit en vous les adressant textuellement, soit en vous en donnant des analyses étendues.

Je vous parle de documents sur le choléra-morbus, c’est vous faire pressentir que je ne veux entrer avec vous dans aucune discussion scientifique sur la nature de cette maladie , d’après les idées et les doctrines que je puis avoir adopteés ; je veux me borner à vous présenter les pièces principales jusqu’à présent recueillies sur ce fléau que l’Asie a transmis à l’Europe, et à vous communiquer avec franchise toutes les remarques que me suggère la lecture de ces pièces.

11 ne sera point question entre nous de toutes ces brochures sur cette maladie, que chaque jour voit éclore. Nous nous occuperons moins encore de ces articles qui remplissent les colonnes des journaux quotidiens, et qui n'ont d’autre objet que de distribuer des adresses, et de préconiser des remèdes imaginés;pour

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