‹ Dogme et rituel de la haute magie (volume 2)Chapitre 18 sur 40 · PHALLUS · texte numérisé non relu

PHALLUS

Toutes les religions ont conservé le souvenir d’un livre primitif écrit en figures par les sages des premiers siècles du monde, et dont les symboles, simplifiés et vulgarisés plus lard, ont fourni à l’Écriture ses lettres, au Verbe ses caractères, à la Philosophie occulte ses signes mystérieux et ses pantacles.

Ce livre, attribué à Hénoch, le septième maître du monde après Adam, par les Hébreux, à Hermès Trismégiste par les Égyptiens, à Cadmus, le mystérieux fondateur de la Ville-Sainte, par les Grecs, ce livre était le résumé symbolique de la tradition primitive, appelée depuis Kabbala ou Cabale, d’un mot hébreu qui est l’équivalent de tradition.

Cette tradition repose tout entière sur le dogme unique de la magie : le visible est pour nous la mesure proportionnelle de l’invisible. Or, les

anciens, ayant observe que l’équilibre est, en physique, la loi universelle, et qui résulte de l’opposition apparente de deux forces, conclurent de l’équilibre physique à l’équilibre métaphysiiiue, et déclarèrent qu’en Dieu, c’est-à-dire dans la première cause vivante et active, on devait reconnaître deux propriétés nécessaires Tune à l’autre : la stabilité et le mouvement, la nécessité et la liberté, l’ordre rationnel et l’autonomie volitive, la justice et l’amour, et par conséquent aussi la sévérité et la miséricorde ; et ce sont ces deux attributs que les cabalistes juifs personnifient en quelque sorte sous les noms de Géburah et de Chesed.

Au-dessus de Géburah et de Chesed réside la couronne suprême, le pouvoir équilibrant, principe du monde ou du royaume équilibré, que i ous trouvons désigné sous le nom de Malchut dans le verset occulte et cabalistique du Pater dont nous avons déjà parlé.

Mais Géburah et Chesed, maintenus en équilibre, en haut par la couronne et en bas par le royaume, sont deux principes qu’on peut considérer, soit dans leur abstraction, soit dans leur réalisation . Abstraits ou idéalisés, ils prennent les noms supérieurs deChocmah, la sagesse, et de Binali, l’intelligence.

LA KABALE

Réalisés, ils s’appellent la stabilité et le progrès, c’est-à-dire l’éternité et la victoire : Hod et Netsah.

Tel est , suivant la cabale , le fondement de toutes les religions et de toutes les sciences, l’idée première et immuable des choses: un triple triangle et un cercle, l’idée du ternaire expliquée par la balance multipliée par elle-même dans les domaines de l’idéal, puis la réalisation de cette idée dans les formes. Or les anciens attachèrent les notions premières de celte simple et grandiose théologie à l’idée même des nombres, et qualifièrent ainsi tous les chiffi’es de la décade primitive :

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