‹ DodonæaChapitre 18 sur 44 · FENTE PE OP ON RE EE · texte numérisé non relu

FENTE PE OP ON RE EE

(99) explication certaine, dit cet auteur, je crois pouvoir l’attribuer à la résorption du liquide contenu tant dans le poil , ajoute-il, que dans la cavité qui se trouve à sa base. Par celte cavité, il faut , selon nous, entendre le bulbe du poil. Ce serait donc à la résorption du liquide contenu dans toute la cavité du poil entier qu'il faudrait, selon cette théorie, attribuer la retraite du poil. Un poil qui perd son fluide ne ferait que se dessécher, comme on le voit dans une foule de cas pour l'appareil pileux, où les poils sont aérifères et secs. Le fluide se retire là sans entraîner le poil d’une si étrange façon. En outre, il est difficile de concevoir comment un liquide pourrait, en se perdant peu à peu , entraîner du sommet à la base un cône membraneux comme le sont les poils des Campanulacées, avec cette régularité que nous offre ce phénomène.

Le poil du Phyteuma peut nous fournir peut-être une meilleure explication du mécanisme que la nature met ici en usage pour opérer cet effet rétractile. Ces poils, bien observés, montrent dans leur intérieur une suite de courants qui entraînent dans une cyclose la matière globulinaire muqueuse et blanche, absolument comme on l’a observé dans les poils des Tradescantia, Hydrocharis, Penstemom, Urtica, Viola, Tulipa, Senecio, Cobæa , Loasa, Marica, etc., et comme M. Schultz l’a constaté dans toutes les Campanulacées (1).

J'ai figuré ces courants dans les figures IT, IT et IV. Ils sont toujours pariétaux , c’est-à-dire que la matière mobile,

(1) Voyez pour l’hisiorique de ces faits et pour mes propres observations , mon Mémoire sur la circulation dans les poils corollins du * MARICA CÆRULEA. Bull. de l’académie , tom. VI, n0 5, — Prémices d’anatomie et de physiologie végétale , XIVe mém,

( 100 ) sujette à la cyclose, chemine le long des parois internes. Vers l'endroit où le poil entre dans le derme , les courants deviennent plus nombreux et prennent la forme d'un réseau (fig. Il ,e,f). |

Il est très difficile de dire si ces courants ont lieu dans un système de vaisseaux lalicifères pileux, car la membrane qui les entourerait, serait, dans ce cas, trés-fine ; mais il est aussi trés-hasardeux de nier l’existence de cette membrane dans ce cas, comme dans les cas analogues. Dans le Marica cœrulea, j'ai démontré l'existence de vrais vaisseaux laticifères, et M. Schultz les a trouvés dans tous les poils des Campanulacées, des Lobéliacées, etc. Ici, dans le Phyteuma, je crois donc que celte membrane aussi existe et que ce sont de vrais vaisseaux à parois trésminces qui renferment la matière mobile par cyclose.

Or, ces vaisseaux sont surtout adhérents à la paroi interne de la membrane qui forme le poil. On conçoit d’après cela que si, pendant que les parties florales se fanent, le latex diminue et se retire vers l’axe de la plante, les vaisseaux si éminemment contractiles qui le contiennent, se retirent eux-mêmes ou se racourcissent, eux qui dans le poil adhèrent à sa membrane et entraînent avec eux la membrane du poil, qui alors s’invagine sur lui-même. Je pense que c’est là le vrai mécanisme de la retraite des poils : leur rétractilité est le résultat de la retraite du latex et de la diminution en longueur de ses vaisseaux. La figure IV exprime cette rélractilité , et le raccourcissement des vaisseaux , tels que je les ai observés. La figure IT, 4, représente le poil presqu'enlièrement réliré ; alors, on n'y observe plus de réseau à circulation.

Je dois ajouter quelques remarques relativement au rôle que joueraient ces poils dans l'action de la fécondation.

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Îls ne sont évidemment que des poils balayeurs pour enlever le pollen des anthères, et collecteurs pour rassembler et conserver ce pollen qui ne servira réellement qu'aux lanières stigmaliques du sommet du style. Ces lanières sont, en effet, recouvertes d’un lissu conenchymateux (fig. VAL, a), où chaque cellule, vraie papille, a un cytoblaste b et une matière grumeuse €, laquelle est mobile pendant le temps où la fécondation s’accomplit. Le grain de pollen du Phyteuma est sphérique et possède trois pores pourvus chacun d’un bourrelet d, pore par où sort le boyau pollinique e, qui pénètre entre les papilles du stigmate.

Celte sortie du boyau pollinique ne se fait jamais sur les poils collecteurs, et par suite ceux-ci ne peuvent point servir à faire entrer ce boyau dans le style, ni contribuer directement, par suile de cela, à la fécondation. Mais, M. Brongniart prétend que, par l'invagination du poil sur lui-même, le grain de pollen peut entrer par la cavité (d, fig. IV ) laissée entre la paroï externe et repliée du poil dans le tissu cellulaire du style ; et M. Treviranus croit même que le granule de pollen entre dans la cavité interne du poil. Pour ce qui est du Phyteuma , je dois dire que l’une et l’autre de ces opinions me paraissent sans fondement. Une fois j'avais cru voir que des grains de pollen étaient entrés dans le poil , mais il me fut facile de me convaincre que c’élaient des grains simplement adhérents au poil extérieurement, mais placés à l'opposé de l’œil qui faisait l'observation. Mon attention se porta depuis lors sur le volume des grains de pollen, et il est tel ( fig. V, VI) que, comparé au diamètre du poil, celui-ci ne pourrait en contenir extérieurement ou intérieurement qu'après s'être dilaté, et c'est un élat que je n’ai jamais constaté chez lui. Le grain ue saurait d’ailleurs s'incarcérer dans le poil qu’en le bri-

sant ,et c'est encore ce que l'observation directe ne prouve pas. Il me paraît, d’après ces considérations et ces faits, que les grains de pollen ne sont jamais introduits dans le style. La rétractilité des poils doit servir à détacher le pollen pour qu'il puisse tomber ou être amené plus facilement sur les branches stigmatiques.

EXPLICATION DES FIGURES

Toutes sont dessinées à 150 fois le diamètre.

Fig. $

Fig. 1.

Fig. WK.

Partie supérieure d’une division de la corolle adhérente du côté + à une division semblable et détachée du côté — d'une autre division.

a. Sphérenchyme du sommet.

&. Bord où commencent les cellules doubles.

ce. Une de ces cellules doubles,

d, Diaphragme apparent de ces cellules.

e. Cytoblaste dorsal.

f. Gouttelette d'huile odorante et visqueuse.

g. Cellule double de la division pétaloide voisine,

h. Intervalle entre ces cellules rempli d'huile,

Poil et partie du style.

. Cellule du derme

. Granules intérieurs.

Poil.

. Son sommet épaissi.

Courant de latex intérieur.

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