LA CLEF DE L'OCCULTISME
obscurités ries Védas, du Zend Avesta et de la Bible. L'arbre générateur du bien et du mal, source unique des quatre fleuves, dont l'un arrose la terre de l'or, c'est-à-dire de la lumière, et l'autre coule dans l'Ethiopie ou dans le royaume de la nuit; le serpent magnétique qui séduisit la femme, et la femme qui "séduit l'homme, révélant ainsi la loi de l'attraction ; puis le Cherub ou Sphinx placé à la porte du sanctuaire édénique avec l'épée flamboyante des gardiens du symbole, puis la régénération parle travail, et l'enfantement par la douleur, loi des initiations et des épreuves; la division de Gain et d'Àbel, identique au symbole de la lutte d'Autéros et d'Eros; l'arche portée sur les eaux du déluge comme le coffre d'Osiris,, le corbeau noir qui ne revient pas, et la colombe blanche qui revient, nouvelle émission du dogme antagonique et équilibré : toutes ces magnifiques allégories cabalistiques de la Genèse, qui, prises à la lettre et acceptées pour des histoires réelles, méritaient encore plus de risée et de mépris que ne leur en a prodigué Voltaire, deviennent lumineuses pour l'initié, qui salue alors avec enthousiasme et amour la perpétuité du vrai dogme et l'universalité de la même initiation dans tous les sanctuaires du monde.
Les cinq livres de Moïse, la prophétie cTEzéchiel et Y Apocalypse de saint Jean, sont les trois clefs cabalistiques de tout ledifice biblique. Les sphinx d'Ézéchiel identiques avec ceux du sanctuaire et de l'arche, sont une quadruple reproduction du quaternaire égyptien ; ses roues, qui tournent les unes dans les autres, sont les sphères harmonieuses de Pythagore; le temple nouveau dont il donne le plan sur des mesures toutes cabalistiques est le type des travaux de la maçonnerie primitive. Saint Jean, dans son Apocalypse, reproduit les mêmes images et les mêmes nombres, et reconstitue idéalement le monde édénique dans la nouvelle Jérusalem ; mais à la source des quatre fleuves, l'agneau solaire a remplacé.l'arbre mystérieux. L'initiation par le travail et par le sang est accomplie, et il n'y a plus de temple parce que la lumière de la vérité est universellement répandue et que le monde est devenu le temple de la justice.
Ce beau rêve final des saintes Ecritures, cette utopie divine dont l'Église a renvoyé avec raison la réalisation à une vie meilleure, ont été recueil de ^ tous les hérésiarques anciens et d'un grand nombre d'idéologues modernes. L'émancipation simultanée et l'égalité absolue de tous les hommes suppose la
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cessation du progrès, et par conséquent de la vie: sur la terre des égaux, il ne peut plus y avoir d'enfants ni de vieillards; la naissance et la mort ne sauraient donc y être admises. C'en est assez pour prouver que la nouvelle Jérusalem n'est pas plus de ce monde que le paradis primitif, où l'on ne devait connaître ni le bien ni le mal, ni la liberté, ni la génération, ni la mort ; c'est donc dans l'éternité que commence et que finit le cycle de notre symbolisme religieux.
Dupuis et Volney ont dépensé une grande érudition pour découvrir cette identité relative de tous les symboles, et en ont conclu à la négation de toutes les religions. Nous arrivons parla môme voie à une affirmation diamétralement oppçsée, et nous reconnaissons avec admiration qu'il n'y a jamais eu de fausses religions dans le monde civilisé; que la lumière divine, cette splendeur delà raison suprême du Logos, du Verbe, qui illumine tout homme venant dans le monde, n'a pas plus manqué aux enfants de Zoroastre qu'aux tidèles brebis de saint Pierre; que la révélation permanente, unique et universelle, est écrite dans la nature visible, s'explique dans la raison et se complète par les sages analogies de la foi; qu'il n'y a enfin qu'une vraie reli-
gion, qu'un dogme et qu'une croyance légitime, comme il n'y a qu'un Dieu, qu'une raison et qu'un univers ; que la révélation n'est obscure pour personne, puisque tout le monde comprend peu ou beaucoup la vérité et la justice, et puisque tout ce qui peut être ne doit être qu'analogiquement à ce qui est. L'être est l'être rprtK iwx rprtN.
Les figures, si bizarres en apparence, que présente V Apocalypse de saint Jean , sont hiéroglyphiques, comme celles de toutes les mythologies orientales, et peuvent se renfermer dans une suite de pentacles. L'initiateur vêtu de blanc, debout entre les sept chandeliers d'or et tenant dans sa main sept étoiles, représente le dogme unique d'Hermès et les analogies universelles de la lumière .
La femme revêtue du soleil et couronnée de douze étoiles, c'est l'ïsis céleste, c'est la gnose dont le serpent de la vie matérielle veut dévorer l'enfant; mais elle prend les ailes d'un aigle et s'enfuit au désert, protestation de l'esprit prophétique contre le matérialisme delà religion officielle.
L'ange colossal dont le visage est un soleil, l'auréole un arc-en-ciel, le vêtement un nuage, les