Voir pièce no 169 et ci-dessus, p. 23 et
5. Rabbin de la nation juive espagnole et portugaise, secrétaire-interprète à la Bibliothèque du Roi (cf. Prières faites pour l'heureuse délivrance de la Reine, récitées en hébreu depuis le ij février ijS^ [Paris, 1785 ; in-4''. Bibl. Nat. 4° Lb39. 6288], p. i), mort le 12 mars 1789 (cf. H. Maïstre, Valentin Haily et ses fonctions d'interprète [Paris, 1901 ; in-80], p. II).
6. Les archives des commissaires sont comprises entre les nos 10719 et 16022 quater de la série Y.
7. Sur l'incendie et la reconstitution de l'Etat civil parisien, cf. M. Du Camp, Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie (Paris, 1898 ; 8^ éd.), t. VI, p. 66 et M. Barroux. Les Sources de l'ancien état civil parisien, p. i, 26-31, 87-89, etc.
8. La situation des Protestants se trouve donc la même à ce point de vue.
9. L'acte authentique, d'après la définition du Code Civil, art. 15 17, est l'acte reçu par un officier public ayant le droit d'instrumenter dans le lieu où l'acte a été rédigé et avec les solennités requises ; il fait foi jusqu'à inscription de faux, c'est-à-dire que pour le contester il y a lieu d'instituer une procédure spéciale, l'inscription en faux (art. 13 19). Mais à la suite de
quand on se souvient de la définition juridique de Denisart : « Un Juif n'a proprement point de domicile ; il n'a point d'état dans le Royaume ' . »
Il me sera permis, en terminant ces quelques notes d'introduction, de dire — quelque incomplet que soit ce travail — ce qu'il doit à ceux dont il n'a pas dépendu qu'il ne fût moins imparfait. Je me sens particulièrement obligé envers MM" Aubron, Decloux et Vingtain qui m'ont libéralement ouvert leurs archives notariales, M. le comte de Ribes qui m'a fourni d'utiles renseignements, MM. Stein et Mirot qui m'ont confraternellement facilité les recherches aux Archives Nationales, M. M. Schwab qui m'a fait bénéficier de sa grande expérience des choses juives. Je dois également de vifs remerciements à M. M. Fagniez, Lacombe et Vidier, qui ont bien voulu se faire les parrains de cette publication devant la Société de l'Histoire de Paris. Mais ma gratitude va surtout à M. Vuaflart, qui, en appelant il y a cinq ans mon attention sur l'intérêt de ces actes mortuaires, et à M. Lucien Lazard, qui, en me prêtant un appui précieux dans une tâche souvent décourageante, m'ont permis de reconstituer ce morceau d'état-civil et d'élever ce modeste monument à d'obscurs habitants du vieux Paris.
l'incendie de 1871 et de la Reconstitution qui en est résultée, cette force probante n'est plus reconnue qu'à une catégorie de pièces de l'Etat civil parisien, et l'art. 3 de la loi du 12 février 1872 ne donne aux actes « rétablis » qu'une force probante moindre. D'ailleurs la question au point du vue légal ne se pose pas pour les procès-verbaux publiés ici. La Reconstitution n'a fait que remettre sur pied les actes que la loi du 20 septembre 1792 avait sécularisés ; elle ne pouvait donner valeur d'acte d'Etat civil à des titres qui n'avaient pas ce caractère avant la Révolution.
3. J. B. Denisart. Collection de décisions nouvelles (Paris, 1775), t. III, p. 423.
ERRATUiM.
p. 59. Hagncnau, lise^ : Haguenau.
P. 142. Habni, lise^ : Habui.
P. 2^9 et 260. Marix, list'i : Mark.
i^ avril 171 7. — Scelle de Louis Kaiser.
Scelle après décès de Louis Kaiser, Juif de La Haye, décédé dans la nuit du 13 au 14.
Commissaire : Hubert.
Requérante : femme Michel Guedet, aubergiste, rue Vieille du Temple, paroisse Saint Jean en Grève.
Kaiser était mort chez Jacob Wormes, au Chariot d'or, rue Darnetal, au moment où il faisait visite à ce dernier. Le commissaire se rend d'abord chez Wormes pour constater le décès, et après qu'il lui est « apparu du corps mort gissant sur un lit garn}' de rideaux verts », il se transporte « pour la conservation des droits du Roy », et à la requête du Procureur du Roy, au domicile du défunt et pose les scellés en présence du Maver Coblentz, Juif. L'inventaire est fait très rapidement : « Dans lad. armoire s'est trouvée pour toute chose de la viande crue infectée ; et dans la chambre quelques papiers écrits en hébreux qui paroissent estre des mémoires de dépenses, le tout de nulle valleur, et trois livres aussy en hébreux, quatre cravattes de mousselines, deux serviettes ouvrées, deux plats, deux assiettes, deux cuillers, deux fourchettes, deux goblets et une sallière, le tout d'étain, qui est tout ce qui s'est trouvé dans lad. chambre appartenir aud. deffunt... »
Suivant une note du répertoire du commissaire (Y 14042 B), ce scellé n'a pas été levé.
5 décembre 1720. — Procès-verhald' iHhiiiiiatioH d\laron Goldscbiiiidl.
L'an mil sept cens vingt, le cinquième jour du mois de décembre, dix heures du matin, en nostre hostel et pardevant nous, Louis Pierre Blanchard, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, est comparu sieur Ruben d'Altrof, Juif de Metz, de présent à Paris, logé rue des Arcis, au RoyArtus.
Lequel nous a dit qu'en vertu de l'ordonnance de Monsieur le Lieutenant criminel en datte du jour d'hier estant au bas d'une requête à luy présentée dont il nous a mis ez mains la coppie, signé Brussel, à luy à l'instant rendue, il a fait enlever le cadavre du nommé Aaron Golchemik, aussj Juif, quy a esté assassiné par Joseph Lamy et ses complices, que pour esviter le scandai quy pouroit arriver au sujet de l'enlèvement dud. cadavre et pour pourvoir à la seureté de l'enterrement d'icelluy, il nous requiert que nous ayons à nous transporter heure présente avec luy au village de Clignancourt, près Paris, pour par un procèz verbal constater l'endroit où led. cadavre sera enterré. Et a signé :
RuBEN d'Altrof. '.
Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons donné acte aud. sieur Ruben d'Altrof de sa comparution, dire et réquisition pour luy servir et valloir ce que de raison, et, en conséquence, sommes transportez avec luy au village dit Clignancourt près Paris, dépendant de la prevosté de Monmarte {sic), et estans entrez dans une maison seize à l'entrée dud. village, dont est propriétaire le sieur Michel Frère, maitre boucher à Paris, après que le cadavre dud. Aaron Golschemik v est arrivé dans un carrosse et, après déclaration faite par led. sieur Altrof au procureur fiscal de lad. prevosté de Monmarte et approbation d'iceluy, ainsy qu'il nous est apparu au bas du procèz verbal qu'il en a dressé, signé Le Moine (.wV) avons fait fouiller la terre au costé senestre
du jardin de lad. maison et la fosse ayant esté faite, y avons fait mettre le cadavre dud. Aaron Golschemik, mis auparavant dans un cercuil de bois de sapin, et après que toutes les cérémonies quy se pratiquent entre les Juifs ont estez faites ^, avons fait couvrir de terre led. cadavre et combler la fosse. Ensuite de quov nous sommes retirez avec led. Sieur Ruben Altrof, quy a signé :
Blanchard, Ruben d'Altrof 3.
Novembre-décembre 1720. — Scellé de Joseph Lamy. Y14517.
Scellé après arrestation et exécution de Joseph Lamy. Commissaire : L.-P. Blanchard.