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L. Cellule à chlorophylle en hélice

m. Cellule à chlorophylle globulinaire en cercle. n Cellule à chlorophylle globulinaire en spirale, 0. Cellule à chlorophylle en amas,

p. Membrane des cellules.

6. Cellules achromes se divisant en 3 cellules secondaires (300

diamètres ).

A,B,C. Cellules primitives.

a. Cellule secondaire sans spiroïde, b. Une cellule où la formation des fibres a lieu. c. Idem.

d. Spiroïde jeune élargie.

7. Cellules achromes contenant un corpuscule vert (100 diam. ).

— 8, Cellule achrome à arceaux ( 300 diam.).

a. Cellules chromatogènes.

&. Cellule achrome.

(44 ) c. 8piroïde à arceaux ; partie élargie.

d. Partie rétrécie de l’arceau.

e. Ouverture.

Fig 9. Cellule semblable à anneaux.

— 10. Cellule semblable mixte, à anneaux, arceaux et spire.

TE

12, 13, 14. Diverses portions de spiroïdes détachées et brisées (300 diam.)

Portion de la tige du Sphagnum acutifolium.

a. Cellules de la périphérie.

b, Leur jonction.

c. Leur ouverture.

d, Cellules vertes centrales.

OR ES Re ARR SR 2 A A 7 PO 2 7 PS De TT ——— ——— ——— —— —— ——————— ——————— —…—"—__—— — ———"" —— —— ——— ——————————— …

RECHERCHES

Sur l'anatomie et la physiologie des Fontinalis.

Travail communiqué à l'académie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles dans sa séance du 3 avril 1841,

Les observations que j'ai présentées sur la formation des utricules dans mes Recherches sur le tissu cellulaire des Mousses et dans celles sur l’inenchyme des Sphagnum , méritaient bien, ai-je pensé, d’être appuyées par de nouvelles remarques, que j'ai eu l’occasion de faire en étudiant la structure des Fontinalis ; ce sont ces remarques que je vais exposer dans ce Mémoire. Je crois qu’elles ne seront pas inutiles pour l’histologie, parce qu'on sait encore fort peu sur la formation des tissus dans les cryptogames, en général , et dans les mousses, en particulier, famille où le üssa cellulaire prend définitivement la forme qu’il revêt dans les organismes plus élevés, mais placée précisément à la mile inférieure de ces coupes où l'on commence, pour

( 46 ) la première fois, à observer ce tissu avec tous ses caractères. Cette réflexion, déjà faite par M. Treviranus ( Physiologie,l.1, p. 182), devait m’engager à étendre mes études partüiculiérement sur les plantes de cette intéressante famille.

C'est sur le Fontinalis antipyretica (1) que j'ai fait surtout mes observations.

On sait que M. Hornschuch voulait que des filets confervoïdes formassent par leur réunion les organes foliacés ou foliiformes des Mousses ( Zeta naturæ curiosorum , 1. X, 2° partie, p.515). M. Link qui, dans ces derniers temps, a donné à ces organes le nom de feuilles (Æ/ementa philosophiæ botanicæ, tom. 1, p. 213 ), explique leur formation d’après la théorie de M. Hornschuch ; à la base de la tige, ditil, des séries de cellules sortent et forment ainsi des feuilles primordiales confervacées qui, d’après cela, sont constituées par de telles séries de cellules. Il est vrai que le célèbre professeur de Berlin ajoute qu’il n’a jamais vu de séries de cellules ou des filets corfervacés passer ainsi à l’état de feuilles.

Or, quand on vient à effeuiller le sommet d’une jeune branche de Fontinalis antipyretica , on trouve des feuilles à tous les âges, à tous les degrés d'évolution, et entre elles des filets confervoïdes semblables à ceux dont parle M. Hornschuch. Mais, par cela même, on est bientôt convaincu

(1) M. Kickx, dans sa Flore cryptogamique de Louvain (p. 38), cite le Fontinalis antipyretica , comme se trouvant à Hal, à Wavre et à Westerloo. Le fait est que cette espèce est fort commune dans le Brabant ; on la rencontre au centre même de la ville de Bruxelles, dans les fontaines de la cour de l'hôtel de viile, par exemple, et dans d’autres fontaines publiques Le Fontinalis antipyretica abonde dans la Vesdre ‘dans POurte et aux environs de Liége. Le F'ontinalis squamosa se trouve dans la Meuse, à Liége même, et dansla fontaine de Nessonvaux , entre Liége et Verviers.

que ces filets ne forment poiat les feuilles , car on voit celles-ei naître et grandir, prendre forme et lissu, se développer en lames carinées sans que les filets confervoïdes n’entrent pour rien dans leur composition. Je dois cependant décrire ici ce que j'ai vu dans ces filets, parce que les phénomènes qui s’y passent ont une grande analogie avec ceux qui ont lieu dans les feuilles elles-mêmes. Mes observations ont, du reste, été vérifiées sur d’autres mousses, comme les Hypnum , par exemple , où ces filets sont aussi trés-visibles.

Sur le Fontinalis antipyretica, les filets confervoïdes du sommet des innovations ou jets sont ou courts ou allongés (fig. 1,a, b), cylindroïdes , et formés d'articles articulés les uns aux autres. Les articles du bout libre sont beaucoup plus longs que les autres et plus clairs, plus transparents. Ceux de la base sont courts, à tel point que trois d’entre eux équivalent à la longueur d’un seul du bout terminal. Au milieu des articles courts, on voit une bande verte, formée par de la chlorophylle viscoso-grumeuse, à son premier état de développement. Au-dessous et au-dessus de cette bande, l’article présente deux espaces clairs qui ont l'air souvent d'être deux bulles arrondies par les limites que leur donnent, d'une part, le ménisque concave de la bande verte et le diaphragme qui sert à séparer un arlicle de son voisin. Ces bandes vertes finissent par se rétrécir , par se condenser, et alors elles deviennent de vraies cloisons qui limitent autant de cellules distinctes. Par suite de celte genèse de cellules secondaires qui proviennent de la division d’une cellule primitive , on s'explique pourquoi les cellules terminales de ces filets confervoïdes sont plus grandes que celles de la base. C’est qu’elles ne se sont pas encore divisées. En suivant, fg.1,decen d,e eten f, g, h les diverses gradations, on s'expliquera bien la

( 46 ) multiplicationdes cellules dans ces filels par voie dedivision.

On voit d'après cela que ces filets ont certainement la nature des conferves, et on serait tenté de les assimiler définitivement à ces formes d'algues, si on ne savait aujourd'hui que mulliplier ses cellules par des divisions cloisonnaires est un caractère qui appartient à une foule d’autres plantes, que c’est un phénomène physiologique général.

J'ai voulu faire ressortir celle idée avant d'entamer l'histoire des feuilles du Fontinalis , parce que chez elles aussi, nous verrons la malière viscoso-grumeuse xerle se condenser en parois cellulaires, et former des membranes par la solidification d'une chlorophylle d’abord étendue, puis limitée à de certains espaces.

M. Mirbel considère les organes appendiculaires des Mousses comme de véritables feuilles qui, « effilées, étroites , aiguës, luisantesetsalinées, recueillent et aspirent l'humidité, décomposent l’eau et l'acide carbonique, retiennent l’hydrogène et le carbone el rejettent l’oxygène du gaz acide de même que les feuilles des autres végétaux. » ( Éléments de physiologie végétale. 1815, tom. 1, p. 389.)

Kurt Sprengel vit dans la production des feuilles tout le but de la végétation des Mousses. Cependant , ajoutait-il, elles sont simples, privées de pétiole, et si quelques-unes ont des nervures, aucune n’a de veines. ( Anleitung zur Kenntniss der Gewächse. 1817, tom. IL, p. 75.)

M. Hornschuch , dans ses observalions sur la métamorphose des organismes inférieurs, regarda les Conferva frigida , castanea et autres, comme le premier état des Mousses. Les filets se réuniraient les uns contre les autres, de sorte que, pour constituer la feuille, les filets les plus grands avoisineraient d’autres plus petits ; ou bien les filets confervoïdes formeraient réseau , comme dans l’Æfypnum

(49 ) riparium , el conslilueratent la feuille par le réseau même. (Æinige Beobachtungen und Bemerkungen über die Entstehung und Metamorphose der niederen vegetabilischen Organismen. Act. xar. cur., 1821, vol. X , p. 513.) Dans ce système , les organes appendiculaires des Mousses seraient toujours des feuilles , mais ils naîtraient de la tige par une divaricalion des filets confervoïdes, comme les feuilles naissent sur les tiges des plantes supérieures par une divarication des fibres liées entre elles par du diachyme.

Bridel regarda les filets confervoïdes comme des feuilles radicales et comme des stolons ( Muscologia recent.,t. I, p. 1), et plus tard, en envisageant la vie des Mousses partagée en trois périodes, il prend les filets confervoides pour des cotylédons, au centre desquels existe le germe de la plante, qui, arrivée à sa seconde période de croissance, divise ses filets. Les feuilles sont, pour cet auteur, de vraies feuilles analogues à celles des autres plantes. (Species muscorum ; P. 3.)

M. Decandolle père, doute sur la nature des organes appendiculaires des Mousses. « Ce qu’on a appelé feuille dans ces végétaux diffère beaucoup , dit-il , des feuilles ordinaires. » Ces organes ne sont pour lui que des expansions de la tige tout à fait homogènes avec elle, les cellules y sont disposées sur un même plan et on ne peut les dédoubler. (Organographie, 1827, lom. 1, p. 374).

M. Bischoff d'Heidelberg regarde les feuilles des Mousses comme de vraies feuilles, bien distinctes, et dont la base est soudée à la tige. (Lehrbuch der Botanik, 1833, tom. 1, page 113.)

M. Kutzing revint par de nouvelles observations à Ja théorie de M. Hornschucbh. Il vit des filets confervoïdes du Protonema , constituer le Webera pyriformis , et des co-

niocysies eucore allachés aux filets dont la réunion formait la tige de la Mousse. Il vérifie ainsi le fait signalé déjà par Fr. Nees von Esenbeck , que c'est par un enlacement de ces filaments que la Lige des Mousses était formée.(/Zs4s, vol. XV, p. 762, Ueber die Entwickelung der Moose.) Mais eet observateur ne parle pas de la formation des feuilles par ces filets ; il ne figure pas ce qu'a figuré M. Hornschuch, c’esta-dire des feuilles constituées par des filets articulés soudés dans un plan. Les figures de M. Kutzing indiqueraïent même que c’est tout autrement qu’il a concu la formation des feuilles.(Zinnæa,tom. VIT. Ænn.des sciences naturelles ; Pot. , 1834, 1. II, p. 217 et suiv.)

M. Link étudia beaucoup la nature des feuilles des Mousses. Elles différent , dit-il, de celles de toutes les autres plantes, à l'exception des Lyeopodiacées. Toujours sessiles, jamais pétiolées; toujours simples, jamais ni composées, ni divisées , elles sont quelquefois simplement dentées au bord, leur diachyme serait caractérisé par des cellules à cinq angles (ce que je ne crois pas exact), et entre elles il y aurait parfois des méats intercellulaires qui, verts, feraient croire à des vaisseaux rampants entre les cellules. La membrane des cellules serait verte par elle-même (ce que je ne crois pas exact non plus), et on la trouverait verte en regardant les paroïs verticales doubles de deux cellules juxtaposées , mais non si on regarde une paroi horizontale étendue. Quoique cet auteur ait traité très-spécialement des modes divers sous lesquels s'offrent et la lame, et le pétiole et la portion vaginale de la feuille, il ne lui vint pas à l'esprit de comparer les feuilles des Mousses à un pétiole ( phyllodium ) plutôt qu'a une vraie lame, (Elementa philosophiæ botanicæ , 1837, 1. 1, p. 486.) J'ai déja dit plus haut que M. Link déclare n'avoir pu retrouver dans les Mousses les

( 51 ) filets confervoides constituant des feuilles comme le voulait M. Hornschuch.

Au milieu de ces discussions , il devait être intéressant pour moi d'étudier la genèse des feuilles des Mousses, et en particulier de celles des Fontinalis. D'une part, s'il est vrai, comme l’affirme M. Link dans sa Philosophie botanique (tom. I, p. 438), que toujours toute la feuille, quand le bourgeon s'ouvre, paraît en entier , avec toutes ses folioles , toutes ses divisions , sa base, son bout et ses bords, le tout bien petit sans" doute, mais le tout bien formé ; — si cela était vrai, 1l devenait curieux de décrire le mode de formation de la feuille chez cette Mousse, où la feuille à d’abord la forme d’une lame sans cellules , où les cellules se constituent plus tard, où le sommet prend sa forme avant la base ,où se passe ainsi une succession de phénomènes dont la connaissance n’est pas ou ne saurait être sans intérêt pour la science. D’une autre part, il devenait tout aussi intéressant de déterminer , si possible, par la genèse de la feuille, si celle-ci est bien une lame foliaire ou si ce n’est pas un pétiole foliacé , comme on l’a admis dans les Iridées, les Amaryllidées , les Liliacées, etc., si, par conséquent, ce n'est pas un vrai phyllode, idée à laquelle se sont ralliés MM. Martius, Hornschuch et d’autres, tout en modifiant toutefois celle qu'on doit se faire du phyllode Iui-même.

A l'égard de cette idée de voir dans les feuilles des Mousses des phyllodes, il faut d’abord bien s'entendre sur Ja nature de celui ci: «Il arrive quelquefois, dit M. Decandolle, surtout quand le limbe des feuilles ne se développe pas, que le pétiole , sans être engaînant à sa base , se dilate dans sa longueur tout entière en un état intermédiaire entre l’état foliacé et l’état pétiolaire, et alors il a reçu le nom de

Phyllodium. » (Oryanographie , 1. X, p. 282.) M. Lindles

est encore plus clair : « When the petiole is leafly and the lamina is abortive it is called Paxixonru. » (Key to Botany, 1835 , p. 15.) On voit clairement par ces définitions, pour lesquelles nous pourrions élendre les citalions, que dans l'esprit des auteurs , le phyllode est un pétiole affectant la forme d’une lame; mais, c’est toujours un pétiole de sa nature.

Dans les Æcacia phyllodinea , je crois que le phyllode représente les folioles, lesquelles sont soudées entre elles dans la position même qu’elles affectent en dormant. Ces folioles, dont les bourgeons sont placés dans une position analogue à celle qu’elles offrent plus tard quand, bien développées , elles dorment la nuit. C’est alors que les tissus se sont soudés. C’est ce qui explique pourquoi le phyllode qui en résulle , est perpendiculaire à la direction d’une feuille ordinaire, circonstance essentielle , dont la théorie candollienne ne rend pas compte. Ces phyllodes foliolaires ont en outre leurs deux surfaces latérales organisées comme les surfaces inférieures des folioles. Or, un tel phyllode ne vient donc pas d'un péliole ou de pétioles modifiés, mais bien de folioles. Peut-être conviendrait-1l de lui donner un nom qui exqliquât sa ualure et ledifférenciàt du vrai phyllode pétiolaire. En ce cas, je proposerai celui de phyllome (Pudoux, feuillage ).

Le phyllode pétiolaire existe bien dans les Zathyrus aphaca , Indigofera juncea, Stelitzia juncea, ete. Je lui laisserai le nom propre de phyllode (Dune, ce qui resremble à une feuille).

Mais, dans les Mousses, les Lycopodiacées ,. MM. Martins, Hornschuch , Spring, etc. , regardent les feuilles comme élant dans un état rudimentaire où la portion vaginale, le péliole et la lame ne sont pas encore distincts, et où, par

(55 ) suile de celle non-polarisation des parties, la portion verte, laminaire , est un organe qui ressemble seulement à une feuille , sans être une vraie feuille ; d’où suit leur avis de comparer ces feuilles à des phyllodes. .

On voit que, dans cette manière d'envisager les choses, ce mot de phyllode n’a rien de comparable avec l’idée qu'il exprime dans les Acacias, où cet organe provient de folioles soudées , ni avec l’idée qu'il exprime dans les Liliacées, etc., où le phyllode est un pétiole déguisé. Peut-être ferait-on bien de désigner sous le nom de phyllidie (pnx1xirum) cet état de la feuille où elle ne fait que ressembler à une lame sans être effectivement cette lame seule, et cela à cause de la confusion où sont encore à cet état et la gaine, et le pétiole et la lame. M. Hornschuch s’est déjà servi de ce mot de phyllidie pour exprimer la vraie nature des feuilles des Mousses. (Flora brasiliensis. Musci. Exposuit Christ. Frid. Hornschuch, p. 2, 1840.)

En étudiant la formation des feuilles dans le Fontinalis os est, en effet, conduit à y voir une feuille rudimentaire analogue à celles des Lycopodiacées et des Jungermannidées, c’est a-dire ,un organisme qui , dans son premier état, s'offre déja avec ce que sa forme définitive a de plus essenüel. Dans la vraie feuille, la lame prend d’abord naissance, a quelques exceptions près, comme nous l'avons prouvé pour l’Hydrocharis morsus-ranæ , la Sagittaria sagittifolia , elc., pour laisser ensuite le pétiole se former. Mais, dans les Mousses, on ne voit de prime abord qu’une lame qui grandit et reste toujours aplatie. Dans le Fontinalis on sait que les botanographes disent que les feuilles sont carinées ? ils n'expriment pas par la que la feuille offre une carène, Car , dans ce cas, ce serail une erreur, mais qu'elle est repliée sur sa longueur en deux portions égales faisant an-

( 54 ) gleentreelles. Or, ce n'est pasainsi que ces feuilles naissent.

On les voit d’abord comme de petites lames épaisses, arrondies(fig. 2), où l’on n’aperçoit qu’une substance verte uniforme, ayant une tendance à se granuler. Il n’y a, à cet époque, pas de traces de cellules, et cependant la forme de l'organe est déja déterminée.

Une feuille un peu plus avancée montre une lame mieux formée et des granules verts à peine distincts dans une gelée verte (fig. 3 ).

La feuille s’élargit, et au milieu d’une chlorophylle gélatineuse où un grénulé se montre, on distingue vers le sommet de l'organe quelques espaces plus clairs , mais très-rares d'abord (fig. 4, a).

Une feuille plus avancée présente de ces petits espaces plus nombreux accumulés vers le sommet (a, fig. 5). Le grénulé est plus déterminé (fig. 5, b), et c’est dans cet état qu'on voit souvent aux feuilles un rebord épais (fig. 5, c), qui envahit ou un seul côté de l'organe ou les deux (fig. 6). Une feuille de ce genre fait voir clairement que les espaces éclaircis sont des cellules qui se forment donc d’abord vers le haut de la feuille (fig. 6, a). Ce sont autant de vacuoles séparées par une substance condensée qui devient la membrane cellulaire.

Les feuilles grandissent de plus en plus, et ce rebord se développe à mesure que le limbe lui-même se courbe en écaille autour du centre de l'innovation. Les figures 7, 8 et 9 expriment ces modifications. Chez ces feuilles on voit toujours une chlorophylle verte, viscoso-gélatineuse, déjà sranuleuse, former tout le bas et tout le milieu de l'organe, tandis que son sommet a seul de ces vacuoles qui sont des cellules. La formation de celles-ci a donc lieu de haut en bas, de la périphérie au centre. Je crois que le sommet de

( 55 ) la feuille présente des cellules avant le reste, parce que tout l'organe croît surlout par la base, et que celle-ci est par conséquent trop jeune pour qu’on puisse y voir déja des utricules. Toujours est-il que sans cellules ou avec des cellules rudimentaires encore, la feuille a toute sa forme, son pourtour, son bord légérement sinué, mais entier. L'organe à pris forme avant l'existence de ses éléments bistologiques, loi que M. Valentin a déja découverte pour les animaux.

Si nous étudions maintenant en particulier la formation des cellules après qu'on a trouvé ces vacuoles creusées dans la chlorophylle ou la substance verte primitive, nous voyons d'abord ces aréoles blanches, Hmitées par une substance irrégulièrement granuleuse (a , fig. 10), laquelle offre des globules pelits , mal formés et plus ou moins bien circonserits el visibles ( b, fig. 10). Les vacuoles (c, fig. 10) n'offrent dans leur intérieur qu’une cavité sans granules.

Ces cavités cellulaires grandissent (fig. 11); elles s’allongent dans le sens de la feuille ; le réseau vert qui les sépare , et où l’on ne voit pas encore de trace de membranes cloisonnaires, est plus pâle, grumoso-globuleux. Chaque vacuole se dessine nettement (d), et s'il reste entre plusieurs de ces corps un espace plus rempli de cette substance verte (a), on y voit une nouvelle vacuole prendre naissance (b) comme une bulle, et s'étendre (c) pour devenir peu après une nouvelle cellule.

C'est lorsque ces cellules sont définitivement constituées qu'on leur voit prendre la forme en lozange ( fig. 12), avec des parois encore communes, mais moins vertes ; peu à peu celle couleur se perd, et le tout devient transparent, état sans couleur qui ne dure pas longtemps.

En effet, les lozanges s'ailongent ( fig. 13 ), et c'est alors qu'on voit leur membrane, propre maintenant à chaque cel-

lule, se garnir de globules verts (e, fig. 13). La chlorophylle globulinaire prend naissance sur les parois mêmes des cellules. En même temps un autre phénomène a heu, c'est la formation de cloisons qui partagent les cellules primilives en deux cellules secondaires ( fig. 13, b, d). Gette cloison est tantôt horizontale (b) ou perpendiculaire à la direction des parois latérales, tantôt oblique (d). Quand on trouve des cellules à cet état , toute une portion de la feuille offre des cellules semblables, ce qui donne au tissu un àspect fort régulier. Ces divisions cloisonnaires sont verdàtres d’abord; elles naissent aussi par une concentration de la substance visqueuse primitive, absolument comme les parois des cellules elles-mêmes , à la genèse desquelles nous avons assisté tout à l'heure.

Plus tard, des globulines plus nombreuses se montrent (fig. 14), mais encore sans régularité, les unes bien vertes (fig. 14, e) en amas, les autres d’un vert pâle, plus jeunes, moins bien dessinées (fig. 14, b).

Enfin, les globulines sont décidément alignées en séries pariétales bien vertes, bien globuleuses; elles donnent au tissu son aspect définilif (fig. 15). Contre les parois a se posent des globulines hémisphériques b, et dans le milieu de la cellule on voit celles qui sont attachées à la paroï su périeure de la cellule placée vis-a-vis de l’œil de l'observateur.

Lorsque les feuilles du Fontinalis antipyretica vieillissent, elles perdent leur couleur verte. Cette décoloration a pour cause la destruction, par voie de décomposition et de macération, des globulines vertes qui se dissolvent en mucus. Alors reste la membrane des cellules qui est blanche , transparente, hyaline, et non verte, comme ou l’a prétendu. |

Telle est la série des phénomènes que nous effrent et la

formation des phyllidies et celle du tissu cellulaire dans cetle plante. Cette dernière ne requiert , comme on le voit, ni la présence d'un cytoblasle ou phacocyste (changement de nom proposé par M. Decaisne. Voir son Mémoire sur le Gui, p. 14), ni celle d'un noyau quelconque. La formation de ce lissu a plus d’analogie avec la genèse que lui a reconnue M. Mirbel dans son mémoire sur le Dattier.

Les faits que je viens d'exposer sont, comme on le voit, aussi une confirmation des principes que j'ai fait connaitre dans mes recherches antérieures sur les Hypnum et les Sphagnum.

M. Decandolle demande qu'on étudie avec soin la structure des racines des Mousses. (Organographie, t. TX, p. 369.) Je vais répondre à cet appel pour ce qui est du Fontinalis antipyretica. Ceux que j'examinerai de préférence sont les individus pris dans une des fontaines de la maison de ville de Bruxelles, parce que là, ils croissent sur du marbre poli et, par conséquent, forment un épatement qui n’est autre chose qu’une division de la tige en filets déliés. Ces filets ne s’implantent nullement dans le marbre, mais l'attache a lieu par une couche de mucus condensé qui entoure tous les filets âgés, et qui devient comme une lame de colle plus tard (fig. 18, b). Ce mucus colle, en effet, le filet radical à la pierre, et il y a absence complète d’air entre lui et elle. Dans ce mucus condensé on remarque des corps étrangers, el à sa surface est attachée une foule de navicules et de bacillaires ainsi que des conferves qui se trouvent bien de celle fixité dans une eau toujours agitée.

Cependant ce n'est point par ce mucus que la substance alimentaire peut affluer à la Mousse. L'absorption se fait uuiquement par des extrémilés libres et non collées à la pierre, mais qui s’y colleront plus tard. Ces extrémités sont

rosätres. On les voit de a en À, et de cen e (fig. 18). Elles sont terminées par de vraies spongioles unicellulaires , blanches , transparentes où la paroi est visible , el qui montrent que celte vésicule terminale est close. La coloration commence un peu plus haut par des globules roses, devenant bruns peu à peu et verdâtres ensuile. Ces globules pariélaux (fig. 18, g) sont absolument semblables à ceux qu’on observe sur une foule de poils, et peuvent, par conséquent, être envisagés comme élant des éléments d’une glande. C'est à eux qu'on devrait la sécrétion du mucus collant. Ils sont ovoïdes et ont un autre aspect que la globuline chlorophyllaire.

Il est évident, par suite de cette étude, qu'il faut regarder comme organe d'absorption le bout de la spongiole, bout transparent et hyalin ; c’est la plus jeune partie du lissu cellulaire de cette racine.

Comme dans les racines des Hypnum, on voit ici des diaphragmes (2, À, fig. 18) qui indiquent clairement que cette racine élémentaire est formée de cellules cylindriques posées les unes sur les autres. On peut donc dire que les racines de ces plantes croissent par des parlies distinctes , placées bout à bout, ei dont la dernière seule, la terminale, exerce la fonction d'absorption. C'esi un caractère fort différent que nous offrent les plantes monocotylédones et les dicotylédones.

J'ai voulu connaître aussi l’exacte structure de la Lige des Fontinalis. Gomparée à celle que j'ai donnée des tiges des Hypnum et des Sphagnum , elle en diffère sensiblement.

Il ya, au centre, un tissu cellulaire dont quelques utricules cylindriques (fig. 16 et 17, a) sont plus larges que les autres. Autour d’elles se posent d’autres cellules prismatiques allongées, mais de manière à irradier aulour des

Tontimalis antipyretica. Linn.

( 99 ) premières comme autour d’un centre (fig. 16e117,b). On dirait que c'est une première tendance à la formalion des canaux propres. Aulour du centre de la tige ainsi formée, on voit des cellules prismatiques allongées, mais de plus courtes en plus courtes, et qui ne sont pas disposées en rayons autour de certains centres.

Jusqu'ici, on peut regarder cette portion comme un système central, car les cellules y ont des paroïs fort minces. Autour d'elles et peu à peu, les parois deviennent bien plus épaisses; de plus elles brunissent , et les cellules, tout en devenant plus étroites , s’allongent de nouveau (fig. 16 et 17, d,e); de sorte qu'il y a une espèce de système périphérique distinct. On ne peut se dissimuler qu’en général, sous le rapport de la consistance et de la disposition des cellules, c’est une tendance vers la structure de quelques endogènes et notamment les Palmiers.

M. Hooker et Lindley placent les F'ontinaliées à la fin des Hypnacées , comme conduisant aux /ndræacées, tandis que les Bryacées ouvrent l4 famille des Mousses. Cependant , la tige des Fontinaliées est, comme on voit, plus analogue que celle des autres Mousses, à la structure des plantes supérieures.

EXPLICATION DE LA PLANCHE

( Toutes les figures sont dessinées grossies à 200 fois le diametre.)

Fig. 1. Filets confervoïdes du sommet des innovations. a Petitfilet, b. Grand filet c. Lone verte.

d,e. Lones vertes, au nombre de 2 dans une cellule, f,g,h. Zones vertes , au nombre de 3 dans une cellule

Fig.

(6) 2,3,4,5,6, 7,8et9. Etats successifs de la feuille qui se forme. a. Granules qui deviennent des cellules.

b Grénulé antérieur aux cellules.

c. Rebord de la feuille.

10 Partie d’une feuille plus vieille.

a Âatière verte qui se condense pour former les parois. b. Granules de cette matière.

c. Vacuole ou jeune cellule, 11, État d’une feuille plus avancée.

a. Matière qui se condense en membranes cellulaires. b. Petite vacuole devenant plus grande en c et en d, 12. Tissu plus avancé en âge.

a. Parois des cellules.

b. Cellules.

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