‹ Dogme et rituel de la haute magie (volume 2)Chapitre 12 sur 40 · LF. TRIANGLE DE SALOMON · texte numérisé non relu

LF. TRIANGLE DE SALOMON

celle enfin dont la doctrine convient à tous et peut s’adapter à tout ; la religion qui est hiérarchique et cyclique, qui a pour les enfants des allégories et des images, pour les hommes faits une haute philosophie, de sublimes espérances, et de douces consolations pour les vieillards.

Les premiers sages qui ont cherché la cause des causes ont vu le bien et le mal dans le monde; ils ont observé l’ombre et la lumière; ils ont comparé l’hiver au printemps, la vieillesse à la jeunesse, la vie à la mort, et ils ont dit : La cause première est bienfaisante et rigoureuse, elle vivifie et elle détruit.

— Il y a donc deux principes contraires, un bon et un mauvais? se sont écriés les disciples de Manès.

— Non, les deux principes de l’équilibre universel ne sont pas contraires, bien qu’ils soient opposés en apparence : car c’est une sagesse unique qui les oppose l’iin à l’autre.

Le bien est à droi te, le mal est à gauche ; mais la bonté suprême est au-dessus des deux, et elle fait servir le mal au triomphe du bien, et le bien à la réparation du. mal.

Le principe d’harmonie est dans l’unité, et c’est

1/lü DOGME DE LA HAUTE MAGIE,

CG qui donne en magie tant de puissance au nombre impair.

Mais le plus parfait des nombres impairs, c’est trois, parce que c’est la trilogie de runilé.

Dans les trigrammes de Fohi, le ternaire supérieur se compose de trois yang ou figures masculines, parce que, dans l’idée de Dieu considéré comme principe de la fécondité dans les trois mondes, on ne saurait rien admettre de passif.

C’est pour cela aussi que la trinité chrétienne n’admet point la personnification de la mère qui est implicitement énoncée dans celle du fils. — C’est pour cela aussi qu’il est contraire aux lois de la symbolique hiératique et orthodoxe de personnifier le Saint-Esprit sous la figure d’une femme.

La femme sort de l’homme comme la nature sort de Dieu : aussi le Christ s’élève lui-mème au ciel et assume la Vierge mère; on dit l’ascension du Sauveur et l’assomptionde la mère de Dieu.

Dieu, considéré comme père, a la nature pour fille.

Comme fils, il a la Vierge pour mère et l’Église pour épouse.

LE TRIANGLE DE SALOMON. m

Comme Saint-Esprit, il régénère et féconde l’humanité.

C’est ainsi que, dans les trigrammes de Fohi, aux trois yang supérieurs correspondent les trois yin inférieurs, car les trigrammes de Fohi sont un pantacle semblable aux deux triangles de Salomon, mais avec une interprétation ternaire des six points de l’étoile brillante.

Le dogme n’est divin qu’en tant qu’il est vraiment humain, c’est-à-dire qu’il résume la plus haute raison de l’humanité : aussi le Maître que nous appelons l’Homme-Dieu s’appelait-il luimême le Fils de l’homme.

La révélation, c’est l’expression de la croyance admise et formulée par la raison universelle dans le verbe humain.

C’est pourquoi on dit que dans l’Homme-Dieu la divinité est humaine et l’humanité divine.

Nous disons tout ceci philosophiquement, et non théologiquement ; et ceci ne touche en rien l’enseignement de l’Église, qui condamne et doit toujours condamner la magie.

i/i2 DOGME DE LA HAUTE MAGIE.

Paracelse et Agrippa n’ont pas élcîvé autel contre autel, et se sont soumis à la religion dominante dans leur temps. Aux élus de la science les choses de la science; aux fidèles les choses de la foi !

L’empereur Julien, dans son hymne au roi Soleil, donne une théorie du ternaire qui est presque identiquement la même que celle de l’illuminé Swedenborg.

Le soleil du monde divin est la lumière infinie spirituelle et incréée; cette lumière se verbalise, si l’on peut parler ainsi, dans le monde philosophique, et devient le foyer des âmes et de la vérité, puis elle s’incorpore et devient lumière visible dans le soleil du troisième monde, soleil central de nos soleils, et dont les étoiles fixes sont les étincelles toujours vivantes.

Les cabalistes comparent l’esprit à une substance qui reste fluide dans le milieu divin et sous l’influence de la lumière essentielle, mais dont l’extérieur se durcit comme une cire exposée à l’air dans les régions plus froides du raisonnement ou des formes visibles. Ces écorces ou enveloppes pétrifiées (nous dirions mieux carnifiées, si le mot était français) sont la cause des erreurs ou du mal, qui tient à la pesanteur et à la dureté des enveloppes

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