‹ Dogme et rituel de la haute magieChapitre 33 sur 66 · CHAPITRE XYHI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYHI

Voyageons maintenant dans la Thessalie au pays des enchantements. C’est ici qii’Apulée fut trompé comme les compagnons d’Ulysse, et subit une honteuse métamorphose. Ici tout est magicien, les oiseaux qui volent, les insectes qui ,bruissent dans l’herbe, et jusqu’aux arbres et aux fleurs; ici se composent au clair de la lune les poisons qui font aimer ; ici les stryges inventent des charmes qui les rendent jeunes et belles comme les Charités. Jeunes hommes, prenez garde à vous.

L’art des empoisonnements de la raison ou des philtres semble en effet, suivant les traditions, avoir développé avec plus de luxe en Thessalie que partout ailleurs son efflorescence venimeuse ; mais là encore le magnétisme a joué le rôle le plus important, car les plantes excitantes ou narcotiques, les substances animales maléfîciées et maladives, tiraient toute leur force des enchantements, c’est-à-dire des sacrifices accomplis par les sorcières et des paroles qu’elles prononçaient

lUTUEl. DE Lk HAUTE MAGIE.

en préparant leurs philtres et leurs breuvages.

Les substances excitantes et celles qui contiennent le plus de phosphore sont naturellement aphrodisiaques. Tout ce qui agit vivement sur le système nerveux peut déterminer la surexcitation passionnelle, et si une volonté habile et persévérante sait diriger et influencer ces dispositions naturelles, elle se servira des passions des autres au profit des siennes, et réduira bientôt les personnalités les plus fières à devenir, dans un temps donpé, les instruments de ses plaisirs.

C’est d’une pareille influence qu’il importe de se préserver et c’est pour donner des armes aux faibles que nous écrivons ce chapitre.

Voici d’abord quelles sont les pratiques de l’ennemi :

Celui qui veut se faire aimer (nous attribuons à un homme seulement toutes ces manœuvres illégitimes, ne supposant pas qu’une femme en ait jamais besoin), celui donc qui veut se faire aimer doit d’abord se faire remarquer et produire une impression quelconque sur l’imagination de la personne qu’il désire. Qu’il la frappe d’admiration, d’éionnement ou de terreur, d’horreur même, s’il n’a que cette ressource ; mais il faut à tout prix que pour elle il

î sorte du rang des hommes ordinaires et qu’il prenne de gré ou de force une place dans ses souvenirs, dans ses appréhensions et dans ses rêves. Le Loveilace n’est certes pas l’idéal avoué des Clarisses; imais elles y pensent sans cesse pour les réprouver, ipoiir les maudire, pour plaindre leurs victimes, ipour désirer leur conversion et leur repentir ; puis .elles voudraient les régénérer parle dévouement et le pardon ; puis la vanité secrète leur dit qu’il seirait beau de fixer l’amour d’un Lovelace, de l’aiimer et de lui résister. Et voilà ma Clarisse qui se ^surprend à aimer le Lovelace ; elle s’en veut de l’ai- .mer, elle eu rougit, elle y renonce mille fois et ne : l’aime que mille fois davantage; puis, quand vient lie moment suprême, elle oublie de lui résister.

Si les anges étaient aussi femmes que les repré- ; sente le mysticisme moderne, Jéhovah eût agi en ipère bien prudent et bien sage lorsqu’il a rais Satan ; à la porte du ciel.

Une grande déception pour l’amour-propre de (Certaines femmes honnêtes, c’est de trouver bon et I irréprochable au fond l’homme dont elles s’étaient ' éprises en le prenant pour un brigand. L'ange alors . quitte le bonhomme avec mépris en lui disant : Tu ! n’es pas le diable !

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Grimez-vous doue eu diable le plus parfaitement possible, vous qui voulez séduire un auge.

Ou lie permet rien à uu homme vertueux. Pour qui, en elïet, cet homme-là nous pfeud-il? disent les femmes; croit-il qu’on ait moins de mœurs que lui? Mais on pardonne tout à un vaurien : que voulez-vous attendre de mieux d’un pareil être?

Le rôle d’homme à grands principes et d’un caractère rigide ne peut être une puissance que près des femmes qu’on n’a jamais besoin de séduire ; toutes les autres sans exception adorent les mauvais sujets.

C’est tout le contraire chez les hommes, et c’est ce contraste qui a fait de la pudeur l’apanage des femmes: c’est chez elles la première et la plus naturelle des coquetteries.

Un des médecins les plus distingués et un des plus aimables savants de Londres , le docteur Ashburner, me contait, l’année dernière, qu’un de ses clients, en sortant de chez une grande dame, lui avait dit un jour: « Je viens de recevoir un étrange compliment. La marquise de *** m’a dit eu me regardant en face : Monsieur, vous ne me ferez pas baisser les yeux avec votre affreux regard ;

vous avez les yeux de Salaii. — Eh bien ! lui répondit le docteur en souriant, vous vous êtes sans doute jeté iinniédiateuient à son cou et vous l’avez embrassée ? — Mais non ; je suis resté tout étonné de cette brusque apostrophe. — Eh bien! mon cher, ne retournez plus chez elle ; vous devez être perdu dans son esprit. »

On dit assez ordinairement que les offices de bourreau se transmettent de père en fils. Les bourreaux ont donc des fils? Sans doute, puisqu’ils ne manquent jamais de femmes. Marat avait une maîtresse dont il était tendrement aimé, lui, l’horrible lépreux; mais aussi c’était le terrible Marat, qui faisait trembler tout le monde.

On pourrait dire que l’amour, surtout chez la femme, est une véritable hallucination. A défaut d’un autre motif insensé, elle se déterminera souvent pour l’absurde. Tromper Joconde pour un magot, quelle horreur ! — Eh bien ! si c’est une horreur, pourquoi ne pas le faire ? Ce doit être si agréable de faire de temps en temps une petite horreur.

Étant donnéecette connaissance transcendentale de la femme, il y a une seconde manœuvre à opérer pour attirer son attention : c’est de ne pas s’oc-

ciipcr d’elle, ou de s’en occuper d’une manière qui humilie son amour-propre, en la traitant comme un enfant et en rejetant bien loin l’idée de lui faire jamais la cour. Alors les rôles changeront : elle fera tout pour vous tenter, elle vous initiera aux secrets que les femmes se réservent, elle s’habillera et se déshabillera devant vous en vous disant des choses comme celles-ci : — Entre femmes — entre vieux amis — je ne vous crains pas — vous n’êtes pas un homme pour moi, etc. , etc. Puis elle observera vos regards, et si elle les trouve calmes, indifférents, elle sera outrée ; elle se rapprochera de vous sous un prétexte quelconque, vous effleurera avec ses cheveux, laissera son peignoir s’entr’ouvrir On en a vu même, en pareille circon-

stance, risquer elles-mêmes un assaut, non par tendresse, mais par curiosité, par impatience, et parce qu’elles sont agacées.

Un magicien qui a de l’esprit n’a pas besoin d’autres philtres que ceux-là ; il dispose aussi des paroles flatteuses, des souffles magnétiques, des contacts légers, mais voluptueux, avec une sorte d’hypocrisie, comme si l’on n’y songeait pas. Les donneurs de breuvages doivent être vieux, sots, laids, impuissants ; et alors à quoi bon le philtre ? Tout

liomme qui est vraiment un homme a toujours à ‘sa disposition les moyens de se faire aimer, tant qu’il ne cherchera pas à occuper une place déjà I prise. Il serait souverainement maladroit de tenter lia conquête d’une jeune mariée par amour penidant les premières douceurs de sa lune de miel, )0u d’une Clarisse renforcée ayant déjà un Lovelace I qui la rend très malheureuse ou dont elle se reproche amèrement ramour.

Nous ne parlerons pas ici des saletés de la magie noire au sujet des philtres ; nous en avons fini avec les cuisines de Canidie. On peut voir dans les Epodes d’Horace comment cette abominable sorcière de Rome composait les poisons, et l’on peut, pour les sacrifices et les enchantements d’amour, relire les Églogues de Théocrite et de Virgile, où les cérémonies de ces sortes d’oeuvres magiques sont minutieusement décrites. Nous ne transcrirons pas ici les recettes des grimoires ni du Petit Albert, que tout le monde peut consulter. Toutes ces différentes pratiques tiennent au magnétisme ou à la magie empoisonneuse , et sont ou naïves ou criminelles. Les breuvages qui affaiblissent l’es- })rit et troublent la raison peuvent assurer l’empire déjà conquis par une volonté mauvaise, et c’est

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ainsi que l’impéralrice r.ésonie fixa, clit-on, l’anionr féroce de Caligula. L’acide priissique est le plus terrible agent de ces empoisonnements de la pensée. C’est pourquoi il faut se garder de toutes les distillations ayant le goût d’amande, éloigner de sa chambre à coucher les lauriers-amandes et les dateras, les savons d’amandes, les laits d’amandes, et en général toutes les compositions de parfumerie où l’odeur des amandes dominerait, surtout si son action sur le cerveau était secondée par celle de l’ambre.

Diminuer l’action de l’intelligence, c’est augmenter d’autant les forces d’une passion insensée. L’amour, tel que veulent l’inspirer les malfaiteurs dont nous parlons ici, serait un véritable hébétement et la plus honteuse de toutes les servitudes morales. Plus on énerve un esclave, plus on le rend incapable de s’affranchir, et c’est là véritablement le secret de la magicienne d’Apulée et des breuvages de Circé.

L’usage du tabac, soit à priser, soit à fumer, est un auxiliaire dangereux des philtres stupéfiants et des empoisonnements de la raison. La nicotine, comme on sait, n’est pas un poison moins violent que l’acide prussique, et se trouve en plus

-grande quantité dans le tabac que cet acide dans les amandes.

L’absorption d’une volonté par une autre change souvent toute une série de destinées, et ce n’est pas seulement pour nous-mêmes que nous devons veiller sur nos relations et apprendre à discerner les atmosphères pures des atmosphères impures: car les véritables philtres, les philtres les plus dangereux, sont invisibles; ce sont les courants de lumière vitale rayonnante qui, en se mêlant et en s’échangeant, produisent les attractions et les sympathies, comme les expériences magnétiques ne laissent pas lieu d’en douter.

Il est parlé dans l’histoire de l’Église d’un hérésiarque nommé Marcos, qui rendait folles de lui toutes les femmes en soufflant sur elles ; mais son pouvoir fut détruit par une courageuse chrétienne qui souffla sur lui la première, en lui disant: Que Dieu te juge !

Le curé Gaufredy, qui fut brûlé comme sorcier, prétendait rendre amoureuses de lui toutes les femmes que touchait son souffle.

Le trop célèbre Père Girard, jésuite, fut accusé par une demoiselle Cadière, sa pénitente, de lui avoir complètement fait perdre le jugement en

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souillant sur elle. 11 lui fallait bien cette excuse pour atténuer l’horreur et le ridicule de ses accusations contre ce Père dont la culpabilité d’ailleurs n’a jamais été bien prouvée, mais qui, bon ^^u’c mal gré, avait certainement inspiré une bien honteuse passion à cette misérable fille.

« Mademoiselle Ranfaing, étant devenue veuve en 16.., dit dom Cal met dans son Traité sur les apparitions, fut recherchée en mariage par un médecin nommé Poirot. N’ayant pas été écouté dans ses poursuites, il lui donna d’abord des philtres pour s’en faire aimer, ce qui causa d’étranges dérangements dans la santé de mademoiselle Ranfaing. Rien tôt des choses si extraordinaires arrivèrent à cette dame, qu’on la crut possédée, et que les médecins, déclarant ne rien comprendre à son état, la recommandèrent aux exorcismes de l’Église.

» Après quoi, par l’ordre de M. de Porcelets, évêque de Toul , on lui nomma pour exorcistes M. Yiardin docteur en théologie, conseiller d’État du duc de Lorraine, un jésuite et un capucin; mais dans le cours de ces exorcismes, presque tous les religieux de Nancy, ledit seigneur évêque, l’évêque de Tripoli , suffragant de Strasbourg ,

M. de Sancy, ci-devant ambassadeur du roi très chrétien à Constantinople, et alors prêtre de l’Oratoire, Charles de Lorraine, évêque de Verdun, deux docteurs de Sorbonne envoyés exprès pour assister aux exorcismes, Tout souvent exorcisée en hébreu, en grec et en latin, et elle leur a toujours répondu pertiuement, elle qui à peine savoit lire le ' latin.

»On rapporte le certificat donné par M. Nicolas de Harlay, fort habile en langue hébraïque qui reconnoît que mademoiselle Ranfaing étoit réellement possédée, et lui avoit répondu au seul mouvement de ses lèvres, sans qu’il prononçât aucunes paroles, et lui avoit donné plusieurs preuves de sa possession. Le sieur Garnier, docteur de Sorbonne, lui ayant aussi fait plusieurs commandements en langue hébraïque, elle lui a de même répondu pertinement, mais en françois, disant que le pacte était qu’il ne parleroit qu’en langue ordinaire. Le démon ajouta : N’est-ce pas assez que je te montre que j’entends ce que tu dis? Le même M. Garnier lui parlant grec, mit par mégarde un cas pour un autre. La possédée, ou plutôt le diable, lui dit : Tu as failli. Le docteur lui dit en grec : Montre ma faute. Le diable répondit: Contente-toi que je te

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montre la faute ; je ne t’en dirai pas davantage. düclcur lui disant en grec de se taire, il lui répondit : ïu me comniaudes de me taire, et moi je ne veux pas me taire. »

Ce remarquable exemple d’aflection hystérique portée jusqu’à l’extase et la démonomanie à la suite d’un philtre administré par un homme qui se croyait sorcier, prouve mieux que tout ce que nous pourrions dire la toute-puissance de la volonté et de l’imagination réagissant l’une sur l’autre, et l’étrange lucidité des extatiques ou somnambules, qui comprennent la parole en la lisant dans la pensée sans avoir la science des mots. Je ne révoque pas un instant en doute la sincérité des témoins nommés par dom Calmet ; je m’étonne seulement que des hommes aussi graves n’aient pas remarqué cette dilFiculté qu’éprouvait le prétendu démon à leur répondre dans une langue étrangère à la malade. Si leur interlocuteur eût été ce qu’ils entendaient parmi démon, il eût non-seulement compris le grec, mais il eût aussi parlé grec : l’un ne coûterait pas plus que l’autre à un esprit aussi savant et aussi malin.

Dom Calmet ne s’en tient pas là sur l’histoire de mademoiselle Ranfaing ; il raconte toute une suite

le questions insidieuses et d’injonctions peu graves le la part des exorcistes, et une série de réponses jhis ou moins congrues de la pauvre malade, toujours extatique et somnambule. Ce bon Père ne . nanque pas d’en tirer les conclusions lumineuses

le cet autre bon M. de Mirville. Les choses qui se

'■ cassaient étant au-dessus de l’intelligence des assis- ; ants , on doit en conclure que tout cela était ■’œiivre de l’enfer. Belle et savante conclusion ! Le olus sérieux de l’aifaire, c’est que le médecin Poii ’ot fut mis en jugement comme magicien, confessa I comme toujours, à la torture, et fut brûlé. S’il i iiivait réellement, par un philtre quelconque, at- : centé à la raison de cette femme, il méritait d’être i -OLini comme empoisonneur : c’est tout ce que nous ■ iMi pouvons dire. ^

! Mais les philtres les plus terribles, ce sont les i •3xaltaiions mystiques d’une dévotion mal enj t»'.endue. Quelles impuretés égaleront jamais les caui -^hemars de saint Antoine et les tourments de sainte I Thérèse et de sainte Angèle de Foligny ? Cette dernière appliquait un fer rouge à sa chair révoltée, 'ît trouvait que le feu matériel était un rïffraîchiscenient pour ses ardeurs cachées. Avec quelle vio- • ence la nature ne demande-t-elle pas ce qu’on lui

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rel’tise en y pensant conlinuellernent pour le détester ! C’est par le mysticisme qu’ont commencé les ensorcellements prétendus des Magdeleine Bavan, des demoiselles de la Palud et de la Cadière. La crainte excessive d’une chose la rend presque toujours inévitable. En suivant les deux courbes d’un cercle on arrive et l’on se rencontre au même point. Nicolas Rémigius, juge criminel en Lorraine, qui fît brûler vives huit cents femmes comme sorcières, voyait de la magie partout : c’était son idée fîxe, sa folie. Il voulait prêcher une croisade contre les sorciers, dont il voyait l’Europe remplie ; désespéré de n’être pas cru sur parole quand il affirmait que presque tout le monde était coupable de magie, il finit par se déclarer sorcier lui-même et fut brûlé sur ses propres aveux- .

Pour se préserver des mauvaises influences, la première condition serait donc de défendre à l’imagination de s’exalter. Tous les exaltés sont plus ou moins fous, et l’on domine toujours un fou eu le prenant par sa folie. Mettez-vous donc au-dessus des craintes puériles et des désirs vagues; croyez à la sagesse suprême, et soyez convaincus que cette sagesse, vous ayant donné l’intelligence pour unique moyen de la connaître, ne peut vouloir tendre

(les pièges à votre intelligence ou à votre raison. ’Vous voyez partout autour de vous des effets projportionnés aux causes; vous voyez les causes diri- .gées et modifiées dans le domaine de Tliomme par rintelligence ; vous voyez en somaie le bien être jplus fort et plus estimé que le mal : pourquoi sup- I poseriez- vous dans l’infini une immense déraison, (Puisqu’il y a de la raison dans le fini? La vérité me se cache à personne. Dieu est visible dans ses (Oeuvres, et il ne demande rien aux êtres contre lies lois de leur nature, dont il est ki-même l’au- Iteur. La foi, c’est la confiance; ayez confiance,

: non dans les hommes qui vous disent du mal de lia raison, car ce sont des fous ou des imposteurs, imais dans l’éternelle raison qui est le verbe divin, (.cette lumière véritable offerte comme le soleil à ll’intuition de toute créature humaine venant en ce imonde.

Si vous croyez à la raison absolue et si vous déssirez plus que toute chose la vérité et la justice, vous me devez craindre personne, et vous n’aimerez que ( ceux qui sont aimables. Votre lumière naturelle re- ! poussera instinctivement celle des méchants parce qu’elle sera dominéepar votre volonté. Ainsi lessub- > stances même vénéneuses qui pourraient vous être

UITIIKL DK LA JIAUTK MACIK.

administrées iratîecteront pasvotre intelli)2ence. On pourra vous rendre malades, on ne vous l’endra jamais eriminels.

Ce qui contribue à rendre les femmes hystériques, c’est leur éducation molle et hypocrite. Si elles faisaient plus d’exercice, si on leur enseignait les choses du monde franchement et libéralement, elles seraient moins capricieuses, juoins vaines, moins futiles, et par conséquent moins accessibles aux mauvaises séductions. La faiblesse sympathise toujours avec le vice, parce que le vice est une faiblesse qui se donne l’apparence d’une force. La folie a la raison en horreur et se complaît en toutes choses aux exagérations du mensonge. Guérissez donc d’abord votre intelligence malade. La cause de tous les envoûtements, le venin de tous les philtres, la puissance de tous les sorciers, sont là.

Quant aux narcotiques ou autres poisons qui vous auraient été administrés, c’est l’affaire de la médecine et de la justice ; mais nous ne pensons pas que de pareilles énormités se reproduisent beaucoup de nos jours. Les Lovelaces n’endorment plus les Clarisses autrement que par leurs galanteries, et les breuvages, comme les enlèvements par des hommes masqués et les captivités dans des souter-

I rains, ne seraient plus de mise même dans nos romans modernes. H faut reléguer tout cela dans le confessionnal des pénitents noirs ou dans les ruines du château d’Udolpli

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