Portion de racine
a. Partie collée au marbre.
b. Mucus condensé ou substance qui colle.
c,d,e. Jeune spongiole.
f;g;h,i,k. Autre sporgiole. ( Voyez le texte),
OBSERVATIONS
Sur les efflorescences de quelques plantes ,
Lues à l'académie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles, le 7 mai 1841.
La surface de quelques parties des plantes peut être recouverte d’une poussière glauque, blanche, brune, etc., à laquelle les botanistes latins donnent le nom de pruina, gelée klanche , et qui peut, par son aspect externe, se comparer à une efflorescence. La glossologie a consacré les termes de pulvérulent , farineux, pruineux, pollinaire et
(-62 ) roride pour indiquer cet élat (1), où du moins ses prineipales modificalions.
Les physiologistes ont regardé cette poussière comme formée d'excrélions cireuses. On disait qu'elle sortait à l'état liquide de la surface du végétal pour se concréter à l'air (2), asserlion que nous démontrerons être inadmissible dans une foule de cas par nos recherches, mais qui est vraie dans d'autres. Celte sorlie à l’état liquide n’est pas une condition générale. Connue sous le nom de fleur du fruit, chez quelques fruits de nos tables, comme les prunes, les raisins, les figues, les épines-vinettes, etc., elle se régénère, lorsqu'elle a été enlevée , et M. Decandolle Jui trouvait celle différence physiologique avec la poussière glauque des feuilles des cacalies et des ficoïdes, où elle ne se reproduirait plus, parce que ce serait une excrétion formée seulement pendant la jeunesse des organes (3). Cependant M. Treviranus à vu renailre, sous des circonstances favorables , l’efflorescence qui recouvre les pédoncules du f'erula tingitana, et ce savant pense qu'il faut attribuer la non réapparition de celte poussière sur quelques parlies d’où on l'a enlevée, à la lenteur du travail vilal des organes (4).
Comme la cire sécrélée par quelques plantes (Ceroxylon , Myrica, etc.) se présente sous la forme d’une poussière glauque à la surface des végélaux, on n’a pas manqué d’attribuer celle nature cireuse à toutes les efflorescences bleuâtres, verdaires, blanches ou brunes qu’on voit naître
(1) Bischoff, Æandbuch der botanischen Terminologie, 1830, pag. 103. (2) Decandolle, Physiologie, 1832, tom. 1, pag. 229.
(3) /d. Ibid., pag. 252.
(4) Treviranus, Physiologie der Gewtichse, tom. 1E, 1838, pag. 44.
chez d’autres espèces. Nous croyons qu'aussi longtemps que des expériences chimiques ne sont pas venues prouver celle identité de nature, nous devons accepter cette assertion avec la plus grande circonspection. Le doule sur celte nature générale nous vient de ce que nous trouvons beaucoup de différences dans les formes organiques de ces efflorescences , el de ce que chez plusieurs nous observons des phénomènes particuliers que la cire ne nous offre pas.
Nous ne connaissons que M. Treviranus qui ait soumis les efflorescences bleues à l'inspection microscopique. Il leur a trouvé les formes, dit-il, tantôt de granules, tantôt de petiles écailles dont il est difficile, ajoute-t-l, d’attribuer l’origine au parenchyme de la feuille. Il n'entre pas dans de plus amples détails sur celle constilution , et notre intention en écrivant ces lignes, a été de compléter cette partie de la physiologie, en tant que cela dépend de nous.
Quant au but final pour lequel ces efflorescences ont été créées , on dit que c’est pour que les plantes ne se mouillent pas. On les compare aux canards qui graissent leurs plumes avec l'huile de leurs glandes suscaudales pour ne pas les laisser mouiller par l'eau , mais comme beaucoup de plantes glauques n'habitent pas les lieux humides, aqueux, ou les eaux mêmes, on est tenté de comparer celles des montagnes et des lieux secs à ces jeunes fashionnables qui se pommadent la tête pour que leur chevelure ne souffre point de Peffet des vapeurs atmosphériques. Il est vrai que l'observateur qui ne poétise pas ses remarques, ne sail pas se rendre à de telles idées, bien que M. Bouchet, cité par M. Decandolle, ait vu que les plantes efflorescentes ne se mouillent pas lorsqu'elles sont plongées dans l'eau.
M. Tréviranus fait observer que les végétaux des climats chauds et ceux qui aiment le grand soleil ont plus d'efflo-
rescence que les autres, et il ajoute un autre fait singulier , c'est que beaucoup de plantes litlorales sont plus glauques aux bords de la mer que dans nos jardins. Ce fait semble venir à l'appui de l'explication rappelée plus haut ; mais le professeur de Bonn ne voit la dedans qu’une suite de l'énergie plus grande des forces vitales qui siégent dans les issus de ces plantes qui naissent dans leur site naturel.
Le fait est qu'il y a des plantes qui, mouillées dans leur état nalurel, deviennent efllorescentes en séchant ( Zaminaria saccharina Lamx.), qu'il y en à où des organes qui n’onl rien à redouter de l'eau, comme des tiges fortes, sont couverts de poussière glauque (Rubus cæsius, Rubus idœus, Rubus occidentalis — Salix, sp. plur.), tandis que d'autres organes, qui devraient être plus protégés, n'en ont pas ; qu'il v a des plantes où la surface supérieure des feuilles est pruineuse (Ceroxylon), landis qu'ailleurs c’est la surface inférieure qui est telle (Calandrinia speciosa, Salix amygdalina, S. monandra, etc. }, et c'est même là le cas le plus commmun, quoique l'eau de la pluie ne doive point atteindre celte surface. Il y a des plantes où le pédoncule, le pédicelle et le calice sont comme couverts de farine, eux qui n’ont rien à craindre de l'eau, tandis que les pélales qui entourent les élamines sont glabres et nus (Primula auricula L. Var. farinosa). La pluie, par sa seule chute, frolle les fruits pruineux et les prive d’une poussière qui ne peut guère devenir prolectrice que contre la rosée ; la nature n'aurait pas, comme on le voit, atteint son but, si elle avait eu réellement celui qu’on lui attribue. Toutes ces considérations nous font penser que la cause finale de l'existence de celle poussière est encore à trouver ; mais il nous semble plus ralionnel d'y voir, ou une vraie exsudalion de parties inutiles ou nuisibles à la plante, ou
( 65) une desquammalion de son derme nécessitée sans doute au profit de la respiration végétale. La diMiculté du mouillage devient ainsi un but secondaire, mais le principal se rapporte à l'être Ini-même, à son hygiène, s'il est permis d'employer ce mot en parlant du règne végétal.
Nons allons entrer maintenant dans l'exposition de nos observalions propres. ÈS
Les efflorescences végétales affectent différentes formes qui les lient, d’une part , au rêgne minéral, de l'autre à l'organisme des cellules végétales. Elles varient de la forme du cristal à celle du poil, de la glande, de la lépide, en passant par quelques figures intermédiaires dont le globule est le type le plus commun. Des faits particuliers mettront ces généralités hors de toute contestation.
Voyons d’abord les elorescences cristallines.
M. le docteur Greville, dans ses excellentes //qæ britannicæ (1), en parlant du Zaminaria saccharina de Lamouroux, dit que l’efflorescence blanche, qui paraît à la surface de cette algue marine et de quelques autres espèces, aprés qu’on les a séchées, n’est autre chose que du sel commun. Les feuilles laissent cependant, ajoute-t-il, une impression de douceur sur la langue qui vient à les lécher. Nous pouvons assurer que l'efflorescence si abondante de celte plante n’est point formée par du sel, dontellene donne nullement le goût, mais de sucre qui paraît aux yeux el à la loupe sans aucune cristallisation, L'emploi du microscope à une grande augmentation fait reconnaître que celle efforescence se compose d'une foule innombrable de pelits cristaux allongés, prismaliques, à sommets tronqués, le plus souvent réunis, confondus deux à deux
(1) Edimbourg , 1830, pig. 34.
) / obliquement, de manière que 1
‘un des sommets est bifurqué. Tantôt ces cristaux, dont la longueur n'excède pas 5 de millimètre, sont réunis en ärbusecules, tantôt soudés en combinaison triangulaire, ayant du reste une foule d'autres formes, résultats de ces diverses soudures. On peut les voir représentés fig. XXV. Voilà donc une forme purement minérale de l’efflorescence végétale.
Sur d’autresalgues marines imprégnées de l’eau de la mer el qu'on lèche, on voit souvent des efflorescences de sel marin. Cela se conçoit facilement.
Les fruits du Vanilla planifolia ( Vanilla aromatica du commerce }), lorsqu'ils sont conservés pendant quelque temps dans des boîles de ferblanc bien closes, givrent c'est-a-dire qu'ils se couvrent d’une efflorescence cristalline nommée givre, el qui fait estimer davantage celte production. La vanille que nous récoltons annuellement à Liége, ne le cède point à cet égard à celle du commerce la plus belle, et les gousses que nous avons conservées de la riche récolte de 1840 (où un pied a porté 160 gousses mûres), sont en ce moment toutes givrées, sans que nous ayons dû employer pour cela, comme on le fait dans le commerce, de l'acide benzoïque. Gette cfflorescence est de deux nalures : une, cristalline, brillante, ayant des lames cristallisées visibles à l'œil nu et même longues de deux millimètres et plus ; l’autre, pulvérulente, d’un brun pale orangé passant à l'orange plus décidé et se distribuant par taches sur tou le fruit ou s’accumulant en quanlité à l'extrémilé de la gousse opposée à son pédicule (1).
(1) On dit en terme de commerce que la vanille est milée, quand elle offre cette seconde efflorescence. Ce terme semble indiquer que les négociants attribuent à une mite la production de cette poussière, ce qui est erroné, comme nous le démontrons ici.
Vue au microscope , cette efflorescence est aussi de deux natures : l'une cristalline ( voy. fig. XXVI c), en formede prismes à quatre pans el à sommets coupés obliquement, c'est de l'acide benzoïque, assurent les chimistes ; l'autre est cellulaire. Ce sont des cellules oblongues (fig. XX VI, a b) un peu fusiformes ou cylindriques, plissées, sèches, brunes, jaunes ou oranges, el a l'extérieur desquelles suinte une huile volatile, brune, odorante, Ces cellules de l’efflorescence brunâtre sont celles du placentaire qui se disloquent et finissent par sortir du fruit qui se retire sur lui-même.
On voit donc ici une efflorescence passer de la nature cristalline à une forme organique par le mélange dans la fleur de deux corps bien différents l’un de l'autre.
Les efflorescences globulinaires sont organisées; ce sont les plus communes, et c'est à celte forme anatomique qu'il faut ramener presque toutes les vraies poussières glauques (nous ne disons pas les surfaces glauques ).
Les globules de ces efflorescences ont pour caractéres généraux d'être tous similaires de forme, mais non de grandeur, laquelle varie selon les espèces; d'être tous blancs par réflexion, laileux, el un peu jaunes par réfraction; de devenir légerement mobiles lorsqu'on les met dans l’eau, où ils ont leur liberté de locomotion et de se mouvoir à la manière des corpuscules browniens. Peu à peu ces globules deviennent gluants, susceptibles de s'unir en rubaus, en boudins, et puis ils s'associent en amas ou en plaques superficielles, ce qui mène insensiblement à des efflorescences d'un aspect constant et déterminé.
Le Mesembryanthemum deltoides nous a offert les globules de son efflorescence si légère, les plus pelits que nous ayons vus (fig. XX }, de :4; de millimètre, et pourlant peu mobiles; ils sont moins opaques que les autres.
Le Mesembryanthemum maximum a une pruine plus
( 68 ) abondante, à reflet glauque. Ce sont tous globules égaux, uniformément répandus à la surface , équidistants et mesurant 45 de millimètre (fig. XXI).
Le Mesembryanthemum decumbens offre la même organographie avec une légère différence dans le diamètre de ses globules.
Les Cacalies, si remarquables par leur belle poussière glauque, ont aussi pour la produire la faculté de sécréter
à leur surface une énorme quantité de petits globules de “AE servi surtout d'étude microscopique. Sa poussière est d’un
de millimètre environ. Le Cacalia repens nous a
beau glauque lendre, uniforme, contrastant vivement avec le vert foncé du tissu sous-jacent. Les globules n’ont qu’une faible adhérence avec le derme, et lorsqu'on gratte celwi-c1, la matière pruineuse s'offre comme une poudre de chaux très-fine (fig. XXIT).
Sur cette espèce, on voit que les feuilles sont pourvues d’un derme très-solide , prismenchymateux (fig. XXIL, a), dont les cellules, quand on l'a détaché du diachyme, sont baignées par dessous d’une matière onctueuse qui ressemble à de l'huile, et qui forme dans l'eau du porte objet des yeux comme une matière grasse (fig. XXII, b). Les cellules dermiques sont recouvertes en dehors des innombrables globules de l’efflorescence blanche bleuâtre dont nous avons parlé (fig. XXII, c).
Le Cacalia ficoidea présente une organisation analogue.
On ne peut douter que celte efflorescence ne soit une excrélion globulinaire, produite par les cellules mêmes du derme, derme élevé ici comme dans tant d’autres cas, à l'organisation glandulaire. Cependant c’est dans les Cacalies qu’on voit l’efflorescence remplacée par une autre produclion dermoïde, par l'appareil pileux, el dans cette condition il n’y a plus de trace de l'existence de la poussière glauque.
Le Cacalia tomentosa offre ce système pileux très-devéloppé; il l'y est même d’une manière toute particulière, puisque les poils constituent un feutre naturel, tellement tissé, qu'ils s’enlévent comme un élui cotonneux de dessus le derme de la feuille ; ces poils sont longs, simples, rubanés , aplalis comme ceux du coton , mais beaucoup plus étroits ; ils se croisent obliquement pour former des losanges dans les intervalles desquels l'air séjourne. L’efforescence est annulée ici au profit du système pileux.
Sur le Xleinia suffruticosa (fig. XXWI—X XIV), la poussière glauque étendue sur les deux surfaces de la feuiile est aussi très-fine, globulinaire (fig. XXIV) , à granules trés-pelils, mais si on vient à la racler avec un scalpel, on la voit se prendre en petits boyaux continus (fig. XXII) de formes diverses, où les globules ne sont plus visibles par leur fusion les uns avec les autres en séries uni-globulinaires. Cette fusion s'accorde bien avec la nature cireuse qu'on attribue à l'efflorescence des plantes.
Le Calandrinia speciosa offre anssi une efflorescence rose et verte sur le derme inférieur de ses feuilles (fig. XII —XIIT). Les globules sont uniformément répandus en taches nébuleuses roses et vertes (XIE, c-d), mais toujours de manière que les stomates (XIL, a-b) soient épargnés. Autour des sphinclers roses des stomates s’élend de chaque côté une efflorescence rose. Ceci nous montre comment la nature opère pour ne pas gêner la respiration de la plante par l’excrétion cireuse, et cette disposilion nous confirme davantage que l'efflorescence globulinaire est réellement une excrétion.
Les globules de l’efflorescence du Calandrinia speciosa s'agglomérent aussi en boudins quand on les racle (XII), mais les globules v restent distincls, ce qui indiquerait
(70 ) chez eux une nalure moins cireuse que chez le Xleinia suffruticosa.
L'efflorescence de la prune ( Prunus domestica , fig. XXVIL) est la dernière de ce genre que nous examinerons 101 ; elle est formée aussi de globules similaires de 4; de millimètre, uniformément répandus el entremélés de quelques cellules aplalies qui se sont détachées de l'épiderme, comme l'épithélium se détache des membranes animales. Les globules de la prune finissent par se prendre en plaques et par se confondre.
Nous avons comparé ces efforescences globulinaires ,étudiées au microscope , avec la structure de la cire vue par le même instrument, La cire offre aussi des globules collés les uns aux autres et à peine distincts, comme les plaques ou les boyaux artificiels obtenus en raclant la poussière glauque des plantes. La constitution structurale est évidemment identique (1).
(1) À ce sujet, nous devons prendre date ici d’une observation que nous ne croyons pas sans intérêt pour l’art médical, l'hygiène et le commerce.
On sait qu’il y a différents miels vénéneux. Ce fait est connu depuis la plus haute antiquité , et l’on se rappelle quel fléau ils exercèrent parmi ies soldats de Xénophon dans le fameuse retraite des dix mille. On a attribué cet empoisonnement au nectar de l’Azalea pontica ,V Ægolethron des anciens, et à celui des #hododendron , des Kalmia , etc. Au Brésil, M. Jaume de St-Hilaire faillit périr victime , lui et ses compagnons, de la qualité vénéneuse du miel d’une abeille nommée Zecheguana. M. Seringe, à Lyon, constata aussi l’existence de ces miels dangereux. Cependant M, Lassaigne , qui décomposa de ces substances par les procédés chimiques, n’y découvrit aucun principe à qui l’on püt attribuer cet effet délétère. Où la chimie est restée impuissante , nous croyons que la micrographie doit dévoiler le mystère.
Nous avons soumis, il y a déjà deux ans, à l'inspection microscopique les différents miels qu’on vend à Liége dans les officines , et nous avons
Les efflorescences en amas sont encore des sortes d'efflorescences globulinaires. On les observe sur les raisins. Le derme (épicarpe) de ces fruits est formé de cellules ovoïdes , à parois très-épaisses el à c\loblaste très-grand, autour duquel se trouve un suc rouge plus ou moins foncé qui, avec d'autres corps particuliers (que j'appelle corenes el qui n'ont pas encore élé décrits), constituent la maliére colorante du vin rouge (fig. XVIIT, « b). Sur ce derme se trouvent excrélés des amas ovoïdes de poussière glauque , à globules assez gros (vov. fig. XIX).
Les elorescences utriculiformes se rencontrent sur une plante à qui elles donnent du prix aux yeux des horticulteurs, nous voulons parler des auricules. Cette jolie plante originaire des montagnes de la Suisse , du Caucase
reconnu qu’on trouve toujours dans cette substance des grains entiers et bien conservés des pollens différents , récoltés par les abeilles pour la fabriquer. Or , chaque plante a sa forme particulière de pollen, de sorte qu'un grain de pollen étant donné, la plante d’où il a été pris est connue. Aussi n’ayons-nous eu aucune peine à reconnaître dans le miel de nos boutiques, les pollens du Thym, des Erica, des Hauves , etc., tous facilement déterminables et parfaitement conservés.
D’après cela, on voit qu’il sera plus facile de s’assurer par le microscope que par le creuset de la nature de ces miels, et qu’on pourra toujours déterminer d’avance si un miel est vénéreux ou non. Il faudra tenir compte pour cela de la forme des pollens des plantes vénéneuses répandues dans nos jardins, nos champs et nos bruvères, et ce travail deviendrait dans ce cas, d’une haute utilité.
L'observation que nous publions ici, après l’avoir annoncée et démontrée publiquement dans nos cours à l’université, depuis deux ans , nous prouve aussi que, dans la préparation du miel , les abeilles sont loin de digérer le pollen ; il est probable que le nectar s’assimile plus vite et que les coques externes du pollen sont des matières à peu près indigestibles pour ces aniinaux.
Je reviendrai sur ce sujet.
et de la Syrie, formail en 1790 nne branche importante du commerce de Liége, au point que Maddock, dans son catalogue anglais de 1792, nommait Ziégeoise , toute une série de ces variétés. Parmi elles on a distingué, de tout temps, les farineuses. Or, qu'est ce que cette farine qui saupoudre les pédoncules , les pédicelles , les calices et les pétales de ces auricules ? Nous avons voulu nous assurer de sa nalure, et nous ayons trouvé que c’est une efflorescence utriculiforme très-singulière, dont l'anatomie est représentée de la fig. I à la fig. XI. Sur celle dernière on voit la coupe de la partie périphérique d'un pédicelle : a est le derme à cellules tabuliformes épaisses , à chlorophylle abondante , bles cellules du diachyme cortical et e d les deux formes de l’efflorescence. L
‘Cette efflorescence naît comme des utricules séparées, (fig. MI-IV-V-VI) qui diffluent ensuile ou crèvent pour réunir leur contenu sec et pulvérulent (fig. I-II). Chaque utricule a une membrane très-fine , qui se brise très-vile et qui s'aperçoit difficilement ; elle est blanche. Dans son intérieur se trouvent des globules secs , blancs, mates, de 4; de millimètre (VITE), des plaques de :4; de millimètre , de formes diverses (fig. VIII-X), des filets courts formés de globules peu nombreux (fig. IX). Tous ces corps, quand on les met dans l’eau, entrent en mouvement, comme de la malière brownienne. Les auricules étant fort odorantes, il est infiniment probable que ces corps sont couverts du principe odoraut qui, en s'échappant, leur donne une impulsion, car le mouvement n’a pas continué dans l'eau au delà d'une heure. Lorsque les utricules ont difflué, clles forment une masse amorphe, blanche, possédant des «nas divers dé ces corpuscules intérieurs, mais les amas indiquent eux-mêmes la présence antérieure des utricules.
mél. ni à: hs te...
Eufiu ,il y à des ePlorescences épithélimorphes qui menent les efflorescences glauques aux desquammations et aux lépides ou écailles. [lestévident que,dansle Tillandsia farinosa, le Pitcairnia straminea , les Bromelia, etc., on ne peut pas nommer efflorescence, les écailles scabieuses , blanches, qui recouvrent les feuilles. C’est une vraie desquammalion cellulaire qui s'empare, chez ces plantes , du système dermoïde, et ce phénomène conduit à cetautre, qu'on observe chez les Æippophæ , les Elæagnus , elc., l'existence d'organes particuliers intermédiaires entre les glandes et les poils, et qu'on a désignés sous le non de /épides. Or, le Thuya orientalis el d'autres conifères nous pré seulent sur leurs fruits une poussière glauque qui est déjà un passage à la desquammation (fig. XV, XVI, XVII). Cette poussière se compose d’une couche très-mince de portions blanches et sèches, disposées au-dessus d’un épicarpe dont les cellules sont perpendiculaires à ces portions (fig. XV, a ,e). De la chlorophylle jaune, résineuse ({g. XV, b),existe dans ces cellules, et la couche d , ou l’efflorescence, est formée de céllules épidermoïdales qui deviennent si fines qu'elles figurent un vrai épithélium où dans chaque cellule en payé, il y a encore une trace du cyloblaste (fig. XVI). Quelquefois ces cellules striées, plissées, sèches , ne présentent plus rien de ce corps (fig. XVI).
En établissant ces cinq classes d’efflorescences : 1° les eMorescences cristallines ; 2° les eforescences qlobulinaires ; 3° les eMorescences en amas ; 4° les eflorescences utriculiformes el 5° les efflorescences épilhélimorphes ,nous croyons avoir exprimé leur organologie générale, parce que toutes les autres observalions particulières que nous avons failes sont venues se ranger dans ces formes.
Quant à la question de savoir si ces efflorescences sor-