I. Ravel, Jacob de Paul fils
Sur quoy, nous, conseiller du Roy, commissaire susd., avons donné acte auxd. S" Ravel et de Paul fils de leurs comparution, dire et réquisitoire cy dessus. Et, en conséquence, après qu'il nous est apparu dans lad. chambre à coucher cy dessus désignée, ayant vue sur une petite cour de derrière de lad. maison, d'un corps mort féminin couché dans un lit placé dans lad. chambre, à housse de damas jaune avec rideau de serge de pareille couleur, lesd. S""* Ravel et de De Paul fils nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes
et consciences led. corps mort être celui de lad. D^ Léa Dalpuget, épouze dudit sieur Bénédite de Carcassonne.
Et pour faire ordonner l'inhumation de lad. feue D*^ épouze dud. S"" de Carcassonne, nous nous transporterons au plutôt es hôtels de M. le Procureur du Rov et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet.
Dont et de quoi nous avons rédigé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commissaire :
J. Ravel, Jacob de Paul fils, Formel.
Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. deffunte Léa Dalpuget, femme de Bénédicte de Carcassone, être inhumé sans bruit, scandale ni apareil dans le cimetière des Juifs, à la Villette, et être enjoint aux oficiers du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est, en sont requis. Fait ce onze novembre 1773.
MOREAU
Soit fait ainsi qu'il est requis. A Paris, ce 11 novembre 1773.
De Sartin'e.
(£■;; tnarge :) Rapporté en juillet 1781. Trois livres.
1 5 novembre 1773. — Acte de décès du fils de Bénédite de Carcassonne. Y 11089.
L'an mil sept cent soixante treize, le lundy quinze novembre, huit heures du soir, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, commissaire enquesteur e.xaminateur au Chàtelet de Paris ayant été requis, nous sommes transporté rue.Saint Jacques, presque vis à vis la rue de laParcheminerie, maison à porte cochère occupée au rez de chaussée par le S"^ Lattre, graveur d'estampes, et ayant été introduit en une chambre au second étage du corps de logis de derrière de lad. maison ayant vue sur la cour d'icelle, dépendante de l'appartement dud. second étage occupé par le S'' Bénédite de Carcassonne, Juif, négociant, nous y avons trouvé et par devant nous sont comparus S"" Abraham Sasia, Juif, négociant, demeurant ci devant à Bordeaux, étant de présent à Paris logé chez le S^ Robart, pâtissier et tenant chambres garnies rue de la Harpe, paroisse Saint Séverin, et S"" Jacob de Paul fils, aussi Juif, négociant, demeurant à Paris, rue Poupée, susd. paroisse.
Lesquels nous ont dit qu'anonime de Carcassonne, âgé de huit jours, non encore circoncis et le dernier venu de deux enfans niasles jemeaux dud. S"" Bénédite de Carcassonne et de demoiselle Léa Dalpuget, sa femme, accouchée entre minuit et une heure du matin la nuit du dimanche sept au lundy huit du présent mois, dans les lieux oià nous sommes, oii elle est décédée jeudy dernier unze dud. présent mois, est décédé ce jourd'hui sur les quatre heures du matin, par suittcde maladie d'enfant non arrivé à terme, dans la chambre où nous sommes, sous l'empire de la religion judaïque, que professe led. S'' de Carcassonne, son père, et que professoit lad. demoiselle Léa Dalpuget, son épouze, mère dud. enfant, sous lequel la mère vivoit et est décédée, et sous lequel led. enfant est né, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de constater led. décès et de faire ordonner l'inhumation dud. anonime de Carcassonne conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé :
Sasia, Jacob de Paul fils.
Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susd. avons donné acte auxd. S''^ Sasia et de Paul fils de leurs comparution, dire et rquéisitoire cy dessus. Et, en conséquence, nous étant apparu dans lad. chambre du cadavre d'un enfant masle, qui nous a paru en eflet n'avoir eu naissance que depuis quelques jours, enveloppé dans des langes et exposé sur un lit d'enfant, lesd. S" Sasia et De Paul fils nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences led. cadavre être celui dud. anonime de Carcassonne, le dernier venu de deux enfans masles jemeaux dud. S'^ Bénédite de Carcassonne et de lad. demoiselle Léa Dalpuget, sa femme, accouchée entre minuit et une heure du matin la nuit du dimanche sept au lundy huit du présent mois, dans les lieux où nous sommes et où elle est décédée jeudy dernier, onze du présent mois, led. enfant non encore circoncis.
Et pour faire ordonner l'inhumation dud. anonime de Carcassonne nous nous transporterons au plutôt es hôtels de Monsieur le Procureur du Roy et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet.
Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous commissaire :
Sasia, Jacob de Paul, Formel.
\^u le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre dud. Carcassonne, enfant âgé de huit jours, être inhumé sans bruit,
scandale ni apareil, dans le cimetière des Juifs de la Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police d'y veiller et de prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait fait (sic) ce 15 novembre 1773.
MOREAU
Soit fait ce ainsi qu'il est requis. Fait ce 15 novembre 1773.
De Sartin'e.
(En marge) : Rapporté en juillet 1781. Trois livres.
17 mars 1774. — Acfc de décès des enfants jumeaux de Lévy Jacoh. Y 15282.
Du jeudy dix sept mars mil sept cent soixante quatorze, trois heures de relevée. En l'hôtel, pardevant nous, Hugues Philippe Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, est comparue D"<= Marie Madeleine Boquet, veuve du sieur Charles Bremart, maitrc tonnellier à Paris, elle maitrcsse sage femme, demeurante rue S* Martin, paroisse S* Nicolas des Champs.
Laquelle nous a déclaré que hier unze heures du matin, elle a accouché la femme de Lévy Jacob, Juif d'Hollande, chez Ancelle Mathis, Juif de Landeau, demeurant susd. rue S- Martin au premier étage sur le derrière de la maison en laquelle demeure le S"" Rebillot, marchand de vin, de deux enfans venus au monde mort {sic), garçon et fille, de laquelle déclaration elle a requis acte. Et a signé :
(Signé) : Boquet.
Est aussy comparu led. Ancelle Mathis, lequel nous a dit que la femme de Lévy Jacob, nommée Sara, logeant en chambres garnies rue Quinquempoix, est venue voir sa femme hier dix heures du matin, qu'une heure après elle est accouchée chez luy de deux enfans morts, garçon et fille, que comme il est question de pourvoir à leur inhumation, il requiert que nous constations le décès de ses (sic) deux enfans, déclare que ledit Lévy Jacob et sa femme sont dans une extrême misère, le mars' étant sorti aujourd'hui de prison, sa femme n'étant venue en cette [ville] que pour remener son mar\' à Maestrick en Hollande, et a signé en hébreux, ne sçachant point écrire le françois, ainsy qu'il l'a déclaré.
Ancel Mathis (hehr.)
Sur quoy nous, commissaire susd., avons de ce que dessus donné acte. Et, en conséquence, nous nous sommes à l'instant transporté dans la maison du S'' Rebillot, où estant monté au premier étage sur le derrière et entré dans la chambre dud. Ancelle Mathis, il nous est apparu du cadavre de deux enfans, étans chacun dans une boîte de bois blanc, que led. Ancelle Mathis nous a déclaré estrc les deux enfans dont lad. Sara, femme Lévy Jacob, est accouchée hier unze heures du matin et venus morts au monde, lesquels deux cadavres ont été laissés dans lad. chambre et led. Ancelle Mathis a promis de ne point les faire inhumer qu'il n'ait été statué par M. le Lieutenant général de police sur lad. inhumation.
Dont et de quoy nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Ledit Mathis a signé en hébreux, ne sçachant écrire le français, ainsi qu'il l'a déclaré. Rayé cy dessus deux mots nuls.
DucHESXE, An'chl Mathis (hcbr).
Vu le procès verbal je m'empêche pour le Roy que le cadavre des deux enfans dont lad. Sara, femme de Jacob Lévy, est accouchée soient inhumés à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et estre enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 17 mars
MOREAU
Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce dix sept mars 1774.
De Sartine.
(Une pièce annexe porte :)
Nous, conseiller chirurgien ordinaire du Roy en son Châtelet de Paris, sur l'avis à nous donné par M<^ Duchesne, commissaire au Châtelet, que la nommée Sara, femme de Lévy Jacob, Juif de Mastreck, étoit accouchée hier matin de deux enfants morts, en la chambre du nommé Ancelle Mathis, Juif de Landau, demeurant rue Saint Martin, presque vis à vis la rue du Cimetière Saint Nicolas, au premier étage sur le derière de la maison du S"" Rebillot, m'^ de vins, à l'enseigne des Bons Enfants, où à l'instant nous nous sommes transportés, y avons effectivement trouvé lad. femme dans un lit, et les deux dits enfants nous ayant été représentés, nous avons observé que l'un étoit du sexe masculin et l'autre du sexe féminin, au terme de six mois ou environ de conception ; les ayant examinés extérieurement, nous ne leur avons trouvé aucune contusion, mais bien qu'ils étoient morts il y avoit plusieurs jours
avant le part, l'épiderme étant déjà enlevé. Fait à Paris le dix sept mars mil sept cent soixante quatorze, six heures du soir.
Deleurvh.
(Une seconde pièce porte :)
Monsieur,
La visite des deux enfans morts, dont Sara, femme de Lévy Jacob, Juif, est accouchée, maison du S-" Rebillot, marchand de vins, rue Saint Martin, a été faite par moy Deleurve, chirurgien du Chàtelet, et n'aye trouvé aucune marque extérieure de mort violente, pourquoy vous pouvés en permettre l'inhumation,
J'ay l'honneur d'être très parfaitement, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Ce 17 mars 1774.
Deleurye.
19 mars 1774. — Acte de décès de Marie Anne, fille de Jacob Aaron. Y 15282.
Du samedy dix neuf mars mil sept cent soixante quatorze.
Nous, Hugues Philippe Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Geoifroy Langevin, dans une maison tenue garnie par la V^ Boursier, où étant et entré dans une salle par bas sur le devant de lad. maison, y avons trouvé et par devant nous sont comparus Mayer Hademar, agent de la communauté des Juifs de Metz, demeurant à Paris, rue des Vielles Étuves Saint Martin, à l'hôtel de Nantes, et Simon Salomon Halphen, Juif, demeurant à l'hôtel Baillet, rue des Blancs Manteaux.
Lesquels nous ont dit que Marie Anne, fille de Jacob Aaron, Juif de Pragues, et d'Eve Lévy, sa femme, occupant lad. salle, âgée de quinze mois, est décédée ce jourd'huy deux heures du matin, et comme ses père et mère professent la religion judaïque, les comparans requièrent qu'il soit pourv'u à son inhumation dans le cimetière de Juifs, en la manière accoutumée. Desquels comparutions, dire et réquisitions nous avons donné acte. Et après qu'il nous est aparu d'un cadavre d'enfant gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. salle, que les comparans nous ont déclaré être celuy de lad. Marie Anne, fille dud. Jacob Aaron et de lad. Eve Lévy, iceluy a été laissé dans lad. salle pour y rester jusqu'à ce qu'il ait été statué sur son inhumation par M. le Lieutenant gêné-
rai de police, ainsi qu'il aparticndni. Dont et de quoy nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Lesd. comparans nous ont en outre déclaré que les père et mère de lad. Marie Anne sont dans l'indigence et dans l'impossibilité de la faire inhumer autrement que par charité, et ont signé avec nous.
DucHESNE, M. Hadamar, Simon Salomon Halphen '.
Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. Marie Anne, fille de Jacob Aaron, Juif, et d'Eve Lévy, être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée et être enjoint aux oflâciers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 19 mars 1774.
MOREAU
Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce dix neuf mars 1774-
De Sartine.
26 mars 1774. — Acte de décès d'Abraham Mayer, fils de Mayer Jacob.
Du samedy vingt six mars mil sept cent soixante quatorze, trois heures de relevée.
Nous, Hugues Philippe Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Geoffroy Langevin, dans une maison tenue garnie par la veuve Boursier, où étant monté au deuxième estage et entré dans une chambre ayant vue sur lad. rue, y avons trouvé et pardevant nous sont comparus S-" Claude Nicolas Mettereau, maître cordonnier à Paris, y demeurant susditte rue, paroisse S' Merry, et S"" Jean Baptiste Pommeret, aussy maistre cordonnier à Paris, y demeurant, susdittes rue et paroisse. Lesquels nous ont dit que Abraham Mayer, âgé d'environ huit mois, fils de Mayer Jacob, Juif de Fresney " près Mets, et de Sara Abraham, sa femme, occupant lad. chambre, est décédé hier vers les cinq heures du soir, que comme ses père et mère professent la religion judaïque, il est question de pourvoira l'inhumation du cadavre dud. enfant à la Villette, dans
I . Une seconde signature hébraïque accompagne la signature française de chacun des témoins.