‹ Dogme et rituel de la haute magie (volume 3)Chapitre 19 sur 104 · OS · texte numérisé non relu

OS

1NFLEXUS.

De tous les arts issus du magisme des anciens, l'astrologie est maintenant le plus méconnu. On ne croit plus aux harmonies universelles de la nature et à l'enchaînement nécessaire de tous les effets avec toutes les causes. La véritable astrologie, d'ailleurs, celle qui se rattache au dogme unique et universel de la Cabale, a été profanée chez les Grecs et chez les Romains de la décadence ; la doctrine des sept cieux et des trois mobiles, émanée primitivement de la décade séphirique,le caractère des planètes gouvernées par des anges dont les noms ont été changés en ceux des divinités du paganisme, l'influence des sphères les unes sur les autres, la fatalité attachée aux nombres, l'échelle de proportion entre les hiérarchies célestes correspondantes aux hiérarchies humaines, tout cela a été matérialisé et rendu superstitieux parles généthliaques et les tireurs d'horoscopes de la déca-

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denceetdu moyen âge. Ramener l'astrologie à sa pureté primitive serait en quelque façon créer une science toute nouvelle ; essayons seulement d'en indiquer les premiers principes, avec leurs conséquences les plus immédiates et les plus prochaines.

Nous avons dit que la lumière astrale reçoit et conserve toutes les empreintes des choses visibles; il en résulte que la disposition quotidienne du ciel se réfléchit dans cette lumière, qui, étant l'agent principal de la vie, opère, par une série d'appareils destinés à celte fin par. la nature, la conception, l'euibryonnat et la naissance desenfants, Or, si cette lumière est assez prodigue d'images pour donner au fruit d'une grossesse les empreintes visibles d'une fantaisie ou d'une délectation de la mère, à plus forte raison doit-elle transmettre au tempérament mobile encore et incertain du nouveau-né les impressions atmosphériques et les influences diverses qui résultent à un moment donné, dans tout le système planétaire de telle ou telle disposition particulière des astres.

Rien n'est indifférent dans la nature: un caillou de plus ou de moins sur un chemin peut briser ou modifier profondément les destinées des plus grands

hommes |ou même des plus grands empires ; à plus forte raison la place de telle ou telle étoile clans le ciel ne saurait être indifférente pour les destinées de l'enfant qui naît, et qui entre par sa naissance même dans l'harmonie universelle du monde sidéral. Les astres sont enchaînés les uns aux autres par des attractions qui les tiennent en équilibre et les font régulièrement se mouvoir dans l'espace ; ces réseaux de lumière vont de toutes les sphères à toutes les sphères, et il n'y a pas un point sur chaque planète auquel ne se rattache un de ces fils indestructibles. Le lieu précis et l'heure de la naissance doivent donc être calculés par le véritable adepte en astrologie ; puis, quand il aura fait le calcul exact des influences astrales, il lui reste à compter les chances d'état, c'est-à-dire les facilités ou les obstacles que l'enfant doit trouver un jour dans son état, dans ses parents, dans le tempérament qu'il a reçu d'eux, et par conséquent dans ses dispositions naturelles pour l'accomplissement de ses destinées. Et encore faut-il tenir compte de la liberté humaine et de son initiative, si l'enfant arrive un jour à être véritablement un homme et à se soustraire par un courageux vouloir aux influences fatales et à la chaîne des destinées. On voit

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que nous n'accordons pas trop à l'astrologie; mais aussi ce que nous lui laissons est incontestable, c'est le calcul scientifique et magique des probabilités.

L'astrologie est aussi ancienne et plus ancienne même que l'astronomie, et tous les sages de l'antiquité voyante lui ont accordé la confiance la plus entière; or il ne faut pas condamner et rejeter à la légère ce qui nous arrive entouré et soutenu par de si imposantes autorités.

De longues et patientes observations, des comparaisons concluantes, des expériences souvent réitérées, ont dû amener les anciens sages à leurs conclusions, et il faudrait, pour prétendre les réfuter, recommencer en sens contraire le même travail. Paracelse a été peut-être le dernier des grands astrologues pratiques; il guérissait les malades par des talismans formés sous les influences astrales, et reconnaissait sur tous les corps la marque de leur étoile dominante., et c'était là, selon lui, la vraie médecine universelle, la science absolue de la nature, perdue par la faute des hommes et retrouvée seulement par un petit nombre d'initiés. Reconnaître le signe de chaque étoile sur les hommes., sur les animaux, sur les plantes, c'est la

vraie science naturelle de Salomon, cette science quon dit perdue et dont les principes sont conservés cependant comme tous les autres secrets dans le symbolisme de la Cabale. On comprend que, pour lire l'écriture des étoiles, il faut connaître les étoiles elles-mêmes, connaissance qui s'obtient par la domificcition cabalistique du ciel, et par l'intelligence du planisphère cabalistique, retrouvé et ^ expliqué par Gaffarel. Dans ce planisfère, les constellations forment des lettres hébraïques, et les figures mythologiques peuvent être remplacées par les symboles du Tarot. C'est à ce planisphère même que Gaffarel rapporte l'origine de l'écriture des patriarches, et l'on aurait trouvé dans les chaînes d'attraction des astres les premiers linéaments des caractères primitifs; le livre du ciel eût donc servi de modèle à celui d'Hénoch, et l'alphabet cabalistique serait le résumé de tout le ciel. Ceci ne manque ni de poésie ni surtout de probabilité, et l'étude du Tarot, qui est évidemment le livre primitif et hiéroglyphique d'Hénoch, comme l'a compris le savant Guillaume Postel, suffira pour nous en convaincre.

Les signes imprimés dans la lumière astrale par le reflet et l'attraction des astres se reproduisent

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donc, comme l'ont découvert les sages, sur tous les corps qui se forment par le concours de cette lumière. Les hommes portent les signes de leur étoile sur le front surtout et dans les mains; les animaux dans leur forme tout entière et dans leurs signes particuliers ; les plantes la laissent voir sur leurs feuilles et dans leur graine ; les minéraux dans leurs veines et dans les aspects de leur cassure. L'étude de ces caractères a été le travail de toute la vie de Paracelse, et les figures de ses talismans sont le résultat de ses recherches; mais il n'en a pas donné la clef, et l'alphabet cabalistique astral avec ses correspondances reste encore à faire; la science de l'écriture magique non conventionnelle s'est arrêtée, pour la publicité, au planisphère de Gàffarel.

L'art sérieux de la divination repose tout entier sur la connaissance de ces signes. La chiromancie est l'art délire dans les lignes de la main Fécriture des étoiles, et la métoposcopie cherche les mêmes caractères ou d'autres analogues sur le front de ses consultants. En effet, les plis formés sur la face humaine par les contractions nerveuses sont fatalement déterminés, et le rayonnement du tissu nerveux est absolument analogue à ces réseaux formés

entre les mondes par les chaînes d'attraction des étoiles. Les fatalités de la vie s'écrivent donc nécessairement dans nos rides, et l'on reconnaît souvent au premier regard, sur le front d'un inconnu, une ou plusieurs des lettres mystérieuses du planisphère cabalistique. Cette lettre est toute unepensée, et cette pensée doit dominer l'existence de cet homme. Si la lettre est tourmentée et se grave péniblement, il y a lutte chez lui entre la fatalité et la volonté, et déjà dans ses émotions et dans ses tendances les plus fortes tout son passé se révèle au mage; l'avenir alors est facile à conjecturer, et si les événements trompent parfois la sagacité du devin, le consultant n'en demeure pas moins étonné et convaincu de la science surhumaine de l'adepte.

La tête de l'homme est faite sur le modèle des sphères célestes, et elle attire et elle rayonne, et c'est elle qui, dans la conception de l'enfant, se manifeste et se forme la première. Elle subit donc d'une manière absolue l'influence astrale et témoigne par ses diverses protubérances de ses diverses attractions. La phrénologie doit donc trouver son dernier mot dans l'astrologie scientifique et épurée, dont nous indiquons les pro-

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blêmes à la patience et à la bonne foi des savants.

Suivant Ptolémée, le soleil dessèche, et la lune humecte ; suivant les cabalistes, le soleil représente la Justice rigoureuse, et la lune est sympathique à la Miséricorde. C'est le soleil qui forme les orages ; c'est la lune qui, par une sorte de douce pression atmosphérique, fait croître, décroître et comme respirer la mer. On lit dans le Sohar, l'un des grands livres sacrés de la Cabale, que « le Serpent magique, fils du Soleil, allait dévorer le monde, lorsque la Mer, fille de la Lune, lui mit le pied sur la tète et le dompta. » C'est pour cela que, chez les anciens, Vénus était fille de la Mer, comme Diane était identique avec la Lune; c'est pour cela que le nom de Marie signifie étoile de la mer ou sel de la mer. C'est pour consacrer ce dogme cabalistique dans les croyances du vulgaire qu'on a dit en langue prophétique : C'est la femme qui doit écraser la tête du serpent.

Jérôme Cardan, l'un des plus hardis chercheurs et l'astrologue saus contredit le plus habile de son temps; Jérôme Cardan, qui fut, si Ton croit la légende de sa mort, le martyr de sa foi en l'astrologie, a laissé un calcul au moyen duquel chacun peut prévoir la bonne ou mauvaise fortune de

toutes les années de sa vie. 11 appuie sa théorie sur ses propres expériences et assure que ce calcul ne l'a jamais trompé. Pour savoir donc quelle sera la fortune d'une année, il résume les événements de celles qui l'ont précédée par h, 8, 12, 19 et 30 : le nombre k est celui de la réalisation; le nombre 8, celui de Vénus ou des choses naturelles; le nombre 12, qui est celui du cycle de Jupiter, correspond aux réussites; au nombre 19 correspondent les cycles de la lune [et de Mars; le nombre 30 est celui de Saturne ou de la Fatalité. Ainsi, par exemple, je veux savoir ce qui nVarrivera en cette année 1855 : je repasserai dans ma mémoire ce qui m'est arrivé de décisif et de réel dans l'ordre du progrès et de la vie il y a quatre ans, ce que j'ai eu de bonheur ou de malheur naturel il y a huit ans, ce que j'ai pu compter de succès ou d'infortunes il y a douze ans, les vicissitudes et les malheurs ou les maladies qui me sont venues il y a dix-neuf ans, et ce que j'ai éprouvé de triste ou de fatal il y a trente ans; puis, en tenant compte des faits irrévocablement accomplis et du progrès de l'âge, je compte sur des chances analogues à celles que je dois déjà à l'influence des mêmes planètes, et je dis : En 1851, j'ai eu

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