‹ Dogme et rituel de la haute magie (volume 2)Chapitre 17 sur 40 · VIVENS · texte numérisé non relu

VIVENS

Les causes se révèlent par les effets, et les effets sont proportionnels aux causes. Le verbe divin, le mot unique, le tétragramme , s’est affirmé par la

création quaternaire. La fécondité humaine prouve la fécondité divine ; le jod du nom divin^st la virilité éternelle du premier principe. L’homme a compris qu’il était fait à l’image de Dieu lorsqu’il a

compris Dieu en agrandissant, jusqu’à l’infini, l’idée qu’il se fait de lui-même.

En comprenant Dieu comme l’homme infini, l’homme s’est dit à lui-même: Je suis le Dieu fini.

La magie diffère du mysticisme en ce qu’elle ne juge à priori qu’après avoir établi à posteriori la base même de ses jugements, c’est-à-dire qu’après avoir compris la cause par les effets contenus dans l’énergie même de la cause, au moyen de la loi universelle de l’analogie; aussi dans les sciences

DL LA liAUTIi .'WA(ili;.

occultes tout est réel, et les théoricîs m s’établissent que sur les bases de l’expérience. Ce sont les réalités qui constituent les proportions de l’idéal, et le mage n’admet comme certain dans le domaine des idées que ce qui est démontré' par la réalisation. En d’autres termes, ce qui est vrai dans la cause se réalise dans l’effet. Ce qui ne se réalise pas n’est pas.

La réalisation de* la parole, c’est le verbe proprement dit. Une pensée se réalise en devenant ^ parole ; elle se réalise par les signes, par les sons et par les figures des signes : c’est là le premier dégré de réalisation. Puis elle s’imprime dans la •" lumière astrale au moyen des signes de l’écriture | ou de la parole; elle influence d’autres esprits en se reflétant sur eux ; se réfracte en traversant le dia- i pliane des autres hommes, y prend des formes et 3 des proportions nouvelles, puis se traduit en actes J et modifie la société et le monde : c’est là le der- 1 nier degré de réalisation. Les hommes qui nais- 1 sent dans un monde modifié par une idée en appor- J tent avec eux l’empreinte, et c’est ainsi que le verbe se fait chair. L’empreinte dé la désobéissance

d’Adam, conservée dans la lumière astrale, n’a pu, être effacée que par l’empreinte plus forte de l’o-\V béissance du Sauveur, et c’est ainsi qu’on peut ^

L\ RÉALISATION

expliquer le péché originel et la rédemption dans un sens naturel et magique.

La lumière astrale ou Tàme du monde était Fin strument de la toute-puissance d’Adam, puis est devenue l’instrument de son supplice, après avoir été corrompue et troublée par son péché, qui a mêlé un reflet impur aux imagés primitives qui composaient, pour son imagination encore vierge, le livre de la science universelle.

La lumière astrale, figurée dans les anciens symboles par le serpent qui se mord la queue , représente tour à tour la malice et la prudence, le temps et l’éternité, le tentateur et le Rédempteur. C’est que cette lumière, étant le véhicule de la vie, peut servir d’auxiliaire au bien comme au mal, et peut être prise pour la forme ignée de Satan comme pour le corps du Saint-Esprit. C’est l’arme universelle de la bataille des anges, et elle alimente aussi bien les flammes de l’enfer que la foudre de saint Michel. On pourrait la comparer à un cheval d’une nature analogue à celle qu’on attribue au caméléon, et qui refléterait toujours l’armure de son cavalier.

La lumière astrale est la réalisation ou la forme de la lumière intellectuelle, comme celle-ci est

la réalisation ou la foi nie de la lumière divine.

Le grand initiateur du christianisme, comprenant que la lumière astrale était surchargée des rellets impurs de la débauche romaine, voulut séparer ses disciples de la sphère ambiante des rellets et les rendre uniquement attentifs à la lumière intérieure, afin qu’au moyon d’une foi commune ils pussent communiquer ensemble par de nouveaux cordons magnétiques qu’il nomma grâce, et vaincre ’ ainsi les courants débordés du magnétisme univer- ' sel, auquel il donnait les noms de diable et de Satan, l pour en exprimer la putréfaction. Opposer un ; courant à un courant, c'est renouveler la puissance ^ de la vie fluidique. Aussi les révélateurs n’ont-ils J guère fait que deviner par la justesse de leurs cal- 1 culs l’heure propre aux réactions morales. I

La loi de réalisation produit ce que nous appelons ^

le res^ir magnétique, dont s’imprègnent les objets \ et les lieux, ce qui leur communique une influence ’ conforme à nos volontés dominantes, surtout à J celles qui sont conlirméeset réalisées par des actes. ^ En effet, l’agent universel, ou la lumière astrale latente, cherche toujours l’équilibre; il emplit le^j vide et aspire le plein, ce qui rend le vice contagieux comme certaines maladies physiques, et sert(|

LA Réalisation.

puissaininent au prosélytisme de la vertu. C’est pour cela que la cohabitation avec des êtres antipathiques est un supplice; c’est pour cela que les reliques, soit des saints, soit des grands scélérats, peuvent produire des elïets merveilleux de conversion ou de perversion subite ; c'est pour cela que l’amour sexuel se produit souvent par un souffle ou par un contact, et non -seulement par le contact de la personne même, mais au moyen des objets qu’elle a touchés ou magnétisés sans le savoir.

L’âme aspire et respire exactement comme le corps. Elle aspire ce qu’elle croit du bonheur, et respire des idees qui résultent de ses sensations intimes. Les âmes malades ont mauvaise haleine et vicient leur atmosphère morale, c’est-à-dire mêlent à la lumière astrale qui les pénètre des reflets impurs et y établissent des courants délétères. On est étonné souvent d’être assailli, en société, de pensées mauvaises qu’on n’avait pas crues possibles, et l’on ne sait pas qu’on les doit à quelque voisinage morbide. Ce secret est d’une grande importance, car il conduit à la manifestation des consciences, un des pouvoirs les plus incontestables et les plus terribles de l’art magique.

l.e respir magnétique produit autour de l’âme

DOdMI-: DK LA IIAUTK MAGlK,

un rayomicmcnt dont clic csl Iccciilrc, clcllcs'ciilourc du rcllci de scs œuvres, qui lui tout uii ciel ou un enfer. 11 n’y a pas d’actes solilaires et il ne saurait y avoir d’actes cachés; tout ce (jue nous voulons réellement, c’est-à-dire tout ce que nous confirmons par nos actes, reste écrit dans la lumière astrale, où se conservent nos reflets; ces reflets influencent continuellement notre pensée par l’entremise du diaphane, et c’est ainsi qu’on devient et qu’on reste l’enfant de ses œuvres.

La lumière astrale, transformée en lumière humaine au moment delà conception, est la première enveloppe de l’âme, et, en se combinant avec les fluides les plus subtils, elle forme le corps éthéré ou le fantôme sidéral dont parle Paracelse dans sa philosophie d’intuition (^Phüosophia sagax). Ce corps sidéral, en 'se dégageant à la mort, attire à lui et conserve longtemps, par la sympathie des homogènes, les reflets de la vie passée ; si une volonté puissamment sympathique l’attire dans un courant particulier, il se manifeste naturellement, car il n’y a rien de plus naturel que les prodiges. C’est ainsi que se produisent les apparitions. Mais nous développerons ceci plus complètement an chapitre spécial de la Nécromancie,

LA RÉALISATION

Ce corps tluidiqiie, soumis, comme la masse de la lumière astrale, à deux mouvements contraires, attractif à gauche, et répulsif à droite, ou récipro- (piement, chez les deux sexes, produit en nous les luttes des différents attraits etcontribiie aux anxiétés de la conscience : souvent il est influencé par les reflets des autres esprits, et c’est ainsi que se produisent, soit les tentations, soit les grâces subtiles et inattendues. C’est aussi l’explication du dogmetraditionneldes deux anges qui nous assistent et nous éprouvent. Les deux forces de la 'lumière astrale peuvent être figurées par une balance où sont pesées nos bonnes intentions pour le triomphe de la justice et l’émancipation de- notre liberté.

Le corps astral n’est pas toujours du même sexe que le corps terrestre, c’est-à-dire que les proportions des deux forces, variant de droite à gauche, semblent souvent contredire l’organisation visible; c’est ce qui produit les erreurs apparentes des passions humaines, et peut expliquer, sans les justifier en aucune façon devant la morale, les singularités amoureuses d’Anacréon ou de Sapho.

Un magnétiseur habile doit apprécier toutes ces nuances, et nous donnons dans notre Rituel les moyen^ de les reconnaître.

Il y a deux sortes de réalisations, la vraie (d la fantastique. La première est le secret exclusif des magiciens, l’autre appartient aux enchanteurs et aux sorciers.

Les mythologies sont des réalisations fantastiques du dogme religieux, les superstitions sont le sortilège de la fausse piété; mais les mythologies même et les superstitions sont plus efficaces sur la volonté humaine qu’une philosophie purement spéculative et exclusive de toute pratique. C’est pour cela que saint Paul oppose les conquêtes de la folie de la Croix à l’inertie de la sagesse humaine. La religion réalise la philosophie en l'adaptant aux faiblesses du vulgaire : telle est pour les cabalistes la raison secrète et l’explication occulte des dogmes de l’incarnation et de la rédemption.

Les pensées qui ne se traduisent pas en paroles sont des pensées perdues pour l’humanité; les paroles qui ne sont pas confirmées par des actes sont des paroles oiseuses, et il n’y a pas loin de la parole oiseuse au mensonge.

C’est la pensée formulée par des paroles et confirmée par des actes qui constitue la bonne œuvre ou le crime. Donc, soit en vice, soit en vertu, il n’y a pas de parole dont on ne soit responsable; il n’y

LA RÉALISATION

a surtout pas d’actes inditîéreiits. I.es malédictions et les bénédictions ont toujours leur effet, et toute action, quelle qu’elle soit, lorsqu’elle est inspirée par ramour ou par la haine, produit des effets analogues à son motif, à sa portée et à sa direction. L’empereur dont on avait mutilé- les images, et qui, en portant la main à son visage, disait : « Je ne me sens pas blessé, » faisait une fausse appréciation et diminuait en cela le mérite de sa clémence. Quel homme d’honneur verrait de sangfroid les insultes faites à son portéait? Et si réellement de pareilles insultes, faites même à notre insu, retombaient sur nous par une influence fatale, si l’art des envoûtements était réel, comme il n’est pas permis à un adepte d’en douter, combien ne trouverait-on pas plus imprudente, et même plus téméraire encore, la parole de ce bon empereur!

Il est des personnes qu’on n’offense jamais impunément, et, si l’injure qu’on leur a faite est mortelle, on commence dès lors à mourir. 11 en est qu’on ne rencontre même pas en vain, et dont le regard change la direction de votre vie. Le basilic qui tue en regardant n’est pas une fable, c’est une allégorie magique. En général, il est mauvais pour la santé d’avoir des ennemis, et l’on ne brave im-

punément la réprobation de personne. Avant de s’opposer aune force on à un courant, il faut bien s’assurer si l’on possède la force ou si l’on est porté par le courant contraire; autrement on sera écrasé ou foudroyé, et beaucoup de morts subites n’ont pas d’autres causes. Les morts terribles de Nadab et Abiu, d’Osa, d’Ananie et de Saphire, furent causées par les courants électriques des croyances qu’ils outrageaient ; les tourments des Lirsulines de Loudun, des religieuses de Louviers et des convulsionnaires du jansénisme, avaient le même principe et s’expliquent par les mêmes lois naturelles occultes. Si Urbain Grandier n’eût pas été supplicié, il fût arrivé de deux choses l'une, ou que les religieuses possédées seraient mortes dans d’affreuses convulsions, ou que les phénomènes de frénésie diabolique eussent gagné, en se multipliant, tant de volontés et tant de force, que Grandier, malgré sa science et sa raison, eût été hallucinélui-même au point de se calomnier comme avait fait le malheureux Gaufridy, ou fût mort tout à coup, avec toutes les circonstances effrayantes d’un empoisonnement ou d’une vengeance divine.

La malheureux poète Gilbert fut, au xviif siècle,

LA RÉALISATIOIN.

victime de son audace à braver le courant de l’opinion et môme du fanatisme philosophique de son époque. Coupable de lèse-philosophie, il mourut fou furieux, assailli des plus incroyables terreurs, comme si Dieu lui-môme l’eût puni d’avoir soutenu sa cause hors de propos; mais il périssait en etfet victime d’une loi de la nature qu’il.ne pouvait connaître : il s’était opposé k un courant électrique, et il tombait foudroyé.

Si Marat n’eût pas été assassiné par Charlotte Corday, il fût infailliblement mort tué par une réaction do l’opinion publique. Ce qui le rendait lépreux, c’était l’exécration des honnêtes gens, et il devait y succomber.

La' réprobation soulevée par la Saint-Barthélemy fut runique cause de l’horrible maladie et de la mort de Charles IX, et Henri IV, s’il n’eût été soutenu par une immense popularité, qu’il devait à la puissance de projection ou à la force sympathique de sa vie astrale, Henri IV, disons-nous, n’eût guère survécu à sa conversion, et eût péri sous le mépris des protestants, combiné avec la défiance et les rancunes des catholiques.

L’impopularité peut être une preuve d’intégrité et de courage, mais ce n’est jamais une

preuve (le prudence ou de politiciue; les blessures faites à l’opinion sont mortelles pour 1(3S hommes d’État. On peut se rappelm* encore la fin prématurée et violente de plusieurs hommes illustres, qu’il ne convient pas de nommer ici.

Les flétrissures devant l’opinion peuvent être de grandes injustices, mais elles n’en sont pas moins toujours des raisons d’insuccès, et souvent des arrêts de mort.

En revanche, les injustices faites à un seul homme peuvent et doivent, si on ne les répare pas, causer la perte de tout un peuple ou de toute une société : c’est ce qu’on appelle le cri du sang, car au fond de toute injustice il y a le germe d’un homicide.

C’est à cause de ces lois terribles de solidarité que le christianisme recommande tant le pardon des injures et la réconciliation. Celui qui meurt sans pardonner se jette dans l’éternité armé d’un poignard, et se dévoue aux horreurs d’un meurtre éternel.

C’est une tradition et une croyance invincible

parmi le peuple que celle de l’efficacité des bénédictions ou des malédictions paternelles ou maternelles. En effet, plus les liens cpii unissent deux per-

LA RÉALISATION

sonnes sont iHroits. pins la haine entre eux est terrible clans ses effets. Le tison d’Althée brûlant le sang de Méléagre est, dans la mythologie, le symbole de ce pouvoir redoutable. Que les parents y prennent garde toutefois, car on n allume pas l’enfer dans son propre sang et l’on ne dévoue pas les siens au inalheur sans être brûlé et malheureux soi-même. Ce n’est jamais un crime de pardonner, et c’est toujours un danger et une mauvaise action que de maudire.

DOGMK Dli LA HAUTli MAGIE,

L’JNÏTIATTON.

JESOD.

BONÜU.

L’initié est celui qui possède la lampe de Trismégiste, le manteau d’Apollonius et le bâton des patriarches,

La Lampe de Trismégiste, c’est la raison éclairée par la science ; le manteau d’Apollonius, c’est la possession pleine et entière de soi- même, qui isole le sage des courants instinctifs ; et le bâton des patriarches, c’est le secours des forces occultes et perpétuelles de la nature, •

La lampe de Trismégiste éclaire le présent, le passé et .l’avenir, montre à nu la conscience de‘ ; hommes, éclaire les replis du cœur des femmes. La lampe brille d’une triple flamme, le manteau se replie trois fois, et le bâton se divise en trois parties.

Le nombre neuf est celui des reflets divins : il exprime l’idée divine dans toute sa puissance abstraite, mais il exprime aussi le luxe en croyance, et par conséquent la superstition et l’idolâtrie.

l’initiation.

C’est poiirc{iioi Hermès en a fait le nombre de l’initiation, parce cpie l’initié règne sur la superstition et par la superstition, et peut seul marcher dans les ténèbres, appuyé qu’il est sur son bâton, enveloppé de son manteau et éclairé par sa lampe.

La raison a élé donnée à tous les hommes, mais tous^ne savent pas en faire usage; c’est une science qu’il faut apprendre. La liberté est offerte à tous, mais tous ne peuvent pas être libres ; c’est un droit qu’il faut conquérir. La force est pour tous, mais tous ne savent pas s’appuyer sur elle ; c’est une puissance dont il faut s’emparer.

Nous n’arrivons à rien qui ne nous coûte plus d’un effort. La destinée de l’homme est qu’il s’enrichisse de ce qu’il gagne, et qu’il ait ensuite, comme Dieu, la gloire et le plaisir de donner.

La science magique s’appelait autrefois l’art sacerdotal et l’art royal, parce que rinitiation donnait au sage l’empire sur les âmes et l’aptitude à gouverner les volontés.

La divination est aussi un des privilèges del’initié ; or, la divination n’est que la connaissance des effets contenus dans les causes et la science appliquée aux faits du dogme universel de l’analogie.

Les actes humains ne s’écrivent pas seulement

dans la lumière astrale, ils laissent aussi leurs traces sur le visage, ils modilient le port et la démarche, ils changent l’accent de la voix.

Chaque homme porte donc avec lui l’histoire de sa vie, lisible pour l’initié. Or, l’avenir est toujours la conséquence du passé, et les circonstances inattendues ne changent presque rien aux résultats rationnellement attendus.

On peut donc prédire à chaque homme sa destinée. On peut juger de toute une existence sur un seul mouvement ; une seule gaucherie présage une série de malheurs. César a été assassiné parce qu’il rougissait d’être chauve ; Napoléon est mort à Sainte-Hélène parce qu’il aimait les poésies d’Ossiau; Louis-Philippe devait quitter le trône comme il l’a quitté parce qu’il avait un paranluie. Ce sont là des paradoxes pour le vulgaire, qui ne saisit pas les relations occultes des choses ; mais ce sont des raisons pour l’initié, qui comprend tout et qui ne s’étonne de rien.

L’initiation préserve des fausses lumières du mysticisme ; elle donne à la raison humaine sa valeur relative et son infaillibilité proportionnelle, eu la rattachant à la raison suprême par la chaîne des analogies.

l’initiation.

L’initié n’a donc ni espérances douteuses, ni craintes absurdes, parce qu’il n’a pas de croyances déraisonnables ; il sait ce qu’il peut et il ne lui coûte rien d’oser. Aussi, pour lui oser c’est pouvoir.

Voici donc une nouvelle interprétation des attributs de l’initié : sa lampe représente le savoir, le manteau qui l’enveloppe représente sa discrétion, son bâton est l’emblème de sa force et de son audace. Il sait, il ose, et il se tait.

Il sait les secrets de l’avenir, il ose dans le présent, et il se tait sur le passé.

Usait les faiblesses du cœur humain, il ose s’en servir pour faire son œuvre , et il se tait sur ses projets.

Il sait la raison de tous les symbolismes et de tous les cultes, il ose les pratiquer ou s’en abstenir sans hypocrisie et sans impiété, et il se tait sur le dogme unique de la haute initiation.

Il sait l’existence et la nature du grand agent magique, il ose faire les actes et prononcer les paroles qui le soumettent à la volonté humaine, et il se tait sur les mystères du grand arcane.

Aussi vous pouvez le voir souvent triste, jamais abattu ni désespéré; souvent pauvre, jamais avili ni misérable; souvent persécuté, jamais rebuté ni

DOGIMR DF. LA IlAUTli MAGIF.

vaincu. Il so souvienl du veuvage et du uiourtre d’Orpliéc , de l’exil et de la mort solitaire de Moïse , du martyre des prophètes, des tortures d’Apollonius, de la croix du Sauveur ; Usait dans quel abandon mourut Agrippa, dont la mémoire est encore calomniée; il sait à quelles fatigues succomba le grand Paracelse, et tout ce que dut souffrir Raymond Lulle pour arriver enfin à une mort sanglante. 11 se souvient de Swedenborg faisant le fou ou perdant même la raison afin de faire pardonner sa science; de Saint-Martin, qui se cacha toute sa vie; de Cagliostro, qui mourut abandonné dans les cachots de l’inquisition ; de Cazotte, qui monta sur l’échafaud. Successeur de tant de victimes, il n’en ose pas moins, mais il comprend davantage la nécessité de se taire.

Imitons son exemple, apprenons avec persévérance ; quand nous saurons, osons et taisons-

nous.

LA ICi^BALE.

LA KABALE

MALCHUT.

PRINCIPIÜM.

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