‹ DodonæaChapitre 35 sur 44 · D LAURE · texte numérisé non relu

D LAURE

A es x W 7

DODOYXEA.

lvoire vééetal du Phytelephas, ,

(75) mal. La substance est si uniformément dure que les moindres stries du tour qui a passé sur elle s’y observent et v restent indélébiles jusqu'à une nouvelle façon.

Quand l’objet est ciselé, comme le pied de pelotte dont J'ai parlé, on peut reconnaitre l’ivoire végétal à son éclat, dans lequel un œil exercé aperçoit, outre un aspect gras, de fort petites lignes qui sont les couches de cellules dont parle M. Hugo Mobhl. On serait tenté de croire que c'est une structure plus analogue à celle de l'os qu'à celle de l'ivoire, mais l'inspection microscopique révèle bientôt que l'ivoire végétal possède une structure tout à fait différente.

Cette structure est une des plus curieuses du règne végétal. La planche IT, jointe à ces recherches, l'exprime au premier coup d'œil mieux que nos paroles.

Le tégument externe de l'albumen se compose, en procédant du dehors vers le dedans :

4° D'une première couche (pl. IT, fig. 4. A) de cellules ovoides (ovenchyme) à paroisépaisses, brunes (fig. 4. A. a) et dont le centre allongé est plein d'une substance plus foncée (fig. 1. A. b);

2 D'une seconde couche (pl. IF, fig. 1. B) de cellules aussi ovoides, mais placées perpendiculairement sur Îles précédentes , et dont les plus internes (B. c) s'allongent et même passent à l'état que ces éléments histiologiques présentent dans la couche suivante ;

-5° D'une troisième couche de cellules (pl. FF, fig. 4. ©) plus allongées, fusiformes (atractenchyme), à parois épaisses, brunes (fig. 1. C. d);

4 D'une quatrième couche (pl. FH, fig. 4. D) de cellules plus petites, prismatiques (prismenchyme), placées perpendiculairement sur les précédentes et assez régulières: elles reposent à leur tour sur une dernière couche :

5° D'une dernière couche de cellules fort brunes et irrégulières (pl. IF, fig. 4. E. f) qui ont en dehors, du côté de l’albumen, une matière colorante brune, laquelle va même colorer par un nuage de cette teinte la portion la plus externe de l’albumen ou de Pivoire végétal (pl. HF, fig. 1. 9).

Tout cet organisme n'appartient qu'au système tégumentaire.

L'albumen ou l'ivoire végétal est formé de couches concentriques, dont les plus externes diffèrent seules des plus internes. Quand l’albumen est endurci comme celui que j'ai pu examiner, il cffre une matière blanche, transparente dans l'eau, matière qui paraît continue et où on ne distingue nullement des couches d’accroissement. Seulement on y voit percés une infinité de trous qui ne sont que les sections d'autant de cavités. Ces trous sont figurés en h, et la matière continue en g (pl. IF, fig. 1.)

Ces cavités sont d’abord arrondies, mais assez irrégulières. Bientôt, dès la seconde rangée, on y voit une tendance à se prolonger en bras ou tuyaux (i), et même on reconnait dans ces bras unedisposition particulière qui fait que tout l’appareil vide devient une étoile (j) à cinq, six, sept, hait ou dix rayons. Par-ci, par-là, reste une petite cavité sphéroïde, et enfin plus avant, on reconnaît des bras qui procèdent régulièrement d'un centre commun , et dont chacun a une petite tête renflée (pl. IT, fig. 4 , G. L.)

Dans le reste de l’albumen toute cette structure se régularise et devient un beau sujet d'étude pour l’histiologue. La figure 2 de la planche IT nous représente cet état.

En A, A’, A” ,0on voit une portion de l’ivoire végétal à stries; ces stries ne sont que les traces du scalpel qui a coupé la matière, absolument comme on en obtient dans

(CAN) toutes les coupes des corps cartilagineux , osseux ou éburnés, où la substance offre une homogénéité et une continuité parfaites.

En B, B’, B”, l’ivoire végétal est tout à fait sans ces stries. La substance solide est en a; elle n'offre ni globules, ni stries , ni couches, mais seulement une matière étendue qui paraît anhiste. Rarement une ligne (b), très-faiblement prononcée, vient rappeler son origine cellulaire.

Dans cette même matière sont percées, comme on le voit end, une foule decavités étoilées ou pourvues de rayons creux ou detuyaux. c est le centre commun des bras de ces cavités. Il est facile de reconnaitre que presque toujours ces cavités sont placées en quinconce , de sorte que l'intervalle entre deux répond à une troisième. Un peu d'attention suflit aussi pour voir que les rayons terminés chacun par une petite tête aplatie répondent toujours les uns aux autres, de sorte que ces cavités sont mises en rapport avec les supérieures et les inférieures d’une part, avec les collatérales d'uneautre. L'espace entre ces têtes est assez grand sur une tranche sèche, moindre sur une tranche humide, et nous verrons tantôt qu'on peut tout à fait la faire disparaître. Parfois il n'y à que cinq rayons, mais le nombre va jusqu à dix et parfois une cavité correspond à sa voisine par trois rayons latéraux.

La cavité centrale où ces tuyaux aboutissent est tantôt vide, tantôt remplie d’une substance globulinaire dont les globules très-petits s'agglomèrent en amas et partent parfois jusqu’au bout des rayons. La partie A, A’ de la figure représente les cavités ainsi remplies, tandis que la partie B, B'les montre vides.

Il est évident que ces cavités étorlées représentent autant de creux de cellules dont les parois fortement épaissies

(78) ont conservé les rayons de communication sur lesquels MM. Hugo Mohl, Valentin, Schleiden, feu Vogel et feu Meyen nous ont déjà donné tant de détails.

Il est cependant évident qu'ici la séparation d’un tout en cellules formatrices n'est plus visible, car les traces des parois primitives ne s’apercoivent même plus. Les figures 4 et > nous offrent deux portions d'ivoire végétal que nous avons séparées du pied ciselé de la pelotte, et qui ne nous montrent plus, l'une que des trous ovoides dans une matière continue comme du verre, l’autre que des trous bien pelits et une découpure d'étoile sur un fond semblable. Rien n'y pourrait faire soupçonner la constitution primitive.

Cependant, 1l ya un moyen de rendre apparente cette ancienne forme. C'est de plonger la préparation dans une souttelette de baume de Canada. Je fais sécher la lame d'ivoire que j'ai coupée très-minee avec un scalpel aiguisé, et je la plonge séchée dans le baume déposé en gouttelette sur le verre; un second verre recouvre, étend et comprime et le baume et la lamelle.

Ce baume rend ce tissu si parfaitement diaphane, qu'il est fort diflicile de le retrouver à l'œil nu. On le confondrait avec le baume lui-même.

La figure 5 exprime l'effet du baume de Canada sur les cellules de l’ivoire végétal. Leur parfaite transparence, l'extension qu’elles acquièrent en s’'imbibant de ce liquide visqueux, permettent alors d'observer la paroi si fine de leur membrane primitive, la cavité de leur centre et les rayons normalement au nombre de six qui partent de ce centre comme autant de tubes de communication (je ne parle jamais que de la section de la cellule et non de la cellule entière). Ces tubes aboutissent, dans la formation et le développement réguliers, chacun au milieu d’une fa-

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