‹ Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècleChapitre 118 sur 127 · I. Darmstadt (Hesse · texte numérisé non relu

I. Darmstadt (Hesse

fille dud. David Aaron et [de] sa femme, il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par Monsieur le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation, ht de tout ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous : LiPMAx N.\TAX, Louis Moïjea, Ducheske.

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Rov le cadavre de lad. Eve être inhumé à la Villette, dans le cimetière de la nation Juive allemande, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce deux novembre mil sept cent quatre vingt.

MOREAU

Soit tait ainsy qu'il est requis. Ce deux novembre 1780.

Lenoir.

( Um pièce annexée porte:)

Je soussigné, sindic préposé par M. le Lieutenant général de police pour la nation juive allemande à Paris, certifie que Eve fille du nommé David Aron Çsic), âgée de 15 mois, est décédée en cette ville, dans la maison du S"" Le France, marchand de vin, rue Beaubourg, qu'elle doit estre inhumée à la \'illette, dans le cimetière des Juifs allemand et des diniers de charité. A Paris, ce 2 (^^"^

J. GOLDSCHMIT.

22 févricr-4 avril 1781. — Scellé de Saloinoii Perpignan. Y I 1604.

Scellé de Salomon Perpignan, négociant, Juif, décédé vers 6 heures du soir, en son domicile rue de Seine, appartement du second, donnant sur la rue.

Commissaire : Chenu.

Déclarant : Élie Perpignan, négociant Juif, rue Pavée Saint André des Arts, frère du défunt. Les membres de la famille cités au scellé sont en outre : la veuve du défunt, Nerthe Pichaud, résidant habituellement à Avignon, présentement à Paris, donataire entre vifs de son mari par contrat de mariage notarié passé à Avignon le 18 avril 1770; leurs enfants, Josué et Régine, mineurs; et un autre frère, Abraham Perpignan, négociant à Lyon, de présent à Paris, rue Dauphine, tuteur de ses neveu et nièce.

Comparaissent : Marin Segret et Jean François Leclerc, chirur-

AU Wm" SIÈCLE 253

giens, Louis Mousset, dit Saint Louis, domestique du défunt et Catherine Toille, sa cuisinière.

L'inventaire est dressé par le notaire Charles Boutet, et les marchandises du magasin estimées par Auberteau, maitre drapier. Les frères se font remettre à deux reprises, à fin de recouvrement, des effets commerciaux, dont l'un endossé par Salomon Astruc.

Au scellé sont annexés :

1°) un exemplaire imprimé des Lettres patentes de mars 1776 accordant à Jacob de Perpignan, de Bordeaux, sa femme et ses enfants les droits de régnicoles et naturels français, portant en marge main levée donnée par Guichard, avocat du Roi à la Chambre du Domaine, de soii opposition à la levée des scellés.

2°) une information d'office faite par le commissaire Chenu sur la mort de Salomon Perpignan. Il en ressort qu'il est décédé dans des conditions particulièrement dramatiques. Au moment où le chirurgien Segret, qui le soignait depuis plusieurs jours pour « hypocondriacisme » et divers amis cherchaient à « lui remettre la tête » et à le déterminer à se laisser saigner, il ouvrit la fenêtre et se précipita dans la rue : d'où « playe considérable au tégument de la partie supérieure de la tête et fracture à la partie supérieure de l'os occipital ». Parmi les témoins interrogés : David Naquet, négociant Juif, rue Màcon, paroisse Saint Séverin, 48 ans, mari de la demoiselle Perpignan, sœur du défunt, et Moïse Salom, Juif, négociant, rue de la Monnaie, paroisse Saint Germain r.\uxerrois, 48 ans, déposent « après avoir mis la main sur la Bible et promis de dire la vérité ». A la suite de l'information, figurent les conclusions du Procureur du Roi qui n'empêche « vu le raport des médecins et chirurgiens du Châtelet... le cadavre dudit Salomon Perpignan être inliumé en la manière ordinaire et accoutumée », et l'ordonnance du Lieutenant criminel.

23 février 1781. — Acte de décès de Salomon Perpignan ■. Y II 604.

L'an mil sept cent quatre vingt un, le vendredi vingt trois février, du matin, en l'hôtel et pardevant nous Gilles Pierre Chenu, commissaire au Châtelet de Paris et censeur royal, est comparu S'' Hélie Perpignan, négotiant Juif, demeurant rue Pavée, paroisse

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