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HYDROPHYTES DE BELGIQUE

Nole communiquée à la séance de l'académie du 6 février 1841.

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J'ai l'honneur de présenter à l'académie mon second mémoire : Æistoire du genre Hydrodictyon de Roth , faisant partie de mes Æecherches sur les Hydrophytes de Belgique, dont la compagnie a bien voulu décider l'impression dans ses mémoires. Dans ce travail accompagné d'une planche coloriée représentant les détails de Ja structure de l’ÆZydrodictyon, je donne d’abord un aperçu historique sur les travaux publiés relativement à cette plante si remarquable. Dans la taxonomie de ce genre, je m'attache à démontrer la nécessité de fonder dans l’ordre des Confervacées (algues) une tribu nouvelle : les Zydrodictyeés. J'y décris l'Æydrodictyon utriculatum de notre pays. Mais, la partie où je me suis livré à plus de recherches, est celle qui traite de l’organographie et de la physiologie de cette espèce. C’étail un problème d'histoire naturelle que la formation d’une nouvelle Hydrodictye dans le tube de l’ancienne. Meyen, avant de mourir, exprima le désir qu’on cherchät sa solution. Je l'ai tentée et je crois avoir prouvé qu'à cel égard mes prédécesseurs n’ont pas été heureux. À une certaine époque, l'endochrome de l'Hydrodictye entre en mouvement et c’est à la suile de ce signe de haute vitalité que les spermacystes exerçant une

action de fécondation sur la matière chlorophyllaire, déterminent la formation d’un nouveau sac réliculé. J'espère que ce travail avancera nos connaissances physiologiques.

Le second mémoire que j'ai l'honneur de présenter à l'académie au nom de M. Auguste Morren, ancien professeur de physique et de chimie au collège royal d'Angers. et actuellement proviseur de cet établissement, et en mon nom propre, traite d’un objet directement plus utile à l'homme. Ce sont des Recherches physiologiques, zoologiques , botaniques et chimiques sur l'influence qu'exercent la lumiere, les alques et les animalcules de couleur verte ou rouge contenus dans les eaux stagnantes et courantes sur la quantité et la qualité des gaz que celles-ci peuvent contenir. Ces travaux peuvent être considérés comme le troisième mémoire de mes AÆecherches physiologiques sur les hydrophytes de Belgique. D'après le travail de MM. de Humboldt et Gay Lussac, sur l’eudiométrie, on sait que dans son élat normal, l’eau des fleuves ou l’eau distillée bien aérée , contient en dissolution environ le ‘25 de son volume d'oxygène et d’azcte dans les proportions de 32 d'oxygène et 68 d'azote. M. Auguste Morren chargé d'analyser les eaux de la ville d'Angers, trouva de 56 à 58 pour 100 d'oxygène dans celle d’un vivier, et de nombreuses expériences qu’il expose dans nolre mémoire lui firent découvrir que celle quantité variait aux différentes heures de la journée. Le matin, l'air de l’eau contient 25 p. ‘, d'oxygène, à midi 48 p. ‘4 et à cinq heures après-midi 61 p. °,,au mois de juillet. Les jours pluvieux l'oxygène v’atteint que 28 p. ‘,. Avec l'absence de l'insolation et de la chaleur, ce gaz décroît. Des recherches très-suivies ont fait voir que ces différencés dont les conséquences peuvent être de la plus haute influence

sur l'hygiène, le jardinage, l’agriculture, et cette foule d'arts où l’eau joue un grand rôle, tiennent à l'effet produit par les algues et les animalcules qui y vivent. Nous avons donc dû nous allacher à connaître dans tous leurs détails et l’organisation et la vie de ces êtres organisés, Nos recherches se sont surtout portées sur le Tessararthra fasciculata , le Chlamidomonas pulvisculus, le Gonium pectorale elc., et le Discerwa purpurea , être dont nous ayons dû créer un genre nouveau. Ce dernier colore les eaux en rouge. L'oxygénation dé l’eau produite sous l'influence soit de la lumière solaire, soit de la lumière diffuse , tourne tout entière au profit de l'atmosphère qui, chaque nuit, lui enlève rapidement l'oxygène que l’eau pourrait posséder. Celle série de phénomènes a lieu presque toute l’année ; elle commence dans les premiers jours de mars jusqu'aux pluies d'octobre et de novembre. Par un beau jour où l'oxygénalion peut quelquefois être portée à 61 ou 62 p. ‘L, on voit qu'un pied cube d'eau contenant de l'air riche à ce point en oxygène, laisse pendant la nuit dégager 0,016 pieds cub, d'oxygène parfaitement pur, ainsi, 8000 pieds cubes, formant la quantité de l’eau du vivier qui servait aux expériences, laissent dégager 128 pieds cubes d'oxygène pur. Or, 128 pieds cubes, quantité dégagée pendant la nuit, peuvent former avec de l'azote un volume d’air da id égal à 609 pieds cubiques.

Si l’oxygénation de l'air de l’eau descend à 18, 19 et 20 p. °, dans l'air qu’elle dissout, un grand Re de poissons ne peuvent y vivre ct ils meurent d’une véritable asphyxie. Le 18 juin 1835, une grande quantité de poissons périrent ainsi dans la Maine, et c’est à ce phénomène qu'il faut attribuer dans certaines circonstances la mort subite d’une foule de ces animaux. Puisque les Conferves , les Os-

cillatoires el ce nombre si considérable d'algues vertes et d'animalcules verts ou rouges que contiennent nos eaux, sont les agents de cetle formation d'oxygène dans l'air dis: sous dans l’eau, on voit de suile que ces plantes ne doivent pas être détruites dans les fontaines publiques, les abreuvoirs, les eaux stagnantes, les réservoirs où ils exercent un effet si utile, surtout parce que beaucoup d’entre eux sont fixes el ne peuvent suivre les eaux qui découlent.

Ce mémoire est terminé par une suite d'observations sur un animalcule rouge qui oxygène aussi l'air de l’eau, le Disceræa purpurea, armé de deux appendices mobiles.

Je présente, en outre, à l'académie trois autres mémoires faisant tous partie de mes Æecherches physiologiques sur les hydrophytes de Belgique , savoir 1° Recherches sur la rubéfaction des eaux , suivies d'observations sur les apparences végétales que prennent les animalcules des familles des Monadines , Cryptomonadines et Astasiés (quatrième mémoire des Æecherches.) Après avoir donné dans ce travail, tout ce que j'ai pu réunir sur les observations publiées antérieurement sur la rubéfaction des eaux, depuis Moïse jusqu’à nos jours, je rédige deux tableaux dans le premier desquels je mentionne 20 espèces de plantes qui peuvent donner à l’eau l'aspect sanguinolent, et dans le second 22 espèces d'animaux qui peuvent produire le même effet. En Belgique, j'ai observé plusieurs fois des eaux rouges et j'ai trouvé que ce phénomène était dû , en ce qui concerne les animaux, aux Monas vinosa, Monas rosea, nouvelle espèce que j'ai trouvée dans les eaux sulfureuses des environs .de Liége, Trachelomonas volvocina que j'ai observée au haut des tours de Saint-Bavon à Gand et de Saint-Martin à Liége, Æ'uglena sanquinea , ammalcule commun en Flandre. Je communique à l'égard

de toutes ces espèces mes observalions propres, Dans l'eau rouge, tombée à Blankenberg le 2 novembre 1819, il y avait aussi des animalcules, mais on n'en a pas spécifié les sortes. Le 20 juillet 1829, j'ai observé dans des grelofs que j'ai recueillis sur la place Saint-Jean à Bruxelles, le PAilodina roseola d'Ehrenberg , animalcule dont l'organisation est fort compliquée. C’est aussi dans ce mémoire que je fonde le genre nouveau Disceræa, au profit d’un animalcule qui colore en rouge les eaux d'Angers et qui a été envoyé vivant en Belgique , par M. Auguste Morren.

2° Histoire du genre Hxmarococcus d'A gardh (cinquième mémoire des Recherches). Je discute les caractères des genres Protococcus et Hæmatococcus,et je conclus au rejet du premier. Le Protococcus nivalis,ce fameux être qui colore les neiges perpétuelles du pôle et des Alpes en rouge est un Âæmatococcus , si lant est que ce n'est pas un animal voisin des Trachelomonas el des Discerwa , ce que je crois bien plus probable. Je donne ensuile mes observalionssur les Hæmatococcus vesiculosus et À. mucosus , espèces nouvelles qui colorent en vert et en rouge nos eaux de Belgique.

3° Histoire du genre Tessararthra d'Ehrenberg(sixième mémoire de mes Recherches sur l’Hydrophytologie belge). Les Tessararthes sont des êtres singuliers que M. Ehrenberg classe: parmi les animaux , bien qu’il ne donne pas leur anatomie..Je les regarde comme des plantes qui s'accouplent deux à deux ou quatre à quatre. J'ai reconnu en Belgique les Tessararthra moniliformis Ehr. T. ampullacea, T. fasciculata, T.elegans el T. crispa, ces quatre élant des nouvelles espèces dont je donne l'histoire taxonomique et physiologique.

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