I . Une note indique : « A faire signer au S"' Camot
réquisitions, et en conséquence et attendu le fait dont il s'agit, nous nous sommes à l'instant transporté avec lesd. Bernard et Fernand susd. rue du Cœur Volant, en une maison tenue garnie, et étant monté au premier étage et entré dans une petite chambre ayant vue sur la rue, nous est apparu d'un cadavre masculin gissant sur la paillasse d'un lit, que lesd. susnomméz nous ont déclarez être le corps dud. Jacques Latour, paroissant âgé d'environ quarente ans, et pour être statué sur l'inhumation dud. Latour, avons ordonné que le présent procèz verbal seroit communiqué à Monsieur le Procureur du Roy, pour sur ses conclusions être ordonné par Monsieur le Lieutenant général de police ce qu'il appartiendra. Dont et de quoy avons fait et dressé le présent procèz verbal et avons signé :
Blaxchard.
Veu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre dud. Jacques Latour estre inhumé nuitament, sans bruit, scandale ny apareil, dans le jardin du nommé Camot, au village de la Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est. Fait ce 9 may 1741.
MOREAU
Veu le procèz verbal et les conclusions du Procureur du Roy, nous ordonnons que le corps dud. Jacques Latour sera inhumé dans le cimetière des étrangers scis Porte Saint Martin (sic), de nuit, sans bruit ny scandai et enjoignons aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est. Fait ce neuf may 1741.
Feydeau.
Et lesd. jour et an que dessus, dix heures du soir, nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, pour l'exécution de l'ordonnance de Monsieur le Lieutenant général de police, nous nous sommes transportez susd. rue du Cœur Volant en la maison susdésignée, où étant, avons fait conduire le corps dud. Jacques Latour dans une bierre au village de la Villette, dans le jardin du S'' Camot, où en présence desd. Bernard et Fernand, led. Jacques Latour a été inhumé en la manière accoustumée. Et ont signé avec led. S"^ Camot.
Salomon Bernard, Yshac Fernaxdhz, Bi.axchaud, Camo".
(En marge :) Charité.
I. La minute porte au dos : « A faire signer par le S"" Camot ».
AU XVlir SIÈCLE 69
17 avril 1742. — Acte de décès et procès-verhal d'iiibuiiiation de Lion Benjamin.
Y 1453e, dossier spécial, n" 156.
L'an mil sept cent quarente deux, le mardy dix sept avril, huit heures du soir, par devant nous, Louis Pierre Blanchard, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, en notre hôtel est comparu Benjamin Prisac, Juif d'Hollande, demeurant à Paris, rue Saint Martin.
Lequel nous a dit que la nuit dernière Lion Benjamin, son fils, âgé de treize mois, est décédé de maladie, et comme il est nécessaire de pourvoir à son inhumation, il est venu nous faire la présente déclaration dont il requiert acte. Et a signé en hébreu :
Benjamin Prisac (behr.).
Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons donné acte aud. Benjamin Prisac de ses comparution, dire et réquisition. En conséquence sommes à l'instant avec luy transportez susd. rue Saint Martin, en une maison occupée par le sieur Delbeuf, maitre chirurgien, et étant monté au premier étage et entré dans une chambre ayant vue sur lad. rue, nous est apparu d'un cadavre masculin, que led. Prisac nous a dit être le corps de son fils. Pourquoy et pour être f;iit droit et ordonné sur lad. inhumation ce qu'il appartiendra, avons ordonné que le présent procèz verbal sera communiqué à Monsieur le Procureur du Rov, pour être ensuite ordonné par Monsieur le Lieutenant général de police ce que de raison.
Blanchard.
Veu le procès verbal, je n'empesche pour le Roi le cadavre dudit Lion Benjamin être inhumé nuitament, sans bruit, scandai ni appareil, dans la maison et chantier du S"" Camot à la Villette, et estre enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est. Fait ce dix huit avril 1742.
MOREAU
Veu le procès verbal et les conclusions du Procureur du Roy, nous ordonnons que le corps dudit Lion Benjamin sera inhumé de nuit, sans bruit, scandai ni appareil dans le chantier du S"" Camot
yO DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS
à ce destiné, scis à la Villette, et enjoignons aux officiers du guet et de police de prêter main forte si besoin est. Fait ce i8 avril 1742.
Feydeau.
Et lesd. jour et an que dessus, nous nous sommes transportez au village delà MUette, en la maison dud. Caniot, où nous avons fait transporter le corps dud. Lion Benjamin, et en présence dud. Benjamin Prisac et de Bernard Salomon, Juif de Metz, le corps dud. Lion Benjamin a été inhumé en la manière accoustumée. Et ont signé avec le S"" Camot :
Camo, Salomon Berkard, Benjamin Fris\c (hebr.)
(En marge :) Juif. Charité.
lé.
20 juin 1743. — Actes de décès et procès-verhal d'inhumation de Salomon Bernard Levy.
L'an mil sept cent quarente trois, le jeudy vingt juin, une heure de relevée, nous, Thomas Joseph Jean Regnaudet, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, sommes transporté es prisons du Petit Chàtelet, où étant dans l'intérieur desd. prisons monté avec le S"" François Calixte Dangers, consierge desd. prisons, dans une cliambre ayant vue sur la cour desd. prisons, nous y avons trouvé le S"" Rubens Daltrof, Juif de nation, négociant à Paris, demeurant rue Qiiinquempois, au Lys d'or.
Lequel nous a dit que Salomon Bernard Levv, aussy Juif de nation, natif de de (sic) Metz, âgé de cinquante cinq ans ou environ, est décédé ce jourd'huy entre unze heures et midy dans la chambre où nous sommes, dans les sentimens de la religion judaïque et dans une extrême pauvreté, et comme il est nécessaire de pourvoir à son inhumation, il a requis notre transport à cet effet et a eslcu domicilie en sa denieure susditte. Et a signé avec nous et led. S"" Dangers (sic) mots raves nuls.
Dangers, Ruben D'Altrof.
Sur quoy, nous, conseiller, commissaire susd., avons donné acte aud. S"" Rubens Daltrof et aud. S"" Danger de leur comparution, dire et réquisition, et en conséquence nous étant apparu d'un cadavre masculin, gissant sur la paille et étendu sur lad. paille dans lad. chambre où nous sommes, que led. S"' Rubens Daltrof et led.
S"" Dangers nous ont déclaré estre le corps dud. Salomon Bernard Levy, décédé ce jourd'huy d'une maladie suitte de descente, avons dit que pour estre statué sur l'inhumation dud. Salomon Bernard Levy dans le lieu à ce destiné, le présent procès verbal seroit communiqué à Monsieur le Procureur du Roy pour donner ses conclusions et sur le tout estre par Monsieur le Lieutenant général de police ordonné ce que de raison. Et ont lesd. S"" Rubens Daltrof et led. S"^ Dangers signé avec nous, (sic) mots rayés comme nuls. Dangers, Ruben D'Altrof, Regxaudet.
Veu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. Bernard Salomon Levy être inhumé nuitamment, sans bruit, scandale ny apareil, dans un jardin au village de la Chapelle, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main torte si besoin est et en sont requis. Fait ce 21 juin 1743.
MOREAU
Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce 21 juin 1743.
Feydeau.
Et ledit jour et an que dessus, unze heures du soir, nous, conseiller du Roy, commissaire susd., sommes transporté pour l'exécutionde l'ordonnance de M"" le Lieutenant général de police cv devant dattée, dans les susd. prisons au Petit Châtelet, et en présence dud. S'' Rubin Daltrotï, et de Raphaël Ory, Juif de Metz, demeurant rue Saint Martin chez le S'' Régnier, maître grenetier, le cadavre dud. Salomon Bernard Levy a esté transporté dans le jardin du S"" Cameau, à l'enseigne de l'Etoille, au village de la \'illette près la Chapelle, où il a esté inhumé en la manière accoutumée. Et ont signé avec nous :
Rapehel Orry, Ruben Daltrof.
(En marge): Charité.
16 novembre 1745. — Acte de décès et procès-verbal d'inhumation de l'enfant nouveau-né de Joseph Valabrèque. Y 14536, dossier spécial, n" 126.
L'an mil sept cent quarente cinq, le mardi seize novembre, dix heures du matin, en l'hôtel de nous, Louis Pierre Blanchard, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, est comparu
Joseph Valabrèque, Juif, ncgotiant de Bourdeaux, de présent en cette ville de Paris, demeurant rue et près Saint-André des Arcs, dans la maison du S'' Rosier, épicier, au premier étage sur le devant. Lequel nous a dit que Nertegarde, sa femme, est accouchée ce jourd'huy quatre heures du matin d'un enfant mâle et qui est venu mort. Pourquov il nous en vient faire la présente déclaration pour être par nous pourvu à l'inhumation dudit enfant en la manière accoutumée. Et a signé en lettres hébraïques, ne sçachant le faire autrement :
JosKPH (J)chr').
Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons audit \'alabrèque donné acte de ses comparution, déclaration et réquisition ci-dessus. En conséquence, nous sommes transporté en sa demeure susditte et dans led. apartement nous a été représenté le cadavre d'un enfant nouvellement né, que ledit Valabrèque nous a dit être son fils et dont lad. femme est accouchée ce jourd'huy matin, lequel enfant est resté dans ledit appartement en la garde dudit Valabrèque, son père, jusques à ce qu'il ait este ordonné sur l'inhumation dont il s'agit par Monsieur le Lieutenant général de Police sur les conclusions de Monsieur le Procureur du Rov, après que le présent procès verbal luy aura été communiqué. Et a ledit \'alabrèque signé comme dessus :
Blanxhard, Joseph (bcbr).
Vu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre du fils dudit Joseph Valabrèque estre inhumé nuitamment, sans bruit, ni scandai, en la manière accoutumée, dans le lieu à ce destiné, et enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est. Fait ce i6 novembre 1745.
Wi le procès verbal du commissaire Blanchard ci dessus, ensemble les conclusions du Procureur du Roy, nous ordonnons que le corps du fils dudit Joseph \'alabrèque sera inhumé de nuit, sans bruit ni scandai, en la manière accoutumée, dans le lieu à ce destiné, l'ait ce 17 novembre 1745.
Fevdeau.
Et lesdits jour et an que dessus, nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, pour l'exécution de l'ordonnance de Monsieur le Lieutenant général de police ci dessus, nous sommes transporté en
la maison du S"" Camot, à la Villette, où en présence dudit Valabrèque père et du S"" Isaac Fernandes Henriqs, Juif, négotiant d'Espagne et Portugal, demeurant rue Mazarine, le corps de l'enfant nouveau né en question a été inhumé dans le jardin dudit Camot, en la manière accoutumée. Ht ont signé :
Joseph (behr.), Yshac Ferxaxdez Henriques, Blanxhakd, Camo. (£// iiKirî^c) : Charité.
10 mai 1746. — Acte de décès et procès-vcrhal d'inhv.malion de Salomou Benjamin
Y 14 541, dossier spécial.
L'an mil sept cent quarente six, le mardi dix may, cinq heures du soir, nous, Louis Pierre Blanchard, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, sommes transporté rue Beaubourg vis à vis le cù de sacq de l'Anglois, en une maison apartenantc à maitre Gillct, notaire, où estant et monté dans une pièce avant vue sur la rué au premier étage, sont comparus devant nous Benjamin Jonas, Juif employé à la manufacture du tabac à Paris, v demeurant rue et à l'hôtel de Montmorency, en chambres garnies, père du delïunct cy après nommé. Rosette Salomon, native de Vcelback ', veuve dudit deiïunct, Abraham Isaac, Juif de Louterbourg - en Alsace, demeurant susdite rue et à l'hôtel de Montmorency, et Cerf Israël, Juif négotiant de Metz, négotiant (sic), demeurant rue Quincampoix, au Lvs d'or.
Lesquels nous ont dit que Salomon Benjamin, Juif, aussi ouvrier à la manufacture du tabac à Paris, âgé de vingt six ans, natif d'Amsterdam, fils dudit Benjamin Jonas et époux de lad. Rosette Salomon, est décédé ce jourd'huy d'un abcès qui s'estoit formé dans sa gorge et dont il estoit malade depuis trois semaines ou environ, et comme il s'agit de pourvoir à son inhumation, ils ont requis notre transport pour être, par nous, sur ce, fait ce qu'il apartiendra, nous requérant acte. Et ont signé et aprouvé la rature de (.f/V) mots comme nuls :
Abraham Isaac, Juif de Lauterbourg ;
Rosette Salomon (hebr.) ; Cerf Israël {behr.) '.
1. Walbeck, canton de Geldern, distr. de Dùsseldorf, Province rhénane, Prusse.