LÀ CLEF DE L?OCCULTISME
jambes des colonnes de feu, et qui pose un pied sur la terre et l'autre sur la mer, est un véritable Panthée cabalistique.
Ses pieds représentent l'équilibre de Briah ou du monde des formes; ses jambes sont les deux colonnes du temple maçonnique Jakin et Bohas ; son corps, voilé de nuages, d'où sort une main qui tient un livre, est la sphère de Jezirah ou des épreuves initiatiques; la tête solaire, couronnée du septénaire lumineux, est le monde d'Àziluth ou de la révélation parfaite, et Ton ne saurait trop s'étonner de ce que les cabalistes hébreux n'ont pas reconnu et divulgué ce symbolisme, qui rattache si étroitement et si inséparablement les plus hauts mystères du christianisme au dogme secret, mais invariable, de tous les maîtres en Israël.
La bête à sept têtes est, dans le symbolisme de saint Jean, la négation matérielle et antagonistique du septénaire lumineux, la prostituée de Babylone correspond de la même manière à la femme revêtue du soleil ; les quatre cavaliers sont analogues aux quatre animaux allégoriques; les sept anges avec leurs sept trompettes, leurs sept coupes et leurs septépées caractérisent l'absolu delà lutte du bien contre le mal par la parole, par l'association reli-
gieuse et par la force. Ainsi, les sept sceaux du livre occulte sont levés successivement etTinitiation universelle s'accomplit. Les commentateurs qui ont cherché autre chose dans ce livre de haute Kabbale ont perdu leur temps et leur peine pour arriver à se rendre ridicules. Voir Napoléon dans l'ange Apollyon, Luther dans l'étoile qui tombe, Voltaire et Rousseau dans les sauterelles armées en guerre, c'est de la haute fantaisie. Il en est de même de toutes les violences faites à des noms de personnages célèbres pour leur faire renfermer en chiffres quelconques le fatal 666 que nous avons suffisamment expliqué; et quand on pense que des hommes nommés Bossuet et Newton se sont amusés à ces chimères, on comprend que l'humanité n'est pas aussi malicieuse clans son génie qu'on pourrait le supposer à l'aspect de ses vices.