ASTROLOGIE
des occupations médiocrement mais suffisamment lucratives, avec quelques embarras de position ; en 1847 J'ai été violemment séparé de ma famille, et il est résulté de cette séparation de grandes souffrances pour les miens et pour moi ; en 18/13, j'ai voyagé en apôtre, parlant au peuple et persécuté par les gens mal intentionnés : j'ai été, en deux mots honoré et proscrit; enfin, en 1825, la vie de famille a cessé pour moi, et je me suis engagé définitivement dans une voie fatale qui me conduisait à la science et au malheur. Je puis donc croire que j'aurai cette année travail, pauvreté, gène, exil du cœur, changement de lieu, publicité et contradictions, événement décisif pour le reste de mon existence ; et je trouve déjà dans le présent toutes sortes de raisons de croire à cet avenir. J'en conclus que, pour moi et pour Tannée présente , l'expérience confirme parfaitement la justesse du calcul astrologique de Cardan.
Ce calcul se rapporte d'ailleurs à celui des années climatériques, ou mieux climactériques, des anciens astrologues. Climactériques veut dire disposées en échelles ou calculées sur les degrés crime échelle. Jean Trithème, clans son livre Des causes secondes, a supputé fort curieusement le retour des années
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heureuses ou funestes pour- tous les empires du monde ; nous en donnerons une analyse exacte et plus claire que le livre même clans le chapitre vingt et unième de notre Rituel, avec la continuation du travail de Trithème jusqu'à nos jours et l'application de son échelle magique aux événements contemporains, pour en déduire les probabilités les plus frappantes relativement à l'avenir prochain de la France, de l'Europe et du monde.
Suivant tous les grands maîtres en astrologie, les comètes sont les étoiles des héros exceptionnels et ne visitent la terre que pour lui annoncer de grands changements; les planètes président aux collections d'êtres et modifient les destinées des agrégations d'hommes; les étoiles, plus éloignées et plus faibles dans leur action, attirent les individus et décident de leurs attraits ; parfois un groupe d'étoiles influe tout entier sur les destinées d'un seul homme, et souvent un grand nombre d'âmes sont attirées par les rayons lointains d'un même soleil. Lorsque nous mourons, notre lumière intérieure s'en va suivant l'attraction de son étoile, et c'est ainsi que nous revivons dans d'autres univers, où l'âme se fait un nouveau vêtement, ana-
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logue aux progrès ou à la décroissance de sa beauté ; car nos âmes, séparées de nos corps, ressemblent à des étoiles filantes, ce sont des globules de lumière animée qui cherchent toujours leur centre pour retrouver leur équilibre et leur mouvement; mais elles doivent avant tout se dégager des étreintes du serpent, c'est-à-dire de la lumière astrale non épurée qui les entoure et les captive tant que la force de leur volonté ne les élève pas au-dessus. L'immersion de l'étoile vivante clans la lumière morte est un affreux supplice, comparable à celui de Mézence. L'âme y gèle et y brûle à la fois, et n'a d'autre moyen de s'en dégager que de rentrer dans le courant des formes extérieures et de prendre une enveloppe de chair, puis de lutter avec énergie contre les instincts pour affermir la liberté morale qui lui permettra, au moment de la mort, de rompre les chaînes de la terre et de s'envoler triomphante vers l'astre consolateur dont la lumière lui a souri.
Suivant cette donnée, on comprend ce que c'est que le feu de l'enfer, identique avec le démon ou avec l'ancien serpent ; en quoi consistent le salut et la réprobation des hommes, tous appelés et tous successivement élus, mais en petit nombre, après
avoir été exposés par leur faute à tomber dans le feu éternel.
Telle est la grande et sublime révélation des mages, révélation mère de tous les symboles, de tous les dogmes et de tous les cultes.
On peut voir déjà combien Dnpuis se trompait lorsqu'il croyait toutes les religions issues seulement de l'astronomie. C'est au contraire l'astronomie qui est née de l'astrologie, et l'astrologie primitive est une des branches de la sainte Cabale, la science des sciences et la religion des religions.
Aussi voit-on à la page dix-septième du Tarot une admirable allégorie : Une femme nue, qui représente à la fois la Vérité, la Nature et la Sagesse, sans voile, penche deux urnes vers la terre et y verse du feu et de l'eau; au-dessus de sa tête brille le septénaire étoilé autour d'une étoile à huit rayons, celle de Vénus, symbole de paix et d'amour ; autour de la femme verdissent les plantes de la terre, et sur une de ces plantes vient se poser le papillon de Psyché, emblème de l'âme, remplacé dans quelques copies du livre sacré par un oiseau, symbole plus égyptien et probablement plus antique. Cette figure, qui, dans le Tarot
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moderne, porte le titre d'Étoile brillante, est analogue à beaucoup de symboles hermétiques, et n'est pas sans analogie avec l'Étoile flamboyante des initiés de la franc-maçonnerie, exprimant la plupart des mystères de la doctrine secrète des roses-croix.
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