CHAPITRE Xlll
LA NÉCROMANCIE
Nous avons énoncé hardiment notre pensée ou ! : plutôt notre conviction sur la possibilité du résurhrectionisme en certain cas; il faut ici compléter - Àà révélation de cet arcane et en exposer la prai I tique.
■ La mort est un fantôme de l’ignorance; elle I n’existe pas : tout est vivant dans la nature, et c’est [ {parce que tout est vivant que tout se meut et change [ l’incessamment de formes.
I La vieillesse est le commencement de la régéné- \ - ’ation ; c’est le travail de la vie qui se renouvelle ,
I le mystère de ce que nous appelons la mort était iaguré chez les anciens par cette fontaine de Jou-
r^ence où l’on décrépit et d’où l’on sort enfant.
Le corps est un vêtement de l’âme. Lorsque ce •'êtement est complètement usé ou gravement et rrréparablement déchiré, elle le quitte et ne le reprend plus. Mais lorsque, par un accident quel* conque, ce vêtement lui échappe sans être ni usé 1 li détruit, elle peut, en certains cas, le reprendre,
suit ])jiT son propi‘0 effort, soit avec l’assistance | (riiiic autre volonté plus forte et ])lus active (^ue lasienne.
La mort n’est ni la fin de la vie ni le coinm^nceinent de l’immortalité ; c’est la continuation et la transformation de la vie.
Or, une transformation étant toujours un progrès, il est peu de morts apparents qui consentent à revivre, c’est-à-dire à reprendre le vêtement qu’ils viennent de quitter. C’est ce qui rend la résurrection une des œuvres les plus difficiles de la haute initiation. Aussi le succès n’en est-il jamais infaillible et doit-il être regardé presque toujours comme accidentel et inattendu. Pour ressusciter un mort, il faut resserrer subitement et énergiquement la plus forte des chaînes d’attraction qui puissent le rattacher à la forme qu’il vient de quitter. Il est donc nécessaire de connaître d’abord cette chaîne, puis de s’en emparer, puis de produire un effort de volonté assez grand pour la resserrer instantanément et avec une puissance irrésistible.
Tout cela, disons-nous, est extrêmement difficile, mais n’a rien qui soit absolument impossible. Les préjugés de la science matérialiste n’admettant pas de nos jours la résurrection dans l’ordre naturel.
LA NÉCROMANCIE
on est disposé à expliquer tous les phénomènes de cet ordre par les léthargies plus ou moins compliquées des symptômes de la mort et plus ou moins longues. Lazare ressusciterait aujourd’hui devant nos médecins, qu’ils constateraient simplement dans leur rapport aux académies compétentes le cas étrange d’une léthargie accompagné d’un commencement apparent de putréfaction et d’une odeur cadavéreuse assez forte ; on donnerait un nom à cet accident exceptionnel, et tout serait dit.
Nous n’aimons à froisser personne, et, si par respect pour les hommes décorés qui représentent officiellement la science, il faut appeler nos théories résurrection istes l’art de guérir les léthargies exceptionnelles et désespérées , rien ne nous en empêchera, je l’espère, de leur faire cette concession. •
Si jamais une résurrection s’est faite dans le monde, il est incontestable que la résurrection est possible. Or, les corps constitués protègent la religion; la religion affirme positivement le fait des résurrections : donc les résurrections sont possibles. Il est difficile de sortir de là.
Dire qu’elles sont possibles en dehors des lois de
la nature et par une influence contraire à rharinonie universelle , c est affirmer que l’esprit de désordre, de ténèbres et de mort, peut être l’arbitre souverain de la vie. Ne disputons pas avec les adorateurs du diable, et passons.
Mais ce n’est pas la religion seule qui atteste les faits de résurrection : nous en avons recueilli plusieurs exemples. Un fait qui avait frappé l’imagination du peintre Greuze a été reproduit par lui dans un de ses tableaux les plus remarquables: un fils indigne, près du lit de mort de son père, surprend et déchire un testament qui ne lui était pas favorable ; le père se ranime, s’élance, maudit son fils, puis il se recouche et meurt une seconde fois. Un fait analogue et plus récent nous a été attesté par des témoins oculaires : un ami, trahissant la confiance de son ami qui venait de mourir, reprit et déchira une attestation de fidéicommis souscrite par lui ; à cette vue , le mort ressuscita et resta vivant pour défendre les droits des héritiers choisis que cet infidèle ami allait frustrer; le coupable devint fou, et le mort ressuscité fut assez compatissant pour lui faire une pension.
Lorsque le Sauveur ressuscite la fille de Jaïr, il entre seul avec ses trois disciples affidés et favoris ;
LA NÉCROMANCIE
il éloigne ceux qui faisaient du bruit et (|ui pleuraient, en leur disant : « Cette jeune fille n’est pas morte, elle dort. » Puis, en présence seulement du père, de la mère et des trois disciples, c’est-à-dire dans un cercle parfait de confiance et de désir, il prend la main de l’enfant, la soulève brusquement et lui crie : « Jeune fille, levez- vous ! » La jeune fille, dont l’ame indécise errait sans doute auprès de son corps, dont elle regrettait peut-être l’extrême jeunesse et la beauté, surprise par les accents de cette voix , que son père et sa mère écoutent à genoux et avec des frissons d’espérance, rentre dans son corps , ouvre les yeux, se lève, et le Maître ordonne aussitôt qu’on lui donne à manger, pour que les fonctions de la vie recommencent un nouveau cycle d’absorption et de régénération.
L’histoire d’Élisée, ressuscitant le fils de la Sunainite, et de saint Paul, ressuscitant Eutyque, sont des faits du même ordre; la résurrection de Dorcas par saint Pierre, racontée avec tant de simplicité dans les Actes des apôtres, est également une bis* toire dont la vérité ne saurait guère être raisonnablement contestée. Apollonius de Thyanes paraît aussi avoir accompli de semblables merveilles,
KITL’LL Dl!, LA HALTE MAGIE,
Nous avuiis cU'i iiüus-inèiiiu tciiiuiii de raiLs (|ui ne sont pas sans analogie avec ceux-là, mais l’espril du siècle dans lecpiel nous avons de vivre nous impose à ce sujet la plus discrète réserve, les thaumaturges étant exposés de nos jours à un assez médiocre accueil devant le bon public: ce (|ui n’empêche pas la terre de tourner, et Galilée d’être un grand homme.
La résurrection d’un mort est le chef-d’œuvre du magnétisme, parce c[u’ il faut, pour l’accomplir, exercer une sorte de toute-puissance sympathique. Elle est possible dans les cas cle mort par congestion, par étouffement, par langeur, par hystérisme.
Eutyque, qui fut ressuscité par saint Paul, après être tombé du troisième étage, n’avait sans doute rien de brisé intérieurement, et avait succombé sans doute soit à l’asphyxie occasionnée par le mouvement de l’air pendant la chute, soit au saisissement et à la frayeur. 11 faut, en ])areil cas, et lorsqu’on se sent la force et la foi nécessaires pour accomplir une pareille œuvre, pratiquer, comme l’apôtre, l’insufflatiou bouche contre bouche, en y joignant le contact des extrémités pour y rappeler la chaleur. S’il se fût agi tout simplement de ce que les ignorants appellent un miracle, Élie et
LA N lie KOM A NC IR.
saint Paul, dont les procédés, en pareil cas, ont été les mêmes, eussent simplement parlé au nom de Jéhovah ou du Christ.
11 peut suffire quelquefois de prendre la personne par la main et de la soulever vivement en l’appelant d’une voix forte. Ce procédé, qui réus- I sit d’ordinaire dans les évanouissements , peut ; , avoir de l’action même sur la mort, quand le I magnétiseur qui l’exerce est doué d’une parole I puissamment sympathique et possède ce qu’on I pourrait appeler l’éloquence de la voix. Il faut aussi I qu’il soit tendrement aimé ou respecté de la per- \ sonne sur laquelle il jveut agir, et qu’il fasse son j œuvre par un grand élan de foi et de volonté, I qu’on ne trouve pas toujours en soi-même dans le I premier saisissement d’une grande douleur.
Ce qu’on appelle vulgairement nécromancie n’a rien de commun avec la résurrection, et il est au moins fort douteux que, dans les opérations relatives à cette application du pouvoir magique, on se mette réellement en rapport avec les âmes des mortsqu’on évoque. 11 y a deux sortes de nécromancies : la nécromancie de lumière et la nécroman-
cie des ténèbres, l’évocation par la prière, lepantacle Pt les parfums, et l’évocation par le sang, les
TU'l'UKL DK \A HAUTE MAGIE.
iuiprécatioiis elles sacrilèges. C’est lajiremière seulement que nous avons pratiquée, et nous ne conseillons à personne de s’adonner à la seconde.
11 est certain que les images des morts apparaissent aux personnes magnétisées qui les évoquent ; il est certain aussi qu’elles ne leur révélent jamais rien des mystères de l’autre vie. On les revoit telles qu’elles peuvent être encore dans le souvenir de ceux qui les ont connues, telles que leurs reflets sans doute les ont laissées empreintes dans la lumière astrale. Quand les spectres évoqués répondent aux questions qu’on leur adresse, c’est toujours par les signes ou par impression intérieure et imaginaire, jamais avec une voix qui frappe réellement les oreilles ; et cela se comprend assez ; comment une ombre parlerait-elle? avec quel instrument feraitelle vibrer l’air en le frappant de manière à faire distinguer les sons?
On éprouve cependant des contacts électriques lors des apparitions, et ces contacts semblent quelquefois produits par la main môme du fantôme ; mais ce phénomène est tout intérieur et doit avoir pour cause unique la puissance de l’imagination et les affluences locales de la force occulte que nous appelons lumière astrale. Ce qui le prouve, c’est
LA NKCHOMANCIE.
que les esprits, ou du moins les spectres prétendus tels, nous touchent bien parfois, mais qu’on ne saurait les toucher, et c’est une des circonstances les plus effrayantes des apparitions, car les visions ont parfois une apparence si réelle, qu’on ne peut sans être ému sentir que la main passe a travers ce qui nous semble un corps sans pouvoir rien toucher * ni rencontrer.
On lit dans les historiens ecclésiastiques que Spiridion, évêque de Trémithonte qui fut depuis invoqué comme saint, évoqua l’esprit de sa fille Irène pour savoir d’elle où se trouvait caché un dépôt d’argent qu’elle avait reçu d’un voyageui;. Swedenborg communiquait habituellement avec les prétendus morts dont les formes lui apparaissaient dans la lumière astrale. Nous avons connu plusieurs personnes dignes de foi qui nous ont assuré avoir revu pendant des années entières des défunts qui leur étaient chers. Le célèbre athée Sylvain Maréchal apparut à sa veuve et à une amie de cette dernière pour leur donner connaissance d’nne somme de 1500 francs en or qu’il avait cachée dans un tiroir secret d’un meuble. Nous tenons cette anecdote d’une ancienne amie de la famille.
Les évocations doivent toujours être motivées et
\sii
avoir un but louable; aulreiiieul, si* sont des opérations de ténèbres et de Iblie, très dangereuses pour la raison et pour la santé. Ëvo(iuei- par pure curiosité et pour savoir si Ton verra quelque chose, c’est être disposé d’avance à se fatiguer en pure perte. Les hautes sciences n’admettent ni le doute ni les puérilités.
Le motif louable d’une évocation peut être ou d’amour ou d’intelligence.
Les évocations d’amour exigent moins d’appareil et sont de toutes manières plus faciles. Voici comment il faut y procéder :
On doit d’abord recueillir avec soin tous les souvenirs de celui ou de celle qu’on désire revoir, les objets qui lui ont servi et qui ont gardé son empreinte, et meubler soit une chambre où la personne ait demeuré de son vivant, soit un local semblablCj où l’on mettra son portrait, voilé de blanc, au milieu des fleurs que la personne aimait et que l’on renouvellera tous les jours.
Puis il faut observer une date précise, un jour de l’annee qui ait été, soit sa fête, soit le jour le plus heureux pour notre affection et pour la sienne, un jour dont nous supposons que son âme, quelque heureuse qu’elle soit d ailleurs, n’a pu perdre le souve-
LA :;iU;ro^l\nci1‘.
nir: c’est ce joiir-là niAme qu’il faut choisir pour révocation, à laquelle on se préparera pendant quatorze jours.
Pendant ce temps, il faudra observer de ne donner à personne les mômes preuves d’affection que le défunt ou la défunte avait droit d’attendre de nous; il faudra observer une chasteté rigoureuse, vivre dans la retraite et ne faire qu’un modeste repas et une légère collation par -jour.
Tous les soirs, à la môme heure, il faudra s’enfermer ftvec une seule lumière peu éclatante, telle qu’une petite lampe funéraire ou un cierge, dans la chambre consacrée au souvenir de la personne regrettée ; on placera cette lumière derrière soi et l’on découvrira le portrait, en présence duquel on restera une heure en silence ; puis on parfumera la chambre avec un peu de bon encens, et l’on en sortira à reculons. .
Le jour fixé pour l’évocation, il faudra se parer dès le matin comme pour une fête, n’adresser le premier la parole à personne de la journée, ne faire qu’un repas composé de pain, de vin et de racines ou de fruits ; la nappe devra être blanche ; on mettra deux couverts et l’on rompera une part du p.dn, qui devra être servi entier; on mettra aussi
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quelques gouUes de vin dans le verre de la personne qu’on veut évoquer. Ce repas doit être fait en silence, dans la chambre des évocations, en présence du portrait voilé; puis on emportera tout ce qui aura servi pour cela, excepté le verre du défunt et sa part de pain qui seront laissés devant son portrait.
Le soir, à l’heure de la visite habituelle, on se rendra dans la chambre en silence; on y allumera un feu clair avec du bois de cyprès, et l’on y jettera sept fois de l’encens en prononçant le nom de la personne qu’on veut revoir ; on éteindra ensuite la lampe et on laissera le feu mourir. Ce jour-là on ne dévoilera pas le portrait.
Quand la flamme sera éteinte, on remettra de l’encens sur les charbons, et l’on invoquera Dieu suivant les formules de la religion à laquelle appartenait la personne décédée et suivant les idées qu’elle avait elle-même de Dieu.
Il faudra , en faisant cette prière , s’identifier à la personne évoquée , parler comme elle parlerait , se croire en quelque sorte elle-même ; puis, après un quart d’heure de silence, lui parler comme si elle était présente, avec affection et avec foi, en la priant de se montrer à nous; renouveler cette
LA NliCROMANClIi.
prière mentalement et en couvrant son visage de ses deux mains, puis appeler trois fois et à haute voix la personne; attendre à genoux et les yeux fermés ou couverts pendant (jiielques minutes en lui parlant mentalement ; puis l’appeler trois fois encore d’une voix douce et affectueuse, et ouvrir lentement les yeux. Si l’on ne voyait rien, il faudrait renouveler cette expérience l’année suivante et ainsi jusqu’à trois fois. Il est certain qu’au moins la troisième fois on obtiendra l’apparition désirée, et, plus elle aura tardé, plus elle sera visible et saisissante de réalité.
Les évocations de science et d’intelligence se font avec des cérémonies plus solennelles. S’il s’agit d’un personnage célèbre, il faut méditer pendant vingt et un jours sa vie et ses écrits, se faire une idée de sa personne, de sa contenance et de sa voix ; lui parler mentalement et s’imaginer ses réponses, porter sur soi son portrait ou au moins son nom, s’assujettir à un régime végétal pendant les vingt et un jours, et à un jeûne sévère pendant les sept derniers ; puis construire l’oratoire magique tel que nous l’avons décrit au chapitre treizième de notre dogme. L’oratoire doit être entièrement fermé ; mais, si l’on doit opérer de jour, on peut laisser une
1H8 IUT[îi:i. DK LA IIAUTK MAGIK.
«Hl’oile oiivertiiro du cAtd nù doit donner le soleil à l’heure de révocation, et placer (levant celte ouveiture un prisme triangulaire, puis devant le prisme un globe de cristal rempli d’eau. Si l’on doit opérer de nuit, on disposera la lampe magique de manière à faire tomber son unique rayon sur la fumée de l’autel. Ces préparatifs ont pour but de fournir à l’agent magique des éléments d’une apparence corporelle, et de soulager d’autant la tension de notre imagination, qu’on n’exalterait pas sans danger jusqu’à l’illusion absolue du rêve. On comprend assez, d’ailleurs, qu’un rayon de soleil ou de lampe diversement coloré et tombant sur une fumée mobile et irrégulière ne peut en aucune façon créer une image parfaite. Le réchaud du feu sacré doit être au centre de l’oratoire, et l’autel des parfums à peu de distance. L’opérateur doit se tourner vers Torient pour prier, et vers l’occident pour évoquer; il doit être seul ou assisté de deux personnes qui observeront le plus rigoureux silence; il aura les vêtements magiques tels que nous les avons décrits au chapitre septième, sera couronné de verveine et d’or. Il aura dû se baigner avant l’opération, et tous ses vêtements de dessous devront être d’une intacte et rigoureuse propreté.
L\ NÉCUOMANCIli.
On cümmenceru par une prière appropriée au génie de l’esprit qu’on veut évoquer, et qu’il pourrait approuver kii-mênie s’il vivait encore. Ainsi l’on n’évoquerait jamais Voltaire, par exemple, en récitant des oraisons dans le goût de celles de sainte Brigitte. Pour les grands hommes des temps antiques, on dira les hymnes deCléanthe ou d’Orphée, avec le serment qui termine les vers dorés de Pythagore. Lors de notre évocation d’Apollonius, nous avions pris pour rituel la magie philosophique de Patricius, contenant les dogmes de Zoroastreet les ouvrages d’Hermès Trismégistè. Nous lûmes à haute voix le Nuctéméron d’Apollonius en grec, et nous y ajoutâmes la conjuration suivante^
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()uToc r’à xphnra, (fZaiv Ép^v7ç, twv e^cov CTTtyvocov. Tac ypàpfjtarov TràvTwv, xac ôcaxpcvoOac, xat ztya. fxzvavrot x(xzi(j‘/r)<Jtv y. 0£ xac Trpô; rjtpytcca; ^yrjvcoy wQàvtt , a-nXat xa": b^t^iyxoïç
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^îay£cav, o AîtoÀXwvco; , i ATroXXcov'loç, ô ArroXXtoy'coç SiSy-zxcc; Toj Tioùoiazpyj. Toü Qpo'jaCvj, èatt St toüto, 9îwv G.'pà-
TEca.
Pour révocation des esprits appartenant aux reli-
lUTUliL Dli lA HAUTE MAGIE.
gioiis émanées du judaïsme, il faut dire rinvocalioii cabalistique de Salomon, soit en hébreu, soit ou toute autre langue qu’on sait avoir été ramiliore à l’esprit qu’on évoque :
Puissances du royaume, soyez sous mon pied gauche et dans ma main droite ; Gloire et Éternité, touchez mes deux épaules et dirigez-moi dans les voies de la victoire: Miséricorde et Justice, soyez l’équilibre et la splendeur de ma vie ; Intelligence et Sagesse, donnez-moi la couronne; esprils de Malchuth, conduisez-moi entre les deux colonnes sur lesquelles s’appuie tout l’édifice du temple; anges de Netsah et de Hod, affermissez-moi sur la pierre cubique de Jesod^
O Gédulael ! ô Geburael ! ô Tiphereth ! Binael, sois mon amour; Ruach Hochmael, sois ma lumière; sois ce que tu es et ce que tu seras, ô Kétheriel!
Ischim^ assistez-moi au nom de Saddaï.
Cherubim, soyez ma force au nom cI’Adonaï.
Beni~Elohim ^ soyez mes frères au nom du fils et par les vertus de Zébaoth,
Eloïm, combattez pour moi au nom de Tetragrammaton.
Malachim. protégez-moi au nom de mn>.
Seraphim, épurez mon amour au nom d’ELVOH.
LA NÉCROMANCIE. 191
Hasmalim, éclairez-nioi avec les splendeurs d’ELoï et de Schechinah.
Aralim^ agissez; Ophanlm^ tournez et resplendissez.
Hajoth a Kadosh, criez, parlez, rugissez, mugissez : Kadosh, Kadosh., Kadosh, Saddaï, Adonaï,
JoTCHAVAH , EiEAZEREIE.
Hallelu-jah, Hallelu-jah, Hallelu-jah. Amen,
11 faut bien se rappeler surtout, dans les conjurations, que les noms de Satan, de Beelzebub, d’Adramelek, et les autres, ne désignent pas des unités spirituelles, mais des légions d’^esprits impurs. Je me nomme légion, dit dans l’Évangile l’esprit de ténèbres, parceque noussommes en grand nombre. En enfer, règne de l’anarchie, c’est le nombre qui fait la loi et le progrèss’y accomplit en sens inverse, c’est-à-dire que les plus avancés en développement satanique, les plus dégradés par conséquent, sont les moins intelligents et les plus faibles. Ainsi, une loi fatale pousse les démons à descendre lorsqu’ils croient et veulent monter. Aussi ceux qui se disent les chefs sont-ils les plus impuissants et les plus méprisés de tous. Quant à la foule des esprits pervers, elle tremble devant un chef inconnu, invisible, incompréhensible, capricieux, implacable, qui n’ex-
19*2 lUTUKL Dli LA HAUTE MAGIE.
pliqiiu jamais ses lois, cl qui a toujours le bras éleiulu pour frapper ceux (jui u’ont pu le deviner. Ils donnent à ce fantôme les noms de Baal, de Jupiter, ou d’autres même plus vénérables, et qu’on ne prononce pas en enfer sans les profaner: mais ce fantôme n’est que l’ombre et le souvenir de Dieu, défigurés par leur perversité volontaire, et restés dans leur imagination comme une vengeance de la justice et un remords de la vérité.
Lorsque l’esprit de lumière qu’on a évoqué se montre avec un visage triste ou irrité, il faut lui offrir un sacrifice moral, c’est-à-dire être intérieurement disposé à renoncer à ce qui l’offense; puis il faut, avant de sortir de l’oratoire, le congédier en lui disant: Que la paix soit avec toi! Je n’ai pas voulu te troubler, ne me tourmente pas; je travaillerai à me réformer en tout ce qui t’offense; je prie et je prierai avec toi et pour toi ; prie avec moi et pour moi et retourne à ton grand sommeil, en attendant le jour où nous nous réveillerons ensemble. Silence et adieu !
Nous ne terminerons pas ce chapitre sans ajouter, pour les curieux, quelques détails sur les cérémonies de la nécromancie noire. On trouve dans plusieurs anciens auteurs comment la pratiquaient
LA NÉCilüMANClE.
les sorcières île Thessalie cl les Canidies de Rome. On creusait une fosse, au bord de laquelle on égorgeait une brebis noire; puis on éloignait avec l’épée magique les psylles et les larves qui étaient supposées présentes et empressées à boire le sang ; on I invoquait la triple Hécate et les dieux infernaux, et on appelait trois fois l’ombre qu’on voulait voir apparaître. '
Au moyen âge, les nécromans profanaient les 1 tombeaux, composaient des philtres et des onguents üavec la graisse et le sang des cadavres ; ils y me- Ikient l’aconit, la belladone et le champignon véné- 1 lieux ; puis ils recuisaient et écumaient ces affreux imélanges sur des feux composés d’ossements huumains et de crucifix dérobés aux églises; ils y mêlaient des poudres de crapauds desséchées et de la .cendre d’hosties consacrées; puis fisse frottaient les •tempes, les mains et la poitrine de l’onguent inferlaal traçaient le pantacle diabolique, évoquaient les morts sous les gibets ou dans les cimetières abanllonnés,. On entendait de loin leurs hurlements, 3t les voyageurs attardés croyaient voir sortir de t erre des légions de fantômes ; les arbres mêmes
|*^jrenaient à leurs yeux des figures qui faisaient neur ; on voyait scintiller des yeux de feu dans les
19/l '• RITUEL DE LA HAUTE MAGIE,
Ijuissoiis, et les grenouilles des marais semblaient répéter d’une voix rauque les paroles mystérieuses du sabbat. C’était le magnétisme de riiallucination et la contagion de la folie.
Les procédés de la magie noire ont pour but de troubler la raison et de produire toutes les exaltations fiévreuses qui donnent le courage des grands crimes. Les grimoires que l’autorité autrefois faisait saisir et brûler partout où elle les rencontrait n’étaient certes pas des livres innocents. Le sacrilège, le meurtre et le vol sont indiqués ou sous-entendus comme moyens de réalisation dans presque toutes ces œuvres. C’est ainsi que dans le Grand Grimoire et dans le Dragon rouge, contrefaçon plus moderne du Grand Grimoire, on lit une recette intitulée : Composition de mort, ou pierre philosophale. C’est une espèce de consommé d’eau-forte, de cuivre, d’arsenic et vert de gris. On y trouve aussi des procédés de nécromancie qui consistent à fouiller la terre des tombeaux avec ses ongles, à eu retirer des ossements qu’on tiendra en croix sur sa poitrine, à assister ainsi à la messe de minuit, la nuit de Noél, dans une église, et au moment de l’élévation se lever et s’enfuir en criant : Que les , morts sortent de leurs tombeaux ! puis retour-
LA. NÉCROMANCIE
lier au cimetière, prendre une poignée de terre cpii touche du plus près un cercueil, revenir en courant à la porte de Téglise qu’on aura épou- ’ vantée de sa clameur y déposer les deux os en croix en criant encore : Que les morts sortent de leurs tombeaux! et, s’il ne se trouve là personne pour vous arrêter et vous conduire à la maison des fous, ^s’éloigner à pas lents et compter quatre mille cinq cents pas sans se détourner ce qui fait supposer ou que vous suivrez une grande route ou que vous escailaderez les murailles. Au bout de ces quatre mille icinq cents pas, vous vous coucherez par|terre ; après lavoir semé en croix la terre que vous tenez dans la tmain, vous vous placerez comme on est dans le ^ cercueil, et vous répéterez encore d’une voix lugubre: Que les morts, etc., et vous appellerez trois ifois celui que vous voudrez voir paraître. Il ne faut pas douter que la personne assez folle et assez per- , verse pour se livrer à de pareilles œuvres soit disposée déjà à toutes les chimères et à tous les antômes. La recette du Grand Grimoire est donc certainement très efficace, mais nous ne conseillons : i aucun de nos lecteurs d’en faire usage*
lUTUEL DE IA HAUTE MAGIE.