I . Frenois, commune de Bazoncourt
l6o DOCUMENTS SUR LES JUllS A PARIS
le cimetière des Juifs. Desquels comparution et dire nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparans nous ont déclaré estre celuy dudit Abraham Mayer, il a été laissé dans ladite chambre pour y rester jusqu'à ce qu'il ait été statué sur lad. inhumation par Monsieur le Lieutenant général de police, ce qu'il appartiendra. Les comparans nous ont en outre déclaré que led. Maver Jacob et sa femme sont dans l'indigence et hors d'état de frayer aux frais d'inhumation de leur enfant.
Dont et de quov nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont lesdits comparants signé avec nous :
Mettereau, Pommeret, Duchesxe.
Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dudit Abraham Mayer estre inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et estre enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Eait ce vingt six mars 1774.
MOREAU
Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce vingt six mars 1774.
De Sartike.
24 juin 1774. — ^-ictc (le décès de Samuel, fils de Marcus. Y 15282.
Du vendredy vingt quatre juin mil sept cent soixante quatorze, neuf heures du matin.
Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue des Vieilles Etuves, dans une maison tenue garnie par le nommé Roulet, facteur de la poste de Paris, où étant et entré dans une petite chambre au rez-de-chaussée, y avons trouvé et pardevant nous sont comparus S' Mayer Hadamar, agent de la communauté des Juifs de Metz, demeurant susd. rue des Vieilles Jituves, à l'hôtel de Nantes, et S"" Nathan Grodvol, Juif de Metz, demeurant rue Saint Martin, maison du S"" Anginot, marchand boursier.
Lesquels nous ont dit que Samuel, lils de Marcus, Juif de
AU XVIII'^ SIÈCLE l6l
Millfeld ■ en Allemagne, âge d'environ dix sept ans, est décédé hier dix heures du soir, de pulmonie, professant la religion judaïque. Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation, en la manière accoutumée, dans le cimetière des Juifs. Desquels comparution, dire et réquisition nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre gisant sur de la paille sur le plancher de lad. chambre, que les comparans nous ont déclaré estre celuy dudit Samuel, iceluy cadavre a été laissé dans lad. chambre pour y rester jusqu'à ce que il ait été statué par M. le Lieutenant général de police sur lad. inhumation. Dont et de quoy nous avons dressé le présent procès-verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont les comparans signé avec nous.
DucHEsxE, Nathan Grodvol, M. Hadamar ^.
Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. Samuel être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce vingt quatre juin M^'II>■■ soixante quatorze.
MOREAU
Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce vingt quatre juin mil sept cent soixante quatorze.
De Sartike.
30 juin 1774. — Acte de décès de Lioi!,Jîls de Paquin Moiiiibciiii. Y 15282.
Du jeudy trente juin mil sept cent soixante quatorze, heure de midy.
Nous, Hugues Philippe Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue saint Martin, près celle des Ménestriers,dans une maison dont la boutique est occupée par le s"" Debussy, marchand de vin, où étant monté au quatrième étage et entré dans une chambre ayant vue sur lad. rue, y avons trouvé et par devant nous y ont comparus Cerf Israël, Juif de Metz, logeant à Paris, rue des Vieilles-btuves,
1. Mûhlfcld, nom de deux localités, l'une de Prusse Rhénane (cercle et présidence de Trêves), l'autre en Franconie (Bavière).
2. Les témoins font suivre leur signature française d'une seconde signature héhr.iïque.
chez le nommé Roulet, et Aaron Moyse, Juif de Francfort, logeant rue Beaubourg, chez le nommé De Preslc.
Lesquels nous ont dit que le nommé Lion, âgé de quatorze mois, fils de Paquin Monnheim et de Madelon Verde, sa femme, tous deux Juifs de Metz, proffessans la religion judaïque, est décédé hier environ sept heures du soir de suitte de maladie. Pourquoy requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée.
Desquels comparution, dire et réquisition nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant gissant sur de la paille, sur le plancher de lad. chambre, que les comparans nous ont déclaré estre celuy dudit Lion, iceluy cadavre a été laissé dans lad. chambre pour y rester jusqu'à ce qu'il ait été statué par AL le Lieutenant général de police sur lad. inhumation. Dont et de quoy nous avons ratifié le présent procès verbal pour ser\'ir et valoir ce que de raison. Et ont les comparans signé avec nous : DucHESNE, Cerff Israel, Aarox Moyse (hchr.).
Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. Lion être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce trente juin 1774.
MOREAU
Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce trente juin mil sept cent soixante quatorze.
De Sartike.
19 septembre 1774. — Acte de accès de Jacob de Carcassoiiuc. Y 11090.
L'an mil sept cent soixante quatorze, le lundy dix neuf septembre, huit heures et demie du matin, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue de la Harpe, près la rue Poupée, maison occupée au rez de chaussée par le S"" Richard, marchand tapissier, et ayant été introduit en un appartement au premier étage sur le devant, nous y avons trouvé et par devant nous sont comparus s" Joseph Vidal de Carcassonne, Juif, négociant, demeurant maison où nous sommes, paroisse Saint Séverin, et S'^ Jacob de Paul fils, aussi Juif, négociant, demeurant à Paris, rue Poupée,
quartier Saint André des Arts, susd. paroisse Saint Scvcrin. Lesquels nous ont dit que Jacob de Carcassonne, âgé de près de deux ans et demy, neveu dud. S"^ de Carcassonne comparant, et fils de s"" Bénédite de Carcassonne, aussi Juif, négociant, et de demoiselle Léa Dalpuget, pareillement juive, décédée, son épouse, est décédé ce jourdhuy vers quatre heures et demie du matin, dans un cabinet dépendant de l'appartement où nous sommes, occupé par led. S"" Bénédite de Carcassonne et par led. S"^ de Carcassonne comparant, de suitte d'une maladie de fièvre putride dont il a été attaqué il y a environ huit jours, sous l'empire de la religion judaïque, que professe led. S'' son père et que professoit la d. D™^ sa mère, et sous l'empire de laquelle religion led. enfant est né, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de constater led. décès et de faire ordonner l'inhumation dud. Jacob de Carcassonne conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé :
Joseph Vidal de Carcassonne, Jacob de Paul fils.
Sur quoy nous. Conseiller du Roy, commissaire susd., avons donné acte auxd. S''^ de Carcassonne et de Paul comparants de leurs comparutions, dire et réquisitoire cy dessus, et de ce qu'il nous est apparu dans une chambre sans cheminée à alcôve, au premier étage, ayant vue sur la rue de la Harpe, et dépendant de l'appartement où nous sommes, d'un corps mort d'un enfant mâle étendu sur le carreau et enveloppé d'une couverture de laine blanche, lequel corps lesd. S''^ comparants nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences être celui dud. Jacob de Carcassonne fils.
Et pour faire ordonner l'inhumation dud. Jacob de Carcassonne fils, nous nous transporterons au plutost es hôtels de Monsieur le Procureur du Roy et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet.
Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour serv'ir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous Commissaire :
Joseph Vidal de Carcassonne, Jacob de Paul fils. Formel.
Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. Jacob de Carcassonne être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, au cimetière des Juifs, à la Villctte, et être enjoint aux officiers du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 19 septembre 1774. Moreau.
Soit fiiit ainsi qu'il est requis. Fait ce 19 septembre
(En marge) : Rapporté en juillet 1781. Trois livres.
8 octobre 1774. — Acte de décès de Mindel, fille de Hirche Abraham. Y 15282.
Du samedy huit octobre mil sept cent soixante quatorze, sept heures du soir.
Nous, Hugues Philippe Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Maubuée, dans une maison appartenante au S"" Gautier, bourgeois de Paris, dont la boutique est occupée par un fruitier, où étant, et introduit dans une chambre au troisième étage ayant vue sur lad. rue, y avons trouvé et par devant nous sont comparus Lion Zacharie, Juif Polonais, demeurant à Paris, rue Saint Martin, près Saint Merry, et Lambert Lambert, Juif de Metz, demeurant rue des Vieilles Étuves Saint Martin.
Lesquels nous ont dit que la nommée Mindel, âgée de seize mois, fille de Hirche Abraham, Juif Polonais, et de Fratier, sa femme, proffessant la religion judaïque, est décédée ce jour d'huy quatre heures du matin dans lad. chambre, de suitte de maladie, et comme ses père et mère étoient dans l'intention de l'élever dans lad. religion, les comparans requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation à la Villette, dans le cimetière des Juifs. Desquels comparution, dire et réquisition nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre d'cnf;int gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparants nous ont déclaré estre celuy de lad. Mindel, il a été laissé dans lad. chambre pour v demeurer jusqu'à ce qu'il ait été par M. le Lieutenant général de police statué sur lad. inhumation et sur le contenu au présent procès verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir ce que de raison. Et ont les comparans signé avec nous : DucHKSXE, Lion Zacharie, Lamber Lamber.
Wi le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. Mindel estre inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et estre enjoint aux officiers du guet et
de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce huit octobre 1774.