Avec une seconde signature de D'Ahrof en hébreu
Ce scellé tait partie d'un dossier relatif à la pénible affaire qui eut cette exécution pour sanction. Le 28 novembre dans l'aprèsmidi, Lamy avait assassiné à l'auberge du Soleil d'Or, rue Poupée, un Juif Hollandais du nom d'Aaron Goldschmidt (cf. pièce n° 2). On ne découvrit le cadavre que le 4 suivant : il portait encore sur lui une perle de peu de valeur et un petit reliquaire d'or émaillé gari de diamants. Quelques instants après ce premier crime, Lamy se présentait, avec un complice nommé Nicolas Duménil, au domicile de sa victime, chez Husson, maître tailleur, rue Geoffroy Langevin ; reçus par la femme de Goldschmidt, Marie Anne Alcan, d'Amsterdam, âgée de 26 ans, ils l'avaient assaillie à coups de marteau. Arrêté chez un vitrier, grand cul de sac de la rue Beaubourg, Lamy avait déclaré être âgé de quarante ans, natif d'Amsterdam, et établi depuis dix-huit mois à Paris, où il faisait commerce de toutes sortes de marchandises, notamment de thé. Il disait ne pas connaître les époux Goldschmidt. Juif de naissance, il faisait profession de religion catholique, mais n'avait pas encore reçu le baptême. Il devait être présenté le lendemain de son arrestation a « Monsieur le Cardinal » par l'abbé de Vallois, demeurant rue Lévêque : il portait en effet sur lui un billet par lequel cet abbé s'engageait à lui payer 1 37 1. — Condamné par sentence du Châtelet du 4 décembre ' à être rompu vif, il fut exécuté avant le 26. Duménil, qui n'avait pas été retrouvé, fut condamné à être rompu en effigie par jugement du 28 février 1721 ^. — duant à la malheureuse, qui confrontée avec son assassin l'avait reconnu?, elle mourut quelques jours après. (Voir pièce n° 4).
Parmi les témoins de l'enquête figurent : la petite fille des victimes, nommée Marguerite ; Elise Levy, femme d'Oulry Alcan, belle-sœur de Marie Anne, 23 ans, habitant chez la veuve Bertin, rue Quincampoix ; Catherine Goutcheau, femme de Mayer ou Moyse Franc, Juif de Metz ; Isaac Bernard, d'Amsterdam, 54 ans, habitant chez Rousseau, rue du Poirier ; Paris ou Baric Levy, de
1. Cf. Sentence de mort. Extrait des registres du Greffe criminel du Chastelet de Paris (S. 1. n. d. ; in- 4° piano) [Bibl. Nat., F. 21087 (119)].
2. Arrêté avec sa femme en 1732, il nia avoir pris part à cet assassinat. L'enquête fut recommencée sans aboutir. C'est cette information qui donne la date des jugements (Arch. Nat., Y. 14527, 18 avril 1752). Les papiers et registres de la Chambre criminelle du Châtelet manquent pour 1720.
3. « Grâce à Dieu, s'était-elle écriée, le voila le chien de bourreau quy m'a donné les coups de marteau... »
Metz, 26 ans, demeurant même maison que les époux Goldschmit ; Salomon Veyl, de Francfort, 39 ans, demeurant rue Pierre-au-Lard, chez Dubuc, à l'enseigne du Ciseau d'or, où il a pour voisin Jacob, Juif de Hambourg ; Elie Prac ou Prag, de Metz, 45 ans, rue de la Poterie, à la Tour d'Argent ; Charles Philippe Caïn, « bourgeois de Paris », 34 ans, rue Saint-Sauveur.
12 décembre 1720. — Scellé de Marie Anne Goldschmidt..
Scellé après le décès de Marie Anne Alcan, femme d'Aaron Golschmidt, demeurant avec son mari chez Husson, maître tailleur, au Ciseau d'or, rue Geoifroy Langevin, à la requête dud. logeur, créancier d'une somme de 155 1. 18 s. pour lover et fournitures diverses (cf. pièces n^^ 2 et 3).
Commissaire : L.-P. Blanchard.
Parmi les créanciers de la succession figurent : René Gagné, chirurgien (300 1. pour soins) ; Rolland Paul Arnaud et Dominique de Lissai, chirurgiens (195 1. chacun, pour treize consultations, opération et assistance aux pansements) ; Louis Alexandre Du Bois, chirurgien ; Bastonneau, apothicaire ; Salomon Bernard, Juif de Metz (10 1. pour 2 bouteilles d'eau de vie fournies à la malade).
20 décembre 1730. — Acte de décès de Rachel Schwab.
L'an mil sept cent trente, le mercredy vingtième jour de décembre, huit heures du matin, en l'hostel de nous, Louis Pierre Blanchard, conseiller du Rov, commissaire au Chatelet de Paris, est comparu le S'' Ruben Chouabbe, Juif, natif de Metz, demeurant en cette ville de Paris, rue S' Martin, paroisse S' Laurent.
Lequel nous a dit et déclaré que cette nuit environ les trois heures du matin, Rachelle Chouabbe, aussy Juif, sa fille ', âgé de dix huit mois, est déceddé, que luy comparant s'est présenté au S'' curé de l'église paroissialle de S' Laurent, lequel a refusé d'en-
I . Le rédacteur avait d'abord écrit « son fils ». De là les formes masculines de tout le procès-verbal.
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terer led. Rachelle Chouabbc, attendu qu'il csîoit de la religion juif, et comme il est nécessaire de pourvoir à l'inhumation du cadavre dud. Rachelle Chouabbe, il se retire par devant nous pour estre ordonné ce qu'il appartiendra. Et a signé :
Blanchard, Ruben Schwab '.
Sur quoy, nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons aud. S'' Ruben Chouabbe donné acte de sa comparution ou dire et réquisition, et, en conséquence, sommes à l'instant transportez en l'hostel et pardevant Monsieur le Lieutenant général de police, et ayant référé de ce que dessus, mondit sieur le Lieutenant général de police a ordonné qu'attendu le refus dud. S"" curé de l'église S' Laurent d'enterer le cadavre de lad. Rachelle Chouabbe, veû la religion juifve dans laquelle elle est née et élevée, que led. cadavre sera enteré au licli ordinaire à cette religion, et v sera porté à heure de nuit, sans bruit et sans scandai, en observant les précautions ordinaires. Et a mondit S"" le Lieutenant général de police signé :
Hérault.
30 mai 1735. — Acte de décès et procès-verbal d'inhumation de Jacob IVornis.
L'an mil sept cent trente cinq, le lundy trentième jour de may, à huit heures du matin, pardevant nous, Louis Pierre Blanchard, conseiller du R03', commissaire au Châtelet de Paris, en notre hôtel, est comparue 13*= Sara Levie, épouse du S. Jacob Vormes, Juif, négotiant à Metz.
Laquelle nous a dit que led. Jacob Vorms, Juif de Metz, son mary, est décédé ce jourd'huy matin entre trois et quatre heures dans une maison, riie du Haut Moulin, portant le nom de l'hôtel de la Magdelaine, chez le S"" Vougny, et comme elle a intérêt de constater ledit décès, attendu que l'on luy refuse la sépulture ecclésiastique parce qu'il étoit Juif de nation et vivoit selon leur loy, elle nous a requis de nous transporter présentement avec elle pour constater led. décès en lad. maison susdésignée. Et a signé :
Sarah Levy '.