Avec seconde signature en hébreu
AU XVIIl'^ SIECLE 20I
Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. Félicité, femme Cahcn, être inhumé, en la manière accoutumée, à la Villette, dans le cimetière des Juifs, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en seront requis. Fait ce trois may M\'II' soixante dix huit.
MûREAU.
Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce trois may 1778.
Lexoir.
13 mai 1778. — Acte de ilécès d'Anne Lêv\, femme de Jean Lacoste. Y 10796, cahier spécial intitulé : « Procès-verbaux pour les Juifs », pièce i.
L'an mil sept cent soixante dix huit, le mercredy treize may, huit heures du matin, en l'hôtel et par devant nous Jean Graillard de Graville, avocat en Parlement, conseiller du Roy, commissaire enquesteur et examinateur au Châtelet de Paris, est comparu Jacob Lacoste, marchand, Juif, demeurant à Paris, rue du Foin, paroisse Saint Séverin, chez la 0*= Lahaye, logeuse.
Lequel nous a dit que Anne Lévy Lacoste, sa femme, est décédée il y a environ une heure, à la suitte de maladie. Pourquoy nous requiert de nous transporter en sa demeure susd. à l'effet de constater lad, mort, recevoir les déclarations de qui il appartiendra, et ordonner son inhumation au cimetière des Juifs, à la Villette, en la manière ordinaire. Et a déclaré ne sçavoir écrire ny signer, de ce par nous interpellé suivant l'Ordonnance.
Sur quoi nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons donné acte audit Jacob Lacoste de ses comparutions, dires et réquisitions ; en conséquence sommes transporté avec lui rue du Foin, en une maison tenue garnie par la D" Lahaye, et monté en une chambre au premier étage ayant vue sur lad. rue, avons remarqué étendu sur un lit un cadavre féminin,- que l'on nous a déclaré être celui de Anne Lévi Lacoste, et avons trouvé dans lad. chambre différentes personnes, l'une desquelles a dit se nommer Aaron Vidal, Juif, négociant et sindic de la nation juif, demeurant rue et paroisse Saint André des Arts, et David Léon, négociant, Juif demeurant susd. rue du Foin, lesquels nous ont attestés que ladite Anne Lévi Lacoste est décédée ce jour d'huy à sept heures du du matin, à la suite de maladie. De laquelle déclaration ils nous ont requis acte, que leur avons octroyé, et avons ordonné qu'il en sera par nous communiqué à Monsieur le Procureur du Rov, pour
être par lui requis ce qu'il appartiendra, et ensuite il en sera aussi par nous référé par devant Monsieur le Lieutenant général de police pour être ordonné ce qu'il avisera, et jusqu'à ce, le corps de lad. femme Lacoste est resté en la garde et possession de son mary, qui s'en est chargé pour en faire la représentation quant et à qui il appartiendra. Et a ledit Lacoste réitéré sa déclaration de ne sçavoir écrire ny signer, de ce interpellé suivant l'ordonnance ; à l'égard desd. S" Léon et Vidal, ils ont signé avec nous ces présentes, où cinq mots sont raies comme nuls.
Aaron Vidal, Sindic ; David de Léox, De Graville.
Vu le procès verbal cy-dessus, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. Anne de Lévi Lacoste, femme Jacob Lacoste, être inhumé nuitament, sans bruit, scandale ni apareil, dans le cimetière des Juifs, à la Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fais ce treize may mil sept cent soixante dix huit.
MOREAU
Vu les conclusions du Procureur du Roy, nous ordonnons que le corps de lad. femme Lacoste sera nuitament inhumé, sans bruit, scandale ny apareil, dans le cimetière des Juifs, à la Villette, en la manière acoutumée, et enjoignons aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est, et sera notre présente ordonnance exécutée nonobstant opposition ou appellation quelconques et sans y préjudicier.
Fait ce treize may mil sept cent soixante dix huit '.
Non signé.
ii8.
24 mai 1778. — Acte de décès d'Anne, femme d'Emmanuel Simon. Y 1528e.
Du dimanche vingt quatre may mil sept cent soixante dix huit, entre midy et une heure.
Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes trans-
I. La signature du Lieutenant de police manque ici comme aux autres pièces du même cahier, le commissaire s'étant sans doute réservé de les faire toutes signer d'un coup.
porté rue aux Ours, maison du S'' Fontaine, teinturier, où étant monté au premier étage et entré dans une chambre sur le derrière, par devant nous sont comparus Mayer Hadamar, agent de la Communauté des Juifs de Metz, demeurant à Paris, rue Saint Martin, cliez le S"" Anginot, marchand boursier, et Cerf Spir, Juif de Sarrelouis, demeurant rue Geoffroy Langevin, maison de la demoiselle Juvelin, fruitière.
Lesquels nous ont dit que Anne Simon, femme d'Emmanuel, Juif de Dort ' en Hollande, âgée de vingt sept ans, est décédée vendredi dernier à six heures et demie du soir, d'une fièvre putride, dans lad. chambre, proffessant la religion judaïque. Pourquoi ils requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, sans frais, attendu leur pauvreté. Desquels comparution, dire et réquisition, nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre gissant sur de la paille étendue sur le plancher de laditte chambre, que les comparans nous ont déclaré estre celuy de laditte Anne Simon, femme Emmanuel, et est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur laditte inhumation et sur le contenu au présent procès-verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir ce que de raison.
Cerf Spir, Duchesne, M. Hadamar ^.
Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. Anne Simon, femme Emmanuel, être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée et être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce vingt quatre may 1778.
Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce vingt quatre may 1778.
Lekoir.
* [Au procès-verbal est joint un certificat d'indigence donné par Hadamar, au nom de Nanette Simon. — - Au dos du certificat une note d'une autre main porte : « Le concierge des Juifs demeure à la Villette, à l'Etoille ; c'est un aubergiste »].