‹ Dollard des Ormeaux [microforme]Chapitre 15 sur 65 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

MAISONNEU VE, LUCILE.

Ah! j'ai tout entendu. Comment! serait-il vrai ? Mon espoir doit-il donc se changer en regret ? Espoir, 6 douce source où mon âme s’abreuve!

De la mort de Dollard personne n’a la preuve...

MAISONNEUVE

Comment douter toujours d’un trop certain trépas Devant des ennemis qui ne pardonnent pas :

Les loups, les Iroquois, la faim, la solitude... Oui, deux ans de silence en font la certitude,

LUCILE

Mon fiancé n’est plus et je l’attends encor.

Les arbres des forêts ont prêté leur décor

Au drame douloureux de son heure dernière Et je n'étais pas là pour fermer sa paupière...

(comme si partant à Dollard)

Qui donc ferma tes Jeux où ton cœur scintillait ? S— Qui donc baisa ton front où ton âme brillait ? 7 Les loups ? Jes Troquois ? Ja faim ? la solitude ?

(revenant à Maisonneuve.)

Oh! deux ans de silence est-ce une certitude ?

Ayez pitié de moi! S'il allait revenir

Quand j'aurais sans raison trahi son souvenir,

Mes serments, notre amour... J’en chasse la pensée. Fidèle à mes serments je suis sa fiancée.

Mon cœur me dit qu’un jour Dollard nous reviendra, L’amour est patient, mon amour attendra.

MAISONNEUVE

Ton cœur a sa folie et je vois avec peine L’attachement païen de ton âme chrétienne.

Tes serments ne vont pas au delà de la mort.

Crains d’un aveugle amour voir naître le remords. Ton fiancé n’est plus, donne-lni ta prière,

Son trépas ne saurait terminer ta carrière.

11 est d’autres devoirs. Ton Dieu, ta nation Escomptent aujourd’hui ta génération.

L'avenir souffrira les périls où nous sommes

Et c’est votre devoir de lui donner des hommes, J’aime Jean Le Gardeur, Il est digne de toi.

Il fera ton bonheur ce soldat de la foi.

Cet homme au cœur loyal à ton Dollard ressemble, C’est bien le ciel ici qui ce jour vous rassemble, Hier il acheta le nid que tn rêvais.

Qu’utiles soient tes jours. Va donc où tu deva's. Si tu crains le travail, le péril, la souffrance, Marc-Aurèle Grisou qui s’en retourne en France, Toffre son cœur, son or et son oisiveté

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