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sonne certainement ne la contestera, bien que beaucoup aujourd'hui aient tendance à l'oublier dans la pratique, au point qu'on passe facilement pour hétérodoxe dès qu'on fait mine d'y insister. J'y insisterai cependant, parce que la question est capitale.
L'Ancien Testament est plein de textes exprimant que Dieu, ses conseils, ses jugements, ses voies sont des mystères essentiellement impénétrables, inscrutables : Vere tu es Deus ahsconditus (Is., XLV, 15). lL*Évangile répète la même affirmation: Deum nemo vidit unqiuim (JOAN., I, 18). Les écrits apostoliques la reprennent encore : altitudo divitiarum sapientiae et scientiae Dei : quam incomprehensibilîa sunt judicia ejus et investigahiles viae ejus ! (RoM., XI, 33). Inutile de multiplier des citations qui sont dans toutes les mémoires. En vérité, rien de plus classique dans l'enseignement chrétien, rien de plus conforme à la tradition la plus authentique. Faut-il rappeler quelques passages des Pères et des Docteurs ? On en trouvera tout le long de ce livre. Je me bornerai ici à deux ou trois extraits de S. Thomas: je demande simplement qu'on les lise avec attention et qu'on les compare aux propositions que j'ai moi-même avancées. Le pseudo-Aréopagite avait dit (^) : La connaissance a pour objet ce qui existe, et Dieu est au-dessus de toute existence. » S. Thomas approuve cette parole et il explique que Dieu n'est la matière d'aucune science, non pas même de la métaphysique, bien que celle-ci soit la science de l'être en tant qu'être, parce qu'à proprement parler Dieu n'est pas être, mais principe ineffable de l'être O, parce que sa façon d'être, c'est de trôner au-dessus de l'être (^). Il dit encore à propos des noms divins: « Verius removentur a Deo quam de èo praedicentur (4) » ; « Ahsolute negari possunt » (f). 11
1. Cité par S. Thomas, 1 Sent. y q. I, art. 1, arg. 1. — Cf. ^tnnrn. TK P. I, Q. XII, art. 1.
' 2. In Metaph. proemium. — Cf. Opusc, de nahira generi^, I.