RAPPORT SUR LA QUALITÉ DU PAPIER D'IMPRESSION DE L'ACADÉMIE
Lu à la séance de l'académie du 6 février 1841.
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Mes honorables confrères MM. Martens et De Hemptinne s'étant chargés d'examiner le papier servant aux impressions de l'académie, le premier , sous le rapport de son collage et de son blanchiment, le second, sous celui des malières calcaires qu'il pourrait contenir, je me suis occupé plus spécialement des matières premières qui ont servi à sa fabrication.
Le papier, dit M. Piette (Truité de la fabrication du papier, pag. 16), est un produit de substances filamenteuses végélales extrêmement divisées par la trituration. Je conteste la justesse de celte définition. Le papier est un feutre où tout ce qui a servi à le faire, est encore reconnaissable après sa fabrication. Il n’est pas un seul élément, soit végétal, soil animal, propre à faire du papier, qui ne puisse facilement se déterminer aprés coup. La dissection du papier doit se faire au microscope ; elle révèle à l'instant la nature de ses matériaux. Ces matériaux ne sont pas toujours des fibres végétales. Il y a du papier formé de poils de plantes, d’autres de fils de soie ; le prétendu papier de riz est une moelle d’Æschynomena où toutes les cellules sont visibles et en place, etc. En Belgique , le papier se fabrique surtout avec du lin, du chanvre et du coton. Le pleurenchyme du lin et du chanvre est la substance qui
forme les deux premiers , et ce pleurenchyme est fort dif- LES
férent dans le chanvre de ce qu'il est dans le hin. Le papier de coton est formé de poils plats et rubannés, Ce dernier est moins durable que le papier de lin, parce que les poils de coton ont moins de téuacité et de force que les fibres pleurenchymaleuses du lin et du chanvre. L’académie a donc intérêt à ne pas se faire imprimer sur coton. Mais, la la compagnie peut être tranquille ; je n'ai pas découvert une brindille de colon dans le papier de M. Hayez.
Le papier de chanvre est moins beau que le papier de lin. Je ne crois pas que l’un soit moins durable que l’autre. La sécurilé qu’on doit chercher dans ces papiers repose sur l'absence de tout parenchyme, car celui-ci est bien moins solide que le pleurenchyme. Le papier trop parenchymateux se déchire facilement, il se désagrége par l’humidilé, Au contraire, le papier pleurenchymateux où les fibres sont loin d’être arrivées à une extrême division par la trituralion , résiste à la traction et à l'humidité, Le papier de l'académie, première qualité, est du papier pleurenchymateux, qui n'offre aucune chance de destruction prochaine; celui de deuxième qualité est plus destructible ; il est moins pur. Gelui-ci est du papier de chanvre et de lin mélangés , mais le lin y est surabondant ; le papier n° 1, est formé de lin pur.
Je me suis occupé de læx délerminalion des caractères microscopiques des malières papyrantes, qu'on me pardonne ce mot, et j'aurai l'honneur de présenter un mémoire sur la dissection du papier, à l'académie.
En attendant que j'aie fini la rédaction de ce mémoire, je puis dire que, dans mes prévisions, les collections académiques ne sont destructibles que par les causes ordinaires et connues, contre lesquelles il est du devoir de tout bon bibliothécaire de prendre ses précautions.