‹ Dogme et rituel de la haute magieChapitre 20 sur 66 · LE GRAND OEUVRE · texte numérisé non relu

LE GRAND OEUVRE

tues et résumées d'ailleurs dans les douze clefs de Basile Valentin, l.e soleil et la lune y reparaissent sous les figures de l’empereur et de l’impératrice ; Mercure est le bateleur; le grand Hiérophante, c’est l’adepte ou l’abstracteur de quintessence ; la mort, le jugement, l’amour, le dragon ou le diable, l’ermite ou le vieillard boiteux, et enfin tous les i autres symboles s’y retrouvent avec leurs principaux attributs et presque dans le même ordre. Il n’en saurait être autrement, puisque le Tarot est lie livre primitif et la clef de voûte des sciences I occultes: il doit être hermétique' comme il est i cabalistique, magique et théosophique. Aussi trouvons-nous dans la réunion de sa douzième et de sa vingt-deuxième clef, superposées l’une à l’autre, la révélation hiéroglyphique de notre solution des mystères du grand œuvre.

La douzième clef représente un homme pendu par un pied à un gibet composé de trois arbres ou bâtons formant la figure de la lettre hébraïque ; les bras de l’homme forment un triangle avec sa tête, et sa forme hiéroglyphique tout entière est celle d’un triangle renversé surmonté d’une croix, symbole alchimique connu de tout les adeptes et qui représente l’accomplissement du grand œuvre.

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La viiigUleiixième clef, qui porte le nombre !21 parce que le Ibu qui la précède dans l’ordre cabalistique ne porte point de numéro, représente une jeune divinité légèrement voilée et courant dans une couronne fleurissante supportée aux quatre coins par les quatre animaux de la cabale. Celle divinité tient une baguette de chaque main dans le tarot italien, et dans le tarot de Besancon, elle réunit dans une seule main deux baguettes et pose l’autre main sur sa cuisse, symboles également remarquables de l’action magnétique, soit alternée dans sa polarisation, soit simultanée par opposition et par transmission .

Le grand œuvre d’Hermès est donc une opération essentiellement magique, et la plus haute de toutes, car elle suppose l’absolu en science et en volonté. Il y a de la lumière dans l’or, de l’or dans la lumière, et de la lumière en toutes choses. La volonté intelligente qui s’assimile la lumière dirige ainsi les opérations de la forme substantielle, et ne se sert de la chimie que comme d’un instrument très secondaire. L’influence de la volonté et de l’intelligence humaines sur les opérations de la nature, dépendantes en partie de son travail est d’ailleurs un fait si réel que tous les alchimistes sérieux ont

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réussi eu raison de leurs connaissances et de leur loi et ont reproduit leur pensée dansle phénomène de la fusion, de la salification et de la recomposition des métaux. Agrippa, homme d’une immense érudition et d’un beau génie, mais pur philosophe et sceptique, n’a pu dépasser les limites de l’analyse et de la synthèse des métaux. Eteilla, cabaliste confus, embrouillé, fantasque, mais persévérant, reproduisait eii alchimie les bizarreries de son tarot mal compris et défiguré ; les métaux prenaient dans ses creusets des formes singulières qui excitaient la curiosité de tout Paris, sans autre résultat pour la fortune de l’opérateur que les honoraires qu’il exigeait de ses visiteurs. Un souffleur obscur de notre temps, qui est mort fou, le pauvre Louis Cambriel, guérissait réellement ses voisins, et ressuscita, au dire de tout son quartier, un forgeron de ses amis. Pour lui l’œuvre mélallique pre • liait les formes les plus inconcevables et les plus illogiques en apparence. Il vit un jour dans son creuset la figure de Dieu même incandescent comme le soleil, transparent comme le cristal, et ayant un corps composé d’assemblages triangulaires que Cambriel compare naïvement à des tas de petites poires.

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Un cabaliste de nos amis qui est savant, mais qui appartient à une initiation que nous croyons erronée, a tait dernièrement les opérations chimiques du grand œuvre; il est arrivé à s’alhiiblir les yeux par rincandescence de l’athanor, et a créé un nouveau métal qui ressemble à l’or, mais qui n’est pas de l’or, et n’a par conséquent aucune valeur. Raymond Lulle, Nicolas Flamel, et très probablement Henri Khunrath, ont fait de l’or véritable et n’ont pas emporté leur secret avec eux, puisqu’ils l’ont consigné dans leurs symboles et ont indiqué les sources où ils ont puisé pour le découvrir et en réaliser les elfets. C’est ce même secret que nous publions aujourd’hui.

LA NÉCROMANCIE

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