Paris, 1909, in- 18 ; p. 77 et
4. Ils précisent même parfois : cimetière des Portugais ou des Allemands.
5. Lettre de Calmer fils à Pereire, 19 juin 1775 : « Le ministre et toute la justice n'ont pas ignoré depuis qiiatre-viiigl-dix atis qu'il (le jardin Cameau) est pour cet usage. » Je dois communication d'un extrait de cette lettre (qui fait partie des archives de la famille Pereire) à la bonne obligeance de M. Alfred Pereire que je suis heureux de remercier ici. L'agitation des Juifs signalée en 1724 dans un rapport au Lieutenant de police « à cause du changement de leurs sépultures » (L. Kahn, Les Juifs de Paris au xviiie siècle, p. 129) peut-elle se rapporter à un déplacement ?
l8 DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS
acte de 1720' dans un jardin de Clignancourt paraît être exceptionnelle et faite en raison de circonstances particulières. Sauf ce cas, tous les permis d'inhumer indiquent comme lieu de sépulture « le chantier de la Villette », « le jardin du sieur Camot^, aubergiste à la Villette », et à partir de 1765. environ, « le cimetière des Juifs ». Quelques documents nouveaux permettront de préciser cette brève indication officielle.
Cette auberge de Cameau — qui correspond aujourd'hui au 46 de la rue de Flandre — fliisait partie, comme la propriété Bonnet à laquelle elle était contiguë, de ces maisons placées en bordure sur la droite de la grande route de Paris au Bourget^ et qui, avec les constructions de Sainte-Périne situées sur la gauche, formaient au xviii'= siècle l'entrée de la Villette-Saint-Lazare 4. On les aperçoit nettement sur le plan de Roussel (1730), groupées au Sud d'une voie qui allait de la Chapelle à Belleville sous les noms de rue des Tournelles et rue Notre-Dame '. Cette maison appartenait à la fin du xvii= siècle aux époux Boucaut, — qui l'avaient eux-mêmes achetée des époux Vilon par acte du 17 mars 1630, — quand par une série de contrats signés successivement les 30 septembre 1691, 10 octobre 1693, ^7 ^^^^^ ^^99> 24 février 1702 et 25 août 1707, elle avait passé aux mains de Germain Camot et Catherine Durand, sa femme. Un plan cavalier manuscrit, conservé aux Archives Nationales ^, permet d'apercevoir l'aspect général de cette propriété et celle des maisons attenantes en 1722. Il suffirait pour se rendre compte de ce qu'était l'auberge Cameau à cette date. Mais il se trouve que