‹ Dogme et rituel de la haute magie (volume 3)Chapitre 69 sur 104 · CHAPITRE XVHI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVHI

Voyageons maintenant dans la Thessalie au pays des enchantements. C'est ici qu'Apulée fut trompé comme les compagnons d'Ulysse, et subit une honteuse métamorphose. Ici tout est magicien, les oiseaux qui volent, les insectes qui bruissent dans l'herbe, et jusqu'aux arbres et aux fleurs; ici se composent au clair de la lune les poisons qui font aimer ; ici les st'ryges inventent des charmes qui les rendent jeunes et belles comme les Charités. Jeunes hommes, prenez garde à vous.

L'art des empoisonnements de la raison ou des philtres semble en effet, suivant les traditions, avoir développé avec plus de luxe en Thessalie que partout ailleurs son efflorescence venimeuse ; mais là encore le magnétisme a joué le rôle le plus important, car les plantes excitantes ou narcotiques, les substances animales maléficiées et maladives, tiraient toute leur force des enchantements, c'est-à-dire des sacrifices accomplis par les sorcières et des paroles qu'elles prononçaient

en préparant leurs philtres et leurs breuvages.

Les substances excitantes et celles qui contiennent le plus cle phosphore sont naturellement aphrodisiaques. Tout ce qui agit vivement sur le système nerveux peut déterminer la surexcitation passionnelle, et si une volonté habile et persévérante sait diriger et influencer ces dispositions naturelles, elle se servira des passions des autres au profit des siennes, et réduira bientôt les personnalités les plus fîères à devenir, dans un temps donné, les instruments cle ses plaisirs.

C'est d'une pareille influence qu'il importe de se

préserver et c'est pour donner des armes aux faibles

que nous écrivons ce chapitre.

Voici d'abord quelles sont les pratiques de l'ennemi :

Celui qui veut se faire aimer (nous attribuons à un homme seulement toutes ces manœuvres illégitimes, ne supposant pas qu'une femme en ait jamais besoin), celui donc qui veut se faire aimer doit d'abord se faire remarquer et produire une impression quelconque sur l'imagination de la personne qu'il désire. Qu'il la frappe d'admiration, d'étonnement ou de terreur, d'horreur même, s'il n'a que cette ressource ; mais il faut à tout prix que pour elle il

sorte du rang des hommes ordinaires et qu'il prenne de gré ou de force une place clans ses souvenirs, dans ses appréhensions et dans ses rêves. Le Lovelace n'est certes pas l'idéal avoué des Clarisses ; mais elles y pensent sans cesse pour les réprouver, pour les maudire, pour plaindre leurs victimes, pour désirer leur conversion et leur repentir ; puis elles voudraient les régénérer parle dévouement et le pardon ; puis la vanité secrète leur dit qu'il serait beau de fixer l'amour d'un Lovelace, de l'aimer et de lui résister. Et voilà ma Clarisse qui se surprend à aimer le Lovelace ; elle s'en veut de l'aimer, elle en rougit, elle y renonce mille fois et ne l'aime que mille fois davantage; puis, quand vient le moment suprême, elle oublie de lui résister.

Si les anges étaient aussi femmes que les représente le mysticisme moderne, Jehovah eût agi en père bien prudent et bien sage lorsqu'il a mis Satan à la porte du ciel.

Une grande déception pour l'amour-propre de certaines femmes honnêtes, c'est de trouver bon et irréprochable au fond l'homme dont elles s'étaient éprises en le prenant pour un brigand. L'ange alors quitte le bonhomme avec mépris en lui disant : Tu n'es pas le diable !

Grimez-vous donc en diable le plus parfaitement possible, vous qui voulez séduire un ange.

On ne permet rien à un homme vertueux. Pour qui , en effet , cet homme-là nous prend-il ? disent les femmes; croit-il qu'on ait moins de mœurs que lui? Mais on pardonne tout à un vaurien : que voulez-vous attendre de mieux d'un pareil être?

Le rôle d'homme à grands principes et d'un caractère rigide ne peut être une puissance que près des femmes qu'on n'a jamais besoin de séduire ; toutes les autres sans exception adorent les mauvais sujets.

C'est tout le contraire chez les hommes, et c'est ce contraste qui a fait de la pudeur l'apanage des femmes : c'est chez elles la première et la plus naturelle des coquetteries.

Un des médecins les plus distingués et un des plus aimables savants de Londres , le docteur Ashburner, me contait, l'année dernière, qu'un de ses clients, en sortant de chez une grande dame, lui avait dit un jour: « Je viens de recevoir un étrange compliment. La marquise de *** m'a dit en me regardant en face : Monsieur, vous ne me ferez pas baisser les yeux avec votre affreux regard ;

vous avez les yeux de Satan. — Eh bien ! lui répondit le docteur en souriant, vous vous êtes sans doute jeté immédiatement à son cou et vous l'avez embrassée ? — Mais non : je suis resté tout étonné de cette brusque apostrophe. — Eh bien! mon cher, ne retournez plus chez elle ; vous devez être perdu dans son esprit. »

On dit assez ordinairement que les offices de bourreau se transmettent de père en fils. Les bourreaux ont donc des fils? Sans doute, puisqu'ils ne manquent jamais de femmes. Marat avait une maîtresse dont il était tendrement aimé, lui, l'horrible lépreux ; mais aussi c'était le terrible Marat, qui faisait trembler tout le monde.

On pourrait dire que l'amour, surtout chez la femme, est une véritable hallucination. A défaut d'un autre motif insensé, elle se déterminera souvent pour r absurde. Tromper Joconcle pour un magot, quelle horreur ! — Eh bien ! si c'est une horreur, pourquoi ne pas le faire? Ce doit être si agréable de faire de temps en temps une petite horreur;

Étant donnéecette connaissance trauscendentale de la femme, il y a une seconde manœuvre à opérer pour attirer son attention : c'est de ne pas s'oc-

cuper d'elle, ou de s'en occuper d'une manière qui humilie son amour-propre, en la traitant comme un enfant et en rejetant bien loin ridée de lui faire jamais la cour. Alors les rôles changeront : elle fera tout pour vous tenter, elle vous initiera aux secrets que les femmes se réservent, elle s'habillera et se déshabillera devant vous en vous disant des choses comme celles-ci : — Entre femmes — entre vieux amis — je ne vous crains pas — vous n'êtes pas un homme pour moi, etc. , etc. Puis elle observera vos regards, et si elle les trouve calmes, indifférents, elle sera outrée ; elle se rapprochera de vous sous un prétexte quelconque, vous effleurera avec ses cheveux, laissera son peignoir s'entr'ouvrir On en a vu même, en pareille circonstance, risquer elles-mêmes un assaut, non par tendresse, mais par curiosité, par impatience, et parce qu'elles sont agacées.

Un magicien qui a de l'esprit n'a pas besoin d'autres philtres que ceux-là ; il dispose aussi des paroles flatteuses, dessoufflesniagnétiques, des contacts légers, mais voluptueux, avec une sorte d'hypocrisie, comme si l'on n'y songeait pas. Les donneurs de breuvages doivent être vieux, sots, laids, impuissants ; et alors à quoi bon le philtre ? Tout

homme qui est vraiment un homme a toujours à sa disposition les moyens de se faire aimer, tant qu'il ne cherchera pas à occuper une place déjà prise. Il serait souverainement maladroit de tenter la conquête d'une jeune mariée par amour pendant les premières douceurs de sa lune de miel, ou d'une Clarisse renforcée ayan t déjà un Lovelace qui la rend très malheureuse ou dont elle se reproche amèrement l'amour.

Nous ne parlerons pas ici des saletés de la magie noire au sujet des philtres ; nous en avons fini avec les cuisines de Canidie. On peut voir dans les Epodes d'Horace comment cette abominable sorcière de Rome composait les poisons, et l'on peut, pour les sacrifices et les enchantements d'amour, relire les Églogues de Théocrite et de Virgile, où les cérémonies de ces sortes d'oeuvres magiques sont minutieusement décrites. Nous ne transcrirons pas ici les recettes des grimoires ni du Petit Albert, que tout le monde peut consulter. Toutes ces différentes pratiques tiennent au magnétisme ou à la magie empoisonneuse , et sont ou naïves ou criminelles. Les breuvages qui affaiblissent l'esprit et troublent la raison peuvent assurer l'empire déjà conquis par une volonté mauvaise, et c'est

ainsi que l'impératrice Césonie fixa, dit-on, l'amour féroce de Caligula. L'acide prussique est le plus terrible agent de ces empoisonnements de la pensée- C'est pourquoi il faut se garder de toutes les distillations ayant le goût d'amande, éloigner de sa chambre à coucher les lauriers-amandes et les daturas, les savons d'amandes, les laits d'amandes, et en général toutes les compositions de parfumerie où l'odeur des amandes dominerait, surtout si son action sur le cerveau était secondée par celle de l'ambre.

Diminuer l'action de l'intelligence, c'est augmenter d'autant les forces d'une passion insensée. L'amour, tel que veulent l'inspirer les malfaiteurs dont nous parlons ici, serait un véritable hébétement et la plus honteuse de toutes les servitudes morales. Plus on énerve un esclave, plus on le rend incapable de s'affranchir, et c'est là véritablement le secret de la magicienne d'Apulée et des breuvages de Circé.

L'usage du tabac, soit à priser, soit à fumer, est un auxiliaire dangereux des philtres stupéfiants et des empoisonnements de la raison. La nicotine, comme on sait, n'est pas un poison moins violent que l'acide prussique, et se trouve en plus

grande quantité dans le tabac que cet acicle dans les amandes.

L'absorption d'une volonté par une autre change souvent toute une série de destinées, et ce n'est pas seulement pour nous-mêmes que nous devons veiller sur nos relations et apprendre à discerner les atmosphères pures des atmosphères impures : car les véritables philtres, les philtres les plus dangereux, sont invisibles; ce sont les courants de lumière vitale rayonnante qui, en se mêlant et en s'échangeant, produisent les attractions et les sympathies, comme les expériences magnétiques ne laissent pas lieu d'en douter.

11 est parlé dans l'histoire de l'Église d'un hérésiarque nommé Marcos, qui rendait folles de lui toutes les femmes en soufflant sur elles ; mais son pouvoir fut détruit par une courageuse chrétienne qui souffla sur lui la première, en lui disant: Que Dieu te juge!

Le curé Gaufredy, qui fut brûlé comme sorcier, prétendait rendre amoureuses de lui toutes les femmes que touchait son souffle.

Le trop célèbre Père Girard, jésuite, fut accusé par une demoiselle Cadière, sa pénitente, de lui avoir complètement fait perdre le jugement en

soufflant sur elle. Il lui fallait bien cette excuse pour atténuer l'horreur et le ridicule cle ses accusations contre ce Père dont la culpabilité d'ailleurs n'a jamais été bien prouvée, mais qui, bon gré mal gré, avait certainement inspiré une bien honteuse passion à cette misérable fille.

« Mademoiselle Ranfaing, étant devenue veuve en 16.., dit dom Calmet dans son Traité sur les apparitions, fut recherchée en mariage par un médecin nommé Poirot. N'ayant pas été écouté dans ses poursuites, il lui donna d'abord des philtres pour s'en faire aimer, ce qui causa d'étranges dérangements dans la santé de mademoiselle Ranfaing. Bientôt des choses si extraordinaires arrivèrent à cette dame, qu'on la crut possédée, et que les médecins, déclarant ne rien comprendre à son état, la recommandèrent aux exorcismes de l'Église.

» Après quoi, par l'ordre de M. de Porcelets, évêque de Toul , on lui nomma pour exorcistes M. Viardin docteur en théologie, conseiller d'État du duc de Lorraine, un jésuite et un capucin; mais dans le cours de ces exorcismes, presque tous les religieux de Nancy, ledit seigneur évêque, l'évêque de Tripoli , suffragant de Strasbourg ,

M. de Sancy, ci-devant ambassadeur du roi très chrétien à Constantinople, et alors prêtre de l'Oratoire, Charles de Lorraine, évèque de Verdun, deux docteurs de Sorbonne envoyés exprès pour assister aux exorcismes, Vont souvent exorcisée en hébreu , en grec et en latin, et elle leur a toujours répondu pertinement, elle qui à peine savoit lire le latin.

»On rapporte le certificat donné par M. Nicolas de Harlay, fort habile en langue hébraïque qui reconnoît que mademoiselle Ranfaing étoit réellement possédée, et lui avoit répondu au seul mouvement de ses lèvres, sans qu'il prononçât aucunes paroles, et lui avoit donné plusieurs preuves de sa possession. Le sieur Garnier, docteur de Sorbonne, lui ayant aussi fait plusieurs commandements en langue hébraïque, elle lui a de même répondu pertinement, mais en françois, disant que le pacte était qu'il ne parleroit qu'en langue ordinaire. Le démon ajouta : N'est-ce pas assez que je te montre que j'entends ce que tu dis? Le même M. Garnier lui parlant grec, mit par mégarde un cas pour un autre. La possédée, ou plutôt le diable, lui dit : Tu as failli. Le docteur lui dit en grec : Montre ma faute. Le diable répondit: Contente-toi que je te

montre la faute ; je ne t'en dirai pas davantage. Le docteur lui disant en grec de se taire, il lui répondit : Tu me commandes de me taire, et moi je ne veux pas me taire. »

Ce remarquable exemple d'affection hystérique portée jusqu'à l'extase et la démonomanie à la suite d'un philtre administré par un homme qui se croyait sorcier, prouve mieux que tout ce que nous pourrions dire la toute-puissance de la volonté et de l'imagination réagissant l'une sur l'autre, et l'étrange lucidité des extatiques ou somnambules, qui comprennent la parole en la lisant dans la pensée sans avoir la science des mots. Je ne révoque pas un instant en doute la sincérité des témoins nommés par dom Calmet ; je m'étonne seulement que des hommes aussi graves n'aient pas remarqué cette difficulté qu'éprouvait le prétendu démon à leur répondre dans une langue étrangère à la malade. Si leur interlocuteur eût été ce qu'ils entendaient par un démon, il eût non-seulement compris le grec, mais il eût aussi parlé grec : l'un ne coûterait pas plus que l'autre à un esprit aussi savant et aussi malin.

Dom Calmet ne s'en tient pas là sur l'histoire de mademoiselle Ranfaing ; il raconte toute une suite

de questions insidieuses et d'injonctions peu graves de la part des exorcistes, et une série de réponses plus ou moins congrues de la pauvre malade, toujours extatique et somnambule/ Ce bon Père ne manque pas d'en tirer les conclusions lumineuses de cet autre bon M. cle Mirville. Les choses qui se passaient étant au-dessus de l'intelligence des assistants , on doit en conclure que tout cela était l'œuvre de l'enfer. Belle et savante conclusion ! Le plus sérieux de l'affaire, c'est que le médecin Poirot fut mis en jugement comme magicien, confessa comme toujours, à la torture, et fut brûlé. S'il avait réellement, par un philtre quelconque, attenté à la raison de cette femme, il méritait d'être puni comme empoisonneur : c'est tout ce que nous en pouvons dire.

Mais les philtres les plus terribles, ce sont les exaltations mystiques d'une dévotion mal entendue. Quelles impuretés égaleront jamaisles cauchemars de saint Antoine et les tourments de sainte Thérèse et de sainte Angèle de Foligny ? Cette dernière appliquait un fer rouge à sa chair révoltée, et trouvait que le feu matériel était un rafraîchissement pour ses ardeurs cachées. Avec quelle violence la nature ne demande-t-elle pas ce qu'on lui

refuse en y pensant continuellement pour le détester ! C'est par le mysticisme qu'ont commencé les ensorcellements prétendus des Magdeleine Bavan, des demoiselles dè la Palud et de la Cadière. La crainte excessive d'une chose la rend presque toujours inévitable. En suivant les deux courbes d'un cercle on arrive et l'on se rencontre au même point. Nicolas Rérnigius, juge criminel en Lorraine, qui fit brûler vives huit cents femmes comme sorcières, voyait de la magie partout : c'était son idée fixe, sa folie. Il voulait prêcher une croisade contre les sorciers, dont il voyait l'Europe remplie ; désespéré de n'être pas cru sur parole quand il affirmait que presque tout le monde était coupable de magie, il finit par se déclarer sorcier lui-même et fut brûlé sur ses propres aveu

Pour se préserver des mauvaises influences, la première condition serait donc de défendre à l'imagination de s'exalter. Tous les exaltés sont plus ou moins fous, et l'on domine toujours un fou en le prenant par sa folie. Mettez-vous donc au-dessus des craintes puériles et des désirs vagues; croyez à la sagesse suprême, et soyez convaincus que cette sagesse, vous ayant donné l'intelligence pour unique moyen de la connaître, ne peut vouloir tendre

des pièges à votre intelligence ou à Votre raison. Vous voyez partout autour de vous des effets proportionnés aux causes ; vous voyez les causes dirigées et modifiées dans le domaine de l'homme par l'intelligence ; vous voyez en somme le bien être plus fort et plus estimé que le mal : pourquoi supposeriez-vous dans l'infini une immense déraison, puisqu'il y a de la raison dans le fini? La vérité ne se cache à personne. Dieu est visible dans ses œuvres, et il ne demande rien aux êtres contre les lois de leur nature, dont il est lui-même l'auteur. La foi, c'est la confiance ; ayez confiance, non dans les hommes qui vous disent du mal de la raison, car ce sont des fous ou des imposteurs, mais dans l'éternelle raison qui est le verbe divin, cette lumière véritable offerte comme le soleil à l'intuition de toute créature humaine venant en ce monde.

Si vous croyez à la raison absolue et si vous désirez plus que toute chose la vérité et la justice, vous ne devez craindre personne, et vous n'aimerez que ceux qui sont aimables. Votre lumière naturelle repoussera instinctivement celle des méchants parce quelle sera dominéepar votrevolonté. Ainsi lessubstances même vénéneuses qui pourraient vous être

administrées n'affecteront pas votre intelligence. On pourra vous rendre malades, on ne vous rendra jamais criminels.

Ce qui contribue à rendre les femmes hystériques, c'est leur éducation molle et hypocrite. Si elles faisaient plus d'exercice, si ou leur enseignait les choses du monde franchement et libéralement, elles seraient moins capricieuses, moins vaines, moins futiles, et par conséquent moins accessibles aux mauvaises séductions. La faiblesse sympathise toujours avec le vice, parce que le vice est nue faiblesse qui se donne l'apparence d'une force. La folie a la raison en horreur et se complaît en toutes choses aux exagérations du mensonge. Guérissez donc d'abord votre intelligence malade. La cause de tous les envoûtements, le venin de tous les philtres, la puissance de tous les sorciers, sont là.

Quant aux narcotiques ou autres poisons qui vous auraient été administrés, c'est l'affaire de la médecine et de la justice; mais nous ne pensons pas que de pareilles énormités se reproduisent beaucoup de nos jours. LesLovelaces n'endorment plus les Clarisses autrement que par leurs galanteries, et les breuvages, comme les enlèvements par des hommes masqués et les captivités dans des souter-

rains, ne seraient plus de mise même dans nos romans modernes. Il faut reléguer tout cela dans le confessionnal des pénitents noirs ou dans les ruines du château d'Udolph

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