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3. Sur l'opposition des Juifs Portugais et des Juifs Allemands établis à Bordeaux, cf. Cirot, op. cit., dans Bulletin hispanique, t. VIIL
ment dud. cadavre pour être enteré en la forme et manière usitée dans leur religion, à l'effet de quoi offre de nous représenter et remetre ledit corps. Et a signé avec nous. Rayé huit mots nuls. De Graville, F. Ildephonse Fontaine.
Desquels dire, déclarations, offre et représentation à l'instant faite d'un cadavre masculin, que l'on nous a déclaré être celui dudit Mardoché Lévi, avons donné acte; en conséquence disons qu'il en sera par nous à l'instant communiqué à Monsieur le Procureur du Roy et référé à Monsieur le Lieutenant général de police pour être requis et ordonné ce que de droit, et jusqu'à ce, le corps dudit Mardoché Lévi est resté en la possession dud. Révérend Père Fontaine, prieur, pour en faire la représentation quant et à qui il appartiendra. Et a signé avec lesd. Vidal, Mendès et nous : Aaron Vidal, F. Ildephonse Fontaine, De Graville, Bn. Mendez.
Vu le procès verbal cy dessus, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit Mardoché Lévi être inhumé nuitament, sans bruit, scandai ny apareil, dans le cimetière des Juifs, à la Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce dix sept décembre mil sept cent soixante dix neuf. Rayé deux mots nuls.
Moreau.
Vu les conclusions du Procureur du Roy, nous ordonnons que le corps dudit Mardoché Lévi sera inhumé nuitament, sans bruit, scandai ny apareil, dans le cimetière des Juifs, à la Villette, en la manière acoutumée, enjoignons aux officiers du guet et de police de prêter main forte si besoin est, et sera notre présente ordonnance exécutée nonobstant opposition ou appellation quelconque et sans y préjudicier. Fait ce dix sept X'"'^ i779-
Non signé.
5 février 1780. — Acte de décès de Jacoh de Paul père Y 11096,
L'an mil sept cent quatre vingt, le samedy cinq février, six heures et demie du soir, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Saint Séverin, près la rue de la Vieille Bouderie, maison ayant entrée par une allée entre un
perruquier et une fruitière, et ayant été introduit au second étage d'icelle dans un petit appartement de deux pièces ayant vue sur la rue Saint Séverin, nous avons trouvé dans la première desd. deux pièces et pardevant nous sont comparus S"" Benjamin Mendez, Juif, négociant, demeurant rue et paroisse Saint André des Arts, au caffé du Prophète Élie, et S'' Jacob Raphaël Aguilar, aussi Juif, négociant, demeurant rue et paroisse Saint Séverin, hôtel de Provence.
Lesquels nous ont dit que S"" Jacob de Paul père, Juif, négociant, occuppant l'appartement où nous sommes, est déceddé dans sa chambre à coucher, qui est la seconde des deux pièces composant led. appartement, le jour d'hier, entre cinq et six heures du soir, âgé de quatre vingt dix sept ans passé , à la suitte d'une attaque de paralysie dont il avoit été frappé deux jours auparavant, qu'il est mort dans les sentimens de la religion judaïque, qu'il professoit et sous l'empire de laquelle il étoit né, et qu'ils ont requis notre transport à l'etïet de constater led. déceds et de faire ordonner l'inhumation dud. S'' Jacob de Paul père et conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé :
Mendez, Aguilar.
Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. Si's Mendez et Aguilar de leur comparution, dire et réquisitoire cy dessus, et de ce qu'il nous est apparu dans lad chambre à coucher cy dessus désignée d'un corps mort masculin, qui nous a paru en en effet de l'âge de quatre vingt dix sept ans environ, étendu sur le carreau, enveloppé de linges et revêtu d'un drap mortuaire, lequel corps lesd. S-'s Mendez et Aguilar nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences être celui dud. Si" Jacob de Paul père.
Et pour faire ordonner l'inhumation de ce dernier nous nous transporterons au plutôt à l'hôtel de Monsieur le Procureur du Roy aud. Châtelet et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à ce sujet.
Dont et de ce que dessus nous avons rédigé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont lesd. S"'^ Mendez et Aguilar signé avec nous commissaire :
Mekdez, Aguilar, Formel.
Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy, le cadavre dudit Jacob de Paul, Juif, être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, dans le cimetière des Juifs, â la Villette, et être enjoint aux officiers
AU XVIir" SIECLE 233
du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 5 février 1780.
MOREAU
Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 5 février 1780.
Lexûir.
(En marge :) Rapporté en février 1780. Trois livres.
28 février 1780. — Acte de décès d'haac, fils de Nathan Israël Y 15288.
Du lundy vingt huit février mil sept cent quatre vingt, neuf heures du matin.
Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Châteletde Paris, avant été requis, nous sommes transporté rue Taillepain, dans une maison dont le S'' Isoard, tailleur, occupe la boutique, où étant monté au deuxième étage et introduit dans une chambre ayant vue sur lad. rue, pardevant nous sont comparus Michel Laemsberg, Juif allemand, demeurant à Paris susd. rue Taillepain, au coin de celle Saint Merry, et Baruc Salomon, Juif de Berlin, demeurant rue Beaubourg, chez le S"" Chevillot, maître boulanger.
Lesquels nous ont déclaré qu'Isaac, âgé de quatre mois, fils de Nathan Israël, Juif de Grinstat ■ en Allemagne, est décédé de maladie dans lad. chambre, hier dix heures du soir, et comme ses père et mère professent la religion judaïque et qu'ils étoient dans l'intention de l'élever dans cette même religion, les comparants requièrent qu'il soit pourvu à l'inhumation dudit Isaac Israël au cimetière des Juifs, en la manière accoutumée ; déclarent en outre que ledit Nathan Israël et sa femme sont pauvres et hors d'état de frayer aux frais d'inhumation de leur fils. Desquels comparution, dire, déclarations et réquisition avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant, paroissant âgé d'environ quatre mois, gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparants nous ont déclaré et attesté être celuy dud Isaac Israël, il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le