‹ Dogme et rituel de la haute magieChapitre 27 sur 66 · LES ENVOUTEMENTS ET LES SORTS · texte numérisé non relu

LES ENVOUTEMENTS ET LES SORTS

Une menace est un envoûtement réel, parce ({u’elle agit vivement sur rimagination, surtout si cette imagination accepte facilement la croyance d’un pouvoir occulte et illimité. La terrible menace de l'enfer, cet envoûtement de l’humanité pendant plusieurs siècles, a créé plus de cauchemars, plus de maladies sans nom, plus de folies furieuses, que tous les vices et tous les excès réunis. C’est ce que figuraient les artistes hermétiques du moyen âge par les monstres incroyables et inouïs qu’ils incrustaient au portail de leurs basilic[ues.

Mais l’envoûtement par la menace produit un effet absolument contraire aux intentions de l’opérateur, quand la menace est évidemment vaine, quand elle révolte la fierté légitime de celui qui est menacé, et provoque par conséquent sa résistance, enfin quand elle est ridicule à force d’être atroce.

Ce sont les sectateurs de l’enfer qui ont discrédité le ciel. Dites à un homme raisonnable que l’é- ([uilihre est la loi du mouvement et de la vie et que l’équilibre moral, la liberté, repose sur une distinction éternelle et immuable entre le vrai et le faux, entre le bien et le mal ; dites-lui que, doué

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(l’une vnloiiU* libre, il doit se faire place par ses œuvres dans l’empire de la vérité et du bien, ou retomber éternellement, comme le rocher de Sysiphe dans le chaos du mensonge et du mal : il comprendra ce dogme, et, si vous appelez la vérité et le bien ciel, le mensonge et le mal enfer, il croira à votre ciel et à votre enfer, au-dessus desquels l’idéal divin reste calme, parfait et inaccessible à la colère comme à l’offense, parce qu’il comprendra que, si l’enfer en principe est éternel comme la liberté, il ne saurait être en fait qu’un tourment passager pour les âmes, puisque c’est une expiation , et que l’idée d’expiation suppose nécessairement celle de réparation et de deslruclion du mal.

Ceci dit, non pas dans des intentions dogmatiques qui ne sauraient être de notre ressort, mais pour indiquer le remède moral et raisonnable à l’envoûtement des consciences par les terreurs de l’autre vie, parlons des moyens de se soustraire aux influences funestes de la colère humaine.

Le premier de tous, c’est d’être raisonnable et juste, et de ne jamais donner de prise ni de raison à la colère. Une colère légitime est fort k craindre. C’est pourt[uoi hâtez- vous de reconnaître et d’ex-

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