‹ Documents sur le choléra-morbus épidémiqueChapitre 20 sur 24 · ALTÉRATIONS DES LIQUIDES · texte numérisé non relu

ALTÉRATIONS DES LIQUIDES

alors une grande analogie avec la substance que Mos-

cati a séparée de l’air infecté.

L’opinion de M. Herrmann est, qu’à une certaine période de la maladie, un miasme se développe, et que dans certaines prédispositions constitutionnelles, l’air inspiré, contenant cette matière infectante, détermine le développement de la maladie. Il paraît, d’après ce savant, qu’à Moscou , trois individus sur cent seulement, possédaient cette susceptibilité à contracter la maladie. La cause prochaine des accidents cholériques paraît consister dans une sécrétion trop copieuse du suc gastrique , dans une obstruction spasmodique desabsorbants du canal digestif et des canaux biliaires , et dans une altération du sang qui , arrivée à un certain degré , termine la vie du malade en arrêtant la circulation. Les remèdes qui déterminent une abondante diaphorèse sont les seuls moyens efficaces contre le choléra - on n’a pas vu à Moscou un seul malade se rétablir sans une diaphorèse critique.

Les observations de M. Herrmann sont à mes yeux d’une grande importance; elles suffisent déjà, tout incomplètes qu’elles sont , pour expliquer plusieurs circonstances de la maladie , et elles confirment bien l’opinion que j’ai adoptée, qui au surplus paraît être aussi , comme vous le voyez, celle de M. Herrmann : savoir que le choléra est primitivement une altération de sécrétion de la muqueuse gastro-intestinale.

On doit regretter que dans son analyse des liquides rejetés, M. Herrmann n’ait pas déterminé les proportions des éléments. Cette détermination nous eût mis à même de comparer les quantités, et de bien apprécier des différences qu’il serait important de connaître; la

DANS LE CHOLERA. ] j

qualité acide de ces sucs assez prononcée suffit pour expliquer la couleur verte porracée que reçoivent ces liquides de la présence de la bile quand son excrétion n’est pas tout-à-fait supprimée. Cette influence des acides sur la bile est bien connue; elle se remarque surtout dans les diarrhées des enfants, et tous les médecins savent que 1 administration d un alcali, comme la magnésie par exemple, suffit pour faire disparaître avec leurs propriétés acides, les qualités âcres de ces liquides et en même temps leur couleur porracée. Je conclus de celte observation que la couleur verte porracée des matières excrétées dans les maladies cholériques n’indique pas plus un flux bilieux que la couleur blanche de ces matières. On ne trouve d’ailleurs pas dans ces matières vertes aqueuses si abondantes, les caractères évidents de la bile; leur qualité acide et leur manque de viscosité montrent quelles proviennent de la sécrétion de la muqueuse gastrique. Dans ces cas seulement comme dans les choléra graves, il n’y a pas suppression absolue de 1 excrétion biliaire dans le duodénum, la quantité qui y est versée, quelque petite quelle soit, 'par 1 action des acides contenus dans le fluide altéré que secrète incessamment la muqueuse gastro-intestinale devient verte et colore les fluides excrétés qui conservent encore toute leur âcreté par l’excès d’acide qu ils contiennent.

Pour le sang, M. Hermann a déterminé les quantités d éléments constitutifs, le caillot se trouve, selon lui augmente dans le sang des cholériques de 43 à 62 5 et e sérum réduit de 57 à 37,5; il est fâcheux qu.^’ “

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1 1 8 INSTRUCTION SUR LE ClIOLÉKA-MORBUS pèche de considérer l’expérience comme rigoureuse, néanmoins, comme M. Herrmann a dû opérer sur le sang malade et sur le sang sain de la même manière, il y a une différence trop grande entre les produits pour qu’il soit possible de douter qu’il n’ait en effet constaté une diminution considérable dans la quantité du sérum, diminution qui , au surplus, se conçoit très bien par la soustraction énorme de liquide dont la surface digestive , si étendue , se trouve le siège dans cette maladie.

Je termine ici cette lettre beaucoup trop longue , dans laquelle j’ai surtout eu pour but de vous faire connaître successivement ce qui a été observé dans l’Inde sur la nature du choléra, sur les symptômes et les désordres des organes qu’il détermine. Dans une autre lettre nous suivrons cette maladie dans sa migration vers l’Europe; au milieu de laquelle nous la verrons s’avancer en conservant partout ses caractères tranchés.

Je suis , etc.

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