Loc. cit. Page 57 de sa première brochure
duire à l'égard de Jésus-Christ dans l'Eucharistie comme s'il était dans l'Eucharistie, sans croire qu'il est présent dans l'Eucharistie. » Déjà M. Franon m'avait présenté (') comme proposant « la réduction du dogme à la condition d'une simple recette, toute relative et provisoire, dont il y a avantage à user jwur diriger notre action, mais qu'il y aurait erreur à considérer comme destinée à nous mettre en possession de vérités incontestables ». Un anonyme avait même été, dans la Quinzaine du 16 juillet 1905, sous la signature Un professeur de lycée, jusqu'à prononcer les mots de «comédie ridicule » où l'on se moque « de soi-même, de ses semblables et du bon sens » et où l'on prend une attitude de « simulateur, comme nous définissent les rédacteurs de la Lanterne et de V Action ». — Que répondre à une pareille objection? On semble faire exprès de ne pas me comprendre. Mais non ! je dois croire, je veux croire, je crois que c'est là un simple contresens involontaire. Seulement il est monstrueux. Est-ce que vraiment on ne pourrait pas me lire avant de me réfuter? Je me bornerai pour toute réponse à reproduire une phrase de mon premier article (p. 25 du présent volume): « Il est affirmé inlplicitement par le dogme lui-même que la réalité contient (sous ime forme ou sous une autre) de quoi justifier comme raisonnable et salutaire la conduite prescrite. » On volt si le R. P'. Allô a eu raison de dire que je « maintiens avec force l'objectivité du dogme chrétien, du surnaturel » (2),
Il n'est pas question pour moi de prétendre qu'on puisse tenir une certaine conduite en se désintéressant de la vérité qui justifie cette conduite. Le moindre défaut d'une telle attitude — que je jugerais d'ailleurs immorale et insensée — serait à mes yeux d'impli-
1. Bulletin de littérature ecclésiastique, juin 1905, p. 168.
2. Quinzaine du 1er août 1905, p. 405. — Le R. P. Allô et le R. P. Sertillanges ont répondu ix)ur moi à l'accusation de svhjectivisme ; je ne vois rien à ajouter sur ce point à leurs remarques.
te que je combats. Il y a , c'est parce que la réalité : en soi que telle et telle
..„,.^ ^w.™„..^ „ jon égard. Cela n'est pas
., douteux. Mais cela n'empêche pas non plus que la réa- ] lité surnaturelle nous soit révélée seulement sous les j espèces de l'action qu'elle exige de nous. En résumé, , le dogme nous dit : « 11 existe des réalités qui sont telles ^ en soi que voici l'attitude et la conduite requises par elles de votre part; si vous voulez maintenant vous faire une théorie représentative de ces réalités prises en elles-mêmes, c'est en conformité avec les prescriptions précédentes et d'après ces prescriptions que vous devrez la déterminer.» Qu'y a-t-il là, je vous prie, de subversif (') ?