‹ Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècleChapitre 62 sur 127 · Bischheii · texte numérisé non relu

Bischheii

AU XVIir SIECLE 133

heures du soir que nous nous sommes transportés chez led. S"^ Jacob Lcvy, que son déceds et l'existance de son cadavre sur un Ht dans sa chambre à coucher, en v apposant nos scellés, n'ayant pas appris pour lors qu'il étoit Juif de nation, nous nous sommes retiré après l'apposition de nosd. scellés sans autres formalités : mais ce jourd'huy ayant appris par lad. déclaration de l'autre part que non seulement led. Jacob Lévy étoit Juif de nation, et encore qui est déceddé dans la loi judaïque, pourquoy la sépulture catholique lui est déniée de droit, nous nous réservons de faire statuer à l'instant sur son inhumation en la manière accoutumée des Juifs, de l'ordonnance de Monsieur le Lieutenant général de police, sur les conclusions de Monsieur le Procureur du Rov. Dont et de quoy nous avons fait et dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison.

Maillot.

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Rov le cadavre dud. Jacob Lévy être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, dans le cimetière des Juifs à la Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police d'v veiller et prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 3 juin 1771.

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Soit fiiit ainsi qu'il est requis. Fait ce 3 juin 1771.

De Sartixe.

10 juin 1771. — Acle de décès de Jacob Perpignan. Y 11087.

L'an mil sept cent soixante unze, le lundy dix juin, quatre heures de relevée, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Dauphine, quartier Saint André des Arts, en une maison occupée au rez de chaussée par le S"" Dijon, maître coffretier, et ayant été introduit en une chambre au second étage ayant vue sur la rue, dépendante de l'appartement dud. second étage sur le devant, occupé par le S'' Moyse Perpignan, Juif, négociant, nous v avons trouvé et par devant nous sont comparus S" Salomon Perpignan, Jacob de Paul père et Léon de Paul fils, tous trois Juifs, négocians, demeurants à Paris, le premier quav de Contv, paroisse Saint André des Arts, le second rue et

paroisse Saint André des Arts et le troisiesme rue de la Harpe, paroisse Saint Séverin.

Lesquels nous ont dit que Jacob Perpignan, âgé de dix huit mois ou environ, fils dud. S"" Moyse Perpignan et de demoiselle Rachel Salon, son épouse, aussy Juive, est déceddé ce jourd'huy entre une et deux heures de relevée, dans la chambre oii nous sommes, à la suitte d'une maladie provenant de dents qui vouloient percer, sous l'empire de la religion judaïque que professent sesd. père et mère et sous l'empire duquel il est né, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de constater led. déceds et de faire ordonner l'inhumation dud. Jacob Perpignan conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé, à l'égard dud. S"" de Paul père en caractères hébraïques, sa signature ordinaire, ainsy qu'il nous a déclaré :

S. Perpignan, Jacob de Paul (hehr.), Léon de Paul.

Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons donné acte auxd. S''^ Salomon Perpignan et De Paul père et fils de leurs comparution, dire et réquisitoire cy dessus. Et en conséquence, après qu'il nous est apparu dans lad. chambre du cadavre d'un jeune garçon, qui nous a paru en effet de l'âge de dix huit mois ou environ, enveloppé d'un drap et exposé sur le carreau, lesd. S"^ comparans nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences led. cadavre être celuy dud. Jacob Perpignan.

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. Jacob Perpignan nous nous transporterons au plus tôt es hôtels de Monsieur le Procureur du Rov et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir leurs conclusion et ordonnance à cet effet.

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commissaire, à l'égard dud. S"" de Paul père en caractères hébraïques, sa signature ordinaire, ains}' qu'il l'a déclaré :

S. Perpignan, Jacob de Paul (hehr.), Léon de Paul, Formel.

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Rov le cadavre dud. Jacob Perpignan être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, dans dans le cimetière des Juifs à la \'illette, et être enjoint aux officiers du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce lo juin 1771.

MOREAU

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 10 juin 1 771.

De Sartine.

(£« marge) : Rapporté en juillet 1781. Trois livres.

27 juin 1771. — Acte de décès de Fabre Cerf. Y 15279.

Du jeudy vingt sept juin mil sept cent soixante unze, trois heures de relevée.

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue des Vieilles Étuves Saint Martin, dans une maison occupée par le nommé Delatour, tenant chambres garnies, où estant monté au premier étage et entré dans une chambre occupée par différents particuliers, y avons trouvé et par devant nous sont comparus Mayer Hadamar, Juif de Metz, demeurant susd. rue des Vieilles Étuves, chez le nommé Fournier, et Lion Zacharie, Juif d'Hollande, demeurant rue Geoffroy Langevin, chez le S'' Godin, tenant chambres garnies.

Lesquels nous ont dit que Favre Cerf, Juif d'Allemagne, âgé d'environ vingt neuf ans, natif de Carlzroux S est décédé ce jour d'huy matin dans la chambre où nous sommes, professant la religion judaïque. Pourquoi ils requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation dans le cimetière des Juifs en la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre masculin gissant sur un des lits étants dans lad. chambre, que les comparans nous ont déclaré, certifîié et attesté estre celuy dud. Fabre Cerf, nous l'avons laissé en leur garde sans par eux pouvoir le faire inhumer qu'il n'eut été au préalable statué par M. le Lieutenant général de police sur le contenu au présent procès verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir ce que de raison. Et ont les comparans signé avec nous :

Lion Zacharie, M. Hadamar, Duchesne.

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit Fabre Cerf estre inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et estre enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce vingt sept juin 1771. Moreau.

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